Biorg Trinity – Amour, transhumanisme et bagarre

Oh!Great, cet auteur unique. Cet Ōgure Ito qui est connu pour deux séries mais qui à côté a publié des séries courtes et autres recueils de nouvelles un peu en marge de la ligne éditoriale shonen. Oui, Oh!Great a commencé avec du sexe, de la bagarre bizarre, et des scenarii tordus. Et finalement il y retourne. Dans Enfer et Paradis il mêle prophétie et bagarre avec beaucoup de sexy, dans Air Gear il réitère tout ça dans un autre univers, mais à chaque fois il reste dans des thématiques semblables. Alors quoi ? Encore une itération du modèle qui gagne ? Non, car cette fois c’est Ōtarō Maijō qui rédige l’œuvre, un auteur déjà présent dans la littérature populaire japonaise (il a même fait un des light novels de JoJo’s Bizarre Adventure). Mais rassurez-vous, ça reste toujours aussi barré, si ce n’est plus.

biorg trinity 1
La couverture du tome 1, publié par Kazé Manga.

Dis moi en quoi tu te transformes et je te dirai qui tu es

Car oui, dans Biorg Trinity on se transforme. Ah non pas des super-pouvoirs typiquement shonen avec des power-up et autres joyeusetés archi déjà-vues. Juste qu’un virus, le Bio Bug, permet aux gens affectés de pouvoir fusionner avec un objet. Ou un animal. Ou une autre personne ? Ah non c’est interdit voyons, personne n’oserait aller aussi loin. Et pourtant c’est ce que le protagoniste fera en fusionnant avec son ami/rival de coeur, pour lui sauver la vie et ainsi vaincre leur première réelle menace. Car dans ce monde où l’on peut donc fusionner et se métamorphoser partiellement en insecte géant ou même véhicule vaguement humanoïde, les dangers sont présents partout à chaque coin de rue. Et c’est là que le génie perfectionniste entre en scène !

Pendant ce temps, dans le décor…

Une foultitude de détails nous agressent à chaque page. Les rues de la ville sont bourrées de personnes, monstres et autres robots se battant sans réelle explication. On entend des sirènes de police, on voit des hordes de militaires accompagnés de chars d’assaut, on devine à son ombre un monstre aquatique gigantesque. Tout est là pour nous plonger dans une ambiance très particulière. Et à côté de cela, nos héros vagabondent, ils ont leur vie d’adolescents et leurs amourettes. Un kaiju se fait bombarder en arrière-plan ? Rien de fou comparé aux problèmes sentimentaux de nos lycéens. Le décalage est total.

La couverture du tome 2, publié par Kazé Manga.
La couverture du tome 2, publié par Kazé Manga.

Et ça sort quand au cinéma ?

Eh oui, ceux qui connaissent déjà l’œuvre de Oh!Great savent que le monsieur est doué avec ses doigts. Il donne vie et émotions à ses personnages comme personne, il met en scène et réalise un chef d’œuvre à travers des plans osés et des postures complexes. Alors j’entends déjà des « ouais mais Araki fait pareil » et c’est vrai, mais là c’est un autre degré, c’est très bio-organique chez cet auteur, c’est très spirituel même. Et ça fait toujours plaisir. Je suis un fan inconditionnel de l’auteur, et son trait s’améliore sans cesse jusqu’à la perfection. Des visages fins, des mécaniques précises et des détails à n’en plus finir. Les vêtements, accessoires, le décor et sa composition. Tout, absolument tout est travaillé et maitrisé.

Où est l’intérêt de la série donc ? Dans son scénario, prenant et novateur, qui surprend en déjà deux tomes par des thèmes à la fois accessibles à la jeunesse mais aussi plus orientés sur le passage à l’âge adulte, un marronnier chez l’auteur. Mais sans concession c’est pour son spectacle que l’on appréciera Biorg Trinity pour le moment, à défaut d’avoir une grosse progression dans l’histoire (c’est normal, c’est le début, on sent que ça va bouger mais il faut commencer par le commencement), on profite de l’humour, des bagarres et autres bons moments qui s’enchainent avec harmonie et maitrise du sujet.

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6 réflexions sur “Biorg Trinity – Amour, transhumanisme et bagarre

  1. Coeluli

    Intéressant. D’autant plus que je n’ai absolument pas accroché au premier volume (pas lu la suite du coup), à cause de sa narration que j’ai trouvé CHAOTIQUE à un point incroyable. Pourtant le principe de fusion avec les objets est intéressant, et les dessins sont sublimes, mais ce découpage, ce bordel dans la mise en scène… insupportable. Je retenterai peut-être la lecture, un jour.

  2. Ping : Hentai : mélopées de la plastique et poupées élastiques | Nostroblog

  3. Lili

    Ah, c’est chouette de l’avoir fait remonter, cet article! Justement, j’hésite depuis un moment, j’ai souvent lu que le scénar était confus. Mais ça me redonne envie, pour le coup.

    Alors, pour les mises à jour, ça bouge plus ensuite? On en est au 7e tome, si je ne me trompe pas.

    1. J’ai pas encore tout lu, donc je peux pas te dire si le scénario décolle vraiment. Mais de mémoire à la fin du tome 2 ou 3 il y a un élément sympa qui change la donne de départ assez radicalement. Après perso je lis ça plus pour Oh! Great qu’autre chose.

  4. Ping : Biblioth’Eck – Janvier ~ Juillet 2016 – eckdesu

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