Attache-moi : Les ficelles du bondage

Qui n’a jamais eu, au détour des étalages de sa librairie préférée, ce regard en coin et cet esprit légèrement mal tourné, cherchant du contenu hors des sentiers battus ? Qui n’a jamais eu les doigts baladeurs prêts à se poser sur ce rayon trop en hauteur, souvent négligé ou dénigré par ses contemporains ? Qui n’a jamais été pris de cette douce folie que de feuilleter puis de prendre, avec réserve, cet ouvrage qui occupe notre esprit depuis son annonce de publication ? Pas moi.

Mais aujourd’hui, faisons fi des convenances et des préjugés et franchissons allègrement le pas qui nous mènera sur les merveilleux chemins de la littérature moins catholique qu’orthodoxe. Parce que oui, on va parler de fesses, de cuir, et de colliers, s’il vous plaît. Et pour se lancer sur ces sentiers sinueux, nous allons nous pencher sur le dernier né de la collection Senpai de Pika, qui reprend du service pour notre plus grand bonheur. « Attache-moi » de Ryûta Amazune est une série érotique orientée fétichiste, prépubliée dans le magazine Young Animal et toujours en cours de parution au Japon, à hauteur de 12 tomes. « Attache-moi » ou Nana to Kaoru pour les puristes, a également été l’objet de deux spin-off « Black Label » et « Pink Pure » contant des petites histoires annexes au récit principal. On notera aussi que la série a fait apparition à l’écran lors d’une adaptation sous forme d’OAV d’un seul épisode, en plus des deux films-lives sortis en 2011 et 2012.

attache-moi

« Bienvenue à toi, jeune novice de la cravache et de la laisse, car maintenant débute ton initiation aux ficelles du BDSM »

Le premier volume nous introduit le personnage de Kaoru, un jeune lycéen dont les penchants obsessionnels ne sont pas, pour le moins, des plus grisants. Fantasmant à loisir sur les pratiques BDSM et, accessoirement sur son amie d’enfance et voisine de palier Nana. Le récit nous fera suivre, au plus près, la relation entre les deux acolytes au travers de jeux érotiques ayant pour but de distraire Nana de la routine écolière.

Si le récit nous fait suivre les péripéties de Kaoru, c’est bien autour de sa jeune amie que s’articule l’âme même du manga. On sent, au fil des pages, une réelle évolution dans le comportement de Nana, et on s’étonne même de cette avancée rapide, qui poussera le lecteur à dévorer les chapitres à une vitesse effarante. Brillante élève et présidente de club, la jeune fille qu’on pourrait croire droite et autoritaire se laissera rapidement envoûter par cet univers fétichiste dans lequel elle semble se complaire agréablement avec, néanmoins une légère gêne. On y découvre donc une double personnalité de Nana : la fille studieuse le jour et la fille désirable et désirée la nuit.

On se verra présenter le B-A B.A du Bondage au fil des expériences méticuleusement orchestrées par Kaoru, à commencer par le classique costume en cuir serrant la poitrine et les hanches (pour notre plus grand bonheur) et continuer sur quelques pratiques mettant en avant la relation maître/serviteur. Si notre jeune lycéen s’adonne avec plaisir à ces séances avec Nana, il s’affirme clairement comme maître du jeu et ce, en n’obligeant jamais son amie à réaliser ses fantasmes. C’est bien Nana elle seule qui fait avancer l’histoire en acceptant d’aller toujours plus loin dans les pratiques de son voisin bien aimé.

On se retrouve donc en possession d’une série au contenu mature sans forcément empiéter sur le vulgaire, l’auteur sait se montrer raisonnable tout en donnant au lecteur ce regard curieux et avide en scènes osées. La patte artistique reste plaisante et assez détaillée quand il s’agit de mettre en valeur une situation coquine, l’œil se verra attiré par les petits détails sans tout autant s’y focaliser pleinement. On appréciera les plans bien travaillés se focalisant sur les parties les plus sensuelles de Nana, à savoir ses lèvres pulpeuses et son regard envoûtant. L’auteur réussit la prouesse de nous transporter au plus près des scènes érotiques par un travail assidu de ces plans.

nana to kaoruUne fin de chapitre qui nous met en appétit pour la suite

« Mais alors, le R-18, est-il justifié ? »

Sur ce premier tome, s’il est bien une chose sur laquelle nous sommes en droit de nous questionner, c’est bien la limite d’âge. Après avoir minutieusement décortiqué le bouquin, on ne relèvera aucune trace de scène obscène, le contenu restant purement érotique. On s’interrogera donc sur la légitimité de ce R-18 tout en gardant à l’esprit le R-16 de la collection 100% Sans Interdits de Taifu Comics qui elle, verse sans vergogne dans le Hentai pur et dur. Difficile d’être catégorique maintenant, la suite pourrait éventuellement donner une réponse à ce questionnement.

En définitive, un premier tome rempli de bons points qui m’a laissé un agréable goût dans la bouche, même si toutefois, on pourrait sentir les prémices à une certaine forme de répétition dans la trame scénaristique. En espérant que le manga confirme ses qualités dans les prochains tomes que je pourrai en parler une nouvelle fois ici-même.

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Une réflexion sur “Attache-moi : Les ficelles du bondage

  1. Nana to Kaoru est un titre que j’apprécie et que j’ai été étonné de voir débarquer en France. Je n’ai pas compris le changement de titre pour « attache-moi » alors le titre de base c’est « Nana et Kaoru » (alors oui le bondage est plus mis en avant mais ya pas que ça), le logo avec fouet et menottes (on n’en voit pas), le -18 ans (le titre est érotique pas pornographique…on ne verra strictement rien)…dans un mangacast qui chroniquait le titre, il avait été évoqué le fait que c’était le titre « honteux » de Pika alors que de mon point de vue c’est un bon manga (pas le meilleur du monde non plus mais il est loin d’être mauvais).
    Nana et Kaoru nous parle de SM mais de manière ludique et ouverte. Montrer que ce n’est pas une pratique sale que l’on fait dans une cave sordide. Le but ce n’est pas de blesser son/ses partenaires, (à plusieurs reprises dans le manga on parle bien de « partenaires ») on ne fait pas ça avec n’importe qui, n’importe quoi et n’importe comment. Le titre original évoque bien se fait et montre lien entre les deux personnages, la relation qui s’établie entre les deux. Kaoru n’a d’yeux que pour Nana, se soucie de son bien être, choisi les accessoires en fonctions etc… et c’est bien Nana qui commande, Kaoru n’est que maître de cérémonie. S’il n’y avait pas le SM on serait dans un manga avec un schéma ultra classique (les amis d’enfance, l’amour que l’on va mettre 3 plombes à s’avouer…), ça donne juste un chemin un peu plus tortueux. C’est pour cela que je trouve dommage le changement du titre. Bref, je trouve que la com’ de Pika (ou la non com) montre le contraire des valeurs que défend ce manga.
    Sinon, je confirme, il y a un certain effet de répétition dans les séances avec quelques évolutions, c’est surtout Black Label qui rompt avec ce schéma (reste à savoir si Pika va l’éditer).

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