Magical Girl of the End – la série Z pour otaku qui va tacher

En opposition (mignonne hein, on va pas se tirer dans les pattes) à l’article de Meloku sur le même manga et notamment son tout début publié ce mois de juin chez Akata dans leur nouvelle collection What The Fuck ?!, voici ma critique et ma vision de ce premier tome de Magical Girl of the End de Kentaro Sato.

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Donc contrairement à l’illustre concurrence, j’analyserai différemment cette entrée en matière d’un manga qui, en s’inspirant de certaines autres oeuvres, va réussir à s’offrir une place sur l’étagère de la curiosité de toute bonne bibliothèque. Un lycéen banal et sans histoire, suivi d’un élément perturbateur. On a là une majorité des débuts d’histoires de l’industrie du manga. Or cette fois ce n’est pas un ou une nouvelle élève mystérieuse qui semble cacher un lourd passé mais un massacre sans nom et ultra-gore qui sert d’élément déclencheur à l’histoire. Comme quoi casser un cliché ce n’était pas bien difficile. Le manga commençait comme ça devrait être interdit de le faire, et a très vite pris un virage en épingle pour notre plus grand plaisir. Comment et pourquoi ?

Highschool of the Magical Girl of the Dead of the End II – now with more blood!!

Magical Girl of the End possède, comme son titre l’indique si bien, des magical girls. Mais attention ici on est plus proche de Highschool of the Dead dans la narration que de Cardcaptor Sakura. En effet après la décimation sans pitié (je ne spoile rien, c’est dans le premier chapitre autrement lisible gratuitement à cette adresse, scan gratuit tout propre offert par l’éditeur) de toute la classe du protagoniste, celui-ci se retrouve en compagnie d’une ancienne amie de classe et se lie par désespoir à d’autres jeunes de son école afin dans un premier temps de survivre et par la suite tenter de comprendre ce qu’il se trame. Et visiblement ni l’un ni l’autre ne semblent évidents. Car la violence fait rage. En effet les magical girls que l’on croisera tout le long de ce premier tome seront d’effroyables machines à tuer que rien n’arrête pour propager chaos et mort. Chaque humain tombé sous les coups et explosions dévastateurs se réincarneront en zombies ou créatures assimilées. Autant dire que la course à la survie n’est pas gagnée pour tout le monde et que les rebondissements typiques au genre seront légion. Car oui c’est gore, ça court dans tous les sens et il n’y a pas âme sereine si ce n’est notre lycéen de héros blasé paré à tout. Bon ok il se chie dessus mais le changement d’ambiance assez radical y est probablement pour quelque chose. Quoi de plus sur tout ça ? Que l’oeuvre risque de ne pas plaire aux lecteurs sensibles à la violence ni aux effusions de sang. Mais encore moins à ceux ou celles qui voulaient de la romance, des amitiés fortes entre jeunes filles et des rubans de couleurs. Eh non, les magical girls ici seront des bourreaux sanguinaires tombés du ciel sans trop d’explications et qu’il faut mieux éviter pour garantir sa survie.

« Par la pouvoir de la lun- non je déconne, tu es déjà mort mais tu ne le sais pas encore »

Car ouai on plonge direct dans un univers où chaque personnage peut décéder sans préavis, en pleine action peu importe le moment où l’endroit. Et pour ça l’auteur regorge d’inventivité qui fonctionne à chaque fois : la surprise spontanée. J’adore personnellement, c’est toujours au moment où on s’y attend le moins que se produit quelque chose de grave voire stupéfiant. Un bon point pour ça. Car malheureusement ce n’est pas sur le dessin que l’auteur fera son entrée au panthéon des dessinateurs de légende. Son trait est assez irrégulier, tout en rondeurs pour les visages et autres parties du corps de certaines demoiselles généreusement pulmonées, il ne se démarque pas en revanche par des cadres originaux ni des prises de vues folichonnes. On est loin du génie de Oh!Great ou même du vénéré Hirohiko Akari qui nous offrent des angles démentiels et autres cascades rétiniennes. Ici tout est assez propre mais sans plus. C’est un détail pour beaucoup de lecteurs non avertis mais maintenant que vous en valez deux, vous ferez attention à ce qui peut faire toute la différence entre un bon dessinateur et un dessinateur.

Du coup je dois terminer comment sur ce début de série ? Prometteur certainement car on ne fait que gratter la surface d’un univers potentiellement déjanté à base de magical girls à l’opposé des canons du genre. Osé aussi, car un scénario pareil peut démarrer lentement et perdre son public si celui-ci n’accroche pas vite à une histoire recherchée et non pas juste une débauche de violence gratuite. En tout cas le label WTF est plutôt mérité car le titre n’est clairement pas un shonen classique ni même un seinen pour le moment, donc un hybride un peu bâtard dans la pure ligne de Sun Ken Rock qui se cherche entre deux publics, l’un animé par les désirs primaires de violence et de sexe, l’autre par la complexité d’une histoire tordue et faisant réfléchir à travers des messages métaphoriques. Réponse dans le tome 2 ? Allez, on se donne rendez-vous dans quelques semaines !

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8 réflexions sur “Magical Girl of the End – la série Z pour otaku qui va tacher

  1. Coeluli

    J’ai déjà laissé un commentaire sur l’article de Meloku, je vais donc me répéter un peu ici, mais certains points de ta critique me font tiquer.
    Tu trouve la série « osé ». Encore une fois je ne trouve pas, on a affaire à un survival comme on en voit beaucoup (le seul élément original est la présence des Magical Girls), et on nous balance ici tout les clichés du genre (assez maladroitement, d’ailleurs).
    Je pense que tu devrais également préciser ce que tu entends par « shonen classique » et par « seinen », ou plutôt utiliser des termes plus clairs. Même si tout le monde connaît à peu près leur définition, ils sont très relatifs. Dans tout les cas, avoir le cul entre deux chaises n’est pas un gage d’originalité.
    Je ne vois pas de sexe dans ce manga (ou alors j’ai raté des pages, moi aussi), juste du fan service.
    Et encore une fois je ne trouve le manga ni complexe ni particulièrement tordu, et je serais curieux de connaître les messages métaphoriques qui font réfléchir (tu parle du potentiel ras le bol de l’auteur vis à vis d’une recrudescence du genre Magical Girl dans la production ?) dans l’oeuvre.

    Mon message fait un peu agressif comme ça, je trouve, c’était pas mon intention ^^ »

    1. Putain arrête de m’agresser !

      Non sans rire, j’ai peut être pas été clair dans ma définition, mais en gros ça se veut shonen car un jeune homme solitaire confronté à un monde nouveau, et seinen pour le côté mature que l’on ne peut montrer à des petites têtes blondes. Mais en gros ça mélange les deux sans trop oser s’avancer dans tel ou tel genre en particulier, du moins pour l’instant. Je sais vers où ça mène mais j’en parlerai plus tard quand les tomes seront sortis, et notamment le tome 2 qui change un peu le ton de la série.

      Après ouai le métaphorique bin on y verra de tout et n’importe quoi. Ça peut être la zombification du public via l’uniformité des créations japonaises à base de moe et cie que l’on voit de plus en plus ces années, ou encore la société japonaise et sa réaction face à des situations d’ampleurs catastrophiques, où l’individualisme supposé du peuple saura être mis à rude épreuve car seul c’est dur de survivre longtemps… bien qu’en groupe on se fout plus souvent sur la gueule aussi. À méditer !

      1. Coeluli

        Je comprends mieux ton avis dans la mesure où tu as lu plus que le tome un, ce qui doit modifier ta perception du premier. Je suppose donc que la suite est plus en accord avec les arguments que je trouve inadaptés à la seule lecture du tome un.

  2. Coeluli

    Après lecture du tome deux, je comprends beaucoup mieux ton avis. Plus barré, plus original, plus extrême et plus prometteur que le premier opus, la série se lance et se révèle véritablement avec le second volume. Vivement la suite \o/

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