Gare au manga

Real – tome 15 : Quand la fiction se confond avec la réalité

Annoncé pour le printemps 2015, le quinzième volume de Real n’est sorti qu’à l’automne 2020 au Japon. Une longue pause durant laquelle Takehiko Inoue a mis de côté son activité de mangaka en stoppant les parutions de Real et Vagabond. L’auteur, qui a toujours exprimé ses difficultés à dessiner Vagabond, est parvenu à s’échapper de cette spirale en revenant sur le devant de la scène en 2019 pour publier de nouveaux chapitres de Real. Si le blocage a pris du temps avant de céder face au désir de dessiner de Takehiko Inoue, c’est tout naturel qu’il reprenne le manga avec Real tant il a toujours trouvé dans cette série un réconfort et un cadre professionnel, tandis que Vagabond s’apparente à de la poésie et le dessiner revient à se plonger dans la nature sauvage. 

En France, le tome 15 de Real est paru en août 2021 chez les éditions Kana, toujours traduit par Thibaud Desbief. Un événement donc, d’autant plus que ce nouveau volume est immense, d’une richesse et d’une densité colossales. Il nous fait retrouver nos trois protagonistes en lien avec le basket et le handicap, mais nous plonge également dans la crise artistique de Takehiko Inoue, confrontant ainsi la réalité des personnages avec celle de l’auteur. Ce grand retour nous offre un tome magistral, qui pourrait presque être lu comme s’il s’agissait d’un one-shot, quand bien même il serait regrettable de passer à côté des quatorze premiers. Et pour fêter de si belles retrouvailles, on se devait bien de faire un article.

Crédit pour les images : REAL © I.T. PLANNING, INC.
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Kevo42

Le Mondovision et mon voyage à travers la pop argentine

Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion de participer au Mondovision de la chonson, un événement de l’internet dont le but est de faire découvrir des tubes en provenance de n’importe où. Comme pour l’Eurovision, il s’agit de morceaux dont on se dit à la première écoute : c’est n’importe quoi, avant de se surprendre à les fredonner sous la douche.
Je voudrais raconter ici mon expérience de sélectionneur. Quand on regarde l’Eurovision, il est facile de se dire que le morceau ne va pas, que l’on aurait mieux choisi, voire dans les pires moments mieux chanté. Quand on doit soi-même choisir, même pour un enjeu aussi dérisoire qu’un live twitch pour 50 personnes dont une vingtaine de participants, on se met la pression, on essaie de trouver le meilleur morceau, celui qui va accrocher les gens. Se faisant j’ai exploré de manière brève mais intense la musique pop Argentine, qui m’était totalement inconnue. Du rock indé au reggaeton, j’avais envie de partager mes découvertes avec vous, et en particulier celle de Ms Nina.

Ms Nina la queen des bigoudis
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La séance du jour, LvK

Adieu les cons, Dupontel poète social

Aller au cinéma le premier jour de la réouverture nationale a été un choix logique. J’aurais pu aller boire un café et vivre à la française dixit Bruno Le Maire ou même observer une manifestation policière désolante mais non. Mon urgence à moi était de retrouver une salle obscure, l’inconfort d’un siège pas assez large, être entouré de personnes bruyantes et devoir garder mon masque sur le visage pendant 1h27. Et pour fêter le retour d’un retour à une vie moins anormale, j’ai fais le choix de plonger dans le nouveau film d’Albert Dupontel.

Une nouvelle fois Albert Dupontel livre une fable moderne assez efficace. Son 7eme film n’est peut-être pas son meilleur selon la critique mais les multiples récompenses obtenues aux derniers Césars témoignent tout de même d’une certaine maîtrise. 

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La séance du jour, LvK

Hippocrate : la blouse à l’âme

Hippocrate – Série TV – Deux saisons de 8 épisodes chacune – Canal+

Dans notre culture collective, quand on pense aux séries TV et plus précisément aux séries dédiées à la médecine, on pense très rapidement à ce que proposent les créateurs américains. En France le traitement de la médecine est plutôt “faible” mais depuis 2018 et avec 16 épisodes, Hippocrate s’impose comme un parfait exemple à suivre.

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Meloku

Incandescence : Les battements d’ailes du papillon

Un retour incroyable d’Ayako Noda chez nous, après Le monde selon Uchu sorti chez Casterman en 2016, oeuvre dans laquelle elle brisait avec talent le 4e mur en faisant évoluer ses personnages au sein même d’un manga. L’autrice nous rend avide, tant l’envie de découvrir ses oeuvres est forte. Son répertoire est varié, elle publie également du boy’s love sous le nom de plume Niboshiko Arai. Certaines de ses oeuvres inédites chez nous ont déjà largement capté notre attention, avec l’espoir de les voir, elles aussi, éditées bientôt en français.

Incandescence, ou Sennetsu de son titre original, a d’abord été prépublié au Japon dès 2015 dans le magazine Hibana de Shôgakukan, avant de basculer ensuite, quand ce dernier a cessé de paraître, sur le Ura Sunday Jiyoshibu et l’application Manga One. Il a continué sa prépublication jusqu’en 2018. Arrivé chez nous grâce aux éditions Le Lézard Noir l’année dernière, son troisième et dernier tome s’est dévoilé ce 18 février. 

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Non classé

Rêveries sur l’herbe dans l’Ere des cristaux

L’Ere des cristaux, Haruko Ichikawa
(publié en français chez Glénat)

Il n’est pas exagéré de dire que L’Ere des cristaux d’Haruko Ichikawa est l’un des mangas les plus séduisants et fascinants qui se publie actuellement. Ayant fortement gagné en popularité grâce son excellente adaptation animée par les Studios Orange, il est parvenu à gagner la fidélité de fans du monde entier. Il faut dire que l’œuvre a de quoi exercer une mystérieuse attraction. D’une qualité presque expérimentale, tant graphiquement que narrativement, nourri de l’influence du bouddhisme, L’Ere des cristaux brasse audacieusement les genres en y apportant un souffle d’une fraîcheur rare. Manga de science-fiction, récit initiatique dans un univers post-apocalyptique, conte philosophique et métaphysique, exploration poussée des profondeurs psychologiques, une chose est certaine : il est unique. L’Ere des cristaux est une vraie machine à produire de l’exégèse – théories, spéculations, prédictions, analyses de toutes sortes. Son univers est si singulier et si original qu’il est possible de noircir des pages sur le moindre sujet, ce qui est absolument réjouissant. Il est une porte ouverte pour la pensée, l’imagination et l’émotion. Beaucoup d’écrits très intéressants ont été déjà produits (vous pouvez en trouver sur ce blog même !). Pour ma part, je me dois dès à présent vous avertir qu’il ne faut pas s’attendre ici à quelque réflexion profonde et révolutionnaire sur l’œuvre, je n’en ai pas l’ambition. A la place, je vous propose d’explorer dans les deux premières pages du manga un élément graphique qui m’a toujours obsédée et auquel je souhaite consacrer toute mon attention.

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Meloku

Les meilleurs Boy’s Love de 2020 : bonbon du paradis ou frisson des enfers, l’année des délices

L’année 2020 se termine et, avec elle, une longue liste de nouveautés mangas toutes plus belles les unes que les autres. Et le boy’s love n’a pas été en reste. Difficile pourtant de concurrencer l’année précédente qui nous avait régalés avec des titres horrifiques tels que MADK ou Heartless, mais elle s’est magnifiquement défendue. Je vous propose 10 titres coups de coeur, dans les découvertes de l’année, et un titre supplémentaire qui vient de tirer sa révérence et dont il est impossible de ne pas parler.

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Les interviews de Meloku

Interview de Taiyô Matsumoto : l’art de se réinventer à chaque manga

À l’occasion du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, j’ai eu l’honneur de rencontrer l’immense Taiyô Matsumoto lors d’un long entretien. Cet auteur que j’ai adoré lire à travers des mangas comme Amer Beton, Number 5 ou Sunny se dévoile cette rencontre organisée par les éditions Kana et propose de revenir sur l’ensemble de son œuvre, une bibliographie en perpétuel mouvement, contrastée de récurrences qui nous fascinent depuis ses premières histoires. L’interview s’est déroulée avec nos confrères d’AnimeLand, Manga News, Journal du Japon et Bodoï, et les réponses ont été traduites par Yuki Takanami et Ilan Nguyên.

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Meloku

River’s Edge ou les Contes cruels de la jeunesse

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » a écrit Rimbaud pour parodier le romantisme niais qui frappe souvent cet âge fantasmé qu’est l’adolescence. Dans River’s Edge de Kyoko Okazaki, on ne peut donner plus tort à cet adage. Ici nulle trace d’insouciance, de légèreté ou d’ironie. La flottante ivresse rimbaldienne cède la place à une matière noire et visqueuse qui est celle de l’ennui et du vide. C’est que dans ce manga polyphonique, on est bien trop grave, bien trop sérieux dans la superficialité même. Les protagonistes de cette histoire sont des adolescents plein de contradictions, déjà malmenés par la vie, qui semblent avoir grandi trop vite, et qui se sont rendus compte qu’il n’y avait rien après, sinon directement la mort. Sous le signe du banal et du sordide, la manga nous fait l’anatomie d’une jeunesse sans illusions engagée dans le chemin tortueux de l’autodestruction. Pourtant dans cette violente descente aux enfers, Kyoko Okazaki arrive à faire que, malgré tout, l’on puisse s’attacher à ces personnages qui nous bouleversent dans leur cruauté comme dans leur désespoir.

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