Gewalt – Ruita-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta !

Ruito est un lycéen ordinaire. Trop ordinaire… presque transparent. Mais lorsqu’un jour, des voyous s’en prennent à lui devant ses prétendus « amis », il est humilié, mis à nu : sa vraie nature dévoilée, il réalise que toute vie sociale lui sera dorénavant impossible. Alors, perdu pour perdu, Ruito décide de passer « de l’autre côté », celui des durs, des violents. Mais durant son parcours initiatique, entre satisfactions et doutes, rencontres et faux-pas, Ruito va bien malgré lui réveiller de vieilles rivalités… et déclencher ce qui pourrait bien devenir une guerre ouverte !

Le changement… c’est maintenant !

Gewalt - Petite incursion chez les voyousEn allemand, gewalt signifie violence. Dans ce titre en trois volumes (série terminée), l’auteur ne va pas se consacrer qu’à la violence physique mais aussi aux brimades et autres sévices psychologiques qui peuvent amener l’être humain à changer. C’est d’ailleurs l’un des concepts-clés de la série. Ruito sent une certaine lassitude vis à vis de sa condition de victime et c’est ce qui provoque le déclic, ce qui provoque le début de son évolution.

 L’environnement dans lequel il évolue y est aussi pour beaucoup. Ce lycée divisé en deux avec les caïds dans la partie professionnelle et les « normaux » dans la partie générale va générer une atmosphère intrigante pour les uns et les autres, un peu comme lorsque la frontière d’un pays étranger se trouve à deux pas de chez nous. Poussé par la curiosité de voir « l’autre côté » et l’envie de changer, Ruito va prendre une décision qu’il n’aurait jamais eu le cran d’imaginer sans sa rencontre avec les voyous qui l’ont agressé (sans eux, il n’aurait pas découvert le monde de son sauveur).

Du furyo sinon rien.

Gewalt - Petite incursion chez les voyousDe part son thème, Gewalt va mettre en scène des furyo, les petits voyous japonais dont vous avez probablement déjà entendu parler si vous lisez un peu de manga (Racailles BluesGTO, etc.). En général, le furyo fait référence à un individu qui possède très souvent les cheveux décolorés et une coupe de type « banane ». Vous commencez à voir le genre? Eh bien c’est ce genre de gens que Ruito va commencer à fréquenter. Il va d’ailleurs très vite se rendre compte que les clichés du genre ne s’appliquent pas à tous. Il existe certains groupes qui ont des allures de voyous mais qui ne sont considérés comme tels que parce qu’ils sont « en bande ». Les skaters de la Gewalt 5, l’équipe rejointe par le héros ne cherchent des noises à personnes, ils veulent juste profiter de leur spot. Les problèmes surviennent uniquement quand il s’agit de partager ce terrain, cet endroit qui les définit avec d’autres groupes. Les frictions se créent et les rivalités sont exacerbées.

Ce sont ces mêmes rivalités qui seront utilisées comme prétexte pour raviver les luttes d’influence après un événement qui aurait dû être considéré comme mineur. Ruito va alors se retrouver au beau milieu d’une histoire aux origines plus anciennes que son récent changement de cœur et qui va impliquer de nombreux personnages ayant une très grande influence au lycée. Le héros ne se défilera pas et va relever un défi qui semble hors de sa portée. C’est d’ailleurs à travers cette volonté affichée par Ruito qu’on voit ressortir l’esprit du furyo. Cette envie de liberté, de ne plus se laisser faire et de ne pas être soumis à l’autorité d’autrui. Au fond, tout ce qu’il cherche, c’est quelque chose qui le fasse se sentir bien dans sa peau et qui lui permettra de s’exprimer tel qu’il est vraiment.

Classique mais diablement efficace.

Gewalt - Petite incursion chez les voyousKôno Kôji ne réinvente pas le genre, loin de là mais il a le mérite de proposer un récit très bien construit et qui n’a pas vraiment le temps de s’essouffler. On attaque dans le vif du sujet puisque l’histoire démarre avec une introductionin medias res et peu de palabres inutiles. Du début à la fin, on sent que Kôji maîtrise son histoire et réussit à alterner scènes de baston crues et violentes avec des passages qui poussent plus à la réflexion sur soi-même. Pas de surprises : ça saigne, ça tape de partout, ça hurle et… c’est terriblement bon. La tension est tellement bien rendue que ça ne m’étonnerait pas que certains combats vous donnent la chair de poule. C’est dire !

Quand Doki-Doki nous annonce l’arrivée d’un nouveau seinen de combat tiré du même magazine que Sun-Ken Rock, difficile de ne pas être excité. Avec des couvertures pas tape à l’oeil (au contraire, elles respirent le calme), Gewalt devrait en surprendre plus d’un par son dessin carrément old school qui n’est pas sans rappeler celui de Virtus. C’est le genre « On aime ou on n’aime pas », sans juste milieu. Pour ma part et vous l’avez bien compris, j’adhère ! Mission réussie donc pour un éditeur qui signe un titre court, intense et qui ne laissera pas le lecteur de marbre.

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