Mad Max – Miller remonte sur le trône (SPOILERS)

Ce fût difficile mais j’y suis parvenu. Rentrer dans la salle de Mad Max en ayant vu que très peu d’images et en conservant une hype totale. George Miller est revenu avec un Max contemporain tout en conservant le viscérale des opus précédents.

La filmographie de Miller est tout à fait particulière presque succulente tant elle surprend. Sa saga Mad Max représente 1/3 de sa carrière dans laquelle on trouve Happy Feet 1 et 2, Babe 2 ou encore Lorenzo. Ce dernier est d’ailleurs le dernier effort « réaliste » de Miller et remonte à 1992. 23 ans plus tard et 30 ans après le dernier épisode de sa mythique trilogie, le réalisateur australien lâche les chevaux sur l’autoroute de l’action frénétique. What a lovely day.

Mad-Max-George-Miller

Marcher dans le sable

Max (Tom Hardy) est au bout du rouleau. Ancien flic de la route, il a tout perdu et erre sur une planète désertique anéantie par la guerre nucléaire qui a vu se former des clans de guerriers et/ou de cannibales. La quête du pétrole et de l’eau sont les deux choses qui importent.

Le plan introduisant le personnage est sublime. Une voix off sur fond noir puis apparition de la Ford Falcon et notre héros. Au premier plan, une preuve des conséquences de l’apocalypse qui s’est abattue. Un lézard vient pointer son nez et en tournant la tête en montre une seconde. Un jeu de perspective léger mais qui n’en reste pas moins important. Max prend la fuite en entendant les moteurs de l’ennemi foncer sur lui.

MadMax

Puis c’est le drame, première cascade et voilà notre Max dans les geôles de Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne aka Toecutter dans le premier Mad Max) un tyran qui domine La Citadelle avec son clan. Cet homme vil affame son peuple pour asseoir son aura. Il se sert de son apparence pour impressionner. Un masque pour respirer avec un design agressif et un plastron placardé de médailles militaires pour cacher les traces d’un passé chaotique. Sa monstruosité est aussi grande que sa violence.

immortan-joe

C’est en servant de « globular » pour revitaliser un War Boy que Max va se retrouver en « tête » d’un cortège de chasseurs pour retrouver Furiosa. Une femme qui a frappé Immortan Joe là où ça fait le plus mal : « les couilles ». Incarnée par Charlize Theron, Furisoa a dérobé au dictateur ses esclaves qui lui servent de ventre pour assurer sa descendance.

Mad-Max-Furiosa
Parmis les demoiselles, on compte Zoe Kravitz. Oui oui la fille de

Aussi gros qu’un grain de sable du désert de Namibie, le scénario sert de prétexte pour livrer une course poursuite monstrueuse. Pleins de moments WTF mais étrangement les plans s’enchaînent à merveille. George Miller s’est amusé et ça ce voit.

J’imagine déjà la scène où Miller vient négocier le budget son film :

shut-up
Un gif dédicacé aux rédacs de Nostroblog

 

-Bon messieurs j’ai pas fais grand chose depuis longtemps, on va pas se mentir
-Oui on confirme, tu as un projet ?
-Oui et un scénario
-Lequel ?
-Un quatrième film pour Mad Max
-Ok voila la combi du coffre, sers toi
-Mais le scénario ?
-Ouais on en reparlera, tiens voila déjà 150M

Furiosa Road

Les détracteurs et frileux ont déjà commencé à affûter leur sens aiguisé du troll : Mad Max pourrait s’appeler VROOM VROOM tant ils ne font que rouler. Certes la réflexion est réaliste mais un peu facile. Il y a bien plus à décrypter dans le film qu’une simple course poursuite. Evidemment ce n’est pas un film ultra philosophique mais George Miller souligne, évoque des thèmes importants via un montage ingénieux. Le background est là. La course poursuite n’est pas balancée à l’écran comme ça.

Mad-Max-Fury-Road

Lorsqu’on découvre La Citadelle, on arpente les murs abritant Immortan Joe. On voit des femmes réduites à leurs fonctions les plus primaires. Équipées de trayeuses, elles sont chargées d’alimenter le tyran et sa cour en lait puisque l’eau est une denrée rare. D’un autre côté, des femmes bien nourries, élégantes, similaires aux séductrices de l’antiquité qui sont captives pour assurer la descendance du dictateur. Elles ne sont que des ventres. On ne leur demande pas de parler ou de réfléchir mais seulement de faire ce qu’on leur ordonne.

max-mad

C’est avec cette vision effrayante d’une humanité devenue folle que Furiosa décide de sauver ce qui peut l’être. Elle souhaite fuir cette humanité qui survie à l’apocalypse en capitalisant sur des ressources importantes. Si la terre est dévastée et désertique, lui parvient à cultiver des plantes et semble se créer un eco system privé. Sa tribu est totalement vide d’émotions « humaines » ou de notions de partage. Tout doit rester exclusif. Esthétiquement ce clan est horrible, marqué par des tumeurs ou des mutations physiques, les traits du visages sont forcés. L’ensemble donne une sensation de malaise, une atmosphère glauque à souhait.

En l’espace de quelques minutes George Miller évoque la condition féminine, l’écologie, le matérialisme. Et viendra de temps en temps saupoudrer ces thèmes sur le film. Pas besoin de grand discours ou de dialogue interminable. Quelques plans, un montage génial et on peut passer au plus important, l’action.

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Bon maintenant qu’on a réfléchi on peut y aller?

 

Et la place de Max dans tout ça ? Charlize Theron a totalement volé la vedette de Tom Hardy mais une fois le film fini tout semble cohérent. Furiosa pilote le camion citerne qui doit aller récupérer du pétrole pour alimenter La Citadelle. C’est elle qui enlève les filles et c’est aussi elle qui trahi l’antagoniste du film. C’est donc naturellement elle qui doit subir le courroux de Joe.

Max-Furiosa

Max lui se retrouve mêlé à cette histoire sans le vouloir. Obligé d’alimenter un War Boy (Nux – Nicholas Hoult) chassant Furiosa, il va profiter d’un échec de son geôlier pour se libérer de ses chaînes. Il va totalement ignorer les ambitions de Furiosa ne pensant qu’à sa vie, et son égoïsme va continuer de le dominer quelques instants avec par exemple cet acharnement sur son masque (clin d’œil à Bane?). Si Max n’est ici qu’un porte flingue et un co-pilote, il va petit à petit retrouver son humanité. Lui qui fuit autant les vivants que les morts va vite comprendre que la seule chose à combattre est la folie.

Si on parle de féminisme dans ce film c’est bien par la suggestion. A l’exception de Furiosa dont le caractère et l’ambition est très explicite, les filles enlevées s’interrogent, doutent. On ne les entend pas énormément mais on comprend qu’elles ne connaissent rien de la vie à par celle de La Citadelle. Soyons clair, on met des femmes en avant et leur envie de s’émanciper dans un contexte post-apo. On ne révolutionne pas le débat et le girl power est plus un gimmick qu’autre chose.

D’autres personnages ne connaissent rien des émotions humaines. Les War Boy. Eux sont des soldats en charge d’anéantir le moindre ennemi de Immortan Joe. Ils ne savent pas ce que c’est que la liberté. Ils sont formatés dès le plus jeune age. Tous subissent la même transformation et on des stigmates de l’apocalypse (tumeurs apparentes etc..) Un marquage au fer rouge, une peinture blanche sur tout le corps et surtout l’accession au Valhalla par une mort héroïque. Nux est un de ces hommes là. Habité par la folie que Immortan Joe leur a transmis, il va tenter de ramener Furiosa pour obtenir les faveurs de son chef.

war-boy

La psychologie des personnages n’a pas besoin d’être approfondie, c’est brutal ou suggéré mais c’est efficace.

Ailleurs Land

La direction artistique du film est splendide, fait penser à Mad Max 2 ou encore au jeu vidéo RAGE (le design des War Boy). Le desert de Namibie qui a servit de décors a son importance. C’est un personnage à part entière qui avale chaque plan avant d’en régurgiter un nouveau. La scène où les véhicules se perdent dans une tempête est démentielle et montre à quel point les héros et leurs chasseurs sont déterminés.

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Les 45 premières minutes du film sont haletantes et mettent en place l’intrigue sans aucun soucis. Dès lors le spectateurs que je suis reste enfoncé dans son fauteuil et accepte sereinement de se prendre des tonnes de claques qu’elles soient visuelles ou auditive.

Mad-Max-Fury-Road-Boom

La VF est la seule chose qui fait sortir Mad Max de sa route. Pas forcément dans la traduction mais dans l’intonation qui ferait passer les doubleurs de Assassin’s Creed pour des dieux vivants du métier. Le bruit des V8 fendant nos oreilles et les riffs métalliques distribués par ce guitariste qui fait la joie des pros du GIF sublime la bande son. Merci le 7.1.

Pendant deux heures, tout s’enchaîne très bien et les leviers scénaristiques sont placés au bon moment. C’est bien simple, il n’y a quasiment aucune longueur. George Miller propose un film d’action vrai et sincère dans ses ambitions. Il ré-invente le genre. On regrettera une fin plutôt expédiée et en dessous de ce premier tiers du film tellement maboule. La violence qui a engendré ce peuple que Max, Furiosa et les filles tentent de fuir est malheureusement trop absente.

Bien loin des films à fond vert qui pullulent au cinéma, Mad Max est pourtant furieusement viscéral, brutal et n’ayons pas peur de le dire,

il est COLOSSAL.

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2 réflexions sur “Mad Max – Miller remonte sur le trône (SPOILERS)

  1. Bon article, je suis relativement du même avis que toi. Ce film est le meilleur blockbuster de cette année. Techniquement le film est parfait, à 70ans Miller a donné un cours de réalisation que tout les réal’ ferait bien d’écouter :).

    1. Ludowsky

      Très sincérement, cela fait un mois que j’ai vu le film et je suis toujours tenté de retourner le voir.

      Merci pour le commentaire :)

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