Halloween : parce que la culture c’est comme les citrouilles, ça se cultive

Les frissons c’est la vie. Lorsqu’on frissonne, notre corps s’active et se met parfois dans tous ses états pour assurer notre survie face à quelque chose que l’on ne comprend pas et/ou qui nous menace. Avoir peur c’est donc sentir, plus que jamais, que l’on est en vie. Et c’est pourquoi on va sans cesse chercher cette sensation, à travers des sports extrêmes, des interdits… ou des chefs d’œuvres d’horreur. Certains iront se pencher plutôt vers les récits de H.P. Lovecraft, d’autres regarderont les films de Guillermo del Toro ou se tourneront vers les dessins de Junji Ito. Quant à nous, assoiffés de nouveauté, de toujours plus, d’originalité, de qualité tout autant que de quantité, et surtout : de plaisir ; nous vous avons sélectionné un best-of tout aussi personnel qu’actuel (PRESQUE) sur certains produits culturels qui sauront vous faire frissonner avec délice. Et pour les plus courageux, vous devriez jouer aux premiers opus de Silent Hill ou à Project Zero dans le noir, seuls, si vous voulez finir la soirée dans votre caca, succès garanti. – Eck

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Scream Queens, par Bobo

Pour commencer cette sélection, on va causer de Scream Queens, la nouvelle série horrifique de Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan, les deux premiers étant à l’origine d’American Horror Story. La première (et pour le moment unique) saison se déroule au sein de la sororité Kappa Kappa Tau, présidée par la sublime Chanel (Emma Roberts). L’horreur commence quand les membres se font tuer une à une par un mystérieux tueur, le Red Devil, faisant sortir de l’ombre une sombre histoire vieille de 20 ans…

Cela ressemble au synopsis de base de n’importe quel slasher movie, sauf que Scream Queens ne se prend que rarement au sérieux, et ce malgré des morts violentes et bien gores. Les personnages sont tous des caricatures ambulantes : la gosse de riche pourrie gâté, le sportif qui ne pense qu’au sexe, la flic pas douée et inutile, tout une galerie d’archétypes de films d’horreur. Ce qui tombe plutôt bien en fait. Et ces personnages sont brillamment interprétés par un casting alléchant : Lea Michele (vue dans Glee), Skyler Samuels (vue dans AHS), Jamie Lee Curtis (vue dans plein de films d’horreur), etc.

La série est rythmée, riche en rebondissements surprenants, en révélations et mystères, les réponses entraînant d’autres questions. Le tout en restant fun grâce à un second degré parfaitement assumé. Scream Queens joue sur deux tableaux : l’horreur pure avec la série de meurtres bien sanglants, et la comédie grâce aux situations, dialogues et personnages, utilisant les clichés typiques de l’horreur pour mieux s’en moquer et les détourner. Si bien que souvent l’aspect comique, voire carrément absurde, prend le dessus. Le générique kitsch à souhait donne le ton. La série en profite également pour rendre hommage à de nombreux films d’horreur (Psycho, The Shining, etc.) de manière subtile ou au contraire très appuyée.

En bref, gros coup de cœur pour cette série, essayez-la !

Area 51, par Meloku

Un masque de Scream, des dents de vampires, des oreilles de chats, un nez crochu. On ne fait pas plus classique comme déguisement pour Halloween. Mais alors, que faire pour être original ? A cette question, Masato Hisa y répond dans son manga Area 51 à coup de créatures issus de différents folklores et de la littérature. Pour ce faire, il imagine une ville (nommée Area 51, d’où le titre du bouquin (pas bête hein)) dans laquelle sont parquées toutes les bestioles de notre imaginaire. Mais l’artiste ne fait pas que les recenser, non ce serait trop simple, il imagine leur histoire dans la société qu’il crée, il leur donne une personnalité et il va même jusqu’à leur donner une nouvelle forme physique. Bref, entre les mains de Masato Hisa nos mythes et légendes sont réinterprétés.

area 51 manga halloween sakka
(et puis l’héroïne a trop la classe)

Alors je n’irais pas jusqu’à vous recommander un déguisement du monstre du Loch Ness ou du Kraken, ils restent démesurément grands. Néanmoins vous pouvez toujours tenter la panoplie du Kappa gentilhomme, de Cthulhu écolière ou même du Père Noël ! Quoique non, oubliez ce dernier… En cette saison, il fait trop frisquet pour enfiler le costume que Masato Hisa lui a confectionné (et vous risquez d’avoir des ennuies avec la police).

Crimson Peak, par Raismith

Envie de trembler devant une histoire de fantômes ? Crimson Peak, c’est LA sortie du moment pour ça. Le film est réalisé par Guillermo Del Toro, le réalisateur qu’on a tous envie d’aimer. Il est tellement passionné par son métier et a tellement de bonnes références, qu’on lui pardonne tous les impairs (et c’est un petit peu ce qu’il se passe avec Crimson Peak).

Crimson peak

Crimson Peak se déroule au XIXème siècle victorien, où l’héroïne, Edith va se retrouver au beau milieu des histoires sordides d’un frère et sa sœur. Comme Del Toro aime le rappeler, Crimson Peak n’est pas une histoire de fantômes, mais une histoire avec des fantômes. Ils sont à l’arrière-plan d’une intrigue proche du thriller, mais servent surtout à distiller cette ambiance de film horrifique, avec tous les gimmicks du genre. C’est d’ailleurs le seul vrai problème du film : beaucoup de gimmicks qui offrent un déroulement de film assez classique.

Pourtant, il y a plusieurs éléments qui rendent le film éminemment appréciable. D’une part, la part belle de l’intrigue est donnée aux dames, et de là à dire que le rôle masculin principal se rapproche de la potiche, il n’y a qu’un pas. Retourner cette tendance a quelque chose de sympathique. Ensuite, l’esthétique globale du film est de toute beauté. Le manoir, bien sûr, le choix des couleurs (notamment concernant les fantômes), mais aussi la scène finale. Je ne vous en dis pas plus.

Au final, Crimson Peak est un film assez classique, mais qui se regarde non sans déplaisir. Et puis après tout, même en se disant qu’il aurait pu y aller à fond, on pardonne tout à Guillermo.

Yamishibai, par Dear Noctis

Approchez ! C’est l’heure du théâtre de l’horreur ! Venez écouter les légendes urbaines japonaises horrifiques contées dans ce petit anime. Les 13 épisodes de la première saison de Yamishibai sont à regarder dans le noir complet pour plus d’émotion. Et pour faire durer la peur, une seconde saison vous attend ! Chaque histoire dure environ 4 minutes. Un format court certes, mais efficace !

Yamishibai reprend à sa manière le concept du kamishibai, un spectacle ambulant où un artiste raconte des histoires, en faisant défiler dans un petit théâtre en bois des dessins qui viennent illustrer son récit. Mais au lieu de vous faire rêver, cet anime va vous faire frissonner ! En effet, Yamishibai est de ces œuvres qui ne jouent pas sur le gore ou la violence mais sur l’angoisse et la frayeur.

Ne soyez pas déstabilisés par l’animation de ce petit anime qui pourra vous paraître assez statique au premier abord et visuellement original. Forte de son concept, elle s’inspire largement du défilement des illustrations d’un vrai kamishibai. Associée au visuel, la musique saura parfaitement jouer avec vous. Son effet est immédiat sur le ressenti du spectateur, elle pourra vous calmer pour mieux vous effrayer l’instant d’après. Il ne vous reste plus désormais qu’à vous laisser tenter par ce théâtre de l’horreur.

Yamishibai 1

The Evil Within, par Lvk

Parlons sérieusement, parlons jeux vidéo. J’ai pris le temps de vous conseiller quelques angoisses virtuelles à pratiquer seul ou en charmante compagnie le 31 octobre. Mon petit coup de cœur n’est pas indé ni méconnu. Il est signé Tango Gameworks studio dans lequel on trouve Shinji Mikami aka Monsieur Resident Evil. Ce jeu se nomme Evil Within et à moins d’avoir vécu dans une grotte, vous n’avez pu passer à côté. Le détective Sebastian Castellanos intervient sur une scène de crime située dans un hôpital psychiatrique. Il découvre un véritable carnage et va très vite se retrouver en mauvaise posture avec un véritable boucher à ses trousses.

Bien qu’il soit inégal, le jeu offre une narration très Lynchienne me faisant souvent penser à Lost Highway. Le bestiaire est riche, fouillé et très angoissant avec des références aux folklores japonais. The Evil Within n’apporte pas un contenu innovant pour faire avancer le genre mais il est généreux dans son gameplay. Avec son rythme soutenu et la diversité des lieux explorés, le jeu se permet même de se hisser à quelques longueurs de MES références du genre à savoir Resident Evil 4 et Silent Hill 2. S’il n’est pas indispensable dans une collection vidéoludique, il peut tout de même vous rassasier le temps d’une nuit blanche. Attention : c’est pas toujours très beau techniquement et les DLC sont cools.

A propos de nuit blanche, je rajoute quelques petites sucreries pour prolonger le plaisir : Soma, Amnesia, The Park, Layers Of Fear, Fran Bow, Lone Survivor, Resident Evil 4 (ahah oui), Kholat, Outlast et pour finir jetez un œil à Hunger que personnellement j’attends avec impatience.

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Une réflexion sur “Halloween : parce que la culture c’est comme les citrouilles, ça se cultive

  1. Poison Lady

    Ah, merci pour la découverte, je me suis maté Yamishibai hier soir et c’est vraiment sympa! Même si la première saison est infiniment meilleure que la seconde…

    Par contre, Crimson Peak, pour avoir été le voir au ciné, je l’ai trouvé très, mais alors très décevant. En dehors des décors absolument splendides (j’ai beau être fan de vieilles baraques, la décrépitude tellement réussie du manoir ne donne vraiment, mais alors vraiment pas envie de s’installer dedans, le froid et l’humidité traversent presque l’écran), les fantômes sont, eux, et à l’exception du premier, complètement ratés… Je m’attendais à une ambiance mélancolique à la Sleepy Hollow (le film, pas la série…), j’ai eu un thriller en huis-clos avec un poil de surnaturel. Bof. Et comme le truc ne fiche pas la trouille une seule seconde…

    Par contre, ça fait plaisir d’entendre parler de Project Zero, on reconnaît là les hommes de goût ;)

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