Une rousse, des démons, Batman. La nouvelle aube.

En débutant la saga Batman par Sombre reflet et La nouvelle aube, l’éditeur Urban Comics, issu du grand groupe de bandes-dessinées Dargaud, nous a montré sa volonté de publier des récits neufs du célèbre super-héros. Les œuvres majeures du protecteur de Gotham ont, bien évidemment, été publiée par la suite. Mais pour cet article, place à la nouveauté.

Batman cover

C’est le canadien David Finch qui se charge du scénario du second Batman à paraître chez Urban Comics. Il s’occupe également du graphisme des trois premiers épisodes. Les deux derniers étant confiés aux mains de Jay Fabok. Que nous réserve le premier récit majeur de David Finch dans l’univers du Chevalier noir ?

Dawn Golden. Il s’agit du nom d’une jeune fille introvertie avec laquelle Bruce à partager un instant de son enfance, période où ses parents étaient encore en vie. En 2011, la jolie rousse est portée disparue. Le kidnapping de cette fille de bonne famille met le commissaire Gordon et ses hommes dans une situation inconfortable, provoquant ainsi des troubles dans les services de l’ordre. Bruce Wayne, lui, est bien décidé à enfiler son costume de Batman et à ne pas perdre de temps pour retrouver la trace de son premier amour. Les indices semblent mener à Killer Croc et au Pingouin. Pendant ce temps, des sans-abris disparaissent avant d’être retrouvés morts, dans un état atroce. L’ombre de forces surnaturelles planent sur Gotham City, Batman aura bien du mal à faire cavalier seul.

C’est donc avec l’intention de nous offrir une histoire du Chevalier noir dont la tonalité se démarque de ce qui a déjà été écrit que David Finch se lance dans Batman – La nouvelle aube. Pour ce faire, il nous plonge dans un univers paranormal où la sorcellerie et l’occulte ont leur place. Le scénariste ne craint donc pas de faire revenir à la surface des démons tels que Etrigan et le Loqueteux sortis tout droit des récits horrifiques de l’âge de bronze du comics.

David Finch joue donc sur le surnaturel, mais il n’en oublie pas moins de ficeler son histoire comme un thriller. Batman va donc suivre les pistes une à une pour tenter de retrouver la mystérieuse Dawn Golden. Pour le protecteur de Gotham, la jolie rousse semble avoir une grande importance. Batman va donc dévoiler ses penchants les plus sombres pour retrouver son premier amour, le souvenir de son enfance. C’est ainsi que David Finch écrit un récit très noir où le rôle de protecteur de Batman va être remis en question.

batman golden dawn

La qualité du scénario de Batman – La nouvelle aube est variable. Il y a de très bonnes idées dans la narration de David Finch, comme par exemple le début de l’œuvre qui montre le passé de Bruce Wayne ou encore l’histoire avec les sans-abris qui disparaissent. C’est vraiment bien mis en scène, et c’est donc agréable à lire. Mais tout n’est pas rose dans le monde du Chevalier noir. En effet, le scénario de David Finch ne tient pas toujours la route et certains passages sont bâclés. Si l’aspect occulte peut surprendre, il sera aisé de s’y faire. Le plus dérangeant étant les incohérences au niveau des motivations des méchants. Sans en dévoiler davantage, certaines actions du Pingouin sont, par exemple, totalement illogiques par rapport au plan qu’il doit respecter. De manière plus globale, on dénote certains faits pas vraiment logiques dans le scénario de David Finch, et c’est vraiment dommage. En outre, l’apparition du personnage de Lady Blaze est franchement inutile. Cela renforce l’aspect surnaturel de l’œuvre et lui ajoute quelques péripéties supplémentaires. Seulement le personnage n’a aucune importance réelle, et on se questionne sur la légitimité de le faire apparaître. D’autant plus que Lady Blaze sort du récit par on ne sait trop quelle porte. Il s’agit là d’un bel exemple de passage bâclé dans Batman – La nouvelle aube. Et malheureusement, ce n’est pas le seul. Espérons que David Finch rectifie le tir dans ses prochaines histoires.

Au niveau du graphisme, Batman – La nouvelle aube est une réussite. Le trait de David Finch varie du bon à l’excellent. Certaines irrégularités sont à noter, mais dans l’ensemble le travail est satisfaisant. On relèvera toutefois qu’il a une manière bien à lui de dessiner la dentition de ses personnages. C’est assez troublant. Avec David Finch, muscles saillants et visages ultra-expressifs sont de la partie. Ensuite, Jay Fabok prend le relais pour les deux derniers épisodes. Son style graphique est dans la continuité de celui de David Finch. Ce n’est donc pas gênant. Cependant le comics devient plus sombre et plus réaliste dans le graphisme. Par ailleurs, ce regain de réalisme dans le trait des personnages n’est absolument pas contraignant pour cette phase où le paranormal a plus d’importance que jamais. Le récit comporte plusieurs scènes d’action, et grâce à un trait efficace, elles ne sont pas confuses. Au niveau de la colorisation, c’est ici aussi une réussite. Batman – La nouvelle aube se veut être une œuvre sombre, et les couleurs le prouvent. Toutefois, des couleurs vives feront leur apparition. Elles se manifesteront en la présence de Dawn Golden. Le côté vert-grisâtre prendra le dessus pendant les souvenirs de Wayne. Le rouge, quant à lui, servira à mettre en avant la sensualité de la belle.

batman nouvelle aubeL’édition d’Urban Comics est de très bonne facture. On a un très beau livre entre les mains et il justifie ainsi le prix de 14 euros. La couverture, représentant l’illustration qui a servi de couverture alternative au premier comic-book, donne envie de se plonger dans le récit. Le format cartonné est agréable, et il rend particulièrement bien. En ouvrant le livre, on constatera un papier de qualité et une impression réussie. En plus de cela, la traduction sonne vraiment bien. L’ambiance sombre de Batman – La nouvelle aube se fait ressentir par les dialogues. On regrettera cependant quelques rares coquilles. Mais globalement on est heureux de voir qu’Urban Comics a pris soin de l’œuvre publiée.

En conclusion Batman – La nouvelle aube est un récit à la qualité inégale. Le comics contient des bonnes idées, mais aussi des mauvaises. Les scènes bâclées et/ou inutiles, les incohérences du scénario et la grande part de surnaturel tendent à tirer la qualité du l’œuvre vers le bas. Néanmoins, le livre reste plaisant à lire et on suit l’enquête de Batman, ainsi que les événements se déroulant en parallèle, avec beaucoup d’attention. Malgré un thème du souvenir de l’enfance qui fait mouche, le premier pas de David Finch dans l’univers du Chevalier noir n’est pas des plus réussis. Attendons de voir ce que nous réserve l’auteur à l’avenir.

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