Sunny : l’enfance orpheline selon Taiyō Matsumoto

Un premier article c’est un peu comme un dépucelage dont tu n’es pas fier, et que tu te gardes bien de raconter mais qui a été filmé puis balancé sur la toile. Voilà, je vois un peu le délire comme ça, c’est pas très encourageant, hein ? Mais selon l’adage « quand faut y aller, faut y aller », alors on y va et puis on évaluera les dommages plus tard.

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Alors, si vous avez toujours pas compris quel manga je vais évoquer c’est que vous êtes allés trop vite en besogne (si oui, je renvoie les petits filous au titre de l’article). C’est bel et bien de Sunny du grand, du majestueux, Taiyō Matsumoto dont nous allons parler. Petit point sur l’auteur si vous ne le connaissez pas : c’est principalement l’auteur d’Amer Béton qui l’a fait reconnaître dans le monde entier, il est connu pour avoir un style graphique particulier, il mêle notamment la BD franco-belge aux codes du manga. Actuellement, le manga vient de se terminer (en juillet) en six tomes au Japon et le troisième tome est sorti début juillet dans nos contrées chez Kana. C’est bien tout ça mais… ce manga alors ? Ne vous inquiétez pas il arrive.

sunny taiyo matsumoto

On suit la vie d’un peu plus d’une dizaine d’orphelins vivant dans un foyer appelé « Les enfants des étoiles ». La « Sunny » est une vieille voiture abandonnée où les orphelins viennent se réfugier, dans cette voiture ils rêvent de voyager, d’un ailleurs. Sunny est un manga que nous pouvons qualifié d’épisodique par le fait qu’il n’y ait pas de réel scénario, c’est un « tranche de vie ». En effet, nous suivons le quotidien d’orphelins de tous âges vivant au foyer. C’est tout, ça s’arrête là. Donc si vous vous attendiez à un scénario ficelé, truffé d’action comme a pu le faire par le passé Taiyō Matsumoto avec Number 5 : passez votre chemin. Néanmoins, l’auteur garde les éléments de ses anciens mangas qui en font souvent des must-reads. Cest à dire l’onirisme et le goût pour la finesse. En effet, Sunny touche par sa finesse qui vous submerge tout au long des tomes. La vie de ses enfants qui ne savent pas si leurs parents vont revenir les chercher demain ou jamais, ou encore ceux dont leurs parents sont morts et qui ne veulent pas que les autres enfants partent en les laissant seuls. C’est ce genre de contradiction émanant du même lieu qui anime ces enfants, et par conséquent l’être humain. Parce que oui ce ne sont pas seulement des personnages sur papier animés par la volonté de leur auteur que dépeint Taiyō Matsumoto, c’est bien des Hommes. Des êtres humains qui ont leur passé, leurs contradictions, en clair, l’auteur crée un univers qui lui est propre (comme à son habitude). Par ailleurs l’histoire évite de tomber dans le pathos. En effet, l’onirisme comme parlé précédemment sert le propos en permettant au lecteur de surpasser le ton réaliste de la série pour justement mieux discerner cette réalité. La patte graphique de l’auteur est également importante dans le processus : à travers un dessin qui n’est pas ultra-réaliste mais suffisamment représentatif pour se placer entre l’exagération pathétique et l’histoire totalement dénuée de sentiment. De plus, l’auteur a pris un certain risque à publier là où on ne l’attend pas, c’est à dire dans un manga aux airs auto-biographiques, lui qui a tendance à créer un univers issu de son imagination. Cette fois-ci il crée son univers mais avec son propre ressenti issu de son enfance. C’est ce ressenti vécu qu’il nous transmet à travers le manga.

Pour conclure, j’avais peur que la série perde de son éclat au fil des tomes en traînant en longueur mais l’auteur vient de terminer Sunny en six tomes. Par conséquent l’un des gros points qui restaient, selon moi, en suspend pour savoir si ça allait être bon de bout en bout vient d’être gommé. Cependant, il reste encore trois tomes, on ne peut pas tirer des conclusions trop hâtives sur l’ensemble du manga puisqu’il n’est tout simplement pas encore édité entièrement en France. Certains ne pourront pas accrocher, ça reste particulier par sa narration et son graphisme. Si vous n’aimez pas les autres œuvres de Taiyō Matsumoto, ne tentez pas le diable en achetant Sunny, en contrepartie ceux qui aiment ses œuvres seront sûrement charmés par celle-ci. Les autres, je n’ai qu’un conseille à vous donner, lisez-le. Enfin, sûrement la plus grande force de cette série est le fait qu’il parle d’un thème assez pudique (l’enfance orpheline) avec une très grande délicatesse. Donc selon moi c’est du tout bon mais il faut toutefois garder un œil vigilant sur la suite.

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12 réflexions sur “Sunny : l’enfance orpheline selon Taiyō Matsumoto

    1. Justement je trouve que c’est pas cher pour du Matsumoto 12.50€. Pour le même format, Le samourai Bambou (collection made in) coûtait 15€. Number 5 coûtait ce prix aussi, mais c’était plus grand et les couvertures avaient cet effet de relief.

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