Wet Moon

Suite à l’article de présentation, voici enfin venu l’occasion de donner mon avis sur la nouvelle série d’Atsushi Kaneko, Wet Moon. Surtout parce que, la dernière fois, je n’avais rien dit de passionnant. Ce qui ne signifie pas que ça le sera cette fois-ci, je préfère ne pas trop m’avancer.

Sakka nous présente donc le dernier né de Kaneko, prévu en 3 tomes. Une série courte donc, à l’inverse de Soil qui dépasse les 10 tomes. Cette fois-ci, je devrais parvenir à les acheter avec un délai raisonnable. Peut-être.

Mais avant de faire des projections sur l’avenir sombre et incertain qui nous attend tous, oui, tous autant que nous sommes, restons concentrés et profitons de l’instant présent. De ce premier tome.

Après d’intrigantes pages couleurs d’où seule une femme en rouge ressort, poursuivie par un homme inquiétant. Jusqu’au moment où l’on découvre que cet homme, c’est le héros, l’inspecteur Sata, qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour retrouver cette femme qui serait, il en est persuadé, à l’origine de son traumatisme crânien. Trauma qui lui occasionne des symptômes de plus en plus handicapants, allants de nébuleuses visions à des absences répétées et de plus en plus longues.

Alors que Kaneko prenait son temps dans Soil pour ajouter de la bizarrerie touche par touche à l’univers contemporain et particulièrement lisse de cette ville impeccable qu’était Soil, dans Wet Moon, il est plus direct. Plus pressé. Entre les troubles du comportement de Sata, ses visions, son obsession pour cette femme en rouge ou encore l’étrange ateliers qui produits des pièces métalliques aux courbes angoissantes…

© by KANEKO Atsushi / Enterbrain

Nous voilà plongé dans un monde où la Lune est un personnage à part entière, avec le Japon qui entrerait dans la course de la conquête spatiale pour s’y poser (si possible avant les USA et l’URSS) mais aussi, et surtout, cette Lune borgne issue du film de Mélies qui envahit la réalité de Sata. Elle le surveille, moqueuse, spectatrice impuissante de ses égarements. Petit à petit, il se perd dans la confusion, ignorant de la frontière entre le réel et l’irréel. Alors que l’enquête autour de la mort de cet ingénieur en objets spatiaux courbés est bel et bien close, lui continue sa poursuite, inlassablement, dans une obsession paranoïaque.

© by KANEKO Atsushi / Enterbrain

Atsushi Kaneko nous livre là un manga à l’ambiance étrange, sombre et moite, avec une ville en bord de mer tournée vers les cabarets et les casinos, où la police corrompue tente d’y noyer l’irréprochable inspecteur Sata. C’est tout un monde qui s’ouvre pour lui, et que l’on découvre ensemble, alors qu’il n’a en tête que cette mystérieuse femme en rouge et que ses collègues tentent eux de le salir à jamais.

Avec un encrage de noirs profonds et un cadrage choisi avec soin, l’oppression ressentie par Sata nous étouffe aussi. La mise en scène de Kaneko sert son propos. Il propose déjà plusieurs pistes, plusieurs fils distincts voués à se rejoindre. Le récit avance vite, sans pour autant se presser. Il n’y a plus qu’à attendre ce que Kaneko nous réserve pour la suite, et pour la fin.

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