The Blacklist: Alias avec des chapeaux

Des fois, je ne sais pas quoi regarder. Genre je viens de mater une de mes séries préférées pour la 50ème fois (probablement Buffy ou Farscape), je suis à jour sur toutes les autres, et les nouveautés ne me disent rien. Alors je vais voir ce qui est sorti il y a un an ou deux, et dont je n’ai plus entendu parler depuis.
C’est comme ça que j’ai repensé à The Blacklist. Je me souvenais juste qu’il y avait une série en cours avec James Spader. Et j’adore James Spader, il a joué dans une de ces séries que je regarde 50 fois (Boston Legal, le chef-d’œuvre de David E. Kelley).

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Alors le pitch: Raymond « Red » Reddington (James Spader), un criminel faisant partie de la liste des 10 personnes les plus recherchées par le FBI décide soudain de se rendre. Il ne désire parler qu’à une seule personne, la toute nouvelle agente Elizabeth Keen (Megan Boone). Il désire coopérer avec le FBI afin d’attraper tous les criminels les plus dangereux, ceux dont ils ne connaissent même pas l’identité. Pourquoi ? Parce que.

The Blacklist est ce qu’on appelle un procedural drama. Chaque épisode suit donc à peu près le même format. Ici, Red donne un nom (ou surnom) au FBI, avec quelques autres infos, et ils tentent de chopper le criminel en question. Mais The Blacklist est un procedural solide (un peu tout le contraire de Castle, ceci était une attaque gratuite, pardon). Les « enquêtes » ne sont pas des histoires incroyables, mais elles sont bien écrites, le suspense est bien géré. Et puis nous ne sommes pas non plus dans du pur procedural (genre Law & Order ou Les Experts), les intrigues ne se ressemblent pas, la structure n’est pas trop rigide, et le développement des personnages et du fil rouge prennent régulièrement le dessus sur le criminel de la semaine.

Celebrity Sightings In New York City - October 3, 2013

Mais ce qui peut arriver à faire la différence dans un procedural drama, c’est un personnage avec un background fort. Histoire que derrière la routine, on ait un gros fil rouge rempli de mystères et qui tienne en haleine. Et il faut un interprète solide pour ce genre de personnage, sinon on n’y croit pas. Peu de séries du genre ont réussi à avoir ça, dans les rares exemples que j’ai en tête, il y a Life (avec Damian Lewis pré-Homeland) et House.

Dans The Blacklist, Red est non seulement un bon personnage, mais aussi un mythe intriguant. Il n’est pas LE personnage principal, car on suit bien entendu le point de vue de Liz Keen, la jeune agente plongée dans tout ce bordel sans raison apparente, et qui découvre petit à petit (en même temps que le spectateur) les tenants et les aboutissants du pourquoi et du comment. Mais Red est la force de la série. Il est ambigu, cool, et badass quand il faut. Avoir choisi James Spader pour un tel personnage est l’autre grand atout de la série. Spader n’est pas un acteur très expressif niveau émotions, mais il a une présence magnétique, et il récite tous ses dialogues comme si c’était du Shakespeare. Bref, il est classe.

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Au niveau des défauts, il n’y en a qu’un que je trouve un peu gênant. Les « non-dits » sont un peu mal construits. Les secrets de la série restent souvent secrets parce qu’aucun personnage ne pense à faire un minimum de recherches, ou à poser quelques questions. Ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas quelque chose qui semble forcé dans l’écriture (comme dans beaucoup de shows) mais plutôt une part intégrante du style de la série. On ne vous dit pas ça pour l’instant car on ne vous dit pas ça pour l’instant car c’est comme ça et puis c’est tout. Après, ça peut énerver, c’est sûr.

Mais tous ces secrets sont aussi une force de la série. D’ailleurs, avec toutes ces zones d’ombre, ses quelques twists, et surtout ses personnages dont nous ne sommes jamais certains de l’allégeance, The Blacklist me fait beaucoup penser à Alias. Dans ses bons côtés, sans les excès de retournements de situation (en tout cas pour l’instant). Le tout début de la série est même très similaire au début de la saison 2 d’Alias. Et on retrouve dans l’épisode 2 Isabella Rossellini, qui avait joué dans une poignée d’épisodes de la série de J. J. Abrams.

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Au final, The Blacklist n’est pas une grande série dont tout le monde parle. Ou qui va révolutionner la télévision. Mais c’est une bonne série qui, d’une part, fait très bien son boulot, et de l’autre, possède quelques atouts dans sa manche qui la placent au-dessus de la masse de nouveaux shows qui sortent maintenant tous les 6 mois. En France, TF1 a diffusé la première saison. Mais aux États-Unis, la série reprend le 1er février (après un petit break de fin/début d’année habituel sur les networks américains) pour la suite de la saison 2.  Il ne vous reste donc que quelques jours pour rattraper votre retard. On se dépêche !

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6 réflexions sur “The Blacklist: Alias avec des chapeaux

  1. Parler de The Blacklist c’est me prendre par les sentiments. C’est mon gros coup de coeur de 2014.

    Il semble difficile de ne pas tomber sous le charme de James Spade qui m’a totalement captivée. Chaque centimètre de son corps dégage un charisme incroyable. Un autre point fort de la série : la bande son. Elle est excellente. Il y a un mélange parfait entre du Johnny Cash, The Neighbourhood, Depeche Mode, Pearl Jam, Tom Odell, Dolly Parton, John Newman, Nina Simone, The Rolling Stones (etfautvraimentquejemarrêtelà). Elle est un équilibre entre le côté criminel old school de Red et la modernité de la série.

    Effectivement, il faut être patient avec les secrets dans cette série. Et je trouve qu’attendre tellement une révélation rend les secrets prévisibles, comme par exemple l’identité du mari et du père de Liz. L’autre légère déception, je vais spoiler un peu, mais c’est que ce soit Lizzy qui résolve quasiment à chaque fois les affaires. La nana n’a pas d’expérience, mais elle vient à bout de nombreuses affaires complexes. Et j’oubliais aussi le fameux symptôme du “au dernier moment”.

    Mais malgré ça j’ai adoré cette première saison qui est un vrai puzzle qui se met en place à la fin. J’attends la saison 2 avec impatience.

    1. Maerlyn

      En effet, il y a du beau monde sur la soundtrack. Même si je trouve qu’elle se retrouve souvent noyée dans la mise en scène assez flemmarde de la série.

    1. Maerlyn

      J’ai failli renier la série pendant la saison 2, qui pataugeait pas mal, mais tout repart sur de très bonne bases en saison 3. Alors je continue de conseiller. Et puis #ILoveJamesSpader

  2. J’aime beaucoup Spader également, et je plussoie 1 000 fois le « Il récite ses dialogues comme du Shakespeare »… C’est exactement ce que je me suis dit. Magnétisme inexplicable malgré une poker face quasi-robotique affichée en permanence.
    Cela dit, je n’ai vu que la première moitié de la saison une pour reprendre ensuite à la saison 3 (et pas forcément dans l’ordre), et j’avoue ne pas avoir eu l’impression que l’histoire générale avait bougé d’un pouce… Donc bon, j’aime bien le personnage de Raymond hein, mais à un moment, faudrait quand même faire bouger les choses.

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