Cet été, je remplace votre facteur…

… et donc, à ce sujet, j’aurai beaucoup à (re)dire. Mais on va mettre un semblant d’organisation pour ne pas que ça parte dans tous les sens. Ce serait fâcheux.

[Note : pour préserver l’anonymat de mes clients, leurs noms seront des noms de fruits et les rues, si besoin, auront des noms de légumes. Bon appétit.]

La politesse :

Ce premier point nous fera réviser les règles de base. C’est violent, je sais, mais quand un facteur aimable et avec un sourire aussi magnifique et ensoleillé que le mien vous salue, la moindre des choses est d’y répondre plutôt que de le regarder comme s’il débarquait de Yuggoth.

La politesse (allégorie).

De même qu’une fois votre courrier en main, aussi passionnants que soient les écrits de votre oncle, tante, mère, père, neveux, nièce, fille, fils, chat, pamplemousse ou banquier, une réponse à l’au revoir et bonne journée de votre facteur est plus que bienvenue. Votre facteur ne devient pas transparent et négligeable dès la réception de vos lettres et petits colis.

Ecrire une adresse :

Attention ! Cela se complique dès le deuxième chapitre. Ecrire une adresse correctement n’est vraisemblablement pas à la portée de tout le monde vues les erreurs affreuses qui nous parviennent.

Alors, de quoi se compose une adresse complète ?

– Le nom du destinataire (accessoirement, le prénom), bien orthographié si possible pour éviter les confusions entre  monsieur Framboise et monsieur Fremboise.
– Le numéro de la voie : important, car une rue ne comporte jamais qu’une seule maison. Et mettre « environ 300 rue des Potirons », ça n’aide pas, surtout quand c’est au 465.
– Le nom de la voie : vital.
– Le code postal et le nom de la ville : rarement oublié, mais il y a des gens qui ont du culot.

A partir de ces quatre composants, on trouve des mélanges et variations diverses qui ont le don de mettre votre dévoué facteur en rage. Pour savoir pourquoi, il faut savoir comment fonctionne le tri du courrier avant le début de la tournée en elle-même.

Donc on reçoit le courrier de toute la zone concernée par votre bureau de poste, courrier qui a donc été trié une première fois en amont dans le centre de tri régional. Deuxième tri : par tournée. Ensuite, chaque facteur tri sa tournée, mettant chaque lettre à sa place selon l’ordre des rues. On regarde donc d’abord la rue et le numéro pour savoir où la mettre, puis le nom pour vérifier s’il n’y a pas d’erreur ou un ordre de réexpédition (temporaire ou définitif).

Voilà pourquoi toutes les informations sont importantes : rapidité et qualité de service. Comment voulez-vous que votre correspondant reçoive son courrier si vous marquez seulement « Mr Fraise, CodePostal Ville » ou « Mme Abricot, avenue des Artichauts, CodePostal Ville » ?

Non, le facteur n’est pas omniscient. Désolé de décevoir.

Mais heureusement, à force de pratiquer, il connaît (un peu mieux) ses rues et clients et peut donc distribuer relativement normalement une missive aussi mal adressée. Mais parfois surgit un problème indépendant de sa volonté, à l’entière décharge du destinataire cette fois-ci : la boite aux lettres ! (Tadadam…)

La boite aux lettres :

[Note : parfois abrégée BAL par la suite.]

Bête noire du facteur. La seule qui lui fasse plaisir est normalisée, peut donc recevoir sans avoir à plier de grande enveloppe et de petits paquets genre les colis d’Amazon (pour ne pas citer).

Mais les gens aiment poser des difficultés. Ainsi, dans son travail quotidien, le facteur doit affronter plusieurs cas de figures, pas toujours facile à régler.

L’absence de boite aux lettres.

Parce que ça doit être trop cool de ne rien recevoir et de voir son courrier impitoyablement tué, Mme Citron n’a pas installé de boîte aux lettres. Mais rassurez-vous, monsieur le facteur, c’est parce qu’elle vient d’arriver depuis « seulement » une quinzaine de jours… C’est vrai, soyons réaliste, deux semaines, ça ne laisse pas le temps d’installer une boîte. Bien sûr.

Anecdote : Monsieur Kumquat a vu sa BAL brûler avec son portail. Si celui-ci a été remplacé dans les jours suivants, une nouvelle boîte est réapparue… un an plus tard.

L’absence de nom et de numéro.

La plupart du temps, les rues sont bien organisées. Si monsieur Ananas a une maison entre le 38 et 42, il y a des chances qu’il soit le 40. Mais sans nom d’inscrit, rien ne prouve qu’il vit précisément là. On ne peut donc, théoriquement, distribuer le courrier dans cette boîte. Car après, si on découvre qu’en fait c’est Mme Banane qui vit là et reçoit le courrier d’un autre, c’est le facteur qui sera en tort.

Une BAL sans nom ni numéro (allégorie).

Ainsi, il m’a fallu batailler jusqu’à trois semaines avec certains clients récalcitrants qui ne comprenne que quand ils s’aperçoivent que, tiens, on reçoit plus rien. Ceci dit, c’était juste un hasard, mais ça m’arrangeait bien.

D’autres sont plus compréhensifs : un petit mot en plus dans la boîte, et hop, le lendemain, c’est arrangé.

Les normes.

Il existe des boîtes de toutes sortes, de toutes tailles. Juste de quoi rendre dingue votre facteur. Genre, les toutes fines s’ouvrant par le haut ne pouvant contenir qu’une mince et petite enveloppe. 99% du temps, les gens possédant ces boîtes reçoivent de gros et épais courriers qui ne rentrent pas sans les plier maladroitement et les déchirer accidentellement. Bien entendu. Et après, ça va se plaindre de l’état du courrier. Bien entendu.

Pour préserver la santé mentale de votre dévoué facteur, prendre une boîte normalisée est la plus simple des solutions. Merci. Bisous.

L’accessibilité.

Voilà. Vous avez une boîte aux lettres dans les normes, avec vos noms et numéro de voie. Tout va bien. Mais il reste encore un petit quelque chose à vérifier, trois fois rien : est-elle accessible facilement ?

Souvent placée devant l’entrée de la maison, la BAL ne pose aucun problème. Mais certains la mettent en rebord de haie et n’entretienne pas du tout cette dernière. Pourtant, ça pousse vite, ces machins-là. Du coup, la haie envahit l’espace et la boîte aux lettres, en plus d’être moins visible, et moins accessible. Pensez à entretenir les espaces verts.

Aussi, planter un arbre devant votre boîte est fortement déconseillé, sauf si vous n’aimez pas votre facteur.

En dehors de la végétation luxuriante, on trouve régulièrement, chaque semaine, quelque chose d’encombrant et d’odorant : la poubelle.  Autant votre facteur comprend qu’on puisse vouloir se débarrasser de ses ordures ménagères – il fait de même chez lui, autant il ne comprend pas cette habitude sournoise qui consiste à la placer juste DEVANT la BAL. Quel est le message derrière ce comportement ? Qu’en dirait un psy ? Cela signifie-t-il donc qu’il faut mettre le courrier directement à la poubelle ? Votre facteur doute, mais trouvera la réponse sous peu.

Votre facteur priant pour une BAL normée, nommée, numérotée et accessible (allégorie).

Dans le même ordre d’idée, c’est la voiture garée tous les jours devant la boîte, transformant la tournée en parcours du combattant. Dans ce cas, votre facteur n’a qu’une solution : exploser ledit véhicule avec un bazooka. Ou ne pas distribuer le courrier. Au choix. Level up, nouveau défi : le bateau.

Les trucs bizarres que votre facteur n’imaginait même pas.

Cela est anecdotique, mais votre facteur le revendique. Souvent, on profite de l’été pour, pourquoi pas, repeindre sa BAL. L’extérieur, ça peut être une bonne idée, elle devient plus présentable, si jolie, si brillante. L’intérieur, pourquoi pas, mais du coup, pour laisser sécher, faut la laisser ouverte. ET DU COUP ON LE MET OU VOTRE COURRIER, HEIN ?

Mes doigts verts bouteille vous remercient (ils sont polis, eux).

Les gens (ou clients) :

Passées ses nombreuses difficultés, votre facteur doit encore se méfier et rester prudent face au dernier obstacle : vous. Les gens, ses clients.

#PointMétéo

Votre dévoué facteur ne sait pas toujours quoi répondre à madame Kiwi qui se plaint chaque jour qui passe de cette chaleur estivale (pourtant bienvenue) et qui désire ardemment la fraîcheur humide d’une pluie normande ou la colère torrentielle d’un orage tumultueux. Mais votre facteur est à vélo. A vélo. La pluie est son ennemie. Et la pluie est l’ennemie de votre courrier, papier fragile face à la menaçante eau. Pensez-y.

#PointVélo

Puis vint monsieur Tomate. Ce dernier a remarqué que son facteur habituel avait été remplacé par un plus jeune, votre facteur remplaçant. Sûrement parce que c’est écrit sur le magnifique t-shirt jaune.

Il ne peut s’empêcher de faire une remarque futile :

 » Mais vous êtes à vélo maintenant ? »

Alors que je l’ai toujours été (non pas que je fus né avec).

« Ah, mais ça va, il est électrique ! »

Si votre dévoué facteur vous sourit en fusillant du regard votre misérable existence, monsieur Tomate, c’est que non, il n’est pas électrique.

#PointCourrierImportant

Parmi les gens, il y en a toujours au moins un qui attend chaque jour son facteur dévoué à l’heure exacte où il passe, se tenant devant sa boîte aux lettres pour récupérer son courrier avant qu’il ne soit mis dans ladite boîte. Et alors qu’il se voit remettre une ou deux lettres, un ou deux magazines, un ou deux prospectus, il ne peut s’en empêcher :

« Et c’est tout ? »

Mais non, ce n’est pas tout ! Il est pourtant si évident que votre facteur en garde de côté, qu’il ne vous distribue pas tout pour avoir la chance de vous revoir le lendemain, tellement vous êtes charmant, monsieur Myrtille. MAIS BIEN SÛR QUE C’EST TOUT, BORDEL. Pourquoi diable votre dévoué facteur garderait une partie du courrier vous étant destiné, hein, sérieusement, pourquoi ?

« Non, parce que j’attends un courrier important… »

Genre. Si c’était important, ce serait vraisemblablement un recommandé, et durant les quatre semaines passées et durant les quatre prochaines, vous n’en avez reçu et n’en recevrez probablement aucun. A moins qu’une carte postale de vos petits-enfants soit jugée « importante » au point de harceler quotidiennement votre dévoué facteur.

#PointRecommandé

Votre dévoué facteur a remarqué une fâcheuse et inexplicable rumeur au sujet des recommandés. Il paraîtrait, selon les dires les plus farfelus, que le facteur ne sonne jamais mais laisse obligatoirement un avis de passage alors que les habitants sont là à attendre patiemment une sonnette qui ne sonnera jamais dans un éternel silence coupable.

Combien de fois m’a-t-on dit : « oh, vous, au moins, vous attendez ! » ou « ça alors, vous avez sonné ! ». Comme si cela était un exploit digne du Livre des Records.

Mais si cette réputation me poursuit sans relâche, je peux en dire pas mal sur ces gens. Il faut savoir que, lorsqu’une maison est bruyante et habitée, cela s’entend de dehors, alors quand votre facteur sonne, pourquoi l’ouverture de la porte lui est-elle refusée ? Doit-il mettre, comme motif pour son avis de passage « ne savent pas ouvrir une porte comme les extra-terrestres dans Signes » ?

raptor-facteur
Les recommandés (allégorie).

Il y a aussi ces gens qui, comme madame Raisin, ne peuvent s’empêcher de me demander pourquoi ils doivent signer et que contiennent ces enveloppes mystérieuses. Comme si votre facteur dévoué pouvait en connaître le contenu sans même les ouvrir (en fait, il le peut puisque que, souvent, mais pas toujours, ce sont des chéquiers ou des cartes grises).

#PointWeekEnd

Je ne sais pourquoi mais, le vendredi, il y aura toujours une madame Pamplemousse ou un monsieur Tomate pour me souhaiter un bon week-end. Si l’intention est charmante, elle agace plus que de raison puisque, oh surprise, votre facteur travaille aussi le samedi. Ben oui, qui distribue votre courrier le samedi ? Oui, c’est votre facteur ! Qui n’est donc pas en week-end ! Magique !

Et non, ce n’est pas parce que vous ne recevez, soit disant, jamais de courrier le samedi, qu’il en va de même pour le reste de la ville, du pays et du monde. Vous n’êtes pas seul dans l’univers. Grande nouvelle.

#PointChiens

Les chiens sont une sorte d’animal poilu à quatre pattes qui gueule et réveille tout le quartier dès qu’il entrevoit l’ombre de votre dévoué facteur. Avec un chien, vous pouvez dire adieu aux grasses matinées, celles du samedi par exemple, vu que votre facteur n’est pas en week-end (voir ci-dessus).

En plus, même si votre chien n’a, je cite, « que de la gueule », ce que moi et le voisinage entendons parfaitement, je remarque quand même que les crocs de votre « brave bête » s’approche dangereusement de ma main. Dans ces conditions, il devient difficile d’assurer ma sécurité. Chien en liberté ? Pas de courrier. Problème réglé.

Mon conseil ? Optez pour un chat. Le chat reste calme au passage de votre dévoué facteur. Au pire, il dédaignera lança un regard glacial plus froid que l’hiver normand à cet humain qui ose pénétrer son territoire. Le chat n’ameutera pas tout le quartier. Le chat ne mordra pas la main amicale de votre facteur. Le chat est le meilleur ami du facteur.

Avec tout ça, on pourrait croire que les gens sont chiants (si peu). Mais heureusement, il y a…

Des avantages :

Honnêtement, je n’en vois pas tant que ça. On pourrait peut-être dire que l’un des bonus est la souplesse des horaires, votre dévoué facteur finissant sa journée dès la fin de sa tournée. C’est une variable aléatoire dépendant de la quantité de courrier, de recommandés et de colis.

Sinon, il y a aussi la possibilité de lire, en avant-première, les unes des journaux sous plastiques, comme les quotidiens d’informations tel Le Petit Quotidien et sa version plus mature Mon Quotidien, ou à des journaux parodiques comme Le Figaro ou La Croix.

***

Votre dévoué facteur espère que tout cela vous sera utile.

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8 réflexions sur “Cet été, je remplace votre facteur…

  1. >qui ne rentrent pas sans les plier maladroitement et les déchirer accidentellement. Bien entendu. Et après, ça va se plaindre de l’état du courrier.

    BIEN ÉVIDEMMENT, si il y a une case sur la feuille du facteur qu’il adore mettre, c’est bien « absence de BAL normalisée ». Je préfère encore ça que recevoir mes lettres importantes défoncées par un incompétent.

    1. J’adore cette case aussi, je vous rassure (même si cela dit, les BALs non normalisées ne sont pas si gênantes, par rapport à l’absence de noms et numéros). Je ne m’amuse pas à tordre toutes les lettres que j’ai, ça me ferait perdre du temps. Mais dans le même temps, mon boulot n’est pas de ramener au bureau toutes les lettres mais bien de les distribuer. Alors l’absence de BAL normalisée, ça me gonfle.

  2. Bon j’ai enfin un peu de temps à moi que j’utilise pour lire ton pavé factoral \o/

    « – Le numéro de la voie : important, car une rue ne comporte jamais qu’une seule maison. Et mettre « environ 300 rue des Potirons », ça n’aide pas, surtout quand c’est au 465. »
    Contre-exemple de la mort ! Il y a des rues sans numéros, surtout en campagne. Comme par exemple celle que j’habitais durant mon adolescence.

    Pour les BAL, je te trouve un peu dur. Tout le monde n’est pas propriétaire et ne peut pas acheter une BAL. Et puis, moi je n’aime pas mettre mon nom dessus, j’ai pas envie qu’on me retrouve et qu’on me fasse chier (idem pour les sonnettes).

    « #PointCourrierImportant »
    C’est tout moi ça :3

    Pour la sonnerie, ce serait quand même sympa qu’ils sonnent parfois, parce que me coltiner deux kilomètres dans un quartier craignos avec un gros carton sous le bras, c’est pas top. Et puis j’aime bien avoir les choses rapidement. Il faudrait que je prenne le temps de romancer un jour la fois où j’ai risqué ma vie pour récupérer (en vain) ma figurine de Paprika.

    Sinon à part ça, faire chier mon facteur ne me dérange pas plus que ça. J’aime bien faire chier les gens, au moins ça les occupe :3

    1. « Contre-exemple de la mort ! Il y a des rues sans numéros, surtout en campagne. Comme par exemple celle que j’habitais durant mon adolescence. »
      La hantise du facteur. Dans le même genre, j’ai trois maisons se suivant qui ont le même numéro. Et l’une d’entre elles n’avait pas les bons noms sur la BAL. C’était rigolo.

      « Pour les BAL, je te trouve un peu dur. Tout le monde n’est pas propriétaire et ne peut pas acheter une BAL. »
      La BAL normalisée est obligatoire pour les maisons neuves depuis 1979, quand même, ça fait donc longtemps que les proprio auraient dû en changer. Et le locataire peut toujours faire une demande auprès de son proprié/putaire, ça ne coûte rien (enfin, 15-20€ la BAL, ça va, c’est pas la mort).

      « Et puis, moi je n’aime pas mettre mon nom dessus, j’ai pas envie qu’on me retrouve et qu’on me fasse chier (idem pour les sonnettes). »
      Ben oui, mais il fait comment pour te retrouver le pauvre et triste facteur ?

      Sinon, moi, je sonne. Deux fois.

      1. C’était quoi les numéros, 6, 6 et 6 ? XD

        « Ben oui, mais il fait comment pour te retrouver le pauvre et triste facteur ? »
        Il y a le numéro de mon appart, je le donne toujours quand je communique mon adresse.

        « Sinon, moi, je sonne. Deux fois. »
        Donc tu fais parti des facteurs chiants qui insistent ! (il faut toujours une bonne raison pour râler XD)

      2. 1/ Nope, c’est le 2, 2, 2. Alors que, en temps normal, ce type de cas est réglé avec un « bis » puis, s’il le faut, un « ter ». Ben pas là. Tss.

        2/ Ah, oui, le numéro d’appart, c’est bien. :3

        3/ Oui, je suis chiant, j’insiste dans le vide, en plus. =/

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