Le dessein de la vie

Dans ce billet je vais vous parler d’un manga atypique comme j’en ai rarement lu. Ce manga c’est Les dessins de la vie. Il s’agit d’un one shot de 250 pages sorti aux éditions Soleil en 2006 pour moins de 10 euros. Les dessins de la vie est dessiné par Hirosuke Kizaki d’après un scénario de Marley Caribu (un mec qui s’appelle comme ça ne peut faire que de bonnes choses). On en vient à ce qu’il faut savoir avant de lire ce manga. Les dessins de la vie est une œuvre inachevée et qui ne sera jamais terminée. Pourquoi ? Parce que Hirosuke Kizaki, persuadé de ne plus pouvoir dessiner, a mis en suspend ses trois séries (qui ne comptent qu’un volume chacune) avant de brusquement décéder en 2000 suite à une crise cardiaque. Certes, vous ne lirez jamais la fin de Les dessins de la vie, mais ce n’est pas une raison pour bouder ce manga.

On va commencer par le synopsis si ça vous dit. Attention, ne me parlez pas de Bakuman, suite à la lecture du résumé ou je m’énerve ! Nému, une jeune fille timide et passionnée à un rêve: devenir mangaka. La talentueuse fillette de 13 ans aide ses parents pour tenir le restaurant familial tout en allant au collège et n’ose pas montrer ses planches à Reiko Itoh, une célèbre mangaka qui vit à proximité. Mais une rencontre pourrait bien changer l’avenir de l’attachante Nému. Avec Les dessins de la vie nous allons suivre les aventures de Nému jusqu’à ce qu’elle devienne mangaka. Autant vous le dire tout de suite, la fin étant quelque peu brutale, si vous voulez qu’elle atteigne son but, il faudra vous l’imaginer.

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Les dessins de la vie est une œuvre d’une douceur incroyable. Ne vous attendez pas à voir des ados surexcités et des longs discours aussi chiants qu’inutiles (Bakuman ? J’ai entendu Bakuman ?)(Oui, moi j’ai le droit d’en parler). Ici nous sommes dans un manga contemplatif. Il y a peu de dialogues et ils sont très courts en général. On verra aussi, pas si rarement, plusieurs pages se suivant sans le moindre texte. Peu de suspense, pas de rebondissement et encore moins de compétition, Les dessins de la vie est un manga qui s’apprécie dans le calme, dans le silence. L’innocence de la petite Nému contribue en grande partie à faire de ce manga un petit bijou. La jeune fille va se placer en tant qu’observatrice d’un univers qui la fascine. Sa passion va donc être partagée avec le lecteur. Lecteur qui  s’attardera tellement sur les petits détails, qu’il ne verra pas le temps passer et Nému grandir. Et oui, parce que dans Les dessins de la vie, le temps s’écoule sans que l’on ne s’en aperçoive.

L’univers graphique de Les dessins de la vie est fabuleux. J’ai trop rarement vu ça dans un manga. Les personnages sont représentés, à la manière de l’excellent Tail Concerto, sous la forme de chats. Ce graphisme singulier ne choquera pas les petits lecteurs que nous sommes. Les expressions corporelles sont tellement réalistes, l’animation des personnages est tellement vraie que l’on oublie vite qu’il s’agit de chats. Le moins que l’on puisse dire c’est que les personnages dessinés par Hirosuke Kizaki sont attachants. En particulier Nému, l’héroïne du manga. Sa candeur est parfaitement exprimée par le trait du mangaka. En plus, les pages colorées du début de tome sont juste magnifiques.

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Au niveau de l’édition, le travail fournit par Soleil est très correct. Le grand format permet d’apprécier pleinement les dessins du mangaka. La traduction n’offre pas de tournure de phrase bizarre et la qualité du papier est appréciable, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que l’éditeur de Les dessins de la vie c’est Soleil et comme Soleil et bon travail ne vont pas ensemble, on a droit à un gros foutage de gueule au niveau de la traduction des onomatopées. Du bruit de la voiture au nom sur la sonnette, tout est laissé tel quel, en japonais donc. Il n’y a aucune note ou astérisque à côté et, à la fin de l’ouvrage, on retrouve deux pages où les onomatopées sont traduites. En plus de devoir tourner les pages, on doit apprendre avant de se lancer dans la lecture à quelles pages les tourner. Franchement c’est du n’importe quoi.

Les dessins de la vie est un petit chef d’œuvre comme on n’en trouvera pas deux. Un manga doux, contemplatif et atypique malheureusement dépourvu de fin. Ce n’est pas un détail mais cela ne doit pas vous faire fuir. Les 250 pages qui composent ce manga sont d’une telle qualité et d’une telle constance qu’il serait bien dommage de passer à côté. Même inachevées, j’espère pouvoir lire un jour les deux autres séries de Hirosuke Kizaki mentionnées dans la postface du livre.

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3 réflexions sur “Le dessein de la vie

  1. Ce genre de manga deviennet magique quand tu les lis soit un week end pluvieux confortablement dans un canapé/fauteuil (ou au milieu de la nuit quand tu sais que tu peux veiller tant que tu veux). Avec un peu de jazz (et là c’est parfait).
    Merci pour ce manga, vu ce que tu en dis, je vais me le faire, la saison des pluies commançant, ça sera parfait !

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