Chi : une vie de chat

Initialement publié pour Manga News, je remets au goût du jour mon dossier sur Chi : une de chat. Pourquoi, me demanderez-vous. Déjà parce que le dernier tome du manga vient de paraître au Japon. Ainsi, de cette manière, je souhaite marquer le coup. Ensuite parce que j’ai passé beaucoup de temps sur cet article. J’ai donc préféré le remettre au goût du jour (avec de nombreuses modifications et actualisations) plutôt que le laisser errer dans les méandres de l’Internet. Et pour finir parce que j’adore ce manga. C’est donc l’occasion, du moins je l’espère, de vous transmettre ma passion pour la petite boule de poil.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

chi manga critique

Présentation

Résumé

Tandis qu’elle suit sa mère dans la rue, la petite Chi se laisse distraire et fini par s’égarer. Elle se retrouve seule dans un parc. Alors qu’elle est attristée, affamée et terrifiée, elle tombe nez à nez avec Yohei, un enfant de trois ans qui vient de faire une chute. C’est ainsi que les Yamada, les parents de Yohei, décidèrent de s’occuper de la petite chatte qui semblait abandonnée. Mais ils devront l’élever en toute discrétion, car il est interdit de posséder un animal de compagnie dans l’immeuble où ils résident. C’est de cette manière que débute la vie de la petite Chi.

chi une vie de chat

Fiche signalétique

Chi : une vie de chat  est un seinen de Konami Kanata. Le manga est prépublié dans le magazine Morning de l’éditeur Kodansha depuis 2004. Ainsi, les chapitres de cette série paraissent au Japon entre des manga tels que Vagabond, Les gouttes de Dieu, Zipang ou encore Billy Bat. Mais le magazine est coutumier du genre animalier, puisque les lecteurs japonais ont pu y découvrir Gon et What’s Michael ?!.

Le premier volume relié est sorti en novembre 2004, et la série se stabilise assez rapidement au rythme d’un tome par an. Le douzième et dernier tome de Chi : une vie de chat voit le jour en juin 2015. La série s’étant conclue en avril de la même année dans le magazine Morning.

En France, le manga est publié depuis novembre 2010 dans la collection Kids de Glénat, et constitue la première longue série de ce label après les deux one-shots Koko et Heidi. Initialement publiée à un rythme bimestriel, la cadence ralentit à partir du septième volume, pour arriver à un rythme proche de l’édition originale, à un volume de différence.

chi cest mon prénom

Notons également que Glénat publiera en octobre 2013 un spin-off du manga intitulé Chi : c’est mon prénom, un kodomo intégrant la collection P’tit Glénat qui comprend des ouvrages pour les plus jeunes. Ce petit ouvrage de 32 pages s’intéresse aux origines du prénom de la petite chatte et de la relation avec son jeune maître, Yohei.

L’auteure

konami-kanataKonami Kanata, de son vrai nom Tanaka Minako (son pseudonyme correspondant à l’inversion des caractères de son nom) est née à Nagano le 3 juillet 1958. Tout au long de sa carrière de mangaka, Konami Kanata n’aura dessiné que des œuvres sur des chats.

Son parcours professionnel débuta en 1982 avec la publication d’une nouvelle, Pucchi Neko Jamu Jamu dans le magazine Nakayoshi de Kodansha. C’est quatre plus tard, en 1986, qu’elle commença à publier sa série emblématique: Fuku-Fuku Funyan. A l’origine, la série totalisait douze volumes, mais le succès fut tel qu’elle connut deux rééditions. Mais ce n’est pas tout, car en 2005, soit un an après le début de Chi : une vie de chat, ce josei revint dans une suite sobrement intitulée Fuku-Fuku Funyan New, toujours en cours à l’heure actuelle avec un huitième tome paru en avril 2013.

De 1992 a 2001, la mangaka proposa également une troisième série, Hug Hug, qui compte seize volumes.

Les personnages

Chi – Il s’agit de l’héroïne du manga. Son prénom signifie pipi en japonais. Chi est une petite chatte qui s’est égarée alors qu’elle suivait sa mère. Elle est recueillie au sein du foyer des Yamada. Innocente, joueuse et espiègle, la petite Chi a soif d’aventure. Elle va apprendre, explorer et découvrir le monde qui l’entoure tout en s’amusant.

Yohei – C’est le fils de la famille Yamada. Il s’agit du petit garçon qui trouve Chi alors qu’elle est égarée. Agé d’à peine trois ans au début du manga, Yohei va voir en Chi un compagnon de jeu. Au final, le petit garçon va grandir et apprendre au même rythme que son animal de compagnie.

maman-chi-manga_sqMaman – La mère de Yohei est une femme au foyer. C’est ainsi qu’elle s’occupe de son fils et de Chi. Il s’agit d’une femme très douce et gentille, mais qui ne laisse pas passer les bêtises. Malgré qu’elle se fasse parfois gronder, Chi apprécie beaucoup la maman de Yohei.

papa-chi-manga_sqPapa – Le père de Yohei travaille à domicile, dans son bureau à l’étage. Au départ Chi a du mal avec lui. Elle le déteste car elle voit en lui l’homme qui lui a fait prendre un bain et qui l’a emmené consulter le vétérinaire. Elle s’en méfie. Mais le cœur de Chi est volage.

noireaud-chi-manga_sqNoireaud – Un « chat-ours » qui effraie Chi lors de leur première rencontre. D’allure imposante et terrifiante, Noiraud va devenir plus qu’un ami pour Chi. En effet, le gros chat noir fait office de figure paternelle pour l’héroïne. De cette manière il contribue à combler le manque laisser par la mère de Chi dans le cœur de cette dernière. Outre l’aspect affectif, il va apprendre la vie de chat à Chi, et il va également jouer un rôle de protecteur.

minou-chi-manga_sqMinou – Il s’agit d’un petit chaton qui joue les durs. Minou va devenir très rapidement un compagnon de jeu pour Chi. En réalité, Minou est un chat sauvage, qui a été abandonné par ses maîtres étant tout petit. Depuis, il vit dans la rue en se débrouillant comme il le peut et en se forgeant un caractère fort.

Une vie de chat

En ouvrant Chi : une vie de chat, le lecteur sera initialement marqué par un fait assez simple. Le personnage principal n’est pas un homme, comme dans tant d’autres mangas, mais un chat. Le fait que l’on suive les tribulations d’un chaton constitue l’intérêt fondamental du manga. C’est également en cela que le seinen de Konami Kanata se démarque de la production courante du manga. Dans un premier temps nous allons donc analyser la manière dont la mangaka aborde le sujet de la vie de chat dans son œuvre.

Le premier point à noter dans Chi : une vie de chat est que la petite héroïne est dotée de la parole. Si les personnages humains du manga ne peuvent pas comprendre Chi, le lecteur sait ce qu’elle pense et ce que signifient ses miaulements. De ce fait, le lecteur est mis au même niveau que Chi et les actes de cette dernière trouvent ainsi une justification. Par exemple, on comprend que si Chi refuse tout d’abord d’uriner dans sa litière, c’est parce qu’elle croit qu’il s’agit d’un terrain de jeu. Toutes les péripéties du manga nous sont donc expliquées de cette manière.

En marge de cela, Konami Kanata aime les chats. Le fait qu’elle n’ait dessiné uniquement que des histoires sur les petits félins depuis ses débuts en tant que mangaka le prouve. Elle déclare également qu’être en présence d’un chat suffit à la rendre heureuse. C’est donc avec passion qu’elle écrit Chi: une vie de chat. Mais pas seulement. En effet, son amour pour les chats ne suffit pas à faire le charme du manga. Il y a quelque chose de plus. Et ce quelque chose, c’est la compréhension. A force d’aimer, d’élever et de dessiner des chats, Konami Kanata a appris à décrypter la manière dont ils fonctionnent. Elle connaît les habitudes des chats, ce qu’ils aiment faire, ce qu’ils n’aiment pas faire et parvient à les dessiner dans son manga. Elle s’inspire de ses propres expériences pour que Chi: une vie de chat parle à un grand nombre de lecteurs. La petite Chi va effectivement reproduire toutes les bêtises qu’un chat peut faire dans la vie réelle. A cet égard, il sera aisé de se reconnaître dans le manga pour quiconque a déjà possédé un chat.

Partant des faits que la narration se place du point de vue de Chi et que la petite chatte reproduit les bêtises qu’un chat ferait dans la vie de tous les jours, la conclusion coule de source. L’auteure justifie par la pensée innocente de Chi le comportement réaliste de cette dernière. De cette manière, le lecteur peut faire le parallèle avec son chat, et tenter d’expliquer le comportement de ce dernier en observant les similitudes avec Chi.

Il y a un fait essentiel à noter dans Chi : une vie de chat. Comme en atteste les illustrations des couvertures, le manga possède un aspect mignon. Cette face du manga est bien évidemment la conséquence que le protagoniste soit un chaton. De ce fait, le comportement à la fois innocent et joueur de Chi et la diversité des expressions de son de visage, toutes plus adorables les unes que les autres, forcent le lecteur à sourire. Ainsi le fait que le héros soit un chat joue un rôle fondamental sur l’ambiance du manga. Que le lecteur soit petit ou grand, l’aspect mignon de Chi : une vie de chat le mettra de bonne humeur pour peu qu’il soit réceptif aux charmes félins.

Afin de conclure cette partie sur l’aspect animalier du manga de Konami Kanata, un dernier point va être évoqué. Il va porter sur l’identification à Chi du jeune lecteur. Le personnage de Chi est un chat, et cela ne fait aucun doute. On a bien souligné précédemment que le protagoniste du manga se comporte comme tel. Cependant il n’est pas exclu de s’identifier à la petite boule de poils. En effet, le fait de justifier les agissements de Chi, et par conséquence de lui attribuer une conscience, la rend «humaine». Tel un enfant, Chi cherche à s’amuser, elle se laisse facilement distraire et fait des bêtises. Elle a également besoin d’affection. Le jeune lecteur a donc de quoi se reconnaître dans le personnage de Chi. D’autant plus que Konami Kanata pousse la ressemblance entre le chaton et un enfant encore plus loin. En effet, Chi n’est pas seulement un compagnon de jeu pour Yohei, elle lui ressemble beaucoup. La similitude est telle que les parents de Yohei disent que Chi pourrait être sa petite sœur. Konami Kanata joue donc sur ce rapprochement entre chat et humain en dédiant quelques chapitres où l’on observe les deux jeunes compères effectuer des actions sensiblement identiques. Ces mises en parallèle entre Chi et Yohei tendent donc à renforcer l’idée de l’identification du jeune lecteur au chaton.

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Chi ou l’Optimisme

Chi : une vie de chat est un parcours initiatique. La petite chatte créée par Konami Kanata découvre le monde qui l’entoure et l’explore. Joueuse, curieuse et distraite, Chi va tenter de s’amuser de n’importe quelle situation. De ce fait lorsqu’elle s’égare dans le quartier, cela en devient une aventure. Lorsqu’elle découvre un nouvel objet dans la maison de ses maîtres, elle s’en fait un jouet. Et ainsi de suite. Au fond, Chi est un enfant. Elle ne connaît pas grand chose au monde qui l’entoure. C’est donc avec innocence qu’elle part à sa découverte.

Pour autant tout n’est pas rose dans Chi : une vie de chat. La petite chatte va l’apprendre à ses dépends. Le premier fait marquant pour Chi est l’absence de sa mère. La petite boule de poils a effectivement été séparée du reste de sa famille étant enfant. Orpheline, la présence d’une mère lui manque. Elle va donc chercher du réconfort et de la chaleur où elle peut en trouver; c’est à dire auprès des personnes qui l’aiment: la famille Yamada et ses amis. Dans les premiers tomes du manga, la petite héroïne devra faire attention à la présence de la gardienne. Bien que Chi n’en prenne pas conscience, les animaux sont interdits dans l’immeuble où vivent les Yamada. Et si Chi est découverte, ils risquent donc de se faire expulser. La présence de cette gardienne pose donc des limites au côté exploration au manga de Konami Kanata. La petite chatte n’est pas libre de se promener à son bon désir, il y a des contraintes.

En l’espace de quelques tomes, Chi va découvrir que la vie n’est pas faite uniquement de jeux et de bonnes expériences. Des difficultés, elle va en connaître. Elle sont quelques fois légères comme le fait de prendre un bain, de se rendre chez le vétérinaire ou encore de se faire couper les griffes. Ce genre d’exemples ne manque pas dans le manga, la vie de Chi ne se passe pas toujours comme elle le désire. Mais parfois, les problèmes que rencontre Chi sont plus graves. C’est le cas de sa séparation avec Noiraud, le chat qu’elle considère comme le père qu’elle ne connaît pas. La situation de son ami Minou est également attristante. Il s’agit d’un petit chat, tout comme Chi, qui a été abandonné dans la rue. S’il se forge une réputation de petit dur, la vie n’est pas tous les jours facile pour lui.

Chi explore le monde, et malgré son lot d’amusements en tout genre, elle découvre qu’il ne tourne pas qu’autour de la joie. Pourtant le petit chaton ne se laisse pas abattre. Plutôt que de baisser les bras, Chi va toujours aller de l’avant. Elle persévère et trouve toujours un moyen de s’amuser et de retrouver le sourire. Observer cet enfant qu’est Chi découvrir naïvement le monde avec ses bons et mauvais côtés donne le sourire. Quelque soit la situation Chi s’en sortira, parce qu’elle peut se faire une aventure amusante avec tout et n’importe quoi. Et si elle n’est pas au mieux de sa forme, elle pourra compter sur son entourage pour la soutenir. Une belle leçon de vie en somme.

En guise de conclusion de cette partie nous noterons que Chi: une vie de chat est un parcours initiatique avec des leçons de morale simples et qui sonnent justes. Ainsi, même le lecteur allergique aux chats pourra trouver son compte dans le manga de Konami Kanata.

chi illustration

Tranche de vie versus comédie

Chi : une vie de chat est un manga à placer dans le genre de la tranche de vie. Il s’agit d’un courant présentant des récits qui touchent à notre quotidien. Ces histoires se démarquent par des scènes choisies, souvent anodines, se déroulant dans la vie de tous les jours. Incontestablement, dans le domaine du manga, le maître du genre est Jiro Taniguchi, auteur du désormais célèbre Quartier lointain. Konami Kanata utilise donc les codes du tranche de vie pour narrer les aventures de la petite Chi. Si les courts chapitres d’environ huit pages se suivent dans le temps, chacun d’entre eux raconte une aventure différente pour la petite chatte. Il arrive malgré tout que Konami Kanata développe une petite intrigue sur plusieurs chapitres, mais cela reste rare. L’auteure profite donc de ce système d’aventure complète par chapitre pour nous proposer un maximum de scènes du quotidien de Chi et ses compagnons. Dans Chi : une vie de chat nous suivons ainsi des séquences banales de la vie de l’héroïne. Elle découvre un nouvel objet dans la maison, elle se promène dans le parc, elle se fait couper les griffes, elle prend un bain… Il s’agit d’un large panel d’actions choisies par la mangaka qu’effectue la petite Chi. A côté de cela, Konami Kanata dessine des scènes plus importantes, plus marquantes dans la vie de son héroïne. Elle perd sa mère de vue et se retrouve seule, la famille Yamada lui trouve un nom, sa rencontre avec Noiraud, le déménagement avec ses maîtres… Ces scènes ont de l’importance, car elles changent à jamais la vie de Chi. Elles permettent également d’apporter un certain renouvellement dans le récit. L’auteure mélange donc des séquences banales du quotidien avec des faits décisifs pour nous livrer un manga dans la veine pure du tranche de vie.

L’autre genre qui domine dans Chi : une vie de chat, c’est la comédie. Konami Kanata utilise l’humour dans son manga sans pour autant tomber dans une succession de sketchs. Cela passe bien évidemment par le personnage de Chi, et sa multitude de réactions face aux bêtises qu’elle commet. Qu’elle prenne un air espiègle, qu’elle joue, ou même qu’elle boude, l’attitude de Chi prête souvent à sourire. Parce que Chi : une vie de chat n’est pas un manga qui fait forcément rire aux éclats, mais il met le sourire aux lèvres. Outre les réactions de Chi, le positivisme du manga tend à mettre le lecteur de bonne humeur. Comme il a déjà été écrit précédemment, malgré les coups durs, Chi s’en sort toujours. Lorsqu’elle vit une mésaventure, elle finit par retrouver le sourire. Quand la présence de sa mère lui manque, elle trouve d’une manière ou d’une autre un peu de réconfort. Sans être forcément une suite de gags, Chi : une vie de chat réussit à être un manga qui met le lecteur de bonne humeur.

Les genres tranche de vie et humour s’entremêlent donc dans le manga de Konami Kanata. Cette association de styles nous a prouvé qu’elle peut fonctionner et être efficace. On l’a retrouvé dans des mangas comme Yotsuba de Kiyohiko Azuma, Amanchu de Kozue Amano, Barakamon de Satsuki Yoshino ou même Koko de Fumiyo Kono. Les exemples de réussites ne sont pas si nombreux que cela au final. Et Chi : une vie de chat fait partie du lot. Le manga de Konami Kanata arrive à nous faire sourire avec la vie de tous les jours. C’est sans réelle exagération que l’auteure parvient à nous amuser du quotidien d’un chaton. Konami Kanata nous prouve, s’il le fallait encore, que l’on peut mélanger ces deux genres que sont la narration du quotidien et la comédie au sein d’un même récit.

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Pour quel public ?

Au Japon le manga est prépublié dans le magazine Morning de Kôdansha, un magazine dont le principal public est constitué de jeunes adultes, souvent de sexe masculin. En France le manga est disponible dans la collection Kids de Glénat. Comme son nom l’indique, la cible éditoriale est constituée d’enfants entre six et dix ans. On sait également que l’auteure, Konami Kanata, a été publiée dans sa carrière dans des magazines ciblant un public féminin. Mais alors, à qui s’adresse Chi : une vie de chat ? Quel public cible Konami Kanata ?

Commençons tout d’abord avec les enfants. Le premier constat à faire est que Chi : une vie de chat est un manga sans violence, qu’elle soit physique ou dans le langage. De ce fait, le manga de Konami Kanata est accessible aux jeunes lecteurs. Mais ce n’est pas suffisant pour les définir comme une cible. Chi : une vie de chat est un manga facile à lire. Il n’y a pas de longues tirades, le vocabulaire est simple et surtout les chapitres sont très courts. Ils font en moyenne huit pages. Cela est très pratique pour les jeunes lecteurs qui pourront ainsi terminer un volume à leur rythme et en faisant des pauses régulièrement. La simplicité de lecture rend donc les aventures de la petite Chi compréhensibles pour une tranche d’âge peu élevée. De plus, et comme il a été écrit précédemment, le jeune lecteur pourra s’identifier à Chi. Et si on ajoute à cela l’aspect mignon qui se dégage par la présence d’un chaton comme personne principal, on peut en déduire que Glénat ne s’est pas trompé en publiant Chi : une vie de chat dans sa collection Kids.

Mais ce n’est pas pour autant que le lectorat plus adulte sera en reste. Si Chi : une vie de chat a été prépublié dans un magazine seinen au Japon, ce n’est pas pour rien. Konami Kanata n’inclut pas d’affrontements épiques, d’enquêtes policières ou encore de romance dans son manga. Malgré cela, Chi : une vie de chat a la capacité de plaire à cette large partie du lectorat. Un premier constat est simple. Chi est un chaton tout ce qui a de plus adorable. Entre sa candeur, son espièglerie mais également sa douceur, la petite chatte est susceptible d’attendrir quiconque s’attarde à la lecture. En plus de cela, Chi est une battante. Quoi qu’il arrive, elle s’en sort toujours avec le sourire, et pourtant la vie n’est pas toujours facile pour elle. Le lecteur trouvera en ce fait une jolie leçon de morale qui ne sautera pas aux yeux des enfants.

Il y a donc une lecture à double sens dans le manga de Konami Kanata. Pas exactement pour les mêmes raisons, petits et grands trouveront leur compte dans Chi : une vie de chat. La mangaka arrive à rendre accessible son œuvre quel que que soit l’âge, et quel que soit le sexe. Il s’agit donc là d’un manga qui peut aisément se lire en famille, et qui sera apprécié différemment selon le lecteur. Tout comme il n’y a pas d’âge pour aimer les chats, il n’y a pas d’âge pour lire Chi : une vie de chat.

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Graphisme

En ouvrant un tome de Chi : une vie de chat, ce qui frappe en premier le lecteur est que le manga est entièrement en couleurs. Les exemples de bandes dessinées japonaises publiées en France en couleurs sont très rares, et le manga de Konami Kanata fait partie de ceux-là. Le choix de colorer le manga laisse le loisir à l’auteure de définir au mieux l’apparence de ses personnages. Inversement, cela entrave l’imagination du lecteur propre au format noir et blanc. La gamme de couleurs utilisée est sobre. On ne trouve pas de couleur criarde ni, à l’opposé, de ton trop sombre.

Le trait de Konami Kanata est quant à lui très basique. C’est avec une simplicité propre aux mangas humoristiques que l’auteure dessine son œuvre. Les personnages sont esquissés de manière grossière et ils ne sont pas très détaillés. Humains comme animaux, ils arborent souvent des expressions du visage dites super-déformées. C’est à dire que l’auteure caricature les visages en poussant les expressions à l’extrême. C’est ainsi que l’aspect comique du manga est mis en avant. Comique, mais pas seulement. Parce que la petite Chi possède de cette manière toute une palette de visages reflétant ce qu’elle ressent. Ainsi on distinguera sur son visage son amusement, sa peur, son envie de commettre des bêtises ou encore sa colère.

Les décors du manga ne sont pas particulièrement mis en avant. Ils existent, ils sont bel et bien là, mais ils sont relativement pauvres. Les arrière-plans dans Chi : une vie de chat ne sont pas là pour faire jolis. Ils servent de repaires pour le lecteur, afin qu’il comprenne dans quel lieu se situe l’action.

chi chat critique

Adaptation

En France, Chi : une vie de chat est publié dans la collection Kids de Glénat depuis novembre 2010. Cette collection a été lancée afin de viser un jeune public en mars de la même année, avec la publication de deux one shot : Koko de Fumiyo Kono et de Heidi de Yumiko Igarashi. Chi : une vie de chat est le troisième manga à voir le jour dans cette collection, et par conséquent il s’agit de la première série en plusieurs volumes.

Si Glénat semble respecter l’édition japonaise en nous proposant un livre tout en couleurs, le sens de lecture a été revu. Ainsi le manga de Konami Kanata se lit dans le sens de lecture occidental, de gauche à droite donc. Il s’agit d’un choix discutable qui peut rebuter le plus râleur des lecteurs. Cette décision de ne pas publier Chi : une vie de chat dans le sens de lecture japonais est tout de même logique. Il ne faut pas oublier que la collection Kids s’adresse à un public très jeune. De ce fait, il est inutile de déstabiliser leur lecture avec un ouvrage qui se lit « à l’envers ». Les habitués à la lecture de manga s’y feront assez rapidement, car une fois qu’on a le nez plongé dans le récit, il est assez difficile de le décoller.

A chaque fin de tome, on retrouve un lot de bonus capable de satisfaire toutes les tranches d’âge. On y trouve une interview de Konami Kanata, des leçons pour apprendre à dessiner Chi, un cross over avec Oi Piittan ! de Risa Itô, des explications et des détails sur les lieux et les personnages du manga, ainsi que plein d’autres bonus. De plus, le rabat arrière de chaque jaquette peut se découper. Des petits gadgets seront alors à bricoler. Les jeunes lecteurs auront droit, pour leur plus grand plaisir, du marque page à l’effigie de Chi à la carte de membre du fanclub du manga, en passant par un puzzle ou encore des silhouettes à monter soi-même.

Le succès du manga aidant, Glénat a publié de nouvelles éditions : une édition de poche et un grand format.

Du côté de la traduction, il y a eu un changement à partir du quatrième volume. Kayo Chassaigne et Elodie Lepelletier ont remplacé Fédoua Lamodière. Pour autant, le changement ne se fait pas trop sentir à la lecture, et Chi continue à s’exprimer comme un enfant. Chi ne parle donc pas un français correct, d’autant qu’elle ne comprend pas tout ce qu’il se dit. Des exemples simples d’expression qu’elle utilise sont « ze veux zouer » ou encore « ze veux dulé ». Cela pourra au premier regard rebuter des lecteurs. Mais, au final, cette manière de parler semble assez naturelle dans la bouche de la petite chatte. Ainsi ce parti pris n’est pas gênant à la lecture.

chi grand format

Produits dérivés

Chi : une vie de chat est un manga à succès au pays du soleil levant. Il n’a donc pas échappé à toutes sortes d’adaptations et de produits dérivés.

Le manga a été adapté en série d’animation. Deux saisons ont vu le jour au Japon. La première a été diffusée en 104 épisodes d’environ cinq minutes du 31 mars au 25 septembre 2008. La seconde saison contient un nombre identique d’épisodes, et de même durée. La diffusion s’est effectuée du 30 mars au 24 septembre 2009. En France, elles ont été diffusées à partir de septembre 2014 sur la chaîne Piwi+.C’est le très célèbre studio d’animation Madhouse qui s’est chargé de cette adaptation. La réalisation étant attribuée à Mitsuyuki Masuhara, qui dirigea ici sa première série après avoir travaillé comme animateur pour Death Note, Chobits, Highschool of the dead, entre autres. Il enchaînera ensuite avec la réalisation de l’adaptation du manga de Clamp : Kobato. Puis Blade et Ace of Diamond. Sans oublier une autre série animalière : Shirokuma Café. Pour en savoir plus sur l’anime, vous pouvez également jeter un œil au site officiel.

chi une vie de chat gif

De nombreux produits dérivés à l’image de la petite Chi ont été commercialisés. Concernant les livres, un recueil de photos, Chi’s Sweet Home – Shashinshû – Minna Saisho ha Koneko Datta, est sorti en 2008 au Japon. Il s’agit de montages mettant Chi en œuvre aux côtés de vrais chats. Un ouvrage sur la série d’animation, Chi’s Sweet Home – Maigo no Koneko, est également disponible. Chi : une vie de chat a même ses propres calendriers. De nombreux produits dérivés sont à noter. On retrouve en pêle-mêle des petites figurines, des peluches, des CD, un jeu vidéo, des mugs, des coussins ou même des straps pour téléphone portable.

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Conclusion

Chi : une vie de chat nous décrit le parcours initiatique d’un petit chat qui va apprendre et découvrir tout en s’amusant. Malgré les épreuves que Chi devra surmonter, elle trouvera toujours un moyen de sourire ou de se réconforter. Konami Kanata nous offre donc une ode à la gaieté. Son manga n’en reste pas moins teinté de morale et de messages simples qui sonnent justes.

L’auteure développe des thèmes comme le rapport à l’entourage (que ce soit avec les amis ou la famille), les limites de la liberté, l’apprentissage et bien d’autres. C’est à travers des animaux que Konami Kanata parlent de sujets qui peuvent toucher n’importe quel être humain. La perte d’un être cher, l’adoption ou même le fait de vivre dans la rue sont des thématiques abordées par l’auteure. Il n’est donc pas nécessaire d’être fasciné par les chats ou d’être un enfant en bas âge pour lire Chi : une vie de chat. La lecture peut avoir plusieurs sens selon l’âge et l’expérience du lecteur, et donc toucher un très large public. Cependant, les amateurs de félins et de mangas n’ont aucune excuse pour ne pas lire l’œuvre de Konami Kanata…

Vous aussi, craquez pour Chi !

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2 réflexions sur “Chi : une vie de chat

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