Sleepy Hollow, la série qui porte bien son nom

Vous vous rappelez peut-être comment je disais beaucoup beaucoup de bien de la première saison de Sleepy Hollow. Parce qu’il y avait de quoi : un duo principal attachant, des monstres effrayants, un fil rouge intrigant, des cliffhangers haletants et, enfin, un méchant, euh… méchant ?…

Résumons, au cas où vous auriez la flemme de relire mon précédent article sur le sujet : Sleepy Hollow narre les aventures rocambolesques d’Abbie et d’Ichabod, qui doivent empêcher l’incarnation sur Terre des quatre Cavaliers de l’Apocalypse afin de stopper cette dernière et les plans diaboliques de Moloch, le démon qui est derrière tout ça.                                                             

Dans cette version de Sleepy Hollow, le cavalier sans tête est donc le Cavalier de la Mort. Ichabod vient du passé et s’est réveillé à notre époque, frais comme un gardon.  La première saison s’était terminée en apothéose, avec des révélations complètement dingues sur le Cavalier de la Guerre, mettant en péril les deux témoins et Katrina, la femme d’Ichabod qui se trouve être une sorcière.

On se demandait donc comment les scénaristes allaient rebondir en saison 2, augmentée à 18 épisodes au lieu des 13 initialement prévus.

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ATTENTION : SPOILERS TRÈS MÉCHANTS
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La saison est divisée en deux, littéralement parlant, puisque sa diffusion a connu une pause (le Winter Break comme on dit dans le milieu). La première partie reprend directement là où s’était arrêté la saison précédente, bien que le début de This is War est quelque peu perturbant.

Alors, évidemment, on ne peut pas toujours faire des épisodes aussi bouleversant que l’est une fin de saison, prévue pour durer dans les mémoires et pour changer la donne. Mais on avait laissé tout le monde dans un sale pétrin : Ichabod enterré dans un cercueil, Abbie au Purgatoire avec Moloch, sa soeur Jenny possiblement morte ou alors gravement blessée dans un accident de voiture, et Katrina aux mains des ennemis, à savoir, les deux Cavaliers, l’un étant son ex et l’autre son fils.

Et à part la situation de Katrina, tout est résolu en un épisode. C’est l’un des défauts de Sleepy Hollow, réussir à boucler des intrigues qui pourraient être de plus longs arcs narratifs en moins de 45 minutes. Toute cette première partie de saison préfère se concentrer sur la mise en place du nouveau plan mystérieux de Henry, le Cavalier de la Guerre, incarné par le magistral John Noble. A partir d’épisodes type « Monster of the week« , que l’on croit indépendant de la trame principale, on comprend qu’il trame quelque chose, qu’il a une vue d’ensemble qui nous échappe et semble aussi échapper aux scénaristes.

Et alors que l’on pourrait croire qu’il cherche à retrouver ou à faire incarner l’un des deux Cavaliers restants, c’est plus terrible encore. Il veut faire sortir Moloch du Purgatoire. Une idée qu’elle est bonne, et qui donne un terrible coup de boost à la série, qui s’était enlisé dans des épisodes complètement anecdotiques (The Weeping Lady pour n’en citer qu’un), notamment ceux qui incorporent Nick Hawley, un chercheur de trésor qui n’aura aucun intérêt tout au long de la série, même (et surtout) lors des deux résolutions finales (épisodes 11 et 18). A priori, il était prévu pour être un intérêt amoureux pour l’une des deux sœurs, mais on ne saura jamais laquelle puisque cela semble changer d’un épisode à l’autre. Bref, du gaspillage de temps qui aurait pu servir à développer la mythologie de la série.

Mais alors qu’avoir fait d’Henry, le fils d’Ichabod et de Katrina, le Cavalier de la Guerre était un coup de théâtre, cela devient une épine dans le pied dans le développement de cette deuxième saison. Pas un épisode ne passe sans que Katrina ne se lasse de répéter ô combien elle aime son fils et qu’il ne peut pas être réellement le vilain qu’il est. Qu’il y a encore de la bonté ou de l’amour en lui, qu’ils peuvent le sauver, blablabla.

Et du coup, Katrina passe son temps à changer de camp (littéralement, puisqu’elle se laisse capturer par son ex une fois que Ichabod l’a libérée au péril de leurs vies). Entre protéger Ichabod ou protéger Henry, elle est incapable de choisir. Elle est donc la relou de service. Libérée du Purgatoire à la fin de la saison 1 grâce au (court) sacrifice d’Abbie (tellement court qu’il n’a plus de sens), sa présence a changé la donne entre la flic et Ichabod, alors que leur relation était le petit truc qui faisait le charme de la série. Ce changement de dynamique aurait pu être une bonne chose, si Katrina avait eu un bon rôle et que les scénaristes savaient quoi faire d’elle, ce qui n’a jamais été le cas. Même l’actrice qui la joue, Katia Winter, trouve que son personnage est nul. Dommage.

Katrina est supposée être une sorcière puissante, mais on n’en verra rien. La plupart du temps, elle n’est pas aussi forte que son CV ne l’indique et, pire, elle est même la demoiselle en détresse le temps de quelque épisodes. Comme si être la prisonnière des deux Cavaliers n’était déjà pas suffisant.

Par ailleurs, aux côtés de Katrina, se trouve le Cavalier de la Mort, que les scénaristes vont donc tenter d’humaniser et d’approfondir. L’effort n’est pas inutile, ni inintéressant, mais cela réduit grandement l’aspect effrayant que le cavalier sans tête avait lors de la première saison. Dommage.

Mais une déception plus grande arrive avec la fin de la première partie. Abbie et Ichabod connaissent le plan qu’a prévu Henry et on trouvé la seule arme capable de tuer Moloch (c’est d’un pratique), si jamais ils n’arrivaient pas à temps pour empêcher son incarnation sur Terre. Du coup, nouveau retournement de situation : Henry tue Moloch. Fin.

Oui, la première partie finit comme ça, sans que l’on comprenne pourquoi. Le Grand Méchant a disparu. Ils viennent donc de détruire une bonne partie de la mythologie mise en place lors de tous les précédents épisodes. Qu’en est-il des Cavaliers, de l’Apocalypse, des Témoins supposés affronter le Mal durant Sept ans ?

C’est la réponse qu’essaie difficilement d’apporter les sept derniers épisodes suivant ce mini-reboot. Encore une fois, les scénaristes mélangent les cartes et les redistribuent. Avec Moloch, c’est un autre personnage important qui disparaît : Frank Irving, le capitaine qui après maintes mésaventures, a involontairement vendu son âme à Henry et est mort au combat contre Moloch. Il avait été sous-exploité durant la première partie, et c’est comme ça qu’il est remercié. En mourant. Et de manière prévisible en plus. Parce que, bon, Irving qui revient à l’écran le temps de longues scènes l’épisode précédent le retour de Moloch, ce n’est pas très subtil.

Mais en fait, c’était pour mieux préparer son retour. Prévu ou non, cela fonctionne bien, puisque l’on se demande si tout cela n’est pas encore une fourberie du Cavalier de la Guerre (même si Henry n’apparaît plus).

En parlant de personnages sous-exploitées, Jenny Mills, la sœur d’Abbie, est malheureusement assez peu présente, alors que leur association fonctionne très bien à l’écran. L’épisode Mama, centrée sur les deux sœurs est l’un des meilleurs de la saison.

En attendant, l’épisode de reprise semble amorcer un nouvel arc narratif, puisque apparaît… un ange, Orion. Après les démons, quoi de plus logique. Sauf que… non. Après cela, même s’il est mentionné, on ne le revoit plus. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme. Pourquoi avoir mis un ange si cette nouvelle storyline est abandonnée dès son commencement ?

Cette seconde salve d’épisodes n’est composé que de stand-alone inutiles, dont seuls quelques passages, notamment ceux concernant Irving, Katrina et Henry, révèlent un intérêt scénaristique. Abbie et Ichabod retrouvent quelque peu la relation qu’ils avaient lors de la saison 1, avant l’arrivée de Katrina entre eux deux, et c’est plutôt cool, mais voilà, on ne comprends où veulent en venir les scénaristes avant la toute fin.

Et justement, ce double épisode final est cool aussi. Et décevant en même temps. Bilan mitigé. Enfin, on retrouve le nawak propre à Sleepy Hollow, des retournements de situation, et même si tout cela était prévisible et attendu, cela fait du bien. Mais alors que « Abbie piégé dans le passé d’Ichabod » aurait pu être un arc narratif s’étalant entre la fin de cette saison et le début d’une autre, offrant de vrais changements et de véritables enjeux, cela finit magiquement par une sorte de reset. Un sort magique qui renvoie Abbie dans son époque avant même qu’elle ait pu partir, effaçant par la même les modifications du passé et les nombreux paradoxes temporels qu’elle avait créés. Un peu trop simple. Comme trop souvent avec Sleepy Hollow.

On croyait assister à un season finale, cela pourrait bien être un serie finale. En effet, les scénaristes font table rase du passé, se débarrassent des rares vilains qui restaient encore, et terminent l’épisode sur un « notre combat ne fait que commencer » digne des pires fins de série. Certes, lorsque l’on ne sait pas d’avance si une suite est confirmée, vaut mieux jouer la prudence, et un cliffhanger comme celui de la première saison aurait été affreusement irréfléchi. Mais là, je reste dubitatif. Je ne sais même pas quoi attendre d’une troisième saison. D’après Abbie, d’autres menaces couvent à l’horizon. Mais rien n’est évidemment esquissé dans cet épisode. Reverra-t-on Nick Hawley ? Reverra-t-on l’ange Orion ? Reverra-ton le Cavalier de la Mort ? Ce voyage dans la passé aura-t-il des conséquences dans le présent ? La réponse à ces trois questions : non, non et non. Un gros loupé.

Le seul point positif, c’était que l’on retrouvait enfin notre quatuor réuni. Abbie, Jenny, Ichabod et Irving, prêt à affronter une éventuelle Apocalypse. Mais avait-on besoin d’une saison complète pour arriver à ce point ? Quant aux inquiétudes pour la saison 3, elles sont nombreuses : changement de showrunner (Mark Goffman est remplacé par Clifton Campbell) ; Orlando Jones, l’acteur incarnant Irving, qui part ; mise en place d’un nouvel arc faisant table rase du passé (plus de Cavalier sans tête, plus de Nick Haley, etc.) ; confirmation d’un cross-over avec Bones… Après une saison 2 décevante, vide et soporifique, Sleepy Hollow saura-t-elle se relever ?… Réponse le 1er Octobre.

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2 réflexions sur “Sleepy Hollow, la série qui porte bien son nom

  1. Poison Lady

    Pareil, au début j’aimais bien Katrina, mais dans cette seconde saison, ils l’ont vraiment rendue chiante… A tel point que j’en ai été soulagée de voir le sort qui lui était réservé, un comble!

    1. J’ai fait beaucoup d’efforts pour apprécier Katrina, malgré son inutilité générale en saison 1 (le rôle de la demoiselle en détresse n’est pas une place facile…). Cette histoire de clans de sorcières aurait pu être plus mis en avant, mais non. Et en saison 2, les scénaristes ne savaient pas quoi faire d’elle, et ça se ressent. On ne comprend pas dans quel camp elle se trouve, si elle fait un double jeu ou non… Et la fin… Un beau gâchis, alors qu’elle devenait enfin intéressante… :/

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