Doctor Who, Saison 9 : Reverse the polarity

Comme tous les ans, mais jamais à la même époque de l’année, nous voici à présent réunis non pas pour la naissance du Christ mais pour le bilan de la dernière saison de Doctor Who.

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Attention, spoilers are coming. (chers amis non-anglophones, ne lisez pas la suite si vous n’avez pas vu la saison 9, et aussi pardon pour tous les anglicismes)

Pour cette saison, pas de gros changements au début, Peter Capaldi tient toujours le rôle du Docteur, et Steven Moffat est toujours showrunner. Et si vous cherchez un article conçu pour assassiner l’horrible showrunner qu’il est, misogyne de surcroit, et dévoreur de bébés, vous vous êtes encore trompés d’adresse.

Mais ce que l’on savait avant même que cette saison débute, c’est que c’était la dernière de Jenna Coleman, et donc du personnage de Clara. Mais ça va, nous étions préparés, alors on a pas pleuré. Hein ? HEIN ?!

Face the Raven

Cette saison voit par contre un petit changement au niveau de la forme. Elle commence par 4 « two-parters » (épisodes en 2 parties). Un format qui n’avait pas beaucoup été utilisé par Moffat jusque-là, et qui évoque plus qu’un peu la structure des épisodes « Classic » de la série (avant 2005), ce qu’on appelait alors des « serials ». L’avantage, c’est de pouvoir développer une histoire sur plus de 45 minutes. Mais l’inconvénient évident à cette structure, c’est un gros problème de rythme, ce sera toujours le cas avec une histoire développée sur plusieurs épisodes, et tous les serials de Doctor Who sont là pour le prouver. Et, de manière plus subjective, il y a aussi le problème du « two-parter » à la première partie inintéressante, et la frustration de savoir qu’on va devoir se taper la suite la semaine d’après.

Photo : Copyright © Simon Ridgway, 2015 / +44 (0)7973 442527 / www.simonridgway.com / pictures@simonridgway.com / 20.02.15 : Doctor Who Series 9 Block 2.

La saison commence très fort. Avec le retour de Missy (anciennement le Master), des Daleks, ainsi que de leur créateur : Davros. Et aussi le Docteur a maintenant une guitare électrique, c’est important parce que c’est ultra cool. C’est dans ce double épisode d’ouverture que l’on entend pour la première fois parler de l’Hybride. Un être qui, selon les prophéties de Gallifrey, serait la ruine des Time Lords (et peut-être mi-Time Lord, mi-Dalek).

Les épisodes 3 et 4 sont moins géniaux. Une histoire de fantômes qui ne sont pas des fantômes. Quelques bonnes idées, pas mal de déjà-vu, et un rythme pas terrible.

Le « two-parter » suivant introduit le personnage d’Ashildr, interprété par Maisie Williams (Game of Thrones). Au début, elle est juste une jeune viking, mais le Docteur la ramène ensuite d’entre les morts (car il n’en peut plus de voir mourir les gens qu’il aime bien). Pour cela il insère en elle une petite pièce de technologie, faisant d’elle une hybride (d’après les propres mots du Docteur) et la rendant virtuellement immortelle. On retrouve le personnage dans l’épisode suivant plusieurs centaines d’années plus tard, où elle s’appelle Me (Moi), et est obligée de consulter ses anciens journaux intimes pour pouvoir garder un trace de son passé, car sa mémoire (humaine) n’est pas faite pour durer une éternité. Ashildr/Me est un perso très intéressant, mais ces deux épisodes souffrent encore de quelques problèmes, le premier est un peu trop léger et le second est parasité par ses personnages secondaires rentrant directement dans la catégorie des « on ne les reverra jamais et tant mieux ».

Le double épisode que je n’attendais pas du tout, c’était celui sur les Zygons, n’étant pas trop fan des pénis à ventouses. Et pourtant, c’est l’une des plus grosses réussites de la saison. D’abord on a le droit à une grosse métaphore de la situation actuelle en Europe au niveau de l’immigration, ce qu’on ne s’attend pas à voir dans une série comme Doctor Who. Et puis c’est une vraie conclusion à l’intrigue des Zygons dans « The Day of the Doctor ». En plus de ça, le deuxième épisode se termine sur l’un meilleurs speechs du Docteur, malheureusement filmé avec les pieds.

L’épisode annuel de Mark Gatiss utilise l’un de mes plaisirs coupables (le found footage) et on ne va pas en dire plus car il est un peu mauvais et c’est triste.

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L’épisode 10, « Face The Raven », était annoncé comme la dernière apparition officielle de Clara. Il fallait être très naïf pour vraiment y croire bien sûr mais il faut avouer qu’ils ont mis le paquet, puisqu’ils l’ont tué à la fin de l’épisode !

Et si cela semble un peu maladroit et précipité dans l’épisode, c’est pourtant une manière très logique de terminer son arc. Clara qui se prenait pour le Docteur, Clara qui se croyait indestructible et prenait des risques inconsidérés. Une évolution qui ne semble pas prendre beaucoup de place dans la saison, mais qui est bien présente. Et c’est justement un risque de trop qui cause sa perte.

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Et puis se débarrasser de Clara à ce moment permet d’enchaîner sur l’incroyable « Heaven Sent », déjà nommé le meilleur épisode de la série par certains (mais ils se trompent puisque c’est « Listen »). Moffat reprend les commandes de l’écriture, et Capaldi est lâché tout seul (ou presque) pendant 50 minutes. Et si le twist arrivant à 5 minutes de la fin est facilement devinable avant pour peu qu’on soit un habitué des séries s-f/fantastiques, c’est ce qui suit qui est vraiment brillant. Le montage final est l’utilisation la plus originale qui ait été faite d’une boucle temporelle depuis au moins Un Jour Sans Fin (le film préféré de tous les gens sympas).

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La première chose à dire sur le season finale c’est OH MON DIEU C’EST GALLIFREY ! Le Docteur fait son grand retour sur sa planète d’origine. Et là OH MON DIEU C’EST RASSILON, LA GRANGE, GET OFF MY PLANET!!! Bref, le début d’épisode est du pur fangasme. Le Docteur est en mode War Doctor (cf « The Day of the Doctor ») et Time Lord Victorious (cf « Waters of Mars »). Il est en colère et il le montre. Et on se demande jusqu’où ça va aller.

Et bien pas très loin, enfin dans les faits, si, il bute un Time Lord quand même (à qui il reste des régénérations) et il bafoue toutes ses règles au risque de détruire l’univers. Mais l’important, c’est justement que Gallifrey n’est pas importante. Pas pour lui. Pas à ce moment. Car, tout ce qu’il veut, c’est sauver Clara. Il utilise ainsi les Time Lords, tout comme ceux-ci l’ont utilisé, et ramène plus ou moins Clara à la vie en la figeant entre ses deux derniers battements de cœur. Les Clara haters (qui semblent moins nombreux que les River haters, mais pas loin…) vont détester que Moffat lui donne encore plus d’importance qu’avant. Tant pis pour eux. Clara est importante, et il était impossible que Moffat ne la fasse pas partir de la manière la plus glorieuse possible. Et, si ça peut calmer certains, n’oublions pas que le Docteur voit maintenant ses compagnons (ses meilleurs amis) mourir autour de lui depuis plus d’un millier d’années, il n’est pas inconcevable de le voir s’accrocher presque au point d’en perdre la raison. Surtout qu’il déteste les fins.

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Cette saison 9 opère en fait comme un tour de magie. Cela tombe bien, Capaldi est parfaitement vêtu pour l’occasion. Le premier épisode a d’ailleurs pour titre « L’apprentie du magicien », Clara. Les fans de la série sont familiers avec le nom du tour depuis longtemps. C’est « Reverse the polarity » (inverser la polarité). Le secret du tour, c’est que le magicien est en fait la diversion, et que l’apprentie est la magicienne. On a même le droit à une double diversion (ne tentez pas ça chez vous !) puisque l’Hybride est au final un faux arc qui ne sert pas à grand-chose. Le tour est tellement génial qu’on ne sait même pas s’il a commencé il y a quelques semaines ou 3 ans.

Or, exécuter un tour de magie c’est un peu comme raconter une histoire. Il y a souvent 3 actes majeurs, beaucoup de fausses pistes, et un twist final. Et le Docteur s’y connait en histoires. « Nous sommes tous des histoires, à la fin » disait-il déjà en saison 5. Et maintenant il ajoute que « Chaque histoire jamais racontée est arrivée. Les histoires sont l’endroit où les souvenirs viennent quand ils sont oubliés ». Et vu qu’il oublie Clara pour toujours, elle devient cette histoire, celle que nous raconte Moffat depuis la saison 7.

Mais elle devient plus que ça, elle est à présent l’égale du Docteur, coincée entre ses deux battements de cœur pour aussi longtemps qu’elle le désire, pilotant son propre TARDIS où elle en a envie, quand elle en a envie. Et c’est elle qui choisira quand son voyage se termine, personne d’autre.

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4 réflexions sur “Doctor Who, Saison 9 : Reverse the polarity

  1. Et le tournevis alors, on en parle ? Scandaleux !! La série ne t’appartient pas Moffat, j’te préviens !

    (Blague à part je suis un peu déçu de l’utilisation des lunettes. Il y aurait peu avoir des effets visuels cools, mais non.)(Ou sonores alors, mais toujours non.)

    Sinon elle était très bien cette saison (ça ressemblait presque à du Doctor Who post-SatanMoffat), à deux trois détails près : un épisode nul/chiant (pas de chance il est double), un Gatiss gerbant (au sens propre)(enfin sale)(ça dépend des goûts (?)) et un final que je n’ai vraiment pas aimé.

    Bon, comme tu m’as déjà lu sur les deux premiers trucs, je passe directement à la fin. J’ai halluciné quand j’ai vu que Heaven Sent a été autant plébiscité. Alors oui il est bien réalisé, oui la boucle temporelle est sympa (du pur Moffat, j’en parle dans mon prochain article #teaser), oui Capaldi joue bien, mais je l’ai trouvé affreusement long, pas très surprenant et le résultat est complément craqué. Enfin bref, j’ai bien aimé le suivant mais le Docteur qui bute quelqu’un avec un flingue (même s’il n’est pas vraiment mort)(même s’il était vraiment en colère), ça ne passe pas. Encore je peux pardonner les lunettes, encore je peux passer sous silence les 4,5 milliards d’années, mais ça, ce n’est pas possible. Le Docteur incarne le pacifisme, même dans les heures les plus délicates il est contre la violence, il méprise ceux qui l’utilisent.
    A part ça j’ai trouvé le retour sur Gallifrey anecdotique (ça aurait été Jupiter que ça n’aurait rien changé) et je n’ai pas vu l’intérêt de ressusciter les Seigneurs du Temps. N’importe quel autre ennemi aurait fait l’affaire.

    Du coup je sors assez déçu de cette saison, et ce malgré toutes les qualités (principalement Arya et les zygons).

    1. Maerlyn

      Gallifrey anecdotique… :(
      Sinon j’aime bien quand Moffat bouleverse l’archétype du Docteur, je trouve qu’il fait ça bien. Mais avec toutes les réactions négatives que ça suscite, j’ai peut que le prochain showrunner soit super frileux.

        1. Maerlyn

          Je trouve qu’on en a assez peu qui suivent l’actualité de si près. (« Turn Left ? Ce truc que personne regarde ? » me souffle-t-on dans l’oreillette)

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