Les mangas génialement étranges et tristement inconnus qui ne demandent qu’à être traduits

Bonjour, aujourd’hui j’aimerais me pencher sur certains titres non publiés en français, qui pourtant le méritent amplement car possédant d’immenses qualités. J’ai sélectionné quelques titres, pas forcément connus ni « bientôt dans vos rayons », et j’épargne certains titres de la gamme qui tôt ou tard sortiront comme les fameuses histoires d’horreur de Junji Ito, l’eroguro de Shintaro Kago ou encore Magical Girl Site, qui n’est autre que le spin-off de la série Magical Girl of the End (on vous en a parlé) publiée par Akata. Un peu de patience et l’on pourra la lire d’ici quelques mois ou années, tout au plus. Donc allons-y, suivez moi et tâchez de ne pas vous prendre les pieds dans un tentacule, car il va y en avoir…

Hitomi-sensei no Hokenshitsu (ヒトミ先生の保健室)

Alias « L’infirmerie du Dr. Hitomi ». Son auteur c’est SHAKE-O, que vous ne connaissez pas car c’est son premier manga. Prépublié par Tokuma Shoten dans le COMIC Ryu, ce manga connait son petit succès (actuellement deux tomes) au Japon car il est bien écrit et bien dessiné. Mais encore ?

La couverture du tome 1 paru au Japon.
La couverture du tome 1 paru au Japon.

Hitomi-sensei est un docteur, certains diront une infirmière, mais non elle occupe bien le rôle de médecin d’établissement scolaire. Ah, le fameux cliché de la femme sexy avec la blouse bien ouverte sur son décolleté ? Euh… oui, en plein dans le mille. Mais attention, ce n’est pas n’importe quel médecin ni une école au hasard, ce sont DES MONSTRES. Des gentils monstres. Hitomi est un cyclope, elle a une mauvaise vue 3D de par son manque évident de stéréoscopie, et a un faible pour une espèce de Chewbacca. La force de ce manga réside dans un mélange habile d’humour à caractère sexuel et de références au cinéma d’horreur. On y retrouve des monstres, certes, comme la momie, le zombie ou encore ce garçon tellement obsédé par les seins qu’il s’en voit pousser une paire et décide au passage de s’habiller, maquiller et coiffer en fille. Le cross-gender dans tous ses états. Ce manga ne s’embarrasse pas de polémiques, il agit. Il agit si bien qu’on croirait voir une version modernisée et gothique de GTO. Un prof ou assimilé réglant les soucis de ses élèves, en version monstre, avec souvent de l’humour et beaucoup d’arrières-pensées sur certains problèmes sociétaux bien véritables eux.

Hitomi 01Hitomi 02

Et tout ça servi sur un plateau d’argent par un dessin à tomber. J’ai rarement été aussi bluffé par une telle maitrise d’un style propre à soi-même. L’auteur nous livre des planches de noirs et de blancs bien contrastés, ici pas de place pour les trames et autres modifications informatiques. On en voit quasiment pas, juste de l’encre de Chine par litres. Et le résultat est saisissant : l’auteur a son propre trait et sa façon de découper l’action et d’y peindre des fonds dynamiques. Mais comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir ça par vous même. Une lecture que j’ai hâte de redécouvrir en français !


 The Voynich Hotel (ヴォイニッチホテル)

La couverture du tome 1 paru au Japon.
La couverture du tome 1 paru au Japon.

Changement de cap cette fois avec de l’humour noir, une intrigue digne d’un film de Guy Ritchie inspiré par Lovecraft, et des personnages… Tarantinesques ? Oui, ce manga tape là où ça fait du bien niveau références. Une foule de personnages gravitent autour de l’hôtel Voynich et personne ne semble bien normal une fois que l’on gratte la surface. Assassins, ex-yakuza, divinités, luchador mexicain, chacun à quelque chose à faire ou quelqu’un à « rencontrer » dans cet hôtel qui semble attirer les cas à part. Deux tomes parus sur trois prévus, prépublié par Akita Shoten dans le Young Champion Retsu, ce titre de l’excellent Douman Seiman se distingue par son trait unique et sa narration aussi osée que maitrisée. Car The Voynich Hotel est publié par chapitres de moins de dix pages. Un format plutôt adapté à de la comédie rapide, alors qu’il est ici question d’une histoire assez développée et complexe. Et pourtant l’auteur arrive à lier les deux dans un subtil mélange de comédie et de drame très « noir » dans l’esprit.

Arrivée à l'hôtel. Le ton est donné.
Arrivée à l’hôtel. Le ton est donné.

Le personnage principal est un jeune homme venu passer du bon temps sur l’île où se trouve l’hôtel, jusque là tout va bien. Jusqu’à ce qu’il se trouve très vite mêlé à tout un tas de problèmes liés aux autres locataires et même au personnel. Les personnages sont hauts en couleurs et très attachants car à la fois possédant un comportement normal et humain mais aussi chacun ses gimmicks et autres spécificités propres. Un de mes coups de cœur du moment, qui verrait bien sa place dans ma collection (si un éditeur couillu me lit, tu sais ce qu’il te reste à faire).


Et un peu plus « en vrac », voici quelques titres qui méritent le coup d’oeil :

Centaur’s worries (セントールの悩み)

La couverture du tome 3 paru au Japon.
La couverture du tome 3 paru au Japon.

Aussi connu comme « A Centaur’s Life ». Encore un titre du COMIC Ryu, imaginé et dessiné par Kei Murayama depuis 9 tomes et toujours en cours. L’histoire d’une jeune fille centaure dans un monde où sirènes, anges et autres hommes-animaux cohabitent. C’est du school life totalement japonais et classique mais avec toutes les particularités inhérentes aux races mythologiques qui composent l’univers du manga. Frais, joliment dessiné et adorable comme tout, c’est typiquement le manga que je veux voir sur mon étagère entre Yotsuba& et Nozoki Ana (oui je range ma bibliothèque comme je le veux).


Dead Tube (デッドチューブ)

La couverture du tome 1 paru au Japon.
La couverture du tome 1 paru au Japon.

Tout nouveau manga prépublié par Akita Shoten dans le Champion Red, écris par Mikoto Yamaguchi et dessiné par Touta Kitakawa, ce titre m’a réellement surpris. Commençant comme une énième tentative de faire un survival game sanglant et dérangé, le manga tire vite son épingle du jeu par un scénario en plusieurs strates qui se dévoile au fur et à mesure que les pages défilent. C’est du thriller, c’est gore, ça baise voire ça viole, mais tout a un but et est clairement défini par les protagonistes. Une grosse claque sur le dénouement de la première histoire post-intro, j’espère qu’il saura continuer sur cette lancée sans tomber dans le vulgaire gratuit et insensible. On y croit !


Voilà ça sera tout pour le moment. J’ai bien entendu une plâtrée d’autres titres sous le bras mais c’est déjà un bon début avec ceux-ci qui me tenaient à cœur. Je ferai probablement une seconde salve de découvertes lorsque les mangas concernés seront un poil plus avancés et/ou que je les aurai lus plus en détail. Ceci étant, j’ai bon espoir de voir certains de ces titres adaptés quand je vois que des pépites comme Sakamoto, pour vous servir ! ou A Silent Voice sont désormais disponibles dans nos librairies.

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10 réflexions sur “Les mangas génialement étranges et tristement inconnus qui ne demandent qu’à être traduits

  1. Je pense que le manga sur les centaures est le seul qui pourrait m’intéresser. Après, comme tu dis souvent du bien du premier, j’y jetterai un coup d’oeil si jamais il sort en France.

    Sinon, en parlant de centaures, moi je rêve qu’un éditeur publie Equus d’Est Em.

  2. Ping : Ces autres mangas de génie qui ne demandent qu’à être connus et traduits eux aussi | Nostroblog

  3. Ping : Ces mangas plus ou moins connus mais qui se font attendre. – NOSTROBLOG

  4. Ping : Ces 13 mangas que j’attends en français – NOSTROBLOG

  5. Patate Masquée

    Je lis cet article bien après coup… Mais du coup c’est pas plus mal, car ça me permet une question.Tu maintiens ta position sur Dead Tube? Qu’en pense-tu aujourd’hui, maintenant que la parution française est bien avancée?

    1. Le début du manga n’ayant pas changé je continue à en penser la même chose. C’est une satire radicale du voyeurisme audiovisuel de notre société avec son lot de twists et autres trucs dérangés comme on les aime. J’ai par contre pas pu me mettre à jour vis à vis des derniers tomes, mon avis se base sur les 2 premiers (de mémoire).

      1. Patate Masquée

        Je croyais être le seul à voir les choses comme ça (avec une mise en abîme de la critique: si le lecteur continue à lire quelque chose d’aussi simpliste dans la forme et dans le fond, c’est par perversité.)

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