Collusion de la sémantique et du marketing dans la distribution du manga

S’il y a bien une chose dont chaque passionné se revendique, c’est d’avoir son propre jargon lié à son univers. Les philatélistes auront alors leur vocabulaire, les modélistes aussi, et donc naturellement les otaku pareil. Et comme nous sommes une sale race comme une autre, nous sommes fiers de posséder un petit dictionnaire nippo-français inintelligible du grand public. Vocabulaire qui sonne comme des insultes aux oreilles des non initiés, qui eux vont plutôt rigoler en répétant des blagues à base de sushi ou sudoku, ne repoussant ainsi pas les limites de leur connaissance ni les frontières de leur ouverture d’esprit. Et c’est dans cet imbroglio de noms qui résonnent tantôt dans un japonais respectueux tantôt dans un franponais douteux que nous allons nous attarder sur l’exemple du seinen avant de poser la problématique liée au titre.

genshiken manga débat seinen

C’est quoi le seinen ?

Beaucoup de lecteurs de manga le savent, pour ne pas dire tous. De nos jours il est facile de savoir à quel public appartient tel ou tel manga car les éditeurs français se font un malin plaisir à tout étiqueter pour mieux cibler le lectorat qui selon eux est le plus digne d’apprécier l’oeuvre. Et tout ça en accord avec le public cible initial japonais. Ou presque. Ah, c’est ici que ça commence à grincer et qu’on va essayer de se pencher un peu plus histoire de voir pourquoi et comment quelque chose pourrait ne pas tourner rond dans cet engrenage éditorialisto-commercial bien huilé.

Le mot seinen c’est tout simplement seinen manga qui désigne « manga pour jeune homme », soit le public visé par l’oeuvre à laquelle on attribue l’étiquette. C’est l’évolution dans le temps du public du shônen manga, soit « manga pour jeune garçon ». De la même manière existent le shôjo manga et le josei manga pour les jeunes filles et jeunes femmes. Bon, où ça nous mène tout ça ? Au premier point : pourquoi s’emmerder à différencier le genre du lecteur pour lui proposer une lecture ? Un garçon ne doit-il aimer qu’un manga d’action mettant en scène le pouvoir de l’amitié, et une fille un manga… euh d’action… mettant en scène… le pouvoir de l’amitié ? Ah merde, effectivement si on les compare très binairement, Naruto et Sakura chasseuse de cartes ont le même style littéraire, c’est con, non ? Tout aussi con que mettre des histoires d’amour sous le label shôjo car, je cite Dédé l’éditeur : “De toute façon les histoires d’amour c’est bien un truc de gonzesses, alors que d’autres histoires comme Nisekoi sont sous le label shônen car ce sont des histoires, euh d’amour… oui mais attendez, ici c’est de l’amour d’un point de vue masculin, c’est forcément différent ! Hé revenez, c’était prépublié dans le Weekly Shônen Jump, il y a des petites culottes, c’est pour les mecs ça, non ? Partez pas, mon argumentaire s’écroule !” Vous l’aurez compris, les étiquettes, ça va faire comme avec les fringues : on va finir par les retirer systématiquement car ça nous démange.

Qu’est ce qui pose problème ?

De devoir non pas cataloguer les œuvres selon leur genre littéraire mais la cible éditoriale visée. C’est comme si j’écrivais une histoire très violente et gore, avec des ressorts scénaristiques dignes des genres science-fiction et thriller, et qu’au final je disais “Attendez les mecs, mon histoire c’est pour les nanas, il y a des magical girls partout, vous le voyez pas ?”. Sans viser à tort certaines oeuvres comme Magical Girl of the End, qui est dans un label WTF (légitime si on prend en compte le contraste entre les magical girls et les ressorts violents et sombres de l’histoire), on comprend bien que se baser sur un élément de l’oeuvre, un trope pour ainsi dire, n’a plus d’utilité une fois que l’on mélange beaucoup d’entre eux et que le résultat s’éloigne des canons du genre. J’explique : ceux qui ont connu des manga comme Sailor Moon ou Dragon Ball seront d’accord pour dire que le premier visait les filles et le second les garçons car le premier regorgeait de protagonistes féminins, d’accessoires féminins, et de sentiments mignons, propres aux filles (attendez que je finisse mon paragraphe avant de m’insulter en commentaire), alors que l’autre regorge lui de violence, d’humour grivois typiquement masculin et de mecs musclés qui aiment la bagarre. Bon, petite parenthèse nécessaire.

J’ai déjà parlé du sexisme dans le manga, pas envie de me répéter, mais ici on parle des différenciations shônen/shôjo des deux œuvres et du pourquoi du comment. À l’époque (et j’aurais aimé dire que ça a changé en 2015, mais non, pas entièrement), il fallait absolument tout séparer entre garçons et filles. Car vous comprenez, une fille ne peut pas jouer à la voiture et un garçon ne peut pas toucher à une poupée, même que “Hého, mon fils c’est pas une tapette !” aurait déclaré Dédé l’éditeur en 1988. Fichtre, mais quel langage, surveille ta langue coco, que tout ça a changé maintenant nous sommes à l’heure du débat sur les études du genre et l’acceptation de quiconque comme il ou elle se sent dans son dedans, donc pas de préjugés ou de clivage entre les genres en fonction du sexe donné par Mère Nature. Je supporte personnellement ces changements, moins archaïques et plus libéraux. Fin de la parenthèse.

Donc pourquoi mettre des putains d’étiquettes garçon/fille à Sailor Moon ou Dragon Ball ? Pour mieux vendre selon un marché ciblé. C’est tout. Un marché ciblé selon les critères sociaux et culturels de l’époque, qui voulaient qu’un garçon se bagarre et qu’une fille se maquille. Génial, non ? Au final, les valeurs communes aux deux œuvres, le fameux pouvoir de l’amitié, et le fait que ce soit des aventures avec du surpassement de soi dans des situations critiques, personne du service marketing n’en parle. Alors qu’on le sait tous, autour de nous, beaucoup de garçons ont regardé et aimé Sailor Moon et vice-versa pour les filles avec Dragon Ball.

Où je veux en venir ?

Le seinen souffre du même syndrome d’étiquette épuisée par son utilisation à tout va. Autrefois collée aux titres adultes, allant du thriller à la représentation historique, en passant par certains manga très violents ou psychologiques, l’étiquette seinen a désormais bon dos. Si bien que certains éditeurs intelligents ont fini par mettre le genre littéraire du manga plutôt que ce vieux machin de seinen qui n’a plus de sens. On voit alors émerger des eroguro, horreur et autres vintage (à entendre du Osamu Tezuka ou du Go Nagai, car c’est daté donc pour les vieux et les fans de manga cultes, vous l’avez la nuance commerciale dans le choix sémantique ?) pour le plus grand plaisir de Meloku mais surtout pour le plus grand respect d’un lectorat exigeant et mature qui n’a pas envie de jouer aux devinettes lorsqu’il doit passer sa commande auprès de son libraire ou de son fournisseur en ligne. Et avec l’émergence de titres ces dernières années qui ont tendance à avoir le cul entre deux chaises, il est aisé de faire l’amalgame entre shônen et seinen, et de préférer l’un à l’autre pour faire plus adulte et ainsi espérer ouvrir ses portes à un public plus vaste. Car le shônen a réputation d’être assez basique au niveau des thématiques abordées, venez pas me dire que Naruto ou Bleach vous a retourné le cerveau au niveau de son scénario ou de sa maturité. Même des oeuvres plus récentes comme The Seven Deadly Sins ne vont pas si loin que ça finalement dans leurs réflexions, mais offrent néanmoins toujours du bon divertissement avec ce qu’il faut de comédie, d’action et d’intrigue. Alors que le seinen lui jouit d’une réputation plus… adulte. Oui, sans surprise. Donc on va penser à l’oeuvre de Naoki Urasawa, à des plus vieux artistes comme Kazuo Kamimura ou Jirô Taniguchi, des bons vieux auteurs à papa. Et c’est en espérant vendre son shônen comme un seinen de cette manière que certains se sentent floués en ayant du shônen+, comme Kazé s’amuse à le nommer Shônen Up, par exemple, qui contient des œuvres à mi-chemin avec le shônen et le seinen. La même démarche a été entreprise par Tonkam qui a changé l’appellation de son catalogue seinen en Young, passant ainsi le caractère de ses titres d’adulte à vieil ado / jeune adulte. Car oui, à force de jouer sur les mots, on finit par s’embrouiller. Des titres comme L’Attaque des Titans, Tokyo Ghoul ou encore Terra Formars sont tantôt désignés comme shônen car contenu bagarre, action, violence, donc garçon (CQFD, hé), tantôt comme seinen car violence assez dure et mature (à savoir des tripes et du gore), psychologie non binaire un peu plus torturée, etc. Du shônen edgy, diront les mauvaises langues, du shônen+ pour les plus pragmatiques, du seinen tout court pour les marketeux avides de taper dans un public adulte.

attaque des titans manga shonen seinen

Qu’en est-il vraiment ?

Le seinen évolue, car les éditeurs s’amusent avec les noms et les étiquettes de ci ou de ça. Pour moi, leur vision du seinen, c’est un manga au contenu plus mature qu’un manga d’action bébête ou qu’une comédie romantique. Mais qu’est ce qui définit ce surplus de maturité digne de l’appellation seinen ? L’apparition du facteur sexe, des tripes à ciel ouvert, des trucs pas cool à caractère choquant comme du viol ou du bizutage ? C’est en effet très dur de juste cataloguer ci ou ça en fonction des choses qui apparaissent dans le titre, notamment lorsqu’un manga peut évoluer au fil du temps. L’exemple Fairy Tail montre qu’un manga d’action a divergé sur de l’ecchi, mais sans pour autant changer de public visé, car un ado reste un ado, et que ce soit de la bagarre ou des tétons, tout est bon dans le cochon. Mais ce qui me gêne c’est plutôt d’autres exemples comme Tokyo Ghoul ou Terra Formars, très basés sur de la bagarre, avec un univers violent et gore, et des situations edgy, à savoir un contenu, “Ouh la la pas très pour les enfants tout ça, mettons seinen ça fera plaisir aux ados qui cherchent des sensations” dixit Dédé l’éditeur. Ici on va nous vendre du shônen auquel on aura juste élevé la jauge de violence et désactivé la censure du gore. C’est tout. Le reste est très convenu, juste qu’on a droit à du contenu choquant. Alors comment peut-on comparer ça à du seinen comme Gantz, qui a une histoire bourrée de tragique, de nihilisme et de plein de références compliquées (que même moi suis incapable de discerner), et ce même contenu adulte, donc gore par amalgame. Voilà où on en est : à l’intersection de la sémantique et du marketing. Seinen fait vendre au plus grand des marchés car ça sonne comme adulte, comme intelligent, et pas du tout comme shônen qui lui sonne bébé/bagarre ou shôjo qui sonne bébé/amour. Oui, j’ai oublié les guillemets mais c’était de Dédé l’éditeur, bien évidemment.

Et ?

Alors qu’on voit peu à peu des éditeurs franchir la porte du cercle des initiés au manga, dans son sens le plus large et ouvert, avec l’apparition des termes gekiga ou boy’s love, certains éditeurs avancent d’un pas supplémentaire en commençant par faire de la segmentation de leur catalogue selon le genre littéraire des titres, comme on peut le voir chez Kana. Mieux encore, Akata reconnait le problème et tente d’y apporter une solution en séparant par affinité de genre et d’âge. On soulignera l’initiative. Bien que le joug des labels shônen, shôjo, seinen etc soit encore d’actualité, la maturité du lectorat manga s’affirme un peu plus chaque année et les acteurs vont dans la bonne direction… sauf lorsqu’il s’agit des gros blockbusters où tout est bon pour vendre et que la bonne foi d’une personne passionnée à la tête d’un catalogue ne peut rien faire contre les règles du service marketing. Monde de merde.

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9 réflexions sur “Collusion de la sémantique et du marketing dans la distribution du manga

  1. Pas trop d’accord sur la première partie de l’article. L’origine du terme Seinen, c’est come pour les autres termes, lié au journal de prépublication. Si le rédac-chef du journal décide qu’il publiera que du shonnen dans son magazine et que le dernier titre de Urasawa lui a paru cohérent avec sa politique éditoriale, alors la publication sera estampillée shonen.
    Ca n’a pas empêché les erreurs du style Narutaru (passé de kodomo à shonen puis à seinen) ou même Evangelion (passé de shonen à seinen au cours des années) ayant changé de magazine de prépublication en cours de diffusion. Ces changements ont été effectués après discussion entre l’éditeur et l’auteur (et parfois dans les cris et les larmes).
    Mais le seinen n’a jamais été là pour noter la maturité ou la profondeur d’une oeuvre (ça, c’est qu’on aimerai bien nous faire croire). Juste pour identifier un public cible (et tant mieux pour l’éditeur si le public s’agrandit en dehors de la cible).
    Je parle ici du concept « japonais » de catégorisation.
    Quand on arrive en France, c’est encore plus tordu et on retombe effectivement sur les travers dénoncé dans ton article bien que ça ne soit pas aussi simple.
    Les éditeurs étudient le titre et s’appuient à la fois sur les catégorisation japonaise (donc le nom du magasine de prépublication) ET sur leur connaissance du public français. Ce qui était classable en seinen dans les années 80 ne l’es plus forcément aujourd’hui. Parce que les mentalitées évoluent et que le public plus jeune supporte des images plus violentes qu’avant.

    On reste d’accord sur le fait que ce système de catégorisation ne veux plus rien dire et nécessiterai d’être fortement réaménagé. Certain éditeurs sont partant sur le sujet mais hésitent encore sur le fait que le public arrive à suivre. Peut-être faut-il attendre une évolution de la part des japonais pour que la « parole divine » redescende sur les masses ?

    1. En fait, à la base, la différence entre shonen et seinen n’est pas si flagrante que ça. Si on prend les premiers numéros de deux magazines historiques de Shogakukan, Shonen Sunday (shonen) et Big Comic (seinen), on se rend compte que les mangas de Kazuo Umezu sont limites plus malsains quand ils sont publiés dans le premier.
      Et même, à partir de la fin des années 60, les magazines shonen avaient la côte auprès des étudiants qui retrouvaient leurs idéaux révolutionnaires dedans.
      Il faut attendre les années 80 pour qu’une distinction claire sur l’âge du public ciblé soit faite.

  2. Glinn Joestar

    Article assez intéressant. Néanmoins, j’ai 2 choses à y reprocher :

    « Tout aussi con que mettre des histoires d’amour sous le label shôjo car, je cite Dédé l’éditeur : “De toute façon les histoires d’amour c’est bien un truc de gonzesses, alors que d’autres histoires comme Nisekoi sont sous le label shônen car ce sont des histoires, euh d’amour… oui mais attendez, ici c’est de l’amour d’un point de vue masculin, c’est forcément différent ! Hé revenez, c’était prépublié dans le Weekly Shônen Jump, il y a des petites culottes, c’est pour les mecs ça, non ? Partez pas, mon argumentaire s’écroule !” »

    J’trouve l’exemple de « Nisekoi » mal choisi car celui-ci tend plus à un harem qu’une simple comédie romantique où l’on suivra, pour de nombreux cas, un couple et leurs péripéties. C’est un peu comme Love Hina, mais sans le côté ecchi. Et comme on parle de « harem » du coup, ça aura tendance à plaire à un lectorat masculin tandis que celui féminin se tournera plutôt sur du « reverse harem ».

    Ensuite, au niveau de Fairy Tail :

    « L’exemple Fairy Tail montre qu’un manga d’action a divergé sur de l’ecchi […] ».

    Fairy Tail n’est pas un ecchi. Il s’agit de fanservice, à ne pas confondre.

    Bref, perso’, j’pense que les cibles éditoriales ne servent à rien. Faudrait plutôt classer ça par genre, style « Action », « Comédie », etc. o/

  3. Je réponds rapidement car à l’époque du lancement de Shônen Up!, j’étais venu représenter le tout jeune label Kaze Manga à une table ronde du Salon du Livre sur les genres dans le manga. Il y avait Sébastien Agogué de Tonkam et moi-même dans le camp des éditeurs qui utilisaient shônen, shôjo, seinen… Ahmed et Cécile de Ki-Oon, et Grégoire Hélot de Kurokawa, dans le camp de ceux qui n’appliquaient pas ce genre de découpage.

    Le problème qui revenait, c’était évidemment la difficulté à vendre du seinen, et encore plus à le vendre en l’appelant comme ça. Pour la majorité de notre lectorat, c’est-à-dire les lecteurs de manga commercial : seinen = prise de tête.
    Le diagnostic dominant, c’était simplement qu’on perdait notre lectorat lorsqu’il devenait trop grand pour Naruto, mais trop jeune pour apprécier la majorité des titres seinen. D’où l’idée chez Kaze de créer une catégorie supplémentaire, qui ne s’appellerait pas Young Seinen comme au Japon mais bien Shônen Up parce que destinée aux plus âgés des lecteurs de shônen. L’idée étant qu’ils continuent à lire du manga jusqu’à ce qu’ils aient l’âge d’apprécier Ikigami.

    Je ne pense pas que le bilan soit très positif, et je me réjouis personnellement que les grandes classifications par public cible disparaissent à terme, mais mon expérience du raisonnement des éditeurs apporte un contrepoint – peut-être intéressant – à la thèse de l’article.

    Cheers,
    Joss

  4. bidib

    Pour commencer j’aimerais réagir à la parenthèse. Je sais pas vous, mais moi en 1988 j’avais l’âge de jouer au lego. Et contrairement à ce qui est avancé ici je trouve que le clivage garçon/fille de l’époque était bien moins marqué que maintenant. A l’époque on jouait tous au même lego et les petites filles portaient des salopettes et les cheveux cours. Aujourd’hui je me bas contre lego friends qui me donne la nausée et contre ma fille qui tente de me faire comprendre que les « vraie » fille ont les cheveux long (pas comme moi quoi). Merci au spécialiste du marketing et à leur endoctrinement qui pollue les cours d’école ! Il m’a fallu 2 ans de lobbying pour faire comprendre à ma p’tite que « courir comme un garçon » c’est pas grave et qu’il faut pas écouter des débilités de ses petits camarades réac (et j’ai pas encore eu gain de cause pour la coupe de cheveux). Bref tout ça pour dire qu’il faut pas croire qu’on progresse toujours. Si certains aspects du débat homme/femme ont progressé par d’autres aspect la société à bien régressé notamment pour tout ce qui est marketing genré. Si on peut même plus jouer au même lego comment pourrions-nous lire les même livres ! Dédé power everywhere !

    Fermons la parenthèse et revenons aux manga. Je comprends le fond du message mais je trouve que c’est se prendre beaucoup la tête pour pas grand chose. Un manga c’est un seinen s’il est publié dans un magasin seinen, qui est un magasin seinen parce qu’il en a été décidé ainsi au moment de sa création. Rien n’empêche le dit magazine de changer le style des œuvres proposées et d’être de moins en moins sectaire ou de varier les plaisir avec des œuvres à la croisé de plusieurs univers. Un magazine change au fil ds ans et des modes.
    On peut alors s’interroger sur la nécessiter d’utiliser ces étiquettes nippones sur le marché français. Et comme tu dit dans le premier paragraphe toute communauté à son jargon, les « otaku » aiment bien utiliser le leur et les éditeurs leur font plaisir tout en ayant une base pour classer les œuvres dans leur catalogue (encore faut-il qu’il respectent la catégorie d’origine. Parce qu’en revanche ça aucun sens de vendre un josei ou un shonen sous l’appellation seinen là je suis bien d’accord). Il faut prendre ces appellation pour ce qu’elle sont une distinction entre magazines de pré-édition segmenté par lectorat cible, ce qui n’a jamais voulu dire que les autres lectorats n’y ont pas accès. Beaucoup de femme lisant du seinen et ça gène personne on a pas besoin d’enlever l’étiquette seinen pour ça. L’éditeur propose un catalogue, c’est au lecteur d’avoir l’intelligence de chercher une oeuvre de qualité là ou elle est et pas seulement dans le catalogue dont il est la cible principale. D’ailleurs ça marche très bien quand ce sont des filles/femmes qui lisent du shonen/seinen. Pourquoi pas l’inverse ? Il ne tient qu’au lectorat masculin d’aller puiser dans les catalogues shojo/josei des œuvres dignes d’intérêt. C’est pas parce qu’on supprime les étiquettes que le lecteur sera moins con ! Il y aura toujours des Dédé qui s’écrirons « mais c’est un truc de gonzesse ça ! »

    Oulà je sais plus ou j’en étais. J’ai planté là mon commentaire pour aller chercher ma gamine à la danse et maintenant je sais plus ce que je voulais dire -_-‘

    En relisant tout ça je me dit que peut-être j’ai pas bien capté l’article, qu’il est pas question des appellation seinen/shonen en elle même, mais de l’utilisation qu’en font les éditeur français en classant à tort tel ou tel shonen un peu gore dans leur catalogue seinen. Sur ce sujet je pense que si les éditeurs français qui veulent utiliser les appellations japonaises devrait les respecter et classer les titres en fonction du magazine de pré-publication et non en fonction de leur jugement personnel ou de la cible potentielle sur le marché français et travailler en parallèle leur marketing pour faire comprendre que oui, les garçon peuvent lire du shojo, Quand au fait qu’on nous vende du shonen gore déguisé en seinen… ben y a qu’à lire le synopsis avant d’acheter ! C’est généralement pas trop dur de faire la différence. Puis on peu aussi aller traîner sur le net pour lire quelques avis on aura vite fait de savoir à quoi il faut s’attendre. Personnellement il m’est arrivé de lire de vrai seinen avec une réflexion aussi poussé que le QI d’un escargot et pas franchement gore niveau violence. Là encore, dire que seinen=plus de maturité c’est pour moi une erreur. On s’adresse à un public plus adulte c’est pas pour autant qu’on veut forcement le faire réfléchir. C’est le ton qui change, la façon de s’exprimer et aussi peut-être l’âge des protagonistes mais dans le seinen comme dans le reste il y a le gros rouge qui tache et le grand millésime dont on se souvient longtemps.

    En tout cas moi j’aime bien savoir si ce que je lis c’est un seinen, un josei ou que sais-je encore. Pas seulement pour me sentir appartenir à une communauté d’initié mais parce que je suis du genre à lire les petites lignes en fin du volume pour connaitre la date de la première publication, la première traduction, le nom du traducteur, etc. la classification m’aide à mieux connaitre le contexte de création du titre (enfin… si elle est conforme à son origine…)

    Bon là j’arrête parce que mon commentaire va être plus long que l’article. Désole ^^’

    1. Je suis tout à fait d’accord avec ton commentaire. J’ai aussi grandi dans les années 80 et la société me paraissait moins sexuée. Mais je pense que le culte de l’apparence avait aussi moins d’importance à l’époque. Je me demande si les deux phénomènes ne sont pas liés, dans le sens où ressembler à l’autre sexe (ou plus exactement à l’image que l’on attend de l’autre sexe) finit par devenir le signe d’un look raté. Breeeeeef, le seinen…

      Je pense que le seinen ne souffre pas du cloisonnement des catégories de manga développé dans les années 2000. Un seinen, c’est un manga pour un public adulte (dans l’esprit de pas mal de gens connaissant le terme), donc un manga plus intelligent, plus mature ou plus violent (comme dit dans l’article). Cette définition permet la publication d’une grande variété de thématiques. En comparaison, un shôjo c’est une romance, ce qui implique fatalement un appauvrissement des thématiques du shôjo publié en France (comparé au début des années 2000), ou un basculement vers une nouvelle catégorie comme pour Le requiem du roi des roses devenu seinen.

      Je suppose que la vente de manga à grande échelle demande une identification claire du titre mis en vente, surtout quand on voit le nombre hallucinant des sorties actuelles. Le problème est que que cette identification peut être faussée en utilisant des termes sans se rapporter à leur définition exacte. Mais, de ce que je peux lire sur différents sites, je crois que le public français tient trop aux termes japonais, voire à la définition qu’il en a, pour y renoncer aujourd’hui.

  5. Pour avoir vécu de plein fouet l’époque où le Club Dorothée a commencé à être diffusé en France, alors à l’école primaire et donc parfaitement dans la cible de l’émission, je peux asséner cette révélation fracassante : la grande majorité des garçons regardaient Sailor Moon ! Parce que c’était programmé juste avant DBZ (ou après), parce qu’il y avait de l’action, parce que c’était drôle, parce que Sailor Mercury, et parce que bordel, elles étaient à poil lors des transformations. Mais comme c’était pour les filles – la preuve : le personnage principal était une fille, et les produits dérivés très ciblés – il ne fallait pas en parler, et le ranger avec les autres séries pour filles, comme Candy et… Juliette je t’aime.

    Les différences entre les cibles éditoriales japonaises, c’est en grande partie une différence d’approche. Il est aisé de séparer les shônen des shôjo sur ce seul critère, et de détecter que Prunus Girl est un shônen vendu comme un shôjo par son éditeur français. Cela fonctionne dans 99% des cas, les 1% restant couvrant Banana Fish et quelques titres des CLAMP. Dans le doute, prière de se reporter au magazine de prépublication.
    Ensuite, il faut bien comprendre que les éditeurs français sont dans une situation paradoxale, face à un public qui demande ces catégories sans forcément en comprendre le sens, et des titres nippons qui ne correspondent pas ou plus à l’image de leur catégorie qu’en possède les lecteur français. A partir de là, il faut ruser, trancher, et Trinity Blood passe de shôjo à la collection Dark de Kana.

    Pour rappel, Ashita no Joe est plus mature, violent, dramatique, et puissant que l’immense majorité des seinen actuels.

  6. bob

    Pourquoi vouloir faire une révolution le shonen nekettsu est masculin et shojo est féminin,d’ailleurs cela marche bien pour le manga comparé a la bd franco belge avec sont lectorat de maison de retraite.Et cela marche tellement bien les termes shojo et shonen que les japonais ont réussis a avoir des millions de lecteurs et lectrices eux y sont arrivés,tandis que nous en france avec notre franco belge ont rames,rames,rames sévères.Je trouve ridicule les occidentaux avec leur idéologie feministo-genriste,vouloir donner des leçons a des cultures + anciennes que la leur.j’espère encore acheter longtemps des shonen,seinen,josei et un peu de moins shojo bien sur(oh putain le macho).Bon aller je vous laisse,je vais sortir les poubelles!

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