Batman par Morrison #06 : Batman and Robin will never die

Batman est mort.
Mais Batman ne peut pas mourir. Gotham a besoin de Batman. Le monde a besoin de Batman.

En fait, Morrison n’a même pas vraiment tué Bruce Wayne, il l’a juste coincé quelque part dans le passé. Mais les bases de son run sur Batman & Robin sont que tout le monde le croit mort. Et si ça, c’est déjà un gros SPOILER pour vous, ce n’est pas la peine d’envisager de lire le reste.

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Et c’est donc Dick Grayson (Nightwing, et bien évidemment le premier Robin) qui reprend le flambeau. Ou plutôt la cape. Grayson n’est d’ailleurs pas très emballé par l’idée. Devenir Batman, c’est quelque chose qu’il a toujours redouté, c’est même en partie pour ça qu’il ne voulait plus être Robin. Mais être Batman, c’est plus une responsabilité qu’autre chose, et il l’accepte.

En tant que nouveau Robin, on retrouve Damian Wayne, fils de Bruce et de Talia al Gul. Comme les Robin précédents, il est très intelligent et sait se battre, mais il est aussi égocentrique, et a suivi une formation d’assassin, pas de justicier.

Notre duo se retrouve donc avec une toute nouvelle dynamique. Avec un Batman qui doit trouver ses marques et son propre style, et un Robin méprisant qui ne comprend pas les responsabilités d’un super-héros. C’est aussi l’occasion de voir pour la première fois un Batman plus léger et jovial que Robin.

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C’est dans un Gotham très violent que Morrison va faire évoluer notre duo. Très violent et très sanglant. On pense beaucoup à Frank Miller. D’autant plus quand le premier antagoniste à pointer son nez est Jason Todd (second Robin, tué par le Joker, revenu depuis because comic-book et crisis interdimensionelle), jaloux de ne pas être l’héritier de Bruce, et qui forme son propre duo rappelant beaucoup celui de Dark Knight Returns.

Mais si l’univers est violent, il n’est pas forcément sombre. Il est même haut en couleurs, façon soirée disco dans les années 70/80. Surtout dans le premier arc, dessiné par Frank Quitely. On le voit avec l’arrivée du Flamingo par exemple, avec son look tout en rose. Nous ne sommes pas face à un miroir dépressif de la société, mais plutôt dans un rêve éveillé nourri à l’acide et aux amphétamines. Une ambiance qui se trouve personnifiée dans l’un des nouveaux ennemis de Batman: Pyg. Pyg est complètement fou, il est théâtral, il ne tient pas en place, il est trop. Tout ce que Morrison aime.

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Un bon méchant, c’est à la fois un bon personnage, et un bon outil sublimant les caractéristiques du héros et de l’œuvre dans laquelle il évolue. Parfois c’est aussi Marion Cotillard, mais bon. Pyg est grotesque. Ok, Cotillard l’est aussi parfois. Attendez, ce paragraphe ne va nulle part en fait. Passez au suivant.

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En parlant de folie et d’absence de transitions, que devient le Joker ? Tout comme dans les arcs précédents (Batman and Son – Batman R.I.P) il est toujours en train de reconstruire son identité. En train de s’adapter. Et il a de quoi. Car la perte de Batman est très importante pour lui (oui, il sait que le nouveau Batman n’est pas SON Batman). C’est un peu tout son univers qui s’écroule. Mais le Joker n’a pas le temps de se réjouir ou de pleurer, il est là pour survivre et semer le chaos. Le Joker peut continuer d’exister même en l’absence de son némésis, il a juste besoin de tout reconstruire. Pas certain que Bruce Wayne pourrait en faire autant.

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Pour le grand final, Morrison ramène d’abord Dr Hurt, qui est la menace présente (principalement) dans l’ombre depuis « Batman and Son ». Celui-ci continue de se faire passer pour le père de Bruce, et parvient à acquérir son manoir. Puis Bruce Wayne revient. Le lecteur et les personnages savaient déjà qu’il n’était pas vraiment mort, mais coincé quelque part dans le temps.

Et tout cela finit donc sur un duel empreint de mysticisme, où les 2 protagonistes sont plus qu’humains (Hurt est un ancêtre de Bruce Wayne, vieux de plusieurs centaines d’années). Un duel mythologique. Où Batman a littéralement traversé tout l’histoire de l’humanité (et, moins littéralement, ressuscité) pour se réapproprier son héritage.

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Batman est une histoire, y compris dans son propre univers. Il est une légende, il est plus grand que nature, il est incroyable. Et une histoire ne peut pas mourir tant qu’elle continue d’être racontée.
L’auteur de cette histoire est Bruce Wayne.
Un homme. Qui comme tous les individus est en partie défini par sa mortalité.
C’est à travers une scène bien connue par les fans que Morrison donne les clés du run : le moment où Bruce Wayne a choisi la chauve-souris pour totem. Une chauve-souris qui nous est ici montrée en fin de vie, errante, bientôt remplacée par une nouvelle génération. Mais qui s’accroche à la vie.
Oui, un jour Batman va mourir, et un autre arrivera. Mais ce Batman n’est pas prêt d’arrêter.

 

À lire également :
Batman par Morrison #01
Batman par Morrison #02
Batman par Morrison #03
Batman par Morrison #04

Batman par Morrison #05

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