Le satanisme vu par Setona Mizushiro

Avec un peu de retard par rapport au planning, je continue la saga de l’été, après les zombies et les vampires, respectivement étudiés par Kengo Hanazawa et Suehiro Maruo. Pour cette troisième partie partie, je vais partir sur une oeuvre de Setona Mizushiro, qui a étudié l’engeance satanique du lobby gay, de son origine des plus ténébreuses jusqu’à sa propagation funeste via un culte et une idéologie nauséabondes.

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, c’est Le jeu du chat et de la souris qui sera mis à l’honneur dans ce billet. Le manga qui a lancé le boom du yaoi en France. Alors que, en fait, c’est plus un josei qu’un yaoi. Néanmoins l’auteure a eu pour consigne de faire un manga gay ou SM, érotique et violent. Le résultat est là.

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Comme le dit si bien Imagasé, Le jeu du chat et de la souris c’est l’histoire de «la vie d’un homme séduit et jeté par de nombreuses femmes, qui a longtemps erré avant de finalement se faire sodomiser par un gay squatter et pot-de-colle».

Kyoïchi Otomo est un homme marié (à une femme donc). Trop bon trop con, il ne dit jamais non quand il s’agit de donner du plaisir à une autre femme que la sienne. Sa petite épouse engage donc un détective privé pour prouver les infidélités de son mari. Et là, coup de théâtre et boules de gommes, Otomo et le détective se connaissent. En fait, Sherlock Imagasé était secrètement amoureux d’Otomo à la fac. Il n’a jamais osé le lui avouer. Ainsi, il le fait chanter. Pour son silence, Imagasé demande un baiser à Otomo (et en profite aussi pour lui faire une petite fellation). A la manière de Sohta dans Heartbroken Chocolatier, Imagasé sera prêt à tout pour obtenir Otomo.

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Le jeu du chat et de la souris est un très bon manga sur une romance adulte. Un homme va tomber fou amoureux d’une personne qu’il ne pourra pas atteindre. Il va passer par plusieurs étapes: manipulation, dépression, jalousie, plaisir. Pour tout vous dire, c’est un peu agaçant à la longue. Par tous les seins d’Elvis, reprend toi mon gars ! De l’autre côté Otomo, qui n’est pas gay à la base, va se poser plusieurs questions sur cette relation. C’est un peu logique en même temps. Moi aussi, si je me retrouvais à la place d’Otomo je me remettrai un peu en question. Va t-il choisir la facilité, se mettre avec une femme avec laquelle il se mariera et aura un tas de gosses malpolis ou alors préfèrera-t-il avoir une relation à priori plus difficile, celle avec un homme qui l’aime éperdument, au risque d’être au centre de toutes les questions de son entourages ?

C’est bien joué de la part de Setona Mizushiro car le manga pourra aussi plaire aux non amateurs de yaoi. Elle arrive à créer une histoire intéressante et passionnante dans un manga basé sur le sexe. D’ailleurs certaines situations sont propices à amener des scènes de cul dans le premier tome. C’est un peu dommage, mais c’est but initial du manga après tout. Mention spéciale à Otomo qui avale pour sa première fellation. Chapeau mec. Le second volume est un peu plus léger au niveau de ce genre de dessins. Franchement c’est tant mieux. Il se base plus sur les sentiments et les interrogations que sur le sexe.

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L’homosexualité est un thème comme un autre. L’auteure a déjà traité du thème l’amour à travers le chocolat dans Heartbroken Chocolatier ou avec en toile de fond le vampirisme comme dans Black Rose Alice. Et elle s’en est très bien tirée à chaque fois. Pourquoi ce serait différent avec l’homosexualité ? Grossièrement, le récit parle d’un amour impossible. Aussi bien le lecteur que la lectrice pourront facilement se retrouver à travers les regards des deux protagonistes. Imagasé, le chat qui court après, et Otomo, la souris qui n’ose pas se décider.

Au niveau du dessin, le trait de Setona Mizushiro est toujours aussi facilement reconnaissable. Néanmoins, vous le savez déjà si vous avez lu mon billet sur Heartbroken Chocolatier, j’ai un petit problème avec la manière dont l’auteure dessine les garçons. Avec Le jeu du chat et de la souris, on peut dire que j’ai été servi. Mais au final, le graphisme ne m’a pas du tout dérangé. Bien au contraire, il est très agréable. Les femmes dessinées par Setona Mizushiro sont toujours aussi séduisantes. Par ailleurs le manga donne un peu une impression de « tout le monde il est beau ». En fait, ce n’est pas qu’une impression. Bien que souvent inexistants, les décors du manga sont plutôt agréables. Les scènes de sexe sont assez explicites dans l’ensemble. Oui, dans l’ensemble, parce que celles homosexuelles le sont alors que les scènes hétérosexuelles sont implicites (#hétérophobie).

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Concernant l’édition, le premier tome existe en deux éditions. Prenez la seconde, elle est moins chère, s’accorde par rapport au format avec le second volume et contient deux chapitres bonus (je ne sais pas s’ils sont présents dans la première édition). Le second volume est bien plus épais que le premier. C’est un petit pavé et il est proposé au prix agréable de 7,50 euros, soit un euros de plus que le premier. Pour le reste Asuka a fait un travail de bonne qualité, aucun point sombre n’est à relever. Il y a quelques coquilles, mais c’est tout (et puis, par rapport à ce texte…).

Donc Le jeu du chat et de la souris (il faudrait vraiment que Setona Mizushiro fasse des titres plus courts pour ses bouquins) est un très bon manga que je ne conseillerai à personne. A moins d’être un fan hardcore du genre yaoi ou de Setona Mizushiro et d’être passé à côté, ne vous jetez pas sur ce manga. Prenez votre temps pour découvrir l’auteure. Foncez sur son chef d’œuvre, L’infirmerie après les cours, en priorité. Et vous viendrez forcément à découvrir Le jeu du chat et de la souris par la suite. De la manière que je pourrais conseiller de ne pas commencer à lire du Naoki Urasawa avec Happy !, ne commencez pas l’œuvre de Setona Mizushiro par ce manga. Ni par Heartbroken Chocolatier dont j’ai déjà fait l’éloge, ni par Black Rose Alice dont la critique est à venir (peut-être).

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Une réflexion sur “Le satanisme vu par Setona Mizushiro

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