Yo-kai Watch

Depuis fin Avril, le nouvel événement sur vos consoles Nintendo préférées, c’est l’arrivée tant attendue de Yo-Kai Watch, premier opus du nom alors que la saga en est déjà à la troisième génération dans son pays d’origine (et au moins autant de spin-off). Le soit-disant Pokémon mais avec des yôkai. Pourtant, s’il s’agit bien d’un jeu avec des créatures aux apparences oscillant entre mignonnes et affreuses, on est loin de Pokémon. Explications.
yokai watch logo

Déjà, commençons par la commencement. L’histoire n’est pas celle d’un ou d’une adolescente voulant attraper tous les monstres et devenir le plus fort dresseur en combattant les champions du coin, alors qu’une Team de méchants ourdi un complot secret. Dans Yo-Kai Watch, on incarne un garçon ou une fille (Nathan et Katie, contre Keita et Fumika en vo). Petit plus : on peut choisir le nom de son perso, petit moins : mais pas personnaliser son apparence. Un jour, on découvre une étrange machine en forêt, libérant alors sans le vouloir un yôkai (ou plutôt « Yo-Kai ») : Whisper. Un peu comme dans le premier chapitre du Pacte des Yôkai (manga de Yuki Midorikawa, publié par Delcourt, bientôt 17 tomes) mais en différent. A l’inverse du départ de Pokémon, il n’y aura pas de parents démissionnaires qui abandonnent leur gosse dans la nature sous prétexte de le laisser vivre une grande aventure. Au contraire, sortir la nuit sera impossible pendant les premières missions !

Yo-Kai Watch X L'ère des Cristaux
Yo-Kai Watch X L’ère des Cristaux

C’est ainsi qu’on se retrouve à devoir aider les gens et les yôkai en difficulté, alors qu’ils ont perdu un objet ou leur motivation, se sentent fatigué ou affamé, etc. Le scénario se construit petit à petit, à partir de ce genre de missions sans trop d’enjeux. On se retrouve finalement à affronter des dangers et des boss de plus en plus menaçants ! L’histoire se développe plutôt lentement et ce n’est que trèèès tardivement que l’on devine un lien plus profond entre les différents chapitres et ennuis qu’on subit les habitants de Granval. L’histoire peut se boucler en 20 à 30 heures de jeu, mais pour compléter le Yo-Kaidex (ou Médaillium plutôt), il faudra s’acharner et s’armer de patience en post-game. Post-game qui offre beaucoup de contenu par ailleurs, puisque de nouvelles zones deviennent explorables ainsi que d’autres requêtes annexes. De plus, le jeu contient une myriade de quêtes secondaires et de détails amusants, comme le colérique Yo-kai des passages piétons, ou de passages effrayants, comme l’horreur de la Terr’heure  (moment aléatoire du jeu durant lequel les Onis envahissent la ville !), permettant de vraiment vivre l’aventure à son rythme.

L’un des problèmes, c’est que malgré la carte plutôt grande, on se retrouve rapidement à tourner en rond dans Granval-sur-Mer, alors que des paysages plus variés auraient été bienvenus. Peut-être dans le deuxième ? Dans le même ordre d’idée, je trouve le système de capture très contraignant. Contrairement à Pokémon, où il suffit de balancer des balles sur des animaux pour les enfermer dedans, ici on se base sur l’amitié humain-yokai (le fameux « Pouvoir de l’Amitié », bien connu des fans de Yu-Gi-Oh), il n’y a donc pas moyen de contraindre l’une de ces créatures de faire équipe avec vous. Au lieu de ça, la seule possibilité est de nourrir un ennemi pendant le combat en espérant qu’il apprécie le geste et demande à devenir votre ami une fois l’affrontement fini. Une belle dose de hasard, qui peut s’améliorer en fonction de l’aliment donné (genre, Feulion apprécie plus les viandes par exemple), et pour obtenir un yo-kai précis, il faut être patient ! Cela ajoute donc une dose de difficulté, puisque certaines médailles de Yo-Kai sont absolument nécessaires pour libérer des Yo-Kai légendaires emprisonnés par des sceaux sacrés.

yokais mignons
KAWAII !!!

Par contre, l’un des points innovants par rapport à Pokémon, c’est le système de combat. Celui-ci ne se fait pas au tour par tour, mais en temps réel. Au début, ça paraît un rien bordélique, mais on s’y habitue vite. Comme dans Pokémon, on a une équipe de six petits monstres, mais là, les combats sont en équipes : trois au front, trois à l’arrière. C’est original, et cela permet des remplacements rapides, en fonction des besoins. De ce côté, j’ai trouvé la difficulté du jeu abordable, avec des boss un peu difficile en comparaison de leurs nombreux sous-fifres, mais au moins, ça fait du challenge ! Contrairement à un Pokémon où les monstres peuvent évoluer une fois atteint un certain niveau, les Yo-Kai ne sont qu’une poignée. Et pour cause, 1) sur plus de 200 Yo-Kai, beaucoup sont des copiés-collés avec une palette de couleurs différente (Margoth et Squelèbelle par exemple) et 2) pour obtenir d’autres Yo-Kai, il faut souvent les fusionner entre eux ou avec des objets (oui, oui).

La version française est appréciable, mais dommage qu’il n’y ait pas le choix d’une vostfr. Mais déjà on échappe à la vf du générique, c’est un bon point (à la place on a la version US, est-ce mieux ?). Parce que changer les prénoms des personnages et lieux, est-ce bien nécessaire ? (réponse : non, jamais) Le jeu ciblant une tranche d’âge d’environ 6-14 ans, la traduction se veut infantilisante au possible, avec jeux de mots en tout genre, et le tout reste mimi tout plein et parfois trop moralisateur. L’important, c’est que certains des Yo-Kai les plus emblématiques (et les plus kawaii, mais c’est sûrement lié) gardent leur nom japonais (Jibanyan, Komasan ou encore Komajiro, pour ne citer qu’eux).

Au Japon, le jeu vidéo développé par Level-5 (les mêmes que pour Fantasy Life) est un phénomène. Le deuxième opus fut la meilleure vente de jeu vidéo en 2014 sur l’archipel. D’ailleurs, depuis le premier, les suivants reprennent la recette Pokémon en sortant en deux versions (il y en a même une troisième, plus complète, nommée Yo-Kai Watch 2 : Shinuchi). Ainsi, Yo-Kai Watch 3, prévu en Juin 2016, est décliné en version… Sushi et Tempura ! Evidemment, on ne s’arrête pas en si bon chemin, et des spin-offs déferlent : une version Just Dance sur WiiU, une version multijoueur intitulée Yo-Kai Watch Busters (en deux version Aka Neko-dan et Shiro Inu-tai) et enfin, Yo-Kai Watch : Sangokushi, basé sur la légende des Trois Royaumes ! Pour le moment, aucune idée de l’avenir de ces titres pour une version occidentale…

La version shôjo de Keita, Komasan & Komajiro.
La version shôjo de Keita, Komasan & Komajiro.

Côté manga, on a trois versions, toutes chez Shôgakukan : le shônen (« kodomo ») de Noriyuki Konishi, prépublié dans le Corocoro Comics avec déjà 9 tomes et prévu chez Kazé Manga en France (pour le second semestre 2016) ; la version shôjo Wakuwaku Nyanderful Days de Chikako Mori, prépubliée dans le Ciao (2 tomes, en cours) et le one-shot Komasan – Hanabi to Kiseki no Jikan de Sho Shibamoto dans le Hibana (aux côtés de Dorohedoro !). Je doute que ces deux dernières séries trouvent un éditeur français, mais bon…

Evidemment, cela ne s’arrête pas là, et on trouve de multiples produits dérivés : figurines, peluches, straps et médailles à collectionner. En France, cela devrait arriver à la rentrée avec la diffusion du dessin animé sur Gulli (il est pour l’instant disponible sur Boing). Bref, tout est prévu pour que Yo-Kai Watch connaisse le même succès qu’au Japon. Personnellement, je craque déjà pour Komasan et son frère jumeau Komajiro !

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