He doesn’t like endings

Le Docteur n’aime pas les fins. Mais vu qu’une saison a bien besoin d’un season finale, il faut quand même savoir dire au revoir.
Dans ce billet, je vais essayer ne pas trop parler de Steven Moffat (je ne vais probablement pas y arriver), l’actuel showrunner de Doctor Who. Parce que le simple fait d’évoquer son nom suffit à engendrer des débats aussi interminables que ridicules sur le net. Je m’en suis rendu compte récemment en m’approchant un peu trop de la fanbase de la série. Donc je me contenterais juste de dire que si vous n’aimez pas la façon dont il dirige le show, vous n’aimerez pas trop ce billet non plus.
Et un rappel qui n’est jamais inutile: SPOILERS !!! Si vous n’avez pas encore vu la dernière saison de Doctor Who en entier, la lecture de ce billet est semée d’embûches.

Il est difficile de parler de la saison 7 de Doctor Who comme d’une seule saison. Déjà, sa diffusion a été séparée en 2 (la première partie en septembre 2012 et la seconde de mars à mai 2013) mais ce n’est pas la première fois. La saison 6 avait eu le même traitement. La différence cette fois-ci est que l’approche n’est pas du tout la même dans chacune de ces demi-saisons. La première était un long adieu aux Ponds, le couple devenu mythique ces dernières années. Malheureusement c’était un adieu trop long, et surtout un peu tardif, les personnages n’ayant plus beaucoup de raisons d’être encore présents dans l’univers du Docteur.
Ces cinq premiers épisodes souffrent aussi de la volonté trop marqué de vouloir plaire à un public international, ou, pour être plus précis, américain. Ce qui se traduit à l’écran par des histoires plus caricaturales que d’habitude. Je sais que ça sonne cliché, mais dans ce cas précis, c’est malheureusement vrai. Apparemment, la nouvelle productrice (Caroline Skinner, qui ne sera restée qu’un an, et se serait engueulée avec Moffat) serait à l’origine de cette forme sensée plaire un peu plus au public matant le programme sur BBC America. Mais bon, il est facile d’accuser telle ou telle personne. On peut aussi rappeler que Chris Chibnall a écrit deux épisode cette saison, et c’est rarement une bonne idée… Et puis au final, Moffat reste le showrunner et le producteur exécutif du show, donc la responsabilité finale du « produit » lui incombe.

Peut-être que c’est ce mauvais départ qui a poussé certains à trouver la saison mauvaise. Je ne sais pas. Personnellement, j’ai trouvé que c’était une bonne saison dans sa globalité. Peut-être même une grande saison vue la direction prise à partir du Christmas Special. Et l’arrivée de Neil Cross dans l’équipe n’y est pas pour rien. Le créateur de Luther prouve qu’il est totalement à l’aise avec l’écriture du Docteur, mariant concepts abstraits, action, et émotion. D’ailleurs, niveau émotions, ceux qui trouvaient qu’il y en avait moins avec l’approche « trop cérébrale » de Moffat en ont eu pour leur compte j’espère. Rien que dans ce season finale, il y a de quoi chialer pendant un bon moment. Même le Docteur s’y met. Et là vous l’avez vu ma transition comme elle est belle ? Parce que bon, il est quand même temps que je parle de cet épisode, c’est un peu le sujet du billet.

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« The Name of the Doctor » arrive après un très long teasing, puisque Moffat avait commencé à nous parler de ce fameux nom en saison 4. Et comme on pouvait s’y attendre, on est pas beaucoup plus avancé à la fin de l’épisode. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas l’important. L’important, c’est que c’est un secret, un secret qui peut tuer le Docteur. Le nom du Docteur dans cet épisode est juste ce qui nous permet d’arriver à la vraie menace: sa tombe. D’ailleurs j’ai trouvé que c’était un bel écho de la fin de la première partie de la saison, avec la façon dont « meurent » les Pond.
L’épisode enchaîne ensuite des concepts de plus en plus géniaux et ambitieux. Certains pourrait dire qu’il y en a justement trop, et qu’on passe trop vite de l’un à l’autre. C’est en effet l’un des tics de Moffat. Mais honnêtement, et contrairement à l’épisode terminant la saison 6, ce 7×13 parvient tout de même à non seulement être parfaitement rythmé, mais aussi à raconter tout ce qu’il a envie sans donner l’impression de se presser. Et pourtant, il y en a des choses; les compagnons de l’époque Victorienne, River, Trenzalore, the Great Intelligence, et surtout Clara.

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Clara. The Impossible Girl. Le problème que le Docteur veut à tout prix résoudre. Soufflé Girl. Clara qui se sacrifie pour sauver le Docteur, avant qu’il ne la sauve lui-même à son tour. On assiste alors à non seulement l’un des passages les plus forts de l’épisode, mais aussi de toute la série pour qui connait ses classiques. Avec Clara rencontrant toutes les incarnations précédentes du Docteur et le/les sauvant de The Great Intelligence. Et je tiens à souligner que l’incrustation de Jenna-Louise Coleman dans des plans datant de plusieurs décennies est à la fois assez bien foutue et complètement cheap pour être l’hommage le plus parfait que la série puisse se faire à elle-même.

Il y a un autre personnage féminin, au moins aussi important que Clara, dans cet épisode. C’est bien entendu River. J’avais un peu peur de ne plus jamais la revoir après la fin des Pond. Et je sais que « chronologiquement », elle faisait ses adieux dès sa première apparition dans la série, mais vu le développement apporté à son personnage ensuite, ça ne semblait plus être une conclusion satisfaisante. Heureusement, cet épisode répare cela. Qu’on la revoie ou non, cet épisode restera celui où on dit adieu à la River Song qu’on connait.

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Et enfin, il y a cette dernière scène, et ce dernier plan. Ou comment finir cette course pleine d’émotions et de suspense sur un mystère encore plus grand que celui qu’on était venu voir être dévoilé. Car si le Remember tant répété par Clara devient un Remember me pour les personnages, il appelle par contre les spectateurs à se souvenir du Docteur. De qui il était. De qui il est devenu. Mais, au milieu de tout ça, il reste encore une énigme.

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Et maintenant, plus qu’à attendre le 23 novembre pour souffler les 50 bougies du Docteur. Et se demander ce qu’on va bien faire des 1150 autres.

EDIT: Oui, « Edit » car même si ceci aurait tout à fait sa place dans la troisième partie du texte ci-dessus, je préfère être honnête et vous avouer que je n’y ai pas pensé pendant l’écriture du billet.
Le titre de l’épisode est The Name of The Doctor, pas « The True Name… » ou « The Real Name… » parce que comme je l’ai déjà dit, son vrai nom n’est pas important. Mais ce qui l’est, ce n’est pas seulement le fait que ça soit un secret, c’est aussi qu’il a choisi un nom, et que ce nom représente quelque chose. Quelque chose qui n’est pas représenté par sa « version » qu’incarne John Hurt. Il a choisi… the name of the Doctor.

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