La Croisée des Animaux : Nouvelle Feuille

Animal Crossing : New Leaf est le dernier né de la (longue) saga Animal Crossing, se déclinant cette fois-ci sur console portable. Depuis sa sortie il y a bientôt un an (pour l’Europe), le jeu n’en finit pas de séduire un public de plus en plus large, des enfants de 6 ans aux retraités de 80 piges. J’exagère peut-être un peu. Mais pas tant que ça.

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Mais que se cache-t-il derrière ce succès aussi mystérieux que surprenant ?

En effet, Animal Crossing : New Leaf (ci-après abrégé ACNL pour me permettre de gagner du temps en écrivant, merci bien) est un jeu qui aurait pu être d’une banalité affligeante, insipide et répétitif. Puisqu’il s’agit d’un jeu de gestion d’une ville côtière, de « simulation de vie » un peu comme les Sims ou autres ersatz.

Tout commence alors que vous vous trouvez dans un train. Alors que vous vous attendez à voir débarquer un contrôleur SNCF d’un instant à l’autre, c’est finalement un chat qui s’incruste, vous dérange et force la discussion. J’ai essayé, impossible de s’en débarrasser, un vrai pot de colle. Après vous avoir demandé votre destination, il va tenter de vous arracher, de force, d’autres informations confidentielles : prénom, couleurs des yeux, sexe, carte de la ville (?), et j’en passe. Mais le pire est à venir…

En effet, une fois arrivé à destination, vous voilà élu d’office Maire ! Alors même que vous n’aviez rien demandé de tel ! Pire encore, si la secrétaire, votre secrétaire désormais, attendait votre venue avec impatience, il se trouve qu’il n’y a pas de logement de fonction pour vous accueillir. Vous voici à la rue. Et on ne vous laisse pas la possibilité de dormir au bureau.

Pur hasard, Tom Nook, escroc notoire, vous propose de vous endetter sur plusieurs générations pour construire votre maison. En attendant qu’elle le soit, vous pourrez profiter du confort spartiate d’une toile de tente. Génial.

Comme si ce n’était pas suffisant, vous vous rendez compte que la ville compte un taux de chômage hallucinant : aucun des habitants (exceptés vous et Marie) n’a de travail. Par ailleurs, peut-on parler de travail alors que vous ne touchez aucun salaire ? Non, c’est du bénévolat. Ou de l’esclavage. Au choix.

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Pire encore : les caisses de la ville sont vides. C’est la crise, mon pauvre ami… Et c’est, peut-être, la faute à votre prédécesseur, parti se payer une retraite dorée avec. Les travaux publics et arrêtés municipaux seront donc à payer de votre poche. Et ne comptez pas sur les cagnottes : n’oubliez pas que vos administrés vivent sous le seuil de pauvreté et ne peuvent se permettre des dépenses futiles comme investir dans la construction d’un pont. Non, ils vont préférer acheter un mini-alloïde…
Mais je m’égare.

Rapidement, malgré un début difficile, vous apprendrez à aimer votre ville. Evidemment, vu l’état dans laquelle vous l’avez trouvée, vous vous demanderez toujours ce qu’à bien pu faire votre prédécesseur de son mandat…

Les tâches qui s’offrent à vous paraissent insurmontables : rénover le musée et enrichir ses collections afin de faire valoir le rayonnement culturel de votre ville ; construire les infrastructures nécessaires à la vie en cité (bar-tabac, magasin de chaussures, coiffeur…) ; restaurer et entretenir le paysage urbain, notamment via les espaces verts ; accroître l’attrait touristique (camping, plage…)…

Pour cela, vous avez du temps. Le jeu se passe en temps réel et les jours défilent tranquillement. Les saisons passent et le paysage évolue. Feuilles arborant l’orange automnale, la neige et son doux manteau blanc, arbre en fleurs toutes roses… Sans oublier les nombreuses fêtes ! Et même si elles se voient renommées, par exemple Noël devenant, je cite, le « Jour des Cadeaux », cela reste l’occasion de s’amuser avec les habitants, comme lors du concours de pêche mensuel !

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Sachez que, régulièrement, vous pouvez demander l’avis du conseil municipal sur votre gestion de la ville. Conseil auquel vous n’assistez pas, évidemment. Après tout, vous préférez batifoler dehors avec votre filet à papillons plutôt que de vous enfermer dans une salle poussiéreuse, je vous comprends.

Mais prenez garde ! Tout ne se résume pas à tenter de gagner des clochettes (la monnaie locale) pour créer la ville de vos rêves – l’avis de vos administrés n’est donné qu’à titre indicatif : vous êtes élu à vie. Une grande part du jeu se fait dans les interactions avec les villageois. Certains sont agréables, d’autres hautains. Mais soyez réaliste : ils sont remplaçables. Un habitant ne vous plaît pas ? Arrangez-vous pour le faire partir. Même si certains sont tenaces, un peu d’effort pourra suffire. Un autre le remplacera sous peu.

Après quelques temps d’adaptation, la réalité s’offrira à vous : ce sont tous des inadaptés sociaux, en plus d’être des assistés de l’Etat, réunis dans cette ville car on ne savait vraisemblablement pas quoi en faire. Régulièrement, si ce n’est pas plusieurs fois par jour, ils vous demanderont votre avis si précieux sur leur manière de saluer, de s’habiller, sur leur décoration intérieure, allant parfois jusqu’à vous demander de leur apporter à manger… Heureusement, de temps à autres, ils pourront vous apporter des idées d’aménagements, que Marie la secrétaire prendra en note.

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Mais il est trop tard pour fuir. Votre seule escapade se trouve sur une île tropicale (1000 clochettes l’aller-retour) aux arbres infestés d’insectes et à la plage bordée de requins. PARADISIAQUE. Ou alors, enfermez-vous dans votre maison. Et encore, si vous vous entendez trop bien avec vos voisins, ceux-ci pourraient s’inviter sans prévenir, sans gêne et sans fleurs ni chocolats.

Une envie shopping ? Le magasin tenu par les frères Méli et Mélo, de pauvres gosses exploités, n’est pas bien fourni. Et pourtant, il vous faudra acheter si vous voulez qu’il s’agrandisse. En gros, c’est encore une fois votre argent (durement gagné) qui servira à la communauté. Le magasin de vêtements propose quatre pauvres bouts de tissus par jour, ce n’est guère la folie… Youhou.

Mais cela dit, une fièvre de collectionisme aiguë risque de vous contaminer. Vouloir compléter un set de meuble collector afin de rendre sa maison plus belle encore est toujours un défi. Et de côté-là, les possibilités sont nombreuses. Une pièce unique ne suffira pas, et Tom Nook a bien flairé le filon, puisqu’il vous proposera plusieurs fois d’agrandir votre maison. De quoi vous ruiner davantage ! Et qui paiera la dette, qui ?

Seule solution : fuir, loin, très loin. Grâce aux codes-amis de vos amis (jusqu’ici, c’est logique), vous pouvez visiter leur ville s’ils ouvrent le portillon de leur gare ! Cela vous permettra de vous remonter le moral, remarquant qu’eux aussi doivent surmonter une situation plus que difficile, héritage d’une gestion calamiteuse par la précédente équipe municipale.

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Heureusement, vous aurez la satisfaction, grâce à un vieux morse un peu sénile, de voir vos efforts récompensés. Hélium, c’est son nom, vous donnera des badges quand vos actes porteront leurs fruits. Voilà. Vous êtes content. Vous vous êtes épuisé à la tâche, des jours durant, pour obtenir des badges. Génial.

Enfin, du coup, on comprend les raisons du succès d’ACNL : les badges.

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