Tokyo Ghoul – le phénomène qui va vous bouffer tout cru !

Difficile en 2014 de ne pas avoir entendu parler de Tokyo Ghoul. Imaginé par Sui Ishida, Tokyo Kushu pour les japanophiles, Ken’s Dark Adventures pour les améri-non je rigole. Mais ça pourrait. Car ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de ce titre, c’est sa touche sombre. De la noirceur en veux-tu en voilà, et même que si t’en veux plus on t’en ressert parce que tais toi et mange, à ton âge j’avais pas tout ça dans mon assiette. Bon, d’accord. Mais sinon, c’est quoi Tokyo Ghoul ?

La couverture du premier tome publié par Glénat Manga en Francophonie.
La couverture du premier tome publié par Glénat Manga en Francophonie.

C’est un manga qui a été prépublié dans le Weekly Young Jump puis également publié par Shueisha. De 2011 à 2014, le manga a su, au travers de ses 14 volumes, fédérer un lectorat fidèle qui lui a permis de s’assurer des ventes confortables, à hauteur de 7 millions d’unités vendues juste pour l’année 2014. Un beau score que beaucoup n’atteindront jamais. Pourquoi un tel succès ? Parce que la série regroupe des éléments clefs au succès, notamment chez nos amis japonais… mais qui fonctionnent aussi en occident. À savoir un scénario qui va crescendo, noir et violent, des personnages au passé torturé, au présent torturé, et même au futur plutôt torturé. J’en fais des tonnes ? Non, je constate la vérité après avoir lu le manga.

« Quand tu regardes l’abîme, l’abîme regarde aussi en toi, Kaneki. » Friedrich -sasuke1844- Nietzsche

Ken Kaneki est un garçon sans histoire, comme tous les héros de manga se déroulant dans un univers proche du notre. Hormis que dans son univers il existe des créatures dangereuses et mangeuses d’hommes du nom de goules. Mais attention, pas les goules proches du zombie que vous connaissez, non, ici il est question de goules proches du vampire gothique. Avec même une pointe de punk dans leur façon de vivre, en tribus et de manière plutôt anarchique. J’y ai même longtemps perçu une touche D.Gray-Man pour l’esthétique chic-dark de certains personnages. Alors ces goules, à quoi elles ressemblent ? À vous et moi, et c’est bien là le soucis. Les goules ne sont rien d’autre que des humains alternatifs infiltrés parmi leurs proies. Ils peuvent, au besoin, changer la couleur de leurs yeux (♪ en rouge et noir ♫) et déployer leurs pouvoirs pour chasser. Car leur seule nourriture comestible est la chair humaine. Ils arrivent aussi à boire du café sans vomir, mais ça ne suffit pas à remplir un estomac. Et ils sont partout. Ce que Ken finit vite par comprendre au dépend de sa vie, qui ne sera plus jamais la même…

Ah mais c’est beau, quand même !

Oui ! le manga jouit d’un dessin sublime. Des traits tantôt bruts un peu à la manière de l’Attaque des Titans, et la page d’après des beaux visages doux et terrifiants (je pense au confectionneur de masques). L’action, car il y en a plutôt pas mal, est magnifiquement mise en scène par des vues bénéficiant d’une perspective travaillée et autres contre-plongées saisissantes qui accélèrent notre rythme cardiaque. Du tout bon ! Si bien que Tumblr n’a pas tardé à s’en emparer, le manga y ayant un fandom assez conséquent. Le côté underground d’un Tokyo clivé entre goules et super-flics chasseurs de goules est réussi, on a presque d’ailleurs l’impression qu’ils vivent dans une dimension parallèle où les humains normaux ne sont que des fantômes glissant sur la surface, tant ils sont détachés de toute implication ou presque dans le scénario. Peu importe, ce-même scénario a déjà beaucoup à faire avec ses multiples embranchements dont on ne voit pas le bout. Et c’est un peu là que le bât va blesser.

Il s’est passé quoi, là ? Je reste sur ma faim.

Bonne question l’ami, et joli trait d’humour. J’exagère peut-être un poil, mais guère plus. Car l’histoire de Tokyo Ghoul est assez chaotique. Le début est parfait, on nous introduit dans un univers nouveau, on introduit le personnage principal dans une facette de cet univers, et nous présente des personnages qui composeront le cœur du récit. Jusque là, tout est classique et ne nous perd pas trop. Mais après la moitié du manga, qui coïncide à la fin de la première saison de l’anime, nous nous faisons promener par l’auteur. Il introduit toujours plus de personnages, qui évoluent en parallèle chacun de leur côté, il intervertit les points de vue et fait progresser des histoires en même temps avant de les faire converger vers un même final. Pourquoi pas, sauf que c’est vite le fouillis et qu’on y perd son nord. Ou du moins, pour ma part (et j’ai des amis qui ont eu le même ressenti), j’ai eu le sentiment d’une histoire inachevée car beaucoup de petits fils c’est bien mais encore faut-il savoir tricoter. Mais le manga n’est pas vraiment fini, et on y vient :

Une suite ! Ou deux, ou trois ?

Tokyo Ghoul :Re est un manga prépublié depuis une poignée de semaines au Japon. Il fait suite au manga Tokyo Ghoul, sans surprise, et risque fort de nous apporter des éléments de réponse bienvenus. Pourquoi une telle nécessité ? Problèmes d’éditeur, volonté de l’auteur, stratégie commerciale ? À vous de vous faire votre propre opinion, j’ai peur que ce soit encore un sale coup des reptiliens. Mais quoi qu’il en soit, la suite est de la même qualité que les meilleurs moments de la première série, autant dire que c’est prometteur et qu’on est encore loin de voir la fin de ce Tokyo infesté de goules. Un spin-off de sept chapitres du nom de Tokyo Ghoul Jack a vu le jour, il met la lumière sur le passé de deux inspecteurs du CCG (la force de frappe anti-goules), et un autre d’un chapitre, Tokyo Ghoul Joker, parle lui aussi d’un inspecteur. Et je parlais en inter-titre de troisième suite. Car l’auteur supervise l’adaptation anime de la série, et qu’une saison 2 sera diffusée au Japon en janvier 2015. Du nom de Tokyo Ghoul √A elle fera suite à la saison 1 de l’anime mais sera une suite libre de l’œuvre originale. À savoir une adaptation alternative qui, peut-être, peut-être pas, changera certaines issues du manga. Une fin différente, des personnages nouveaux, qui sait, on se donne rendez-vous l’an prochain !

Annonce de la suite de l'anime.
Annonce de la suite de l’anime.

Ici pour lire le manga Tokyo Ghoul (pas gratuitement) sur Glénat Manga. Ici pour voir la série Tokyo Ghoul gratuitement sur Wakanim.

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4 réflexions sur “Tokyo Ghoul – le phénomène qui va vous bouffer tout cru !

  1. Clemmy

    Super article ! Je suis plutôt d’accord avec tous les points que tu traites. Je trouve l’histoire de ce manga très intéressante, originale et fait réfléchir (j’ai l’impression que mon cerveau fume quand je le lis haha !). Les dessins des premiers tomes sont plutôt bof bof, mais Ishida s’est amélioré au fur et à mesure, et maintenant, je les trouve magnifiques !
    Par contre je sais pas toi, mais la première saison de l’anime m’a beaucoup déçue ! Elle était beaucoup trop courte, et l’histoire perdait de son intensité (ils ont dû tout condenser, et ont inversé des « arcs » par rapport au manga..). Et quand j’ai appris que la saison 2 serait une histoire alternative, ça m’a laissé perplexe. A voir (je m’attends à être déçue une deuxième fois, mais Ishida participe, donc sait-on jamais..).
    En tout cas Tokyo Ghoul:Re a trèèèèèèès bien commencé, et j’ai super hâte de lire le prochain chapitre !

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