Le scantrad, une solution ou un problème ?

Quand on parle de mangas, un phénomène revient dans la discussion de manière récurrente : le scantrad. Il s’agit en somme de scanner les pages d’un manga (ou d’en prendre directement les épreuves) et de les traduire afin de les mettre à disposition de tous sur internet. Une pratique, rappelons-le, illégale puisqu’elle ne respecte pas les droits d’auteur. Néanmoins si certains voient les scantradeurs comme de vilains pirates, pour d’autres ils sont de véritables « Robin des bois » des temps modernes.

Les équipes de production se multiplient, et le lectorat ne cesse de s’accroître. Aujourd’hui le scantrad est perçu comme une pratique dans la norme. De nombreux lecteurs ignorent ses méfaits sur la production ou même son illégalité.

Non Eiichiro Oda n'incite pas à se lancer dans le scantrad quand il parle de devenir
Non Eiichiro Oda n’incite pas à se lancer dans le scantrad quand il parle de devenir « le roi des pirates ».

L’occasion pour moi de poser une question qui me taraude : le scantrad est-il une solution ou un problème ? Et tant qu’à faire, je vais essayer d’y répondre à travers divers points sujets à débat.

Pourquoi lire du scantrad ?

Sur internet sont mis à disposition de très nombreux mangas dans des genres extrêmement différents. Il est donc aisé de découvrir une œuvre parlant d’un thème que l’on apprécie. Pour autant peut-on en déduire que le scantrad est une alternative au marché français du manga ?

Oui, on le peut. Mais ce serait faire preuve de mauvaise foi. En effet, le marché français du manga est déjà très riche. On y trouve a peu près toutes les histoires les plus populaires, des récits de combats aux comédies romantiques. En outre, on trouve aussi des genres de niches. On se retrouve avec des shonens vintages, des gekigas intellos, des mangas pornographiques en tout genre, des œuvres expérimentales, des autobiographies, de la sf réaliste ou cyberpunk, de la fantasy sombre ou féérique, des tranches de vie philosophiques ou mignonnes et j’en passe. Quand on aime le manga il est très compliqué de ne pas trouver son bonheur dans le marché français tellement il est vaste et varié. Et oui, peut-être qu’un manga X n’est pas publié en France. C’est dommage de ne pas pouvoir le lire. Mais dans ce cas pourquoi ne pas chercher des mangas dans le même genre publiés légalement chez nous ?

De plus quitte à lire du scantrad en anglais, autant se procurer des mangas en édition américaine. Cela tend à rendre l’offre légale et physique encore plus large.

Le scantrad est donc un vecteur de découverte, c’est un fait indéniable. Néanmoins y recourir de manière à étancher sa soif de curiosité est synonyme de faire abstraction de l’offre légale, elle aussi riche et variée.

Mais si ce n’est pas pour la découverte, alors pourquoi consommer des mangas mis en ligne de manière illégale ?

Le premier élément qui saute aux yeux est la gratuité. Il ne faut pas se leurrer, si cette offre de mangas remporte autant de succès c’est avant tout pour son coût nul. Pas besoin d’être un génie des mathématiques pour se rendre compte qu’acheter un livre à 7€ est plus cher que le lire sur son PC pour 0€. Ainsi le scantrad permet de lire sans se soucier de la sujétion financière. La seule contrainte apparente se trouvant désormais être celle de l’emploi du temps.

Ensuite un problème de socialisation apparaît. Il semble nécessaire de lire la même chose que ses copains ou alors d’être à la page pour perfectionner l’image que l’on veut rejeter de soi. Dans cette course d’orgueil, le vouloir « tout, tout de suite » règne en maître. En quelques clics, le scantrad permet d’avoir accès à un large catalogue de mangas mis à jour quotidiennement. De ce fait, se vanter d’avoir lu la fin de son bouquin préféré avant qu’elle soit disponible de manière légale sur le marché français devient à la portée de tout le monde.

Si la gratuité et la socialisation sont les principales raisons de recourir à l’offre illégale, il en existe bien d’autres : lire un manga de son auteur préféré inédit en France, en continuer un autre stoppé par un éditeur, lire en secret à cause du mauvais regard des parents sur les mangas et cetera. Mais ces raisons restent marginales.

En quoi le scantrad est-il nuisible ?

Dans leur ensemble, les lecteurs de scantrad ignorent qu’une telle pratique est illégale. Nombre d’entre eux répondent l’argument erroné selon lequel si le manga n’est pas publié en France, c’est légal. De plus certains sites professionnels en font l’apologie. Le scantrad banalisé, il est difficile de faire la part des choses. Dans l’inconscient du lectorat, le scantrad est devenu une pratique normale dont le seul inconvénient est de pas posséder le livre qu’on lit.

MCM propose des critiques des derniers chapitres de mangas populaires. C'était déjà le cas avant même qu'ils soit disponibles en simultrad.
MCM propose des critiques des derniers chapitres de mangas populaires. C’était déjà le cas avant même qu’ils soient disponibles en simultrad.

Bien évidemment le problème réel est tout autre. La première question qui se pose est celle du droit d’auteur. En achetant un manga, on récompense un auteur et ses ayants-droit. Car oui, un manga n’existe pas grâce à l’apparition du Sain Esprit, il y a un auteur et souvent de nombreuses personnes qui travaillent dessus. Et non, un mangaka ne va pas vous remercier uniquement parce que c’est déjà bien que vous lisiez ses œuvres. Il mérite une récompense, un salaire. De fait, lire du scantrad ne permet pas de valoriser un auteur, étant donné que vous lisez gratuitement des copies piratées de ses mangas.

Il est également notable que l’auteur n’est pas la seule personne à toucher de l’argent sur la vente de mangas. Il y a également l’éditeur, le distributeur, le libraire et toutes les personnes faisant marcher la chaîne du manga. Et si certains crient « éditeurs voleurs ! », ils se fourvoient. Car comme les auteurs, les producteurs doivent eux aussi gagner des revenus sur une œuvre. Ils sont un maillon essentiel à la production et à la diffusion du manga. La qualité et la quantité des mangas arrivant sur le marché sont impactées par l’argent qu’ils génèrent. Ainsi, en privilégiant le scantrad (même d’une œuvre populaire) plutôt qu’une édition légale, on participe à détériorer le marché du manga.

Quels sont les bénéfices du scantrad ?

On ne va pas uniquement jeter la pierre au scantrad. La pratique comptant des centaines de milliers de fidèles a permis à ce que le manga soit accepté comme un divertissement populaire (voire même une forme d’art) en occident. Ce n’est pas uniquement grâce au piratage évidemment, mais il a pesé dans la balance.

Un autre actif à attribuer au phénomène est de parfaire les connaissances en matière de mangas de ses lecteurs. Il existe une culture scantrad, avec des mangas connus et d’autres reconnus par la communauté. De plus, de part les connaissances acquises par ce biais, les utilisateurs n’ont pas besoin de conseils au moment où ils entrent dans une librairie (si tant est qu’ils le fassent). Les mangas peuvent se vendre seuls, sans qu’un libraire n’intervienne. Malgré tout, le discours du « je lis et quand ça sort, j’achète » est minoritaire. Le nombre de clics sur un chapitre en ligne étant fréquemment bien plus élevé que celui des ventes du manga en question…

Découvrir des mangas avec ses copains, les traduire et les mettre en ligne, voilà une aventure bien stimulante pour ces éditeurs de l’ombre. Il s’agit d’un monde dans lequel la passion est reine. Enfin vu de l’extérieur.

Effectivement, guerre d’égo et argent facile font rage dans le milieu.

Faites des dons, c'est pour la passion.
Faites des dons, c’est pour la passion.

Les équipes de scantrad n’oublient jamais de préciser les personnes qui ont bossé à la sueur sur leur front sur le chapitre. Quand bien même ça ne les dérange pas de ne pas citer l’éditeur ou pire l’auteur. Toujours concernant l’égo, il existe même des guerres entre les différentes équipes de traduction pour savoir qui est le réel ayants-droit de l’œuvre qu’ils ont volé. On marche sur la tête.

Et comme il faut bien soutenir la passion, les sites du genre (principalement ceux regroupant les traductions) ont un véritable modèle économique. Très fréquentés, ils multiplient les sponsors, publicités et appels au don. Plus qu’une aventure humaine, le monde du scantrad est un business parallèle.

Existe-t-il des alternatives au scantrad ?

Lire des mangas a un coût, et c’est normal. Mais parfois l’addition peut s’avérer salée. Pour conserver son rythme de consommation sans tomber dans l’illégalité ou des dictons du genre « travaillez plus pour lire plus », il existe des solutions. La première est de s’abonner à une médiathèque (ou bibliothèque). Elles ne sont pas l’apanage des grandes villes et, de manière générale, elles sont fournies en mangas de qualité. Aujourd’hui, on y croise des bibliothécaires passionnés du genre ou d’autres bien conseillés par des libraires connaisseurs. Du coup, emprunter des mangas à ce genre de lieu semble être la meilleure alternative au scantrad.

Exemple type d'un bibliothécaire passionné de mangas. Il en parle d'ailleurs sur son blog : http://shishogalaxy.com/
Exemple type d’un bibliothécaire passionné de mangas. Il en parle d’ailleurs sur son blog : http://shishogalaxy.com/

Mais bien que la qualité soit au rendez-vous, le choix est bien souvent limité. D’autres options s’offrent alors à nous. La première est d’acheter ses mangas en occasion. Il est aisé de trouver des boutiques de revente dans les grandes villes. Et c’est encore plus facile de trouver des sites web dédiés aux mangas d’occasion (ou à la vente d’occasion en général). Plus rares, il existe également des cafés mangas. Des lieux dans lesquels il est possible de lire un large choix de mangas.

D’autres solutions existent, comme profiter des offres des éditeurs ou répartir les achats de mangas avec des amis. Avec un peu d’ingéniosité, il est possible de payer ses mangas moins chers, tout en restant dans le cadre de la loi. Et même en sortant du cadre de la loi, voler des mangas dans les grandes enseignes (pas touche aux libraires) est plus bénéfique au marché du manga que le scantrad. Mais je ne recommande pas la pratique.

Le scantrad ne doit donc pas être une excuse au manque de moyen. Lire illégalement alors que des alternatives pour faire des économies existent est une solution de facilité.

Une autre alternative au scantrad est le simultrad. Pas encore bien importé en France, le marché du numérique est voué à devenir l’avenir du manga. Payable au chapitre ou grâce à un abonnement mensuel le simultrad s’impose comme une variante solide au scantrad. On peut y lire les derniers chapitres de son manga préféré comme avec Jump Alpha, ou alors découvrir un catalogue de séries comme sur Crunchyroll.

Offre légale pour lire les nouveautés de Jump.
Offre légale pour lire les nouveautés de Jump.

Le scantrad, une solution ou un problème ?

Les deux mon capitaine : le scantrad est une solution pour le lecteur et un problème pour le marché.

Il apparaît comme une solution pour le lecteur qui souhaite ni attendre ni payer. Mais uniquement une solution de facilité car, comme on l’a vu, des alternatives existent. Rien de plus facile qu’avoir tout, tout de suite et gratuitement. Nul besoin de se déplacer à la bibliothèque, de débourser une poignée d’euros pour lire le dernier chapitre de son manga préféré en ligne, ou de découvrir une perle dans les rayons nouveautés de sa librairie. C’est facile.

En contrepartie il est un réel problème pour la production du manga. Les acteurs du marché n’étant pas rémunérés pour leur travail, la situation devient compliquée. Et comme si ne pas récompenser financièrement un mangaka ne suffisait pas, le piratage appauvrit la culture. Comme j’en ai parlé précédemment, le marché fonctionne selon un principe simple : pour produire il faut de l’argent, et pour qu’il y ait de l’argent il faut que les lecteurs payent leurs mangas.

C’est donc bien beau de céder à la facilité mais il faut voir plus loin que le bout de son nez et penser au marché dans son ensemble. Si les mangas produits sont des clones du dernier titre à la mode c’est parce que l’industrie est friable et que les éditeurs sont peu enclins à innover et prendre des risques. Du coup, en lisant des mangas de manière illégale, on n’aide pas les maisons d’édition à sortir de la zone rouge. Au contraire, on pénalise la production du manga et par la même occasion on se pénalise soi-même, si tant est qu’on aime les mangas.

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64 réflexions sur “Le scantrad, une solution ou un problème ?

  1. Tout d’abord, si la scantrad existe c’est parce qu’il y a de nouveaux usages que les éditeurs se montrent le plus souvent incapables à identifier. Ils préfèrent se dire que ce sont les clients qui consomment mal au lieu de s’adapter à la réalité du marché, ce qu’ont très bien fait les milieux de la vidéo ou de la musique. Netflix, Spotify et autres sont des exemples parfaits de solutions à un problème de piratage. Solutions qui n’existent pas encore pour les manga français, ou tout du moins, pas à un niveau satisfaisant. Les premières vraies alternatives ne sont disponibles qu’en anglais pour l’instant : Crunchyroll et Viz, mais restent quand même insuffisantes.

    Je pense aussi qu’il est important de revenir sur l’idée originale du scantrad : traduire les titres non disponibles dans sa langue et ce jusqu’à publication. Une fois le titre annoncé sur le sol français, la scantrad s’arrête et retire les chapitres traduits tout en redirigeant le lecteur vers l’éditeur officiel. Moins en moins de team le font, mais ce concept est louable et surtout dépourvu de toute intention financière. Surtout pour l’éditeur qui possède déjà une base de lecteurs avant même que le titre ne soit publié. À mon avis, le gros fléau est ce qu’on appelle les “agrégateurs de manga”. Il s’agit de sites qui récupèrent automatiquement les chapitres traduits pour une durée indéfinie et monétise l’ensemble via des pubs ou magasins de goodies. Ce sont eux qui font le vrai tort aux ayant droits, même si il est vrai que le premier maillon de cette chaine reste les traductions pirates.

    Il y a beaucoup de titres publiés en France, c’est vrai, mais ce n’est qu’une goutte d’eau par rapport aux publications japonaises. Et les éditeurs écartant d’emblée des titres pour des raisons comme “trop de volumes” ou “a plus de X années” (dû aux réalités du marché je le conçois), certains lecteurs sont surs de se retrouver frustrés. Surtout pour moi qui aime lire des manga longs. Recommander aux lecteurs de scantrad anglophone d’aller lire les publications anglaises est une fausse solution : il y a bien moins de titres publiés aux US qu’ici.

    Même si l’auteur et les différents ayant droits ne touchent effectivement pas de revenus directement sur la lecture en scantrad, il ne faut pas oublier qu’il y a toujours une portion de lecteurs qui achèteront l’oeuvre par la suite alors qu’ils ne l’auraient jamais fait autrement. Je ne dis pas ici que tous le font, je pointe juste le fait qu’il y a un flux de revenus qui n’existerait pas autrement. Il serait stupide de dire que sans scantrad tout le monde achèterait des manga. Non, ils cesseraient juste d’en parler. Ce qui aurait plutôt un effet négatif sur l’ensemble de ce marché (à mon avis).

    Et c’est le plus important, cela permet de donner une grande visibilité aux titres et donc de toucher plus d’acheteurs potentiels. Le plus souvent plus efficace que n’importe quelle pub. Les maisons de productions de séries américaines comme HBO l’ont bien compris et se vantent même d’être les plus piratés.

    Merci Meloku pour ce bel article et bravo pour l’effort d’impartialité sur un sujet où tu as un avis très tranché. Je vais m’arrêter là sinon mon commentaire sera plus long que l’article même ^^

    Continue comme ça !

    1. Le problème, c’est qui si à l’origine le scantrad était un modèle de partage et découverte sans arrière-pensée, c’est devenu une véritable entreprise visant à faire du profit (réclames de dons, publicités tout partout…).

      Sans le scantrad, ceux qui lisent en ligne de manière illégale mais achètent des mangas continueraient d’acheter des mangas et ceux qui lisent des scans sans acheter arrêterait donc et peut-être même qu’ils seraient contraints de mettre la main au porte-monnaie (ou alors ils iront lire debout en librairie, comme déjà plein de gens). Bref, je ne vois pas trop d’effets négatifs. Cela évitera aussi les gens qui réclament tel titre plutôt que celui que vient d’annoncer un éditeur et qui s’en plaignent bruyamment. Bref, plein de trucs plus mieux.

      Et sinon, HBO ne se vante pas que GoT soit la série la plus piratée, c’est pas un argument de vente, c’est un fait prouvant la popularité de la série, mais qu’ils aimeraient bien résoudre puisque ça fait autant de monde à ne pas regarder la série sur leur réseau. Pour revenir au manga, il y a pas mal de titres qui ont eu de « la visibilité » et qui pourtant on fait un bide une fois sorti légalement par un éditeur fr… Donc l’équation scan = pub gratuite… Non.

      1. l’idée n’est pas que « scan = pub gratuite » mais plutôt que plus de gens connaissent le titre et même les manga en général. C’est un des axes de visibilité majeur du manga et dire que sans lui tout serait mieux est très, trop, idéaliste. Le seul résultat serait la perte d’une grande partie du lectorat potentiel et futur.
        Si le manga marche aussi bien c’est parce que beaucoup de gens le connaissent et en parlent et ceux-ci ont à faire à la scantrad de prés ou de loin. S’ils disparaissent on sera de retour sur un média de niche dont peu de personnes parleront.
        Et comme je l’ai dit en tout premier, le principal problème est l’incapacité crasse des éditeurs à répondre aux attentent des lecteurs aussi bien sur le service que sur l’offre.

        1. Je ne vois pas en quoi, sans scantrad, ce serait pire que la situation actuelle où l’on nous sort des clones de shônen de baston, de shôjo lycéens et de « young » seinen style survival game, où les titres quelque peu originaux n’arrive pas à percer. Le manga ne marche pas si bien. Le marché est en recul, et en dehors du trio Naruto/One Piece/Fairy Tail (ou Bleach, je sais plus), les ventes sont limitées. Et ces derniers ne se sont pas fait connaître que grâce aux scans, mais surtout par leurs anime et leur disponibilité en grandes surfaces.
          Quant à la perte d’un potentiel lectorat futur… Quand j’ai découvert les mangas, je ne connaissais pas les scans et ça devait être un phénomène restreint. Je découvrais les manga en rayon, en testant les titres, et je ne m’en sortais pas plus mal.

          Après, d’accord sur la lenteur de réaction des éditeurs fr, mais ça vient aussi du Japon, où les éditeurs étaient très réticents à accorder des droits sur le format numérique, n’y voyant pas un intérêt financier (déjà que l’export hors Japon n’était pas pour eux une manne financière…).

        2. Dark Adonis

          « Si le manga marche aussi bien c’est parce que beaucoup de gens le connaissent et en parlent et ceux-ci ont à faire à la scantrad de prés ou de loin »

          Je pense que cette déclaration est pas vraiment représentative de la réalité.
          Je te donne comme exemple Ki-oon qui ont sorti une bonne douzaine de séries qui ont bien marché tout en n’étant absolument pas disponible en scantrad, anglais ou français (comme ceux de Tetsuya Tsutsui, vu que c’est Ki-oon qui le produit :’)).
          Pareillement, dans le passé, il y a eu toute une décennie où la popularité scantrad était vachement faible et les mangas se vendaient bien quand même (surtout quand on voit aujourd’hui que les scantradeurs anglais scannent les tomes français de cette époque justement :’)).
          Après, je dis pas que ça peut arriver pour certaines séries, mais c’est vachement minoritaire quoi, on voit aujourd’hui toujours des séries qui ont un grosse popularité en scan et font un flop quand la série sort en France, c’est pour ça que des éditeurs sont maintenant frileux de sortir des mangas dans le top des lectures de scan anglais/français parce que ce n’est pas la garantie d’un succès (merci Mangacast pour ces infos d’ailleurs :p).

          D’ailleurs, justement, j’avais lu un article sur un directeur de collection de je sais plus quel éditeur qui avait dit qu’aujourd’hui, « Les gens achètent toutes les grosses séries et lisent en scan celles qu’ils trouvent « moyennes ». », c’est ce que je trouve le plus problématique et qui explique un peu la chute des séries annexes :(.

    2. Je pense aussi qu’un Netflix du manga (ou un Crunchyroll plus étoffé) est une solution intéressante. Après je ne suis pas sûr ça plaise à tous les éditeurs japonais (ou même français), en particulier ShoPro qui essaie de lancer son propre marché numérique.

      Concernant le marché US, il y a moins de titres certes, mais des mangas très différents qu’ici. Beaucoup de séries qui connaissent un succès en anime : Flowers of evil, Maria the virgin witch, Monster musume etc. Leur scène indé est excellente également, notamment avec les sorties récentes de mangas de Tadao Tsuge ou encore Shigeru Mizuki. Il y a de qui faire.

      Concernant les séries fleuves, on n’aura jamais KochiKame, mais on est bien fourni. Entre les One Piece, JoJo, Ippo, Kenichi, Détective Conan, Naruto, Vagabond, Berserk, Baki, Les gouttes de Dieu et j’en passe. Difficile de toutes les suivre.

      Voilà pour les principaux points de désaccords. Et encore merci :)

  2. Maerlyn

    Article super intéressant comme d’habitude. Par contre, ça me donne l’impression que le débat n’a quasiment pas évolué en 10 ans (à peu près l’époque où je circulais un minimum dans la sphère manga d’internet). A-t-on vraiment encore besoin de demander si le scantrad est un problème ? Bien évidemment que c’en est un. C’est illégal, du vol, du piratage. Le problème est que nous sommes les générations qui sont soit nées, soit ont grandi avec la création du dématérialisé et du « tout gratuit » (parce que tout volé). Et qu’on trouve ça normal. Ce n’est d’ailleurs pas « anormal » puisque c’est juste une réaction logique à la technologie dont on dispose à présent.
    Et c’est là qu’on en arrive à l’aspect « solution ». Ou plutôt évolution. Le piratage (donc, scantrad inclus) est une étape nécessaire avec la technologie dont on dispose à présent pour changer la manière de consommer. Et on a déjà commencé à opérer ce changement de manière légale avec par exemple (comme tu le cites) le simultrad.

    Au final, ce n’est peut-être pas si étonnant que le débat ait du mal à évoluer, puisque la vraie question est « La culture doit-elle être gratuite ? » Et la réponse est oui ET non. La culture doit être gratuite car tout le monde doit y avoir accès, mais elle doit être rémunérée car c’est du travail. Et les mieux placés pour la rémunérer sont ceux qui la consomment, donc elle ne peut en aucun cas être gratuite. C’est pour ça qu’une autre étape dans laquelle nous sommes à présent voit les artistes directement s’adresser à leur audience pour leur demander combien ils sont prêts à payer (c’est en partie ce que fait kickstarter). Enfin bon, tout ça pour dire qu’il faudra sûrement élargir le débat avant d’arriver à mieux le centrer.

  3. worship4thegoddess

    Article intéressant et bien construit mais je vois un biais : mettre en concurrence le scantrad et l’édition papier, c’est pas très sérieux. Les amateurs de scantrad préféreraient une édition digitale, plus simple à transporter sur soi. C’est peut-être une piste de réflexion pour les maisons d’édition (avec une édition traduite dans des délais plus courts). Je crois que c’est surtout lié à ça le coeur du problème : la lenteur des éditeurs.

    1. Merci. Dans ce cas des offres numériques existent. Mais elles sont payantes, et peuvent paraître chères par rapport au contenu. Néanmoins j’aime beaucoup l’offre de Crunchyroll US, permettant d’avoir accès au catalogue anime et manga.

      Concernant la lenteur, il est vrai que le simultrad tarde à s’implanter (bien qu’on puisse lire quelques mangas populaires comme Naruto Gaiden par ce biais). En attendant il est toujours possible de se tourner vers les offres US. Mais c’est payant.

  4. Je dois consommer du scantrad environ une ou deux fois par an, et dans seulement deux cas : les titres dont je suis la publication française, et dont le dernier tome en date se ferme sur un suspens insoutenable, et ceux dont j’estime qu’ils ne sortiront jamais en France, mais que je serais disposé à acheter si cela devait arriver. Et, de fait, cela m’est arrivé deux fois : la première pour The Day of Revolution, la seconde pour Rendez-vous sous la Pluie.

    Je suis évidemment d’accord avec l’article, même si je mettrais malgré tout un bémol à ton argumentation : en France, certains genres sont sur-représentés, et d’autres copieusement ignorés. Notamment pour les shôjo, qui se résument pour ainsi dire à de la comédie romantique en milieu scolaire. Quant aux classiques, nous ne disposons que d’un échantillon, mais là encore, il s’agit d’un terrain risqué pour les éditeurs.
    Sauf que, bizarrement, les manga impopulaires en France le sont aussi, généralement, en scantrad. Il ne s’agit donc pas toujours d’une alternative.

    Hier, je me renseignais sur une série que j’aimerais lire, mais qui n’a aucune chance de sortir en France : Kaze Hikaru. Shôjo historique, commencé dans les années 90, une quarantaine de tomes au compteur et ce nombre augmente, tu vois le tableau.Dans ces conditions, je regarder du côté du scantrad, et remarque qu’une vingtaine de tomes ont été traduits, en Anglais, depuis 2007. Et là, je vais faire une découverte déconcertante : il est, depuis la même époque, publié aux USA par Viz Media ! En d’autres termes, la publication anglaise comme le scantrad de ce manga ont commencé simultanément, près de 10 ans après son lancement au Japon. Paye ton foutage de gueule.

    1. C’est vrai que le shojo vintage est sous-représenté en France, qu’on n’aura probablement jamais Glass no kamen ou même Terra e. Mais chaque tentative est voué à un flop commercial, c’est triste.
      D’autant que je suis persuadé que la plupart des personnes réclamant ce genre de mangas n’ont pas acheté Les femmes du zodiaque chez Lézard noir ou Cléopâtre chez Black Box.

      1. Terra e… est un shônen. Il est disponible aux US.

        J’ai acheté Les Femmes du Zodiaque, qui est un chef d’œuvre, mais j’ai décommandé Cléopâtre suite à des critiques désastreuses.

        1. Oups, j’en ai beaucoup entendu parler en tant que shojo sans réellement m’y intéresser.

          Oui, je ne te ciblais pas (il me semble que tu as fait un article sur Les femmes du zodiaque d’ailleurs). Mais j’ai l’impression qu’une grande partie des amateurs de shojo vintage est aujourd’hui déconnectée du marché. Je me trompe peut-être.

          1. L’auteur est une femme, elle fût notamment une des instigatrices du shônen aï, d’où une confusion assez habituelle.

            Quant aux lectorats « shôjo vintage », je doute qu’il existe. Mais même sans aller jusqu’au vintage, en matière de shôjo, l’échantillon proposé en France ne tourne vraiment qu’autour de la comédie romantique, et il existe extrêmement peu d’exceptions. Des exceptions qui ne se vendent pas.

            1. Natth

              Bon article, qui fait le tour de la question.

              Pour le shôjo vintage, je pense qu’il peut aussi y avoir le problème du prix des licences, dans le sens où les éditeurs japonais ne braderont pas un de leurs classiques. Je crois avoir lu que le problème s’était posé pour des séries comme « Ashita no Joe » pour le shônen. Du coup, il est possible que les micro-éditeurs, qui peuvent se développer avec de faibles tirages (Black Box, Isan…) n’aient pas les moyens de sortir certains auteurs, sans parler du côté casse-gueule des séries à rallonge. De même, je crois que l’on aura aussi du mal à voir des mangas d’avant 2000 aujourd’hui, en dehors de rares sorties vintage ou de rattrapage ciblé, comme pour Go Nagai. Il y a tant de mangas qui sortent que le côté nouveauté semble avoir autant, voire plus d’impact que le récit, le style graphique, les personnages et la qualité de l’oeuvre en général.

  5. Je dois dire qu’avec ce qu’il y a en France, j’ai pas trop le temps d’avoir du côté des scantard… En fait ça dut m’arriver d’en lire un ou deux en japonais pour me faire en avis, mais depuis qu’il y a des extraits de lecture sur le web pour un bon paquet de séries, j’en vois pas trop l’intérêt. Après, j’avoue avoir un petit avantage, je peux lire certaines séries (pas trop compliqué) en japonais, mais vu ce qu’il y a en France, j’ai du mal à suivre… trop de séries au final. Après, j’aime le manga et j’y mets les moyens dans la limite de ce que je peux. Je dois avoir plus de 3000 tomes et en grande partie grâce à l’occasion.

    1. Ma façon de consommer rejoint la tienne (sauf que j’essaie, si possible, de privilégier le marché du neuf), et je dois avoir a peu près le même nombre de mangas. J’importe quelques mangas du Japon, mais pas trop (20-30 par an) car ça revient vite cher et qu’il y a beaucoup à lire en France.

      1. Le neuf japonais (port compris) est quasiement aussi cher qu’en France. Je dois commander 7-8 aines de tomes par mois, mais en vrai ça me coût plus cher, car je privilégie les éditions limitées. L’occasion japonaise est, elle, à un prix totalement inimaginable en France (on peut l’avoir pour moins d’un 1 € le tome). Mais le problème c’est d’avoir le temps de lire. Je pense que j’ai plus de neuf que d’occasion, car je suis un peu victime de l’actualité et de la nouveauté. ;-) Il faudrait que j’ajoute des stats à mon gestionnaire de bouquin pour me dire la proportion d’occasions/neuf parce qu’en vrai, je ne la connais pas.

        1. Un collector par-ci, un grand format par-là, ça revient vite cher. Je me débrouille toujours pour me retrouver avec 6 ou 7 mangas pour plus de 100€. Et je ne parle même pas des artbooks :)

  6. tuntun

    Article très intéressant, et effectivement un débat récurrent depuis 10 ou 15 ans.

    Je suis globalement d’accord avec le texte, même si j’émettrai une réserve sur les solutions proposées. Si consommer en légal à pour but de soutenir toute la chaîne de production, il vaut mieux pour moi éviter l’occasion (et la bibliothèque même si la vocation est totalement différente et que je ne connais pas le fonctionnement exact de celles-ci).

    Je m’interroge également sur un point, la moyenne d’âge des consommateurs de scantrad. Je me pose la question parce que j’ai, à une époque, lu énormément de scan pour étancher une soif de lecture qui ne cessait d’augmenter. J’achetais des mangas en librairies, de plus en plus, avec les moyens d’adolescent que j’avais, et le temps qu’il me restait après leur lecture était consacré au scantrad. Mon âge avançant, et mon niveau de vie augmentant, j’ai pu acheter de plus en plus de livres, réduisant ainsi mon temps disponible pour l’offre illégal jusqu’au néant.
    D’où ma question, de savoir si la consommation légal/illégal de manga, ne trouve pas un équilibre également dans la capacité financière à combler cette avidité de lecture (liée également à l’aspect social que tu évoques dans ton article).

    Et pour le coup, cela m’amène à une dernière réflexion, c’est une question de génération et d’éducation. La première génération de scantradeurs était je pense plus encline à consommer du papier et à payer pour (pas tout le monde hein ! pas de généralisation). Les générations suivantes ont petit à petit grandies dans du tout numérique, perdant l’habitude de l’objet et son intérêt (en plus de l’habitude du tout gratuit). Et en plus de ça elles n’ont pas été éduquées, sur le droit d’auteur, le rapport au légal/illégal (suffit de voir certains propos sur la légalité des éditeurs et site de simulcast). Il y a donc une transition à effectué de la part des éditeurs qui doivent absolument se mettre au numérique avec de vraies solutions et pas juste de maigres tentatives frileuses (c’est un point super important, le monde de l’édition DOIT muter). Mais il y a aussi et avant tout un devoir d’éducation (qui va bien au delà du manga et du scan). Apprendre aux générations actuelles (qui sont les pionnières du tout numérique), qui pourront apprendre aux générations suivantes, etc.
    Bref je pense que l’état actuel du débat et des mentalités et normal, que ça fait parti de l’évolution du truc, et qu’avec un peu d’effort les choses iront dans le bon sens (jusqu’à ce qu’un autre fléau arrive et mette le bordel).

    1. Pas faux pour le marché de l’occasion. Mais une différence est à noter quand même : il est légal, contrairement au scantrad.
      Concernant les bibliothèques, les auteurs sont rémunérés par la Sofia : http://www.la-sofia.org/sofia/Adherents/index.jsp?lang=fr Après je dois avouer ne pas connaître les détails.

      Je ne partage pas ta vision sur le choc des générations. Quand j’étais au lycée j’achetais déjà pas mal de mangas. En comparaison, les amis avec lesquels j’étais proche lisaient du scantrad et achetaient de temps en temps un tome du manga lu en scan quand la couverture était jolie. Et pourtant ils étaient d’une génération antérieure à la mienne, puisqu’ils avaient dans les 25 ans (soit mon âge aujourd’hui). Et c’est un phénomène qui s’est répété avec d’autres amis, toujours plus âgés, qui lisaient plus de scans qu’ils achetaient de mangas.

      Ce sont peut-être (surement même) des cas isolés qui biaisent ma vision, mais j’ai l’impression que le « problème » du tout gratuit a commencé avec les enfants nés dans les années 80. Et depuis ce temps, il n’y a pas eu de débat dans les écoles sur les problèmes liés au droit d’auteur. Normal que la situation empire.

      Donc au final je rejoins parfaitement ta conclusion : le marché doit muter et l’Etat doit agir pour faire évoluer les mœurs. Encore faudrait-il que les ministères de l’éducation, de la culture et du numérique bossent ensemble…

      1. tuntun

        En fait pour ma question sur les moyens et les générations, je me basais sur mon entourage, ou pas mal de gens ont grandit dans un monde ou tout n’a pas toujours était gratuit (qui pour moi date de fin 90, début 2000), et qui dès qu’ils ont eu le moyen, ont petit à petit lacher les scans pour acheter les bouquins. Après je veux bien croire que c’est loin d’être la majorité. Et en même temps c’est difficile d’évaluer, étant donné l’évolution de l’accès au gratuit.

        En tout cas, pour moi les mentalités vont forcément évoluer, parce que le principal acteur du tout gratuit, internet, est en train de revenir sur son modèle, la publicité ne payant plus assez.

  7. Merci pour cet article ! Je vais vous avouer mon crime, oui ! J’ai lu Glass no kamen en scan : j’ai, moi aussi, pensé : « ce titre ne sortira jamais ! » J’ai campé virtuellement devant les sites japonais, cherchant une info, mais rien, rien !
    A part ça, et comme d’autres ici, je pense que le marché français offre assez de titres. Et je préfère attendre (je dois bien avoir 70 manga bien rangés dans ma bibliothèque en attente de lecture. Mon retard est grand, oui.)
    Je me souviens d’un Mangacast sur le sujet : les scantraders mettaient en avant, outre leur passion, leur impatience : avoir les chapitres en même temps que les Japonais, quelle joie ! Car c’est une torture que de devoir patienter tous ces mois, alors que l’on pourrait connaître la suite, là, tout de suite… J’ai du mal avec cet argument. La patience rend plus fort.
    Sur le problème des générations que vous soulevez : on dit souvent que « les jeunes d’aujourd’hui » (j’ai l’air de m’exclure, là), baignent plus dans l’illégalité que leurs aînés : manga, musique etc. Moi aussi, je ne pense pas que cela soit totalement vrai. Le piratage s’infiltre dans toutes les cervelles. Trentenaires, quarantenaires, tous milieux sociaux confondus… Ah ! On dira « je n’ai pas d’argent » « mais je veux me cultiver quand même ! » La vie est cruelle. Personne n’irait au restaurant sachant qu’il n’a pas de quoi payer le repas. Mais Internet est vicieux : le repas, il le met sous tes yeux.
    Comme tu dis Meloku, ça serait génial si le gouvernement s’intéressait à cette question du droit d’auteur. Qu’est-ce que le bien public, le bien privé ? Qu’est-ce que la culture ? Quel impact a mon action individuel au niveau macroéconomique/ sociologique ? Cela va bien au delà du manga.

    Pour un Oda dans la lumière, 100 sont sous les ponts. Autant de manga qui ne sortiront jamais en France. On ne va pas miser sur de l’anecdotique. Vous me direz : tu exagères, mauvaise fille. Hélas ! Depuis la France, on ne voit que le sommet de l’iceberg.

    Tout serait parfait si chaque lecteur achetait, après avoir lu en scan. Mais comme vous l’avez dit, s’il y a effectivement celui qui achète, il y a tous ces autres qui disent : « non, j’ai lu en scan, c’est bof ». On ne peut plus se tromper, avec le scan ! On ne peut plus faire comme moi et acheter No Bra en toute innocence, ignorant ce qu’il y a sous la jupe ! Mais c’est ça aussi, la vraie découverte.

    1. Ah, que je rêve de lire Glass no Kamen… Je me contente de mon misérable coffret DVD pour l’instant. A part ça je n’ai rien à ajouter étant donné que je partage ton avis. Si ce n’est que tu m’as bien fait rire avec ta conclusion.

      1. C’est justement en achetant les DVD de Glass no kamen que j’eus comme une fièvre, qui me poussa à me renseigner sur la mangaka… J’espère qu’elle parviendra à terminer ce manga !
        Eh bien, finalement, les No Bra, je les ai échangés contre des Beck, si je me souviens bien… (le seul troc de ma vie !) n_n

  8. Poyjo

    Joli article ça fait vraiment un bon tour du sujet. C’est un débat qui continuera de se poser pendant quelques années encore mais j’ai hâte que le simultrad s’impose en France comme s’imposent de plus en plus le simulcast.
    C’est vrai que c’est un plaisir de pouvoir discuter des mêmes mangas que ses amis qui les ont lu grâce au scantrad. C’est sans doute pour moi la première raison pour laquelle j’ai craqué pour le scantrad. J’achète autant que je peux des mangas en version physique mais pas suffisamment pour étancher ma soif et puis c’est vrai que pouvoir lire les dernières sorties quelques heures après leur sortie au Japon est vraiment attrayant.
    Le simulcast serait vraiment la solution idéale pour sortir de cette impasse. J’ai hâte d’être à demain :3.

    1. Pour le coup, si t’es abonné au simulcast de Crunchyroll, je ne peux que te conseiller de passer le site en langue Anglais US pour bénéficier de leur catalogue manga. Il y a quelques trucs vraiment sympas :)

  9. draznar

    Bon article comme d’habitude, mais je trouve dommage que tu ais un tel parti pris et n’explore pas les raisons qui amènent le scantrad et leur public.

    Je suis surement de la veille école mais pour pour moi le scantrad est comme le disait Weaper : « traduire les titres non disponibles dans sa langue et ce jusqu’à publication. Une fois le titre annoncé sur le sol français, la scantrad s’arrête et retire les chapitres traduits tout en redirigeant le lecteur vers l’éditeur officiel »
    De ce fait je trouve plutôt louable que des passionnées effectuent un tel travail pour faire découvrir l’œuvre à leur communauté.
    Étant des titres non licencié, ils ne touchent que peu le marché français et même si malheureusement, ils ne rétribuent pas l’auteur original, dans le cas ou le scantrad ne le ferait pas, l’auteur n’y gagne rien non plus.
    Personnellement, j’ai lu un total de 64 séries en scan (une grande partie de oneshot) avec un total de 6 sortie par la suite en France que j’ai d’ailleurs tous acheté dans l’offre française (dont 1 arrêté en cour en France …).
    N’ayant moi même pu commencer à réellement profiter de l’offre légal qu’à mes 20 ans pour une raison simple, j’ai commencé a recevoir mon premier salaire et je n’ai plus eu besoin de sauter 2 repas sur 3 pour espéré m’acheter 3 tomes dans le mois. Je me trouverais assez hypocrite de cracher sur ce que j’ai dû utiliser par nécessité pour accéder à ma passion, certes c’est illégal quelque soit le cas, mais cela participe à faire connaitre cette culture à tous.
    Je pense que sur tous les lecteurs de scantrad facilement 50% n’achetait pas même avec un arrêt du scantrad (ils ne le font que pour suivre la mode/ s’occuper 1semaine/ autre raison) et que bien 30% des autres sont entre les 10/18ans et ne peuvent pas réclamer à leur parent 400€ par mois pour suivre leurs séries. (rien que suivre 5 séries ~=40€ par mois).

    Pour rajouter un petit argument souvent utilisé dans cet éternel débat, je préfère de la traduction de fan qui ne vise pas un large public que celle des éditeurs asseyant d’adapter les textes au non initié plutôt que d’écrire un lexique d’explication en fin de tomes comme avant (par exemple Love Hina). Pour moi les choses comme les suffixes honorifiques ou les appellations nom/prénom pour ne citer que les plus connus ne sont pas négligeables bien que quasi-impossible à traduire. Quand Mr le beaugoss de shojo appel une demoiselle par son prénom, c’est tout de même une THE perche, ne pas laisser tel quel l’appellation change la compréhension de certaines scènes (je trouve ça très fréquent sur les shojos).

    Pour moi le vrai problème est la mentalité des teams de scantrads qui a plutôt changer notamment en s’attaquant de plus en plus souvent à des projets licenciés en France (ou du moins qu’on est sur de voir débarquer d’ici moins d’un ans) avec l’excuse plus qu’inacceptable du « tous tout de suite » et qu’en effet un marché alternatif se soit mit en place sur ce système à la base était non lucratif. Ceci est un vrai problème qui pourrait être palier une fois que les éditeurs arriveront à mettre en place de nouvelles solutions.

    Désole, j’ai fini par écrire un pavé, mais je n’aime pas voir diabolisé une pratique qui bien qu’illégal arrange beaucoup de monde quelque soit le domaine, toutes culture confondu. Je pense que les gens sont conscient que quand ils lisent en scantrad c’est illégal (le contraire est assez grave d’ailleurs) et je suis prêt à parié que toutes personnes à profité ne serait-ce qu’un peu d’offre illégal pour des raisons de budget quelque soit sa passion et les moyen qu’ils y investissent. Mais la on entre dans le débat sur la société de consommations et le nombre exponentiel de produit.

    1. Le problème est que « traduire les titres non disponibles dans sa langue et ce jusqu’à publication. Une fois le titre annoncé sur le sol français, la scantrad s’arrête et retire les chapitres traduits tout en redirigeant le lecteur vers l’éditeur officiel » ne représente qu’un partie minoritaire du phénomène. A quelques exceptions près, les titres qui cartonnent en scantrad sont publiés en France.
      Et il est également arrivé qu’un éditeur choisisse de ne pas publier un titre juste parce qu’il est disposition sur internet. Publier un titre en scantrad représente des risques…

      Concernant la traduction, je pars du principe que traduire, c’est adapter. Il est nécessaire que l’œuvre soit compréhensible. Après certaines adaptations vont trop loin, d’autres sont ratées…

      Et je suis également persuadé qu’une grande partie des lecteurs n’a jamais entendu parlé du droit d’auteur, qu’elle ne se pose pas la question du légal/illégal et qu’elle perçoit le scantrad comme une pratique normale.

    2. 5 séries ≈ 40 €/mois : calcul un peu foireux, à part quelques séries très peu de séries sortent tous les mois. Pour les shōnen c’est plutôt une moyenne de 70~80 jour d’intervalle, et pour d’autres séries c’est plus. Si tu veux des stats, je pense que je peux t’avoir ça, j’ai une base de données de tomes en ligne, pas énorme (plus de 6 800) mais, je pense, suffisante pour faire des stats.

      1. draznar

        Pour le calcule, je me suis juste basé sur un prix de 7,50€ que j’ai arrondie, je sais que le rythme de parution est généralement d’1 tome par 2 mois, mais je pense qu’avec la moyenne de 150 sortie par mois, il y a facilement moyen d’acheter au moins 5 tomes par mois.

        D’ailleurs je n’avais au final pas répondu dans mon premier commentaire que je trouve assez agressif après relecture (désolé ce n’était vraiment pas le but).
        Personnellement je suis très satisfait par l’offre française sauf pour le cas de certaines séries comme « Higurashi » ou « Koi Kaze » que je rêverais de voir arriver surement en vain, mon seul regret et comme j’avais citée avant, les traductions qui sont de l’adaptation, mais c’est un gout personnel. De ce fait, le scantrad ne sera jamais une solution, nous avons la chance d’avoir un marché d’une taille plus qu’impressionnante , mais ce n’est clairement pas un problème tant qu’il reste en marge sur de petites séries n’ayant aucune chance de sortir pour diverse raison comme le politiquement correcte/ le public de l’oeuvre trop restreint, par exemple je suis prêt à parier qu’une oeuvre comme « Emanon » ou « Kodomo no Jikan » n’ont aucune chance de sortir en France.

        Sinon, je suis plutôt surpris de savoir que certain éditeur ne se lance pas a cause de scantrad, les éditeurs choisissent généralement des séries à succès ou des séries sortent un peu de l’ordinaire mais avec un public de niche déjà présent, de ce fait je doute que le scantrad leur enlève réellement une assez grande partie du public pour les empêcher de se lancer.

        PS : pour les statistiques je suis très curieux de savoir l’écart dans le nombre de sortie dans les année 2000 et maintenant, j’ai l’impression que le marché a au moins été multiplié par 15, mais c’est surement parce que j’étais trop jeune pour vraiment me rendre compte du marcher à l’époque.

        1. En effet, ça doit être dans ces eaux-là, entre 100 et 150 par mois (et je n’arrive pas à suivre pour les rentrer tous en base tout seul à cause du nombre). Et forcement oui, c’est plus simple d’en avoir au moins 5 dans le mois dans ses conditions (et même plus, ce qui est mon cas).

          Après, il est sûr qu’on ne peut pas tout avoir, au Japon, on doit être à plus de 250 séries par semaines qui sortent. Forcement, il n’y a beaucoup de choses qui n’arrivent pas. J’ai les « Koi Kaze » et pour les « Kodomo no Jikan » le thème fait qu’aucun éditeur ne voudra la sortir, trop problématique. D’ailleurs, le seul pays qui l’a sorti (hors Japon) n’est pas allé jusqu’au bout. Mais perso, je vois mal de série comme Saki sortir en France, ou pire les séries autour des Vocaloid (je suis un fan de « Chibi Miku San ») ou Touhou. Les yon-koma manga sont des genres quasiment inexistants. Forcement il y a toujours lieu d’être frustré et ne jamais être satisfait de ce que l’on a.

          Pour ce qui est de la taille du marché, je le suis de loin depuis pas loin de 20 ans (ça doit faire 20 ans que je lis du manga) et j’ai l’impression que depuis 5-6 ans on a atteint un plafond. Par contre, je n’ai pas vraiment de chiffre pour ça… c’est l’impression que j’ai en voyant que le nombre de sorti ne varie plus trop en nombre, par contre, il y a de plus en plus de genre, car le public a aussi changé. D’ailleurs, certains éditeurs comme Ki-oon l’on bien compris : le marché du Japon n’est pas celui du France. Il faut savoir qu’au Japon, hors manga, il n’y a presque rien alors qu’en France les sortie BD et comics sont importants. Je pense même qu’en France, en terme de bande dessins, on doit avoir une des offres les plus variées.

          1. draznar

            Je suivais le marché de loin jusqu’au 3 dernières année ou j’ai pu m’y intéresser de prêt (depuis que j’ai l’argent pour en fait) et je fus au départ surpris de le voir grandir d’année en année alors que j’entendais toujours dire que les scantrad tuaient le marché etc. C’est justement pour ça que j’ai commencé à plus souvent suivre ce genre de débat et voir que même si le scantrad augmente, le marché fait de même en parallèle, le public bien que grandissant et le même pour les deux.
            L’impression que j’ai est qu’au final le scantrad est resté en marge sauf ses dernières années ou ils se trouvent de plus en plus présent au niveaux des séries licenciées juste pour « avoir les chapitres avant ». Comme tu as dit c’est aussi le moment oû le marché semble avoir atteint un plafond, mais je pense que c’est plutôt parce que les réserves d’œuvres ne sont pas illimités et toutes ne vise pas le même public comme tu l’as dit. Au vu de tes chiffres (d’ailleurs je t’admire pour réussir à tenir une tel base seul), on atteint environ 50% du marché japonais ce qui est déjà incroyable surtout comparé aux autres pays.

            Pour moi les discours qui diabolisent le scantrad sont uniquement des dialogues d’éditeurs qui en effet perdent de l’argent et soyons sérieux, tout le monde a besoin de manger, c’est normal qu’ils se battent contre cela. Mais ce n’est pas une petite perte financière qui fera tombé le marché du manga en France et que je sache la partie exporté des éditeur japonais est loin d’être ce qui fait survivre leur marché (pour ce qui est de la rétribution des l’auteur).
            Surtout que je pense qu’une bonne partie des lecteurs de scantard n’achèteraient pas pour autant, mais qu’ils se feraient juste prêter les tomes par des fans/passionés comme nous qui achetons en masse, je crois n’avoir jamais vu ma bibliothèque complète comme je prête fréquemment des tomes. (personnellement je suis à une moyenne de 225€ par mois d’après la boutique BD fugue que je côtoie). Enfin je n’ai que 23 ans, je n’ai peut-être pas assez de recul pour voir l’impact réel ou à long terme.

            1. C’est sûr, mais comme le manga est une passion parmi d’autres, je n’arrive même pas à suivre avec mes achats de tomes. Et pour la base, à moins d’être sans activité, ce n’est pas possible à faire tout seul, mais je n’arrive pas à trouver de gens pour m’aider… (Difficile de faire le dév et la base.) Mes chiffres je les sors de ce que je vois : les sorties sur les sites web comme Amazon Japan ou des news-lettres auxquels je suis abonné. En tout cas, ça m’aide à trouver des trucs que je n’aurais peut-être pas jamais achetés… (le libraire que je connais bien est aussi un mauvais plan pour ça ^^;)
              Pour ce qui est de scantrad, il est sûr que si tu vas piquer un truc qui n’a pas de licence en France et dont l’auteur n’a aucune chance d’être publié, il y a peu de chance que cela ait un impact. Mais parfois on peut être surpris, je n’aurais jamais cru que les « Centaur no Nayami » puissent sortir du Japon (mais pas en France).

            2. tuntun

              Si tu veux des chiffres, il y a les bilans de l’ACBD : http://www.acbd.fr/category/les-bilans-de-l-acbd/
              Les trois dernières années sont relativement stables en terme de publications (on peut presque élargir et remonter à 2006), et ont des chiffres proches du franco-belge.
              Par contre le tirage moyen baisse d’année en année, ce qui rend les loupés de moins en moins gérables.
              Et puis y a un problème de visibilité de plus en plus important, notamment sur la durée d’exposition et la disparition du fond de catalogue des librairies spé. Ce qui pose forcément problème face au scantrad.

        2. T’inquiète pas, je ne l’ai pas pris de manière agressive :)

          Emanon est publiable en France, on a déjà des mangas de l’auteur. Le principal problème est que le manga est en pause.

          Par exemple Yokohama Kaidashi Kiko est un coup de cœur de nombreux éditeurs. Sans son succès en scan, on l’aurait peut-être (surement même) en France. C’est le cas de nombreux autres exemples. Le scan ne fait pas vendre, au contraire.

          1. Aurélien

            Pour moi le principal problème d’Emanon, c’est surtout que c’est très mauvais (en tout cas le premier livre, auquel je me suis arrêté). Ça m’a fait penser à une version manga des mauvaises cuvées d’Haruki Murakami, avec un narrateur nombriliste et une idée de départ intéressante mais écrite au burin. J’ai du mal à voir qui ça pourrait intéresser, du côté des éditeurs comme de celui du public. Si ça peut toucher quelques fans hardcore très bien, mais je ne vois pas trop l’intérêt de le sortir en France.

            Les éditeurs ne sont pas les gardiens du temple, mais le tri qu’ils effectuent, chacun selon différents critères (qualités artistiques, potentiel commercial, intérêt « patrimonial » etc), permet en principe d’écrémer et de proposer des titres susceptibles d’intéresser le lecteur français.

            Pour les œuvres qui passent entre les mailles du filet, je ne suis pas convaincu qu’un scan traduit à la va-vite avec une adaptation graphique de fortune soit le meilleur moyen de les mettre en valeur et de les diffuser. Pour caricaturer, vous imaginez recommander un film inédit en France en le doublant à la sauvage, si possible par-dessus la piste de la VO comme ça se fait (faisait ?) dans certains pays ? Pas sûr que le réalisateur soit très emballé.

            Pour moi, si on aime très fort un auteur ou une œuvre qui n’est pas sortie en France et qu’on souhaite la faire connaître, on peut faire comme Meloku, écrire un post de blog et raconter pourquoi. Et quand on est lecteur et que les sorties françaises ne suffisent pas, c’est qu’il est temps d’apprendre le japonais pour lire en import. Les arguments comme « pas le temps » ou « pas d’argent » ne tiennent pas trop, car si on a fait le tour des 1500 titres qui sortent chaque année en France depuis 2006 (ou 2009, je sais plus, c’est dans Numérologie), c’est manifestement qu’on a assez de l’un et de l’autre.

            Après, pour être tout à fait honnête, je devrais pas la ramener car je me prive pas de regarder des séries en streaming à l’occase. :p

  10. tom

    Je ne lis pas de scan,j’achète tout mes mangas certainement du a l’age + de 30 ans et a la passion mais que des éditeurs continuent a me prendre pour un débile,se faire spoiler a chaque fois pour One Piece,me prend la tête.Malheureusement je vais devoir me mettre au scan si glénat ne se met pas au simulcast avec derniers chapitres de One Piece dans les heures qui suivent sa parution au japon, pour le bien du fameux marché que vous défendez!

    1. Pour le cas One Piece, j’ai été dégouté. Changer les noms des personnages en cours de manga pour coller aux scans est un pied de nez aux lecteurs qui ont déboursé plusieurs centaines d’euros pour acheter les volumes. Je ne parle même chiffre jaune sur le dos…

      Du coup, j’ai arrêté de lire le manga. Idem pour GLO chez le même éditeur d’ailleurs…

      1. Ahhh Glénat, l’éditeur qui en le plus rien à faire des lecteurs… Je me souviens encore de l’époque du changement de couvertures moches pour les jaquettes bien plus belles en plein milieu de séries.

  11. J’ai répondu à quelques comm mais du coup j’ai pas donné mon avis sur le scan (pour ce qu’il vaut) et sur cet article. Parce qu’en fait, il résume bien ma pensée. C’est un truc néfaste sur le long terme, mais trop ancré et impossible à purger. Faut que les éditeurs s’adaptent et fassent avec (malheureusement, ils traînent encore et il y a encore trop peu de bonnes initiatives).

    Pour ma part, je lis des scans avec plusieurs excuses dont je vous laisse juge de leur bon droit. Quand j’ai pas le choix : exemple, le Cortège des 100 démons, droppé par Doki-Doki, et dont une seule team s’occupe, au rythme incroyable d’un chapitre/an (grand maximum)
    Quand je suis trop impatient : D.G-M. Seule série que je suis avec assiduité (façon de parler).
    Quand le titre sort en vf et que je veux tester le 1er chapitre (rarement) : j’ai fait ça avec Twin Star Exorcist. Mais d’hab’ j’attends plutôt la sortie en rayon.
    Quand le titre ne semble pouvoir ne jamais sortir en France: exemple DONYATSU. ;_; Mais je l’ai aussi lu sur Crunchyroll, voilà ce qui a sauvé mon âme du gouffre de l’illégalité.
    Globalement, je lis donc peu de scans (parce que c’est contre mes convictions, mais si ça peut m’être utile, c’est dispo, autant les utiliser)(je suis pas trop cohérent en fait j’ai l’impression).

    1. Gros +1. Le scan (et le téléchargement illégal), ça fait partie de ces variables du marché auxquelles ils faut s’adapter parce qu’elles sont inarrêtables. C’est tellement facile et ancré dans les mentalités que c’est pas en disant « c’est pas bien » que ça va s’arrêter. La seule solution, selon moi, c’est que l’offre numérique légale ait un prix qui tende vers 0. Si en plus, les éditeur numériques proposent des petits bonus sympa que les team ne peuvent pas produire, c’est bon.

      De toute façon, je mets au défi n’importe quel gros lecteur de manga, y compris ceux qui vomissent sur les lecteurs de scan, de n’y avoir jamais touché. J’en connais, des exemples.

      1. Je te dirais, au Japon, les éditions limitées sont légion ce qui tend à garder les collectionneurs qui sont prêts à payer cher. Par contre, le numérique et le 0 ça ne peuvent pas fonctionner avec le système actuel. À un moment, il faut rémunérer la personne et ce n’est pas la pub web qui ferait vivre autant de personnes qu’actuellement. D’ailleurs à moins d’avoir une très forte audience, ça ne paie pas, ce qui tue de fait tout ce qui sera de niche.

      2. L’offre qui tend vers 0, ce n’est pas possible. Le prix est très élevé pour l’offre numérique (prix de la licence, des serveurs, de la traduction etc, c’est presque aussi cher qu’un livre) et il y a des impératifs à respecter (que ce soit des japonais ou même d’Apple (qui a fait chier pour le prix du simultrad de Naruto)). La bonne méthode, selon moi, c’est une sorte de Kindle unlimited : un abonnement mensuel de moins de 10€ qui donne accès à un large catalogue. C’est une offre qui se développe aux USA à travers les exemples cités dans l’article. En France, on n’a pas grand chose, mais ça arrive.

        1. Je n’ai pas dit que c’était possible dans l’immédiat, mais que c’est nécessaire compte-tenu de la configuration. En tout cas, les prix type Izneo, ça ne ma parait pas raisonnable, même si j’entends que la marge de ces acteurs doit être faible.

  12. Les gens qui pensent qu’on peut lire des scans et rien faire à côté c’est un peu désespérant. Genre, rien ne vous empêche d’importer et de lire discrètement des traductions à côté. C’est juste super simple et en plus ça rémunère beaucoup plus l’auteur que d’acheter des sorties françaises/américaines. De toute façon les bouquins ça devient plus un objet de collection qu’un truc qu’on va utiliser régulièrement (ça abîme, toussa toussa). Donc achetez vos mangas en jap, vous serez utile au marché.
    Les scans ça devrait rester un truc de niche, on en parle pas et on reste discret. On fait pas de pub et on se cache. Comme ça, c’est difficilement accessible et ça évite qu’un public trop casual le crie sur tous les toits.

  13. Thomas

    J’allais faire un long texte et tout et puis je vois que cas-y tout à été dit dans les commentaires …
    Bon de base, je suis pas trop pour le scantrad mais je peux comprendre les raisons d’utilisation de ce moyen.
    Alors je vais faire assez bref.
    Le scantrad « pour » si :
    – le manga n’a plus aucune chance de paraitre en France ou alors qu’il soie devenu introuvable ( surtout en Belgique, niveau occasion et bibli, c’est fort moyen (avis perso) )
    -Un manga pas encore présent en France, je le lirai par scan si je veux absolument le lire, après ce que je lis en scan ( très rare), si il vient à sortir, généralement, je l’achète .
    Le scantrad « contre » si :
    -seulement pour ne pas avoir à acheter le manga
    -site qui gagne de l’argent en faisant ça, le scantrad, c’est par bonté et non par soif d’argent que nous le faisons.

    Bon ben voilà la version courte. En conclusion « oui » et « non » pour le scantrad, ça dépend de la situation

  14. Foryth

    Je ne ferai pas l’apologie du scantrad ici, tout à pas mal été dit dans les commentaires. Cependant je dois avouer que si ce n’étais pas de mes découvertes par scantrads il y à une quinzaine d’années, je ne serais sans doute pas un lecteur de manga aujourd’hui, ou je serais probablement encore en train d’acheter et lire des FMA et des One Piece. C’est grâce à des groupes anglos comme Omanga/Band of the Hawks (groupe mort depuis longtemps) que je suis aujourd’hui un grand fan d’artistes comme Tsutomu Nihei, Tsutomu Takahashi, Azuma Kiyohiko ou même Naoki Urasawa, et que je ne lis presque plus de shonen. (Bon de nos jours il serait difficile de passé à côté d’Urasawa alors je l’aurais peut-être découvert quand même quelques années plus tard.)

    Oui, ado j’avais des moyens très limités et j’économisait mon argent de poche pour être à jour dans les sorties de RPGs sur PS1.(Dont je divisais tout de même les achats avec un ami!) J’achetais un tôme de temps en temps parce que c’est joli, mais je n’avais pas les moyens de faire des séries compètes. (et habitant à la campagne je n’avais pas souvent l’occasion d’aller dans les boutiques.)

    Aujourd’hui c’est extrêmement rare de ma part, et d’habitude j’arrête après un chapitre ou deux parce que ça me fatigue de lire des mangas sur mon écran de PC. Puis pour la plupart du temps c’est sur Crunchyroll US puisque je suis membre, mais ça m’arrive de chercher ailleurs quand je suis très curieux à propos d’une série ou qu’elle est sortie il y a trop longtemps et est introuvable par ici.

    Je crois qu’il n’est pas aussi facile de consommé du « usagé » dans la francophonie hors France, je ne connais qu’une seule boutique dans mon coins qui vend du manga neuf en bonne quantité (c’est un mélange de hobby shot/comic book store), sinon dans les librairies c’est du Naruto et du Dragonball, qui ne m’intéressent pas du tout.

    Ceci dit, je fais souvent des jaloux sur les forums anglos que je fréquente avec toutes les série que j’achète éditées en France. :3 Un de mes amis en particulier bouillonne d’envie devant mes tomes de Non Non Biyori, Chihayafuru et Que Sa Volonté Soit Faite.

    1. Foryth

      Petit point que j’ai oublié, en somme :

      Je ne blâme pas les jeunes qui consomment du scantrad, j’essaie de convaincre les plus vieux quand j’en au l’occasion d’acheter du légal, et je suis 100% contre les groupes qui n’arrêtent pas la publication lorsqu’une œuvre est liscencée. Il y a moyen de pirater de façon relativement responsable, imho.

  15. Ping : Gengoroh Tagame & le manga gay | NOSTROBLOG

  16. Ping : Annexe – Manga tpe

  17. Ikanatsu

    c’est un très bon article, il faudrait quand même préciser que la majorité des mangas présent grace au scantrad sont des mangas qui ne sont pas publiés en France et donc ne rapporte rien a un possible éditeur.
    De nombreux mangas sont retirés suite a une publication par un éditeur en france.

    1. Ikanatsu

      A noté que je suis contre le fait de se servir du scantrad pour gagner de l’argent et de publiés des mangas en scannant la version publiée en france #japscan

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