Je suis devenu un connard de hipster élitiste… et alors ?!

S’il y a bien une tendance qui se confirme au fur et à mesure de ma vie, en tant que lecteur et passionné de LIVRES (bien que la majorité soit composée de manga et comics), c’est bien cette lente mais sûre chute vers un élitisme de plus en plus marqué par certains virages en terme de lectures. Et surtout par des rencontres. Sans trop le citer pour lustrer notre lien intime ibérique, c’est mon compère Meloku qui m’enseigne l’art de la différence et qui me partage un bon goût qu’il est souvent difficile de rencontrer car trop souvent en marge des gros titres, décalé par rapport aux publications à succès, ou encore introuvable sur le marché de part sa rareté inhérente à son édition. Oui, le manga de hipster, l’indépendant fait maison, l’auteur que seuls les aficionados vont connaitre, loin du mainstream et du casual. Oui, je deviens un connard d’élitiste. Et alors ?

[Traduction] Eck à la recherche du manga parfait.
[Traduction] Eck à la recherche du manga parfait.

C’est pas nouveau, avec le temps on s’affirme, on mûrit et on cerne nos goûts et préférences. Mais surtout : avec le temps on devient cons. Oh si, pas besoin de faire la sourde oreille, c’est la vérité vraie inébranlable. Du coup devenir con quand on se sépare du lot, lentement, au sein d’un cercle d’amis ou par phases initiatiques qui nous font passer d’un lecteur normal à un gros lecteur puis un lecteur qui a un certain socle de connaissance et enfin un lecteur pointilleux qui sait ce qu’il veut et qui va le chercher quand parfois il ne sait pas que ça existait. Oui : CE lecteur. Le type qui te parle de titres des années 80 avec autant d’aisance qu’un attaché presse te parlera du dernier shônen à la mode… avant de passer au suivant quelques mois plus tard. « Mais mec, quel est l’intérêt de cet article ? » Merci d’avoir posé la question, j’étais un peu gêné à l’idée de le faire moi-même. Bah rien, il n’y a aucun intérêt sinon souhaiter un joyeux « fuck you normies » et claquer la porte en serrant ses petits poings rageurs.

Bien sûr qu’il y a un message : lisez, oui, mais lisez bien.

Combien de séries « de jeunesse » chacun d’entre vous va-t-il revendre ou donner au fil de sa vie, un peu honteux de les avoir possédées ? Ah mais c’est normal, on a tous été jeune et con et d’un goût plus que douteux. De la bagarre et des nichons et on se retrouve à acheter tous les Oh!Great publiés au monde (déconnez pas par contre, c’est de la bonne bagarre à nichons qui vaut la peine d’être lue). Mais qu’en est-il des gens qui ne vont pas vouloir, par volonté propre ou par déni, varier leur registre de lecture ? À savoir principalement du manga d’action/aventure plus ou moins mature mais surtout très axé sur le même genre d’histoire, avec des rebondissements, de la bagarre, du rebondissement mammaire, de la bagarre aussi un peu quand même, et des bogoss qui prennent la pose. Et je suis le premier à en avoir, aucun soucis, quand c’est bien fait il n’y a pas de mal à aimer ça. Sans vouloir forcer certaines lectures aux gens, j’irai pas faire du prosélytisme à ceux et celles qui n’aiment pas ci ou ça. M’enfin entre nous, ça serait con de passer à côté de petites perles d’auteurs juste pour avoir le dernier mot.

La Bible de la BD japonaise, c'est Meloku qui vous le dit.
La Bible de la BD japonaise, c’est Meloku qui vous le dit.

C’est dans ce sens que j’ai finalement laissé tous mes chakras ouverts et que j’ai accepté plein de styles de bouquins, je parle toujours manga, si je m’éparpille on est pas rendus. Du seinen drama à l’érotique, en passant par la romance ou l’eroguro bien sale mais poétique. De tout. Si bien que je me retrouve avec une collection complètement hétérogène et différente de ce que ça pouvait être il y a 6 ans : le rayon shônen du Leclerc du coin. Bref, c’est du passé et je suis fier d’exhiber mes bouquins bien rares et/ou peu connus non pas pour leur rareté mais car ils sont exceptionnels et que c’est parfois une chance de pouvoir les posséder et de savoir les apprécier à leur juste valeur. Et donc pour conclure tout ça sur un vrai contenu d’article de blog et non pas juste un billet d’humeur de type statut Facebook : voici une liste exhaustive de lectures qui méritent le coup d’œil, en laissant tout préjugé derrière soi pour s’y plonger à fond sans retenue et en ressortir différent. Et comme le hasard fait bien les choses, on chronique régulièrement ces auteurs sur Nostroblog, parce que le bon goût est un critère de recrutement, donc pas besoin de citer des œuvres, vous faites un tour sur le blog et Meloku, Raismith, Bobo ou encore moi-même seront là pour vous introduire à ces lectures.

Les auteurs « soft » que l’on trouve facilement et qui mine de rien apportent quelque chose par leur style graphique et l’identité des histoires :

Inio Asano qui va parler d’amour, d’enfance, d’adolescence, de la vie, de la mort, de tout. Et avec un brio tel qu’il est difficile de l’égaler.

Masato Hisa qui dessine comme un dieu et raconte des choses sorties de la tête d’un fou passionné et cultivé.

Atsushi Kaneko qui lui aussi a son univers visuel et sait écrire des histoires uniques et exceptionnelles.


Les auteurs « déjà moins soft, attention ça peut tâcher » que l’on trouvera chez des éditeurs qui osent, qui n’ont pas peur de proposer du différent pour ne pas dire alternatif :

Tsukiji Nao qui dessine des garçons plus mignons que la plus mignonne de vos voisines, dans des histoires profondes et avec une plume délicieuse.

Junko Mizuno qui fait du mignon un peu gore et sexuel, mais mignon tout de même. Mais gore. Et sexuel, hé.

Junji Ito qui fait lui de l’horreur bien crade par moment mais toujours bien accentuée sur l’insidieuse frayeur suggérée par les situations et le dessin.


Les auteurs « oh putain vous avez vu l’heure les enfants ? au lit ! » car ouai non faut pas déconner, cachez ça c’est vraiment pas pour tout le monde :

Shintaro Kago qui te fait voir des trucs de toutes les couleurs, qui déconstruit à tour de bras l’homme et l’Homme (et la femme aussi, pas de problème) dans tous les sens (propre comme figuré). Bref, un monstre.

Suehiro Maruo qui fait des trucs parfois tu sais pas trop où il veut en venir mais hé pourquoi pas après tout il est dans un pays libre il fait ce qu’il veu-OH WOW C’EST QUOI QU’IL FAIT LE MONSIEUR AVEC LE CACA DE LA FILLE ?? De la grande littérature.

Usamaru Furuya qui fait dans le même ton que Kago, avec des trucs vraiment tordus mais géniaux, et du sale un peu qui tache partout, de la tête au pied sans concession, sans laisser intact. Et on en redemande.

Et le god tier pour les fous furieux : Mutant Hanako, paru chez lezardnoir.

La biographie de ta mère.
La biographie de ta mère.

Après ça si vous voulez toujours rester sur des lectures plus classiques, qu’elles soient récentes ou plus vieilles (mais pitié arrêtez avec Dragon Ball j’en peux plus) aucun problème, je lis aussi des trucs mignons et tranche de vie ou du vieux Go Nagai, mais au moins j’aurais essayé de mettre la lumière sur le pourquoi du comment, me concernant, et tenté aussi de mettre sous les projecteurs quelques auteurs qui sont encore beaucoup trop méconnus du grand public, et donc pas assez appréciés à juste titre. Bonne lecture !

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20 réflexions sur “Je suis devenu un connard de hipster élitiste… et alors ?!

  1. Je me désolidarise de la communauté musul euh… rédactrice de Nostroblog. Déjà à cause de l’emploi des termes du titre. Bon connard je dis pas. Pour le côté hipster, non seulement j’ai du mal à m’enfermer dans ce genre de case, mais en plus c’est un terme provenant de la culture bâtarde (pour le pire et le meilleur) américaine dont j’exècre l’impérialisme. Beurk. Et je ne pense pas qu’on puisse vraiment parler d’élitisme, car varier ses lectures est à la portée de tout le monde. Bon ok, c’est souvent un peu plus cher que des mangas classiques, mais ça reste accessible pour des gens (comme toi et moi) venant de la classe moyenne (existe-t-elle seulement encore ?)(on s’en fout). Et puis ils sont disponibles en médiathèque le plus souvent.

    Pour moi, le goût de la lecture, de la découverte et du partage est synonyme de curiosité et non d’appartenance à une certaine élite (pitié, les mecs qui se disaient élitistes car ils avaient lu JoJo m’ont toujours donné envie de gerber).

    (Ah ouais, et tu parles ni Keiichi Koike ni de Daisuki Igarashi dans ton article, hipster de mes couilles va.)

    1. Le titre est plutôt dans la bouche de nos détracteurs que dans la nôtre, c’est là le truc de l’article. Après je dis hipster dans le sens « j’aimais ça avant que ça soit connu » mais avec pas mal d’autodérision, je me frotte pas la barbe contre mes bouquins indépendants comme certains avec leurs collections de vinyles ou de comics américains d’époque en état mint blabla sous pochette plastique certifiée que sais-je. Eux, sont des putains de hipsters. Nous, au pire des collectionneurs fous, au mieux des passionnés maladifs.

  2. poule coq

    C’est bien ce que tu dis mais la plupart des titres que tu proposes Une vie dans les marge…Je les ai et je les lis,cela ne m’empêche pas de continuer a lire du seinen,quelque bon shojo et du shonnen nekketsu type:One Piece,Naruto,Toriko,Jojo et je serai le premier a lire One punch man et My hero academia dés leur sorti.Je pense que tu as perdu quelque chose,souvient toi qui tu es et d’ou tu viens(les débuts de Dragonball:)

    1. Je me souviens très bien de la médiocrité de mes premières lectures et de l’ennui que j’ai à lire les shônen qui font pourtant vibrer beaucoup de monde. On change, que veux-tu…

    2. (Concernant Une vie dans les marges, c’est moi qui me suis permis de mettre l’illustration dans l’article juste pour lui faire un peu de pub (je crois que Eck ne l’a pas encore lu))

  3. Ouais, un peu d’accord avec toi. Les shônens de ma jeunesse commencent vraiment à m’ennuyer et je me tourne vers des auteurs un peu moins connus. Je recherche un minimum de profondeur dans le propos ou le style maintenant, et c’est pas le Shônen Jump qui va me l’apporter, ça.

  4. Je rejoins Amo : l’un n’empêche nullement. Cela fait 13 ans que j’achète mon volume de Naruto dès sa sortie, j’ai commencé au tome 1. Revendre mes shônen bourrins ? Plutôt crever ! Et en même temps, je lis des trucs vieux, étranges, et/ou qui ne se vendent pas. Ce que je recherche avant tout, c’est la diversité. En 2016, je lirai Deathco et Boku no Hero Academia.

    1. Je vois pas où ni quand j’ai dis qu’il fallait arrêter de lire du shonen pour se consacrer à des titres obscurs. Vous interprétez tout à l’envers comme ça vous arrange. Je parle surtout d’évolution en tant que lecteur et d’exigences différentes, accentuées par des conseils d’amateur à amateur de lectures moins conventionnelles et accessibles pour raison x ou y. Le surnom de hipster élitiste c’est pour me moquer de ceux qui nous en affublent à tout va. Déridez-vous.

  5. THF

    Meloku > J’allais dire « t’as pas cité Koike » (:
    chipsld > Ouais c’est clair le mieux c’est Spirale mais au pire y’a aussi Tomie.

    Puisqu’il y a la couv d’Une vie dans les marges, pas besoin de citer Tatsumi, par contre on oublie trop facilement Tsuge et son incroyable L’homme sans talent, à lire absolument!
    Pis y’a tellement d’autres auteurs accessibles géniaux comme effectivement Igarashi mais aussi Mizuki, Samura, Kiyohiko Azuma, Takashi Murakami (celui du Chien gardien d’étoiles, pas celui qui déjeune à l’acide), Taiyō Matsumoto, Fumiyo Kōno, Hideo Yamamoto, Mochizuki (bon y’a une illu de barbu dans l’article), Umezu ou Ishinomori, entre autres, et pour des lecteurs plus amateurs ou avertis des trucs comme Akino Kondoh, Georges Akiyama, Susumu Higa, Yuichi Yokoyama, Hideshi Hino, Daisuke Ichiba, Hideki Arai, pour ne citer que des auteurs ayant plusieurs de leurs œuvres publiées en France, et encore plein d’autres, bien entendu.

    Toute façon pour découvrir en manga des trucs atypiques et de qualité à coup sûr il suffit de taper dans ce que publient en France IMHO et Le Lézard Noir. Après on peut faire un tour aussi du coté de chez Kana avec les collections Made In et Sensei… Et chez d’autres éditeurs comme Cornélius, et d’autres…
    Enfin, ce qui est sûr c’est que d’années en années on a de plus en plus de titres et d’auteurs atypiques et/ou classiques (Gō Nagai ou Shin Takarajima de Tezuka en sont de bons exemples) édités en France, et c’est génial et il faut en profiter (:

    1. Il y a plein d’auteurs encore que je ne connais pas, mais je me rattrape au fur et à mesure que les bouquins s’entassent chez moi. D’où l’ironie du titre : bah non je suis pas du tout un hipster, au pire un élitiste wannabe, au mieux un lecteur qui cherche à affiner ses goûts.

  6. Ping : Raise Your Flag – Passion et élitisme font-ils bon ménage | Néant Vert

  7. Xylo

    C’est pas tant que tu deviens élitiste, c’est plutôt que tu vieillis et que du coup ton niveau d’attente augmente. T’inquiète ça fait pas mal, enfin pas tout de suite :D

  8. J’ai les chakras ouverts moi aussi mais mon compte en banque lui est sous silence. Pas de soucis avec le temps je vais me forger une collection en béton armé, avec des bouts de Shônen bien baveux, du Lézard bien noir, et du Roman Graphique en obsidienne…plus sérieusement super article auquel on s’identifie dès la première ligne.

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