Big Hero 6 – Quand Disney revient d’un voyage au Japon

San Fransokyo, quoi de plus adéquat comme mélange de villes et de cultures que San Francisco et Tokyo, qui sont conjointement présentes aux deux bords d’un même océan, et qui font le lien entre culture américaine (comics) et culture japonaise (manga). Le nom de la ville et sa représentation visuelle et culturelle sont une synthèse parfaite du concept même de Big Hero 6, à savoir un mix américano-japonais, ou nippo-américain si vous préférez dans cet ordre. Les Nouveaux Héros en français, ce film est une adaptation d’une équipe de super-héros issue d’un comic book Marvel de 2008, lui-même faisant suite à une équipe de 1998. Et quand vous allez voir les couvertures, vous aurez compris que le rouleau compresseur Disney sera passé par là pour adoucir tout ça façon… Disney ?

Sunfire & Big Hero 6Big Hero 6

Du Disney, du Marvel… quoi d’autre ?

Pourquoi pas un peu de tout, finalement. C’est l’apogée de la fusion Disney-Marvel que l’on a sous nos yeux. Un film d’animation Disney fait par le studio d’animation responsable des dernières œuvres en 3D, adapté d’une oeuvre Marvel, dans un univers mi super-héros mi manga, un rêve de gosse en somme. Même du tokusatsu (mais si, Kamen Rider, Ultraman, Godzilla, tout ça) si on en croit la tenue du dingo de la bande. C’est ce riche mélange de bon goût pop-geek qui fait le charme de l’univers. C’est coloré, animé, inspiré de plein d’horizons du manga, du comics, de l’animation voire même du jeu vidéo, et ça en met plein la vue. Visuellement c’est du Disney de haute voltige avec de l’animation 3D époustouflante dans sa minutie du détail. Pour une course poursuite en milieu urbain le nombre de petits trucs dessinés et animés à l’écran est complètement ahurissant. Et le résultat final en met plein la vue, c’est propre et ça bouge bien. Rien à redire sur ça. Le character-design est toujours quant à lui un peu le même depuis quelques titres Disney en 3D, avec ses émotions faciales saisissantes et ses proportions très Disney finalement dans les corps des personnages. Et c’est dans cette métropole très pop, moderne et à la fois rustique avec ses coins typiquement miteux dignes d’un film de yakuzas que l’on retrouve les tribulations de Hiro et son entourage.

Une panoplie de clichés… ou d’hommages ?

Parce que c’est un peu ça le problème avec les clichés de nos jours, c’est que tout le monde veut voir en eux des hommages, des clins d’œil de passionnés à passionnés. Et force est de constater qu’ils ont raison. Comment ne pas relever certaines particularités du film qui font sourire et nous remémorent d’autres œuvres de notre enfance. Ainsi les personnages ont chacun leur rôle pour appuyer Hiro dans sa mutation d’enfant qui s’ennuie à héros valeureux. Le frère scientifique qui travaille dans la robotique avec une forte tendance à l’assistance médicale, en la présence de Baymax, un auxiliaire de soins qui sait diagnostiquer et traiter un patient dans le besoin. Les amis avec chacun sa tendance (intellect, courage, joie, folie) pour dérider notre héros au moment où il en a le plus besoin. Et Baymax. C’est cette grosse mascotte toute douce qui servira de clef de voûte à l’oeuvre entière. D’abord une nouveauté géniale tirée d’un esprit créateur fertile, puis un étranger qui se retrouve attaché à Hiro malgré lui, et enfin un ami qui saura le tirer des pires situations. Finalement le vrai héros, c’est Baymax. Surtout qu’il est à l’origine d’une majorité de scènes comiques. Et c’est également lui qui catalyse toute l’équipe avec leurs pouvoirs aussi grandioses que loufoques. Mettant en avant des technologies de pointe pour que chacun puisse exprimer son petit délire personnel à travers des « pouvoirs » aussi utiles que particuliers. Mais c’est dans un esprit de symbiose que chacun utilisera ses capacités pour ne former qu’un : les Big Hero 6 ! On est là dans un schéma d’équipe typique d’une série pour enfants qui met en opposition des personnages stéréotypés et leurs capacités complémentaires qui s’activent au moment nécessaire pour aider son pote. Le scénario reste toutefois bien riche en coups de spectacle et autres retournements de veste, avec ses choix moraux donneurs de leçons. Typique et fidèle à lui-même, Disney fait du Disney finalement. Le reste a beau évoluer, ça, ça ne changera jamais.

Moi quand j'essaye de m'habiller chic pour un entretien d'embauche.
Moi quand j’essaye de m’habiller chic pour un entretien d’embauche.

Au final que peut-on dire sur Big Hero 6 ?

C’est un bon film d’animation, à voir avec le plus de monde possible car comme chaque Disney il contient ses moments d’humour, de bravoure, d’émotion. Qu’il est beau, qu’il possède un superbe univers qu’on aimerait revoir dans le futur (oh et vu le succès retentissant du film, ce n’est pas impossible comme idée) et que les personnages sont attachants. Que malgré sa trame scénaristique ultra déjà-vue à base de progression par la chute et remontée (tous les films Marvel, tous) avec pointe de trahison (tous les films, tout court) et de sacrifice de soi (ah ça c’est Jésus qui offre sa vie pour sauver les nôtres, oui, on l’a compris, pas besoin de nous la refaire à chaque fois, messieurs les américains des Etats-Unis), il sait nous offrir un superbe moment et qu’on en ressort le sourire aux lèvres et le cœur léger. Un peu tout l’inverse d’un film de Gaspard Noé, avec tout le respect que je dois à son oeuvre (attention ce n’est pas pour le même public).

PS : on ne nous dit pas si Hiro et Baymax vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. 
PPS : le chat s’appelle Mochi parce que c’est une boule, comme le mochi, une spécialité culinaire japonaise en forme de boule de riz gluant.
PPPS : le gros lascar du combat de robots du début s’appelle Little Yama, ça veut dire Petite Montagne. Voilà.

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