Bobo et Jojo sont dans un bateau: Kids on the plop

Alors que le tome 2 est sorti il a quelques semaines et que le suivant arrivera dans deux longs mois, il était grand temps, pensions-nous, d’en faire un joli article sur le Nostroblog. Voilà donc qui sera chose faite une fois cet article terminé. Pour l’occasion, on inaugure une nouveauté pour toi, lecteur. Je te tutoie mais si ça te gène, remplace  tout ça par des vouvoiements.

Bref. La nouveauté. Cet article sera écrit à 4 mains. Soit vingt doigts, même si ce sont souvent les mêmes qui touchent le clavier pendant que les autres font leur feignasses. Bravo, tiens. Vous retrouverez donc aux commandes l’inestimable Bobo et l’irremplaçable Meloku. Je vous vouvoie mais si ça vous gène, remplacez tout ça par des tutoiements.

Ton but ? Déterminer qui écrit quoi, comment, où et pourquoi. Oui, c’est un défi difficile. Mais la vie n’est ni tendre, ni facile, comme nous le montre Yuki Kodama avec son oeuvre touchante en neuf volumes plus un bonus qui ne sortira peut-être pas en France, on sait pas, Kazé garde le mystère là-dessus. Et personne ne leur a posé la question, non plus. Ah, on est vraiment pas aidé, dans ce foutu pays !

Mais l’un de nous deux divaguent, alors revenons au sujet. Si vous suivez un peu l’actualité des Nostroblogueurs, vous n’êtes pas sans savoir que Bobo a déjà mentionné Kids on the slope lorsqu’il a vu l’anime. On pourrait tout aussi bien copier-coller le résumé qu’il avait fourni, puisque, entre temps, rien n’a changé.

Ainsi, on suit toujours le quotidien de Kaoru qui, suite à son déménagement, se nouera d’amitié avec Sentarô, entre bagarres et Jazz, et découvrira l’amour avec Ritsuko. Le tout sur un background sixties (on met du vocable anglais pour faire cultivé)(mais en fait, pas du tout).

kids2

Moi, en plus d’être Meloku, ou Bobo, j’ai découvert Kids on the Slope suite à l’annonce de son adaptation animée. Il faut dire que le projet a réuni Shinichiro Watanabe, Yoko Kanno et Nobuteru Yuki, trois noms qui me font rêver. Du coup, j’attendais avec impatience que le manga arrive en France, et je n’ai pas été déçu !

En fait, ce qui est avant tout frappant avec Kids on the Slope c’est la fidélité avec la version animée. Bien que raconté dans un format différent, on retrouve les mêmes plans, les mêmes séquences. Pour autant ce n’est pas forcément la même expérience, car une bd ayant comme toile de fond la musique, c’est toujours particulier. Du coup, même si vous avez regardé la série d’animation de Shinichiro Watanabe, je vous recommande de lire le manga. Mais là, je commence par la fin, car je n’ai toujours pas expliqué en quoi Kids on the Slope est génial.

S’il y a bien un sujet de manga qui m’irrite au plus au haut point, c’est les amourettes lycéennes. Et bien évidemment c’est au cœur du manga de Yuki Kodama. Et pourtant j’aime… Alors pourquoi ? Pour commencer je dois avouer que le lot de personnages fourni est vraiment très attachant. Même si certaines réactions m’énervent par moment, on est loin des clichés superficiels de beaucoup trop de shojos. Dans Kids on the Slope les personnages sont humains tout en restant des personnages. Je m’explique rapidement. Leurs réactions paraissent sincères, ou même véridiques. On a l’impression qu’ils nous ressemblent. Et pourtant ce sont bien des personnages. Ce sont des êtres qui sortent du lot car ils ont des choses à raconter et une évolution à accomplir. C’est ce qui fait que, malgré leur humanité, ils sont intéressants à suivre.

Les personnages ne font pas tout, évidemment. Ce que j’adore également dans Kids on the Slope, c’est son background. Les années 60 au Japon, avant la révolution de mœurs, me fascinent. J’adore cette esthétique structurée et calme, où tout est à construire. Voir un jeune voyou comme Sen troubler cet ordre m’amuse énormément. Et puis le jazz… Un emprunt à la culture américaine une vingtaine d’années après les événements d’Hiroshima, une musique à la fois festive et approximative qui contraste tellement avec le Japon d’époque. Ça a l’effet d’un choc culturel harmonieux mettant en lumière les relations amicales et amoureuses de lycéens.

J’adore d’autant plus que le tout est sublimé par le trait de Yuki Kodama. Je suis époustouflé par sa qualité graphique. Le manga est tout en lignes droites, en traits fins et réguliers, le découpage est millimétré. Mais dès que le jazz retenti, l’auteure se lâche, un peu à la manière de Kaoru, notre bon petit protagoniste. Découpage diagonal, double page, Yuki Kodama se fait plaisir et nous rapproche au maximum du son que produisent ses personnages. On notera qu’elle modifie également son découpage de cases lors des révélations amoureuses, les rendant ainsi plus immersives. C’est vraiment plaisant de lire de temps en temps une auteure qui prend conscience que la bd est principalement un art graphique.

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KoTS est la première série de l’auteur à dépasser le simple statut de one-shot et l’on comprend pourquoi. Sans vouloir dénigrer ses précédents titres que je ne connais même pas, ni d’Eve, ni d’Adam. Bref. Yuki Kodama nous décrit en effet un quotidien simple et touchant, sans complications inutiles ou retournement brutal de situation digne des pires shôjo jamais lus (non, je ne divulguerais pas de noms). Et c’est cet aspect qui m’a plu. Pas de prise de tête. Juste une description juste et sincère d’une adolescence dans un Japon désormais révolu.

Alors, certes, l’on sait déjà, grâce à quelques indices, que Kodama ne compte pas rester à la surface et nous révélera prochainement les secrets enfouis dans le passé de ses personnages, étoffant du même coup leur psychologie et leur réalisme. Mais au vu de ces deux premiers tomes, on peut parier que cela sera fait avec sans que cela sonne comme une révélation de derrière les fagots (là, encore, pas de noms).

Du côté de la version française, Kazé nous livre ici une bonne copie, avec une traduction fluide et vivante, et une adaptation graphique sobre mais originale. Un titre frais, à lire au soleil, à l’ombre d’un parasol, avec de la bonne musique en fond sonore. Du jazz, évidemment.

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Au final, Kids on the Slope est un manga qui séduit par le développement des personnages et de leurs relations ainsi que par son ambiance musicale. Sur Nostroblog on est fan, et on n’était pas trop de deux pour écrire cet article. Et si vous aimez le manga, on vous conseille également de vous procurer sa version animée qui sort en combo BR/DVD chez Dybex le 9 juillet prochain pour moins 50 euros (et à priori sans vf).

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3 réflexions sur “Bobo et Jojo sont dans un bateau: Kids on the plop

  1. Gemini du Donjon des androïdes parlait de seulement 600 exemplaires écoulés pour le 1er volume. Vu le succès rencontré par l’anime lors de sa diffusion en simulcast, ça fait tousser gras.
    Trop « shôjo » ? Trop simili-vintage ? Trop on-connaît-déjà-la-fin-alors-osef (sorti trop-tôt) ?
    Si je ne me suis pas rué dessus, c’est sûrement pour ça. J’ai vu l’anime il y a peu, alors retrouver Sen, Kaoru et Ritsuko n’est pas une priorité pour le moment — d’autant qu’on peut toujours les retrouver sur Dailymotion pour pas un rond. Mais ça viendra… j’espère.

    1. J’avoue que cet échec me peine, mais d’un côté, ce n’est pas la première fois qu’un anime à succès sur le netn’entraîne pas le même succès pour sa version manga… =/

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