Steven Universe

Cela faisait quelques mois que le nom de Steven Universe apparaissait de temps à autres dans ma timeline Twitter. Et comme la curiosité n’est pas un vilain défaut, je me suis jeté dessus. Il s’agit en fait d’une série animée diffusée sur Cartoon Network depuis 2013. La première saison s’est terminée récemment avec son 49ième épisode, avant de reprendre dès le lendemain pour sa deuxième saison. Oui, la diffusion de cette série ne suit aucune logique. Pour preuve, après une pause de six semaines, Steven Universe a eu le droit à un épisode par jour du 15 au 19 Juin. Et la série reviendra pour une nouvelle salve (#StevenBomb3) de 5 épisode la semaine du 13 Juillet… Bref, c’est compliqué.stevenuniverse2
Créée par une ancienne scénariste d’Adventure Time, Rebecca Sugar, la série suit les aventures rocambolesque du dénommé Steven Universe, habitant de Beach-City (Plageville en français je suppose ?) et, c’est là que ça se corse, il est élevé par trois femmes, ou plutôt, trois Crystal Gems (gemmes de cristal ?) : Garnet, Amethyst & Pearl. Les Crystal Gems sont en fait des guerrières combattant toute menace extra-terrestre qui mettrait par sa présence la Terre en danger.
Présentation rapide du quatuor principal. Steven est un garçon légèrement naïf mais très exubérant, qui ne voit le mal nulle part et cherche à se faire des amis avec tous les habitants de Beach City. Il est à moitié humain, à moitié gemme, et a le quartz rose de sa mère situé au niveau du nombril. Pearl est la plus « mère poule » des trois Cristal Gems. Protective, souvent inquiète et plus réfléchie que les autres. Amethyst est la rigolote de la bande. Elle aime bien dormir et manger, deux activités pas vitale pour les Gemmes. Garnet est la mystérieuse du groupe, peu loquace, des lunettes cachant ses yeux, grande et super forte. Et elle a une coiffure afro.

Les épisodes sont courts, à peine onze minutes, mais réussissent étrangement à bien développer leur sujet, sans se clore par des leçons de morales style « les amis c’est important » ou « mentir c’est pas bien bouh ». On peut certes y voir des messages défendant des valeurs (comme dans beaucoup de productions culturelles) mais rien de trop appuyé ou lourdingue. Cela reste toujours dans une ambiance cool et agréable, pleine de joie et de bonne humeur. Pas de prise de tête, jamais. C’est plus dans une veine tranquille type Slice of Life, entrecoupée de missions dangereuses où les Crystal Gems et Steven doivent sauver Beach City voire la planète entière d’un danger imminent.

Les nombreuses interrogations que l’on peut se poser face à un tel synopsis, des questions sur Steven, sur les Crystal Gems et leurs ennemis (Où est son père ? Qui est sa mère ? Steven a-t-il des pouvoirs ? Qui sont leurs ennemis ?…) trouvent leurs réponses, petit à petit. Pas d’inquiétude à avoir de ce côté-là, même si les scénaristes prennent leur temps pour distiller à loisir leurs informations sur le background des personnages. Tant mieux, cela permet de les étoffer autrement qu’en narrant leur passé, de les approfondir par leurs relations présentes entre elles et eux.stevenuniverse3

La ville de Beach City et l’univers développés dans la série sont très colorés et joyeux, comme les nombreux personnages secondaires, tous plus sympathiques les uns que les autres (sauf Lars). Que ce soit le maire Dewey, toujours à la recherche d’une bonne campagne de pub’, Ronaldo l’adepte du paranormal et son blog « Keep Beach City Weird » ou encore l’énigmatique et parfois inquiétant Onion, tous ont un léger grain de folie. C’est ce qui fait le charme de la série. Pour autant, les thématiques abordées proposent une seconde lecture plus adulte. En effet, entre deux épisodes plus paisibles où Steven s’occupera d’une invasion de pastèques ou organisera un anniversaire surprise, on en apprend plus sur le contexte général. Et c’est pas joli-joli.

Ainsi, sans trop en dévoiler, lors d’un épisode centré sur Amethyst, on découvre une réalité plus sombre et moins manichéenne que présentée jusqu’alors. L’épisode se permet même une référence subtile à l’univers horrifique de Junji Itô, à l’aide d’un troublant parallèle avec la nouvelle « Le mystère de la faille d’Amigara » présente dans le deuxième et dernier tome de Gyô (éditions Tonkam). Eh oui, la série, malgré ses airs enfantins à l’extrême, se permet des clins d’œil à des  titres plus adultes ou complexes, allant d’Akira à Neon Genesis Evangelion dans la catégorie Anime, à des bouquins/films comme La guerre des mondes. Ou même à des jeux vidéo comme Animal Crossing (preuve, s’il en fallait, que c’est bien).

Et puis, l’une des thématiques les plus importantes de la série, régulièrement revenant sur le devant de la scène, c’est le deuil, la perte d’un être cher. La mort, abrupte et définitive. Cruelle. Un sujet assez peu courant dans un dessin animé pour enfant. Et finement étudié, sans tomber dans la facilité en plongeant les spectateurs dans du pathos larmoyant. Non, Steven Universe n’a pas besoin de sortir les violons pour faire comprendre les émotions ressenties par les personnages.

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L’un des personnages les plus important de l’intrigue qui se dessine au fil des épisodes, c’est Lion, le lion rose. Mon personnage préféré comme vous pouvez le deviner si vous faites attention aux images illustrant cet article. Parce que c’est un gros chat, et que j’aime les chats. Lion est donc un lion rose mystérieux qui apparaît au début de la série, et qui a déjà eu droit à 3 épisodes à son nom (bientôt 4 ?). Sans jamais prononcer un seul mot (c’est un lion, pour rappel), Lion saura se montrer à la fois KAWAII, courageux, mystérieux, utile, gourmand, magique, taquin, paresseux, mignon, fort, etc. J’en passe et j’en passe. Lion est un personnage complexe, hautement intéressant, et un élément central de l’intrigue, pour des raisons diverses que je pourrais expliciter mais qui gâcherait le plaisir de la découverte.

Et si les scénaristes parviennent à développer de telle manière un « simple » lion rose, imaginez ce que ça donne pour les autres personnages. Même pour les plus secondaires, comme Onion, on découvre de temps à autres des facettes inattendues de leur personnalité, nous les faisant voir sous un autre jour. En bref, chaque épisode est bon à prendre, même s’il ne fait pas avancer d’un iota l’histoire principale.stevenuniverse6

Au fil des épisodes, on découvre donc un univers coloré et plein de bonne humeur, simple mais pas simpliste, et avec un véritable scénario se mettant en place. La mythologie développée par la série se trouve être véritablement intéressante, carrément addictive et même plus complexe que se que l’on pourrait croire en regardant rapidement les visuels. On en vient à attendre impatiemment la suite, tellement il y a encore de mystères mystérieux et de questions en attente de réponse. Et le fait que la série alterne intelligemment entre épisodes plus anecdotiques et d’autres qui apportent des éléments instructifs ne fait qu’attiser les envies d’en savoir plus sur cet univers.

Aussi, pendant que j’y pense, l’un des trucs que j’aime le plus dans Steven Universe, c’est la musique. Que ce soient celles en arrière-plan, qui accompagne les actions et les différentes séquences, ou les chansons qui interviennent de temps à autres à la manière d’une comédie musicale, sans oublier le générique de début, toute la bande-son de la série animée est travaillée avec soin et s’accorde parfaitement à l’ambiance. Au bout de quelques épisodes, vous vous retrouverez, vous aussi, à chanter sans trop le vouloir « We are the Crystal Gems » ! Stronger Than You, chantée par Estelle,  marquera également les esprits.

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Comme vous le savez depuis que vous avez lu le résumé en début d’article, Steven est élevée par trois femmes, ses trois mères adoptives, alors que son père a abandonné son éducation, ne se sentant pas de taille face à un hybride humain-gemme. On pourra s’accorder sur le fait que ce n’est pas une cellule familiale très courante. On a donc trois héroïnes, trois modèles féminins radicalement différents les unes des autres, assez loin des stéréotypes habituels (même si on n’échappe pas à la grosse gloutonne et rigolote). Au passage, les personnages féminins de Steven Universe sont loin des personnages clichés et monolithiques que l’on retrouve presque partout ailleurs. La preuve avec Connie qui est loin du trope de « demoiselle en détresse » que d’autres séries lui aurait affublé.

Et pour être plus précis, concernant les trois Crystal Gems, elles ne sont que d’allure féminine, puisqu’en réalité les gemmes sont agenres, malgré leur apparence et leur utilisation, pour se désigner, de pronoms féminins. Il n’y a pour l’instant pas eu de gemmes à l’apparence masculine (HASHTAG #MISANDRIE), même si dans les faits, rien ne les en empêche. Tout ça pour dire que, encore une fois si ce n’était pas clair, la série aborde des thèmes peu habituels (et je ne présente là qu’un petit aperçu) pour un dessin animé destiné à un public jeune. C’est cool.

En bref, j’espère vous avoir convaincu que Steven Universe était une excellente série à ajouter à votre liste des trucs à voir. Sur ce, je laisse le dernier mot à Lion. :3stevenuniverse4

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