Les vampires vus par Suehiro Maruo

Qui dit été dit saga de l’été, et Nostroblog n’échappe pas à la règle. Ainsi, via 4 ou 5 articles, je vais revenir sur des mangas s’articulant autour d’un thème bien précis. Et ce thème est les créatures symboles d’horreur en occident. Aujourd’hui je vais m’attaquer à la plus célèbre d’entre elles: le vampire.

Plus précisément je vais parler du mythe du vampire vu par Suehiro Maruo à travers son manga répondant au titre éloquent de Vampyre. Le manga a été prépublié en trois fois dans le Young Champion. Le premier opus est composé des chapitres publiés entre 1998 et 1999. Le second, lui, se compose de ceux publiés lors de la reprise de la série, en 2003. Le chapitre spécial, que les japonais ont pu découvrir le 5 juillet 2001, sert d’épilogue au second volume. En France, les deux albums ont été publiés par Le lézard noir en 2006. Voilà pour les informations contextualisantes, maintenant passons au manga !

vamp

Dans Vampyre, nous suivons trois collégiens. Le premier, Konosuke Mori est remarqué par la Rakuda Onna (ou femme chameau en français) qui décide de le changer en vampire en lui faisant boire son sang. La vie de l’écolier change du tout au tout. Ne supportant plus la lumière du soleil, il devient une créature de la nuit qui a soif de sang. Ensuite il y a Soto-o Henmi, un jeune pyromane qui se prend de fascination pour les meurtres du vampire. Et pour finir, il y a Luna Miyawaki, une jeune fille dégoutée par le sexe qui n’a pas de chance d’évoluer dans l’univers de débauche de Suehiro Maruo.

Le mangaka nous place face à un spectacle où la violence est maîtresse. Comme d’ordinaire avec cet auteur, elle est esthétisée, jouissive même. En effet Konosuke prendra un plaisir sexuel a boire le sang de jeunes filles après les avoir égorgé tout en riant. Soto-o, quand à lui, est fasciné par ce qui est macabre. Une fascination qui le conduit à une sorte d’excitation ambiguë. Vous l’aurez donc compris, âmes sensibles enfuyez-vous, Vampyre n’est pas un manga à mettre entre toutes les mains.

vamp2Le rire du vampire.

La narration de Vampyre est un peu particulière par rapport à ce que fait Maruo d’ordinaire. Le rythme narratif de La jeune fille aux camélias est lent et va de paire avec avec l’ambiance s’installant dans le manga, celui de L’île panorama est celui d’un roman policier psychologique, alors que la narration de La chenille se contente d’une montée en puissance de la déviance. Dans Vampyre donc, il y a de l’action et le schéma narratif qui va avec. Ainsi pour la première fois avec Maruo, j’ai senti l’influence d’un autre mangaka. Il s’agit de Katsuhiro Otomo. Si le style graphique et le type d’histoire diffère, j’ai vraiment l’impression de lire du Otomo quand je tiens Vampyre, et particulièrement dans le second volume. Ce n’est pas un soucis, au contraire, puisque du coup le manga de Maruo se lit d’une traite. On a toujours envie de savoir ce qui va se passer au prochain chapitre et il devient alors difficile de fermer son manga. Ainsi Vampyre sera accessible pour qui n’est pas rebuté par l’horreur, là où la narration de La jeune fille aux camélias en découragera plus d’un.

Néanmoins, sa force est aussi sa faiblesse. Certains lecteurs habitués à Maruo auront peut-être l’impression que la construction du second album est bien trop classique. C’est d’ailleurs mon cas. Le rythme n’est pas la seule chose qui m’a déplu dans cette suite. L’histoire m’a moins passionné car j’ai eu du mal à m’attacher aux nouveaux personnages, faute à trop de mystères les concernant. A en croire ce que je dis, on pourrait en déduire que je n’ai pas aimé cette suite, mais ce n’est pas le cas. Je trouve cet album juste en dessous du premier, mais, en même temps, c’est tellement difficile de faire mieux… Tout est parfait dans la première publication de Vampyre. Du jeunisme qui découle du trio de protagonistes à la mise en scène théâtrale de Maruo en passant par certaines cases d’une beauté terrifiante. Non, ce premier volume est au dessus du second, au dessus de tout ce qu’a fait Maruo. Il dégage une puissance esthétique incroyable.

vamp3Ici Maruo fait écho à La métamorphose de Franz Kafka qui devient psychologiquement un insecte.

Le premier volet de cet saga estivale est désormais terminé. Il a été compliqué de choisir un manga sur les vampires tant le thème a été exploité, pour le pire et le meilleur. J’ai longtemps hésité à parler de Les lamentations de l’agneau de Kei Toume, mais non, ce sera pour une prochaine fois. Ou pas. Quoiqu’il en soit on se retrouve dans une quinzaine de jours pour la présentation d’une nouvelle créature fantastique. Ca vous laissera le temps de lire, ou bien de relire, Vampyre. A bientôt.

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2 réflexions sur “Les vampires vus par Suehiro Maruo

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