Naruto : cas scolaire d'un bon manga devenu médiocre

Question : Pourquoi Naruto est-il un bon shônen manga qui a mal tourné, tel un gamin brillant et promis à un bel avenir qui se mettrait à fumer du shit et voler des scooters au lieu de finir ses devoirs ? 

C’est probablement un des premiers mangas vraiment SHÔNEN NEKKETSU que j’ai pu lire, avant même de me lire l’intégrale Dragon Ball ou me lancer dans One Piece (que j’ai lâché because reasons) voire Bleach (que je continue pour le dessin de l’auteur que j’aime beaucoup davantage que pour l’histoire qui tourne tellement en rond qu’elle s’est faite embauchée par le CERN pour bosser sur son accélérateur de particules). Un gamin qui veut devenir le meilleur X, qui va se faire des copains parmi les gentils, puis convertir des méchants en gentils, des gentils en méchants et enfin des méchants en méchants encore plus méchants. Puis ils deviendront gentils sur leur lit de mort. Tout un concept. Avec un mentor qui sait des choses mais ne dira rien avant la fin (ou sur son lit de mort), un mentor qui va transmettre du savoir avant de mourir, des ennemis plein se sagesse (mais que sur leur lit de mort, vous savez, avant de redevenir des gentils), des méchants que l’on aime détester et des gentils que l’on déteste aimer. Pfou, c’est complexe les mangas hein. BON, où et comment Naruto a-t-il pu mal tourner ? Il faudrait quand même que je m’explique sinon on va encore me traîner dans la boue pour écrire beaucoup pour ne rien dire et faire des articles à clics. Ah, la déontologie, une étape nécessaire à tout processus créatif basé sur l’exercice de critique. Acte.

Faites que Kishimoto change de public et d'éditeur histoire de ne pas gâcher son potentiel esthétique.
Faites que Kishimoto change de public et d’éditeur histoire de ne pas gâcher son potentiel esthétique.

Le début de Naruto : un bon shônen manga

On est tous assez d’accord, Naruto au début c’est vraiment bon. Même en mettant de côté l’aspect nostalgie du début de Naruto, pour l’avoir personnellement commencé il y a un moment (je me mets dans la fourchette typique de l’ado qui commence Naruto lorsque le manga débute en France, et qui vieillit avec jusqu’à sa fin), c’est du shônen typique mais ça reste très correct. Histoire rythmée, personnages attachants, l’effet découverte d’un nouveau monde y joue, celui des ninjas un peu remodelés sauce super-pouvoirs, mais des ninjas putain ! Et tout ça avec un dessin simple mais vivant, des étapes classiques à base de petites histoires servant d’introduction à l’univers et à quelques personnages puis embrayage sur un tournoi (examen scolaire ninja) qui pose encore d’autres bases en terme de panthéon de personnages et de thématiques futures. La conclusion de ce tournoi débouche vite sur un statu quo un peu cataclysmique qui bouleverse les idées reçues et vient mettre un gros coup de pied dans les habitudes de lecteurs qu’on s’était mises en tête depuis le tome 1. Et s’ensuit alors la seconde partie du manga après l’ellipse. Et c’est là que tout part en couilles.

Le début de Naruto, simple, concis et rudement bon !
Le début de Naruto, simple, concis et rudement bon !

Naruto Shippûden : le début de la fin juste après la fin du début

Là où le début était prometteur, avec de potentielles aventures mêlant intrigues géopolitiques et combats de ninjas hauts en couleurs, nous aurons effectivement tout ça dans la suite mais mis en scène de façon à mettre en avant certains personnages secondaires au profit du héros éponyme. Il est là bien sûr, il le sera toujours jusqu’au dernier chapitre. Mais il est en retrait, exactement comme un Gon de Hunter x Hunter ou un Ichigo de Bleach lorsque les 150 combats de personnages secondaires se suivent et se ressemblent pendant que le protagoniste rassemble sa force dans son coin pour coller une branlée divine au super méchant qui terrorise le monde. Sauf que Naruto ne fait pas grand chose. Il use et abuse d’une seule et même technique, qui lui sert plus tard à développer une sorte de niveau 2 de cette même technique, et ainsi de suite. Oui c’est classique et Goku de Dragon Ball ou Luffy de One Piece ne font guère mieux, mais j’ai pas dit pour autant qu’ ils étaient d’excellents mangas sur ce sujet. L’auteur se repose sur ses acquis et le fait bien. Un exemple frappant c’est Kakashi. Le mentor surpuissant que l’on présente comme un génie inégalé qui aurait acquis plus de 1000 techniques, et n’en sort que 3 ou 4 à tout péter. Surtout une, puis une autre lorsque la première est devenue trop quelconque et pas assez forte pour plaire à un public qui veut du sensationnel. Et aux petits malins qui ont compté exactement 5 techniques juste pour me dire « ah la la, quel connard tu es », allez plutôt lire des vrais mangas de baston et vous compterez plus les techniques car vous n’aurez plus assez de doigts pour.

Trop de personnages tuent les personnages (entre eux)

Ainsi se perdit Masashi Kishimoto dans la facilité. Au diable la volonté de réellement changer ses personnages : Sakura sera la meuf façon Japon par excellence, personnage de soutien basé sur l’empathie et les larmes, puis mère au foyer, allez boum emballé c’est pesé ! T’as cru qu’on allait faire de toi une femme forte et déterminée ? Bah tu feras la vaisselle et torcheras tes mioches ! Sasuke va laisser la colère et la vengeance consumer son esprit fin et aiguisé du début en faisant de lui un pantin facilement manipulable et pliable à n’importe quelle volonté juste pour pouvoir avoir des réponses à des questions du passé qui de toute façon ne changera pas, vu que c’est du passé, un adolescent rebelle et stupide à souhait qui aime se morfondre sur son sort en se disant que la vie c’est de la merde et finira seul de gré plus que de force. Et Naruto ouh la la, je ne sais pas par où commencer tellement j’ai à dire. Il se complaît dans la médiocrité intellectuelle. Il n’est pas spécialement malin dès le début mais va continuellement développer des techniques ultra-puissantes pour des conneries, il va être incapable de porter ses couilles une seule fois dans sa vie, obligé d’écouter les conseils des autres alors que merde il a un démon-renard surpuissant dans son corps qui lui procure une force surhumaine, mais non, il a peur d’un rien. Et quand il se prend des poussées hormonales de courage ce n’en est pas et il fonce droit dans des murs la tête baissée, la politique du « ça passe ou ça casse ». Il est toujours aussi bas du front en terme de maturité, un enfant éternel qui ne pense qu’à s’amuser parce que quand il était petit il avait pas d’amis et maintenant qu’il en a c’est trop dur de se concentrer sur les méchants à buter (ou à convertir en amis sur leur lit de mort) et finir l’histoire, pour ainsi dire. Non, Naruto va hésiter et laisser filer des occasions (vous savez, celles qui font le larron), compromettant d’énormes projets de restauration de la paix au profit de caprices. Bref, une tête à claques comme j’en ai rarement vu dans des mangas. Et donc, je voulais en venir au fait que ces personnages qui n’évoluent pas tant que ça pendant la quasi-intégralité du manga, donc plusieurs années de publication et de diégèse, sont peu à peu mises à l’écart par les aventures mollassonnes et anti-charismatiques de sous-fifres de séries Z, comme le mec aux insectes ou le mec au chien (ils n’ont pas de nom, arrêtez le forcing). Du fan-service pour trois rigolos qui ont dit qu’ils aimaient bien ces personnages alors qu’ils n’apportent rien et n’apporteront vraiment rien de rien à l’histoire, avec le recul. Mais des personnages secondaires, il y en a plein, et du temps de parole à l’antenne aussi ! Du coup beaucoup de pages gâchées pour un rien, qui n’avancent pas l’histoire d’un pouce, pas même les arcs secondaires importants liés à des personnages majeurs. C’est juste du remplissage.

J'ai pas terminé mon analyse alors tu te tais.
J’ai pas terminé mon analyse alors tu te tais.

Les super-pouvoirs sans fin, ni début, ni veau, vache, cochon, couvée… 

On aime tous les personnages avec des pouvoirs. C’est classe, ça fait différent et en bons edgelords que nous étions, jadis adolescents, c’était vraiment trop cool. Mais un pouvoir s’améliorant et devenant super, puis ultra, puis giga, puis archi-pouvoir de l’apocalypse, ça fini par se voir un peu gros comme une maison que l’auteur ne sait pas se renouveler. Et donc voir des techniques ninjas devenir des dons divins (littéralement) à base d’invocations de dieux et autres trucs complètement pétés qui vont ressusciter des milliers de gens, c’est trop. L’auteur fait appel à de véritables deus ex machina qui vont tuer l’appréciation des pouvoirs de chacun, faisant dans la démesure et plus du tout dans la finesse des premiers combats qui se jouaient avec tactique et esprit fourbe. L’identité même de certains personnages (les yeux Sharingan) disparaît au profit d’améliorations qui n’en sont pas ou plus et sont trop éloignées de l’idée de départ et de l’unicité de chacun. Pas des explosions de grosbill et autres délires hypnotiques imparables. Rendez-nous les petits schémas pour débiles qui expliquent le pourquoi du comment des bastons du début, à la limite, pas des grosses rages qui font péter la moitié de l’univers en invoquant des démons de l’enfer infernal. Un peu d’amour propre voyons.

Sa-bordeldeputaindemerde-suke

J’ai déjà parlé de Sasuke mais il mérite tellement sa partie. Oh oui. Sasuke c’est ce petit garçon qui ne vit que dans l’ombre de son grand frère plus talentueux, voire dans l’ombre de sa famille au talent plurigénérationnel. Vous savez, la famille de riches bien placée dans l’industrie, le gouvernement, les institutions genre police, santé, armée. La famille avec un nom à particule, qui te chie à la bouche d’orgueil et de vanité, mais tu peux rien dire car ils ont fait leur succès sur leur talent et l’argent aidant, le talent de leurs progénitures appuyé par un financement constant des meilleures éducations possibles pour leur offrir un avenir jalonné de SUCCÈS. Bref, cette putain de famille. Eh bien Sasuke c’est le petit dernier des Uchiwa. Pas mauvais, clairement pas, mais pas à la hauteur du grand frère, Itachi, du coup à la ramasse totale selon sa propre appréciation de lui-même. Et lorsque sa famille se fait décimer par ce grand frère qui a tout pour lui (manque plus que les gonz, mais ça l’auteur nous en parle pas), le petit frère il comprend plus rien et pète un plomb. Et c’est nourri par la vengeance, serrant ses petits poings animés par la haine et l’incompréhension, que Sasuke va détruire le monde. Enfin le sien, son petit monde tranquille d’étudiant. En détruisant ses amitiés, ses liens avec le monde ninja classique, devenant un renégat, puis ses liens avec soi-même. Il se met à devenir tout ce qui est détestable : un vrai Uchiwa d’abord, mais surtout un sacré connard arrogant et péteux. C’est en oubliant d’évoluer mentalement que Sasuke brille tout au long du manga en devenant un personnage chiant qui ne vit que par la binarité de son écriture : traître MAIS pour se venger. Ah bin d’accord alors, si c’est pour se venger, en appelant à plus de violence pour résoudre un problème de violence, alors tout va bien. Et Sasuke se battra contre le monde entier en restant borné et aveuglé par sa stupidité pendant une majeure partie du manga, devenant la principale source de motivation de Naruto qui veut le ramener à lui (chez les gentils) et de Sakura qui éperdument amoureuse ne cédera aucune occasion de nous le rappeler (meh). Bref, une perle d’écriture.

Binarité totale du développement des personnages.
Binarité totale du développement des personnages assumée par l’auteur.

Le fanservice, entre shipping de couples et oubli de conséquences

On oublie tout. On oublie qu’un mort est mort, qu’un méchant est méchant, qu’il « pète la classe » ou pas, on casse toute valeur acquise. Donc l’auteur (ou ses éditeurs) décide de faire changer de camp à volonté pour tel ou tels personnages, conclue une histoire rapidement pour mieux passer à une autre, fait apparaître des tonnes de personnages juste pour voir ses lecteurs hurler de passion pour avoir vu leur personnage favori pendant une demi-page. Et fait des petits couples, car les gens aiment ça, surtout quand le shipping (faire des couples officieux de personnages) latent aide à fond à créer ces-dits couples. De la romance dans un manga de bagarre ? Pourquoi pas, si c’est bien amené et que ça sert à l’histoire voire à la progression des personnages sur l’échelle individuelle ou même macro au sein d’un groupe. Sauf que non, cela ne sert à rien dans Naruto, sinon créer davantage de fanservice qui plombe la logique d’un manga qui déjà s’enfonçait dans un scénario médiocre, en ajoutant des scènes inutiles et douteuses en terme de logique. Qui a le temps de jouer aux adolescents en rendez-vous amoureux alors que c’est LA PUTAIN DE GUERRE partout avec des morts et un stress permanent de se faire défoncer par des terroristes surpuissants qui en veulent à leur peau. Qui ?

L’univers de Naruto, entre tradition et modernité

Ah ah je suis le roi des connards. Mais c’est pourtant vrai, l’univers vogue en permanence entre deux tendances : les ninjas à l’ancienne car c’est un vestige d’une époque révolue (faudra ouvrir un livre d’histoire, je ne suis pas expert), avec leurs accessoires artisanaux, leur village caché donc un peu reclus malgré lui… et à côté de ça c’est un monde moderne, avec la technologie que ça implique, et les gadgets électroniques que l’on peut trouver ici et là dans l’attirail de certains, notamment pour la communication. Bien, très bien. L’ambiance un peu cyber-punk voire desert-punk de certains décors est d’ailleurs bien cool. Mais il est dur de ne pas comparer tout ça au village de Konoha et ses décors ou bâtiments bien japonais (les sources thermales, le resto de ramen, etc). C’est donc le cul entre plusieurs chaises qu’on se demande à quoi ressemble réellement le monde de Naruto sans trop le savoir tant le contraste entre certains paysages est marqué : les villages ninjas atypiques, les temples et autres sanctuaires inspirés du shintoïsme, la modernité sale de certaines villes… Et ça se ressent encore plus sur l’utilisation de techniques ninjas (magie en gros) plutôt que de technologie lorsqu’il s’agit de faire ci ou ça. Le clivage modernité et tradition est ultra prononcé et nous laisse dans un doute permanent quant à la réelle progression de ce monde qui semble ancré dans des traditions ancestrales voire tribales (le chef du village, les rites de passage) alors que l’on nous montre des décors limite futuristes pour ne pas dire post-apo. À moins que ???

Conclusion

Eh bah putain.

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23 réflexions sur “Naruto : cas scolaire d'un bon manga devenu médiocre

  1. Très bon article ! Pour ma part, j’ai l’impression qu’avec le début de la deuxième partie (Shippuden) l’auteur a essayé de recruter un nouveau public, ce qui n’a pas forcément bien marché…. Enfin, je trouve que ça reste bien jusqu’à l »arc Painn puisque après absolument tous les éléments de l’histoire deviennent médiocre… pour ne pas dire minable.

  2. Haha, tu n’as pas parlé des personnages secondaires inexistants à partir du début de shippuden alors qu’ils avaient un rôle important au début (cc Neji). À part ça, excellent article comme d’hab !

    1. Bon, enfin lu entièrement…

      J’ai du mal avec les clichés sur le Japon (Sakura femme typique, entre tradition et modernité etc.)… Je ne comprends pas pourquoi tu continues encore et encore à les véhiculer.

      Pour le reste, il y a un tas de trucs avec lesquels je ne suis pas d’accord, le fait que Naruto évolue psychologiquement sans renoncer à son nindo en est une (sérieusement, au début il n’arrive pas à se concentrer pour réaliser un clone, tu penses vraiment qu’il avait la sagesse nécessaire pour atteindre le mode ermite ?). Mais y répondre une par une ne servirait à rien, car je trouve la plupart des réflexions hors de propos.

      Non, je pense que tu passes à côté de quelque chose en n’acceptant pas les personnages tels qu’ils sont et en te concentrant sur les combats et les amours. Naruto est une histoire de famille, de générations. C’est la lutte contre le destin. Le talent contre l’inné. C’est le deuil. La vengeance et la rédemption. Les enfances orphelines, malheureuses. Et encore bien d’autres choses.

      Mieux vaut que je développe ça dans une série d’articles…

  3. Kea

    J’ai lâché ce manga dès que les « bo gosses » (<- tout est relatif) de l'Akatsuki sont morts. Trop simple de se débarrasser ainsi des "méchants". Je n'ai jamais réussi à m'attacher à nos trois "protagonistes" avec mention spéciale à Sasuke qui était l'idole des kikoos. Pour Sakura j'ai pensé la même chose ; car oui j'ai quand même lu la fin par simple curiosité ; pour la femme "forte" qui devient mère au foyer. Pire en voyant le physique de Salade j'ai de suite capté que ce n'était même pas sa mioche. Ahah… Et Naruto ? Ben il a eu ce qu'il voulait en fin de compte et ce sera toujours la merde à Konoha.

  4. Nomeji

    C’est LE manga de mon enfance ! Ou plutôt l’animé en l’occurrence. Sans lui j’en serai pas là aujourd’hui.
    Après ça restera cantonné à mon enfance car j’ai jamais continué après le combat Naruto vs Sasuke. Pour moi la suite n’existe pas et c’est très bien comme ça. Si on en reste à ça, la série est excellente.

  5. Oui bon Sakura est une boniche (même si on a tendance à oublier que Kishimoto à tout fait pour faire d’elle une femme forte, c’est un ratage hein MAIS il a essayé), Sasuke est un emo insupportable… mais si pas si mal quand tu le mets en parallèle avec Itachi ou Tobi qui eux sont des persos super réussis, surement parce que leur histoire est plus concise que celle de Sasuke qui est finalement plus victime de la longueur du manga et la volonté de garder un combat Naruto VS Sasuke pour la fin. Il est pas si bénêt que ça quand même, il ose très vite assassiner Orochimaru et on le dit manipulable mais il a jamais vraiment cru à Tobi et agit plus en loup solitaire.

    Un coup de génie de Kishimoto l’assassinat d’Orochimaru, il aurait pu rester attacher à ce personnage qui est le grand méchant de la première partie, mais vu que la première partie a pas vraiment de scénario et qu’Orochimaru est surtout méchant pour être méchant, c’était vraiment bien joué et un moyen de montrer clairement aux lecteurs que le vrai noeud de l’histoire était l’histoire de Konoha et des Uchiwa. Enfin je suis pas là pour crier les louanges de Naruto, ce que je veux surtout dire, c’est que j’ai du mal à te suivre quand tu dis que la série s’éparpille trop et oublie le principal, quand on pourrait plutôt reprocher l’inverse à la série. La plupart du temps je lis plutôt que Naruto est trop présent, qu’on oublie les persos coolos de la première partie comme Neji ou Rock Lee, et c’est vrai que c’est regrettable, mais c’est au service d’une deuxième partie vraiment sans concessions, qui tape direct dans le lard.

    A partir de la deuxième partie la série n’est plus écrite en arcs comme un shonen classique et est 100% feuilletonnante, c’est ce qui a fait que la série à longtemps été plus populaire hors du Japon que One Piece et son écriture par arcs ultra archaïque. Naruto hésite pas à tuer progressivement tous les membres de l’Akatsuki sans qu’ils aient à être tous rassemblés dans un palais pour se faire poutrer un à un à la Saint Seiya/Bleach ou qu’ils gravitent en permanence dans l’ombre sans vraiment oser faire de confontations réelle comme la Brigade Fantome. Alors oui du coup, tout tourne autour de Naruto et des Uchiwa, souvent les detracteurs voudraient respirer et voir autre chose que ça, ce que je peux comprendre mais du coup je suis vraiment étonné de te voir dire Naruto trop en retrait alors qu’il mène la plupart des combats à lui seul laissant trop de temps aux autres persos de briller.

    J’ai été le premier déçu de voir la série s’orienter vers des combats de Kaiju, la première grosse déception ne se trouvant d’ailleurs pas dans la deuxième partie, mais bien la première avec le combat des trois sanins qui annoncait du lourd pour au final un combat qui ressemble un peu à rien. (je compte pas Naruto VS Gaara parce que franchement Naruto qui montre à Sasuke qui l’a enfin dépassé en invoquant Gama Bunta c’est l’un des moments les plus cultes de la série) Maintenant cette évolution contribue à l’ambiance et l’évolution d’échelle, et surtout, y’a quand même toujours pas mal de combats très techniques comme le combat de Shikamaru contre Hidan et Kakuzu (le meilleur combat de la 2ème partie) et même du coté de Naruto noyé dans la surenchère, y’a des idées assez démentes comme lors du combat contre Pain ou il charge des clones en energie senjutsu dans le monde ermite et les envoie un à un au combat, c’est du pur Naruto qui a rien à la technicité des combats de la 1ère partie. Un autre combat qu’on pourrait citer c’est Naruto et Kakashi VS Tobi, super technique à base de Sharingan dans tous les sens, de téléportations et de piège sur plusieurs dimensions, du grand Naruto. Après quand on regarde ça de loin, tout ce qu’on voit c’est le monster design dégeulasse de Kishimoto. Je sais ce que c’est, j’ai laché Naruto pendant un long moment (malgré tout ce que je dis sur la deuxième partie, il est vrai qu’elle met une bonne dizaine de tomes à installer son scénario à se demander ou la série va, mais des tomes nécessaires et Kishimoto arrive à garder le spectateur en le faisant attendre le retour de Sasuke, véritable début de la seconde partie) et de loin tout ça avait vraiment l’air stupide et j’ai vraiment été surpris en découvrant la technicité de certains combats. En plus d’un monster design terriblement mauvais je nierai pas la non lisibilité de certains combats, Kishimoto lui même avoue avoir du mal à dessiner des combats aussi gigantesques et c’est vrai que c’est dommage quand on pense à ses combats à mains nues qui sont simplement les combats les plus lisibles et dynamiques réalisés en shônen.

    Bon et puis bon les deux derniers paragraphes c’est vraiment de la mauvaise foi. Kishimoto s’en balekouille total de la romance et expédie ça vite fait dans le dernier chapitre parce que c’est vraiment pas le plus important comme tu le dis, c’est la guerre pas le temps de niaiser. En ce qui est de l’univers, pareil, Konoha est très moderne, ses décors ont un coté presque Amer Beton, les ninjas sont employés en intérim, y’a toujours eu quelque chose de très moderne dans la vision du monde ninja dans Naruto. Le village de la pluie (je suppose que c’est de lui que tu parles en parlant de style cyberpunk) est beaucoup plus pauvre en comparaison d’ailleurs, c’est un ghetto et un pays sous tous les feux de la guerre, ce qui explique son coté totalement industriel qui s’oppose au coté paisible de Konoha. Vraiment, c’est de l’enculage de mouche ce que tu dis à ce niveau là. D’ailleurs le clivage entre tradition ninja et modernité de l’univers est même le coeur du sujet de Boruto.

    Oh et puis Naruto n’est pas un shônen d’aventure classique.

  6. Très bon article.
    Pour moi Naruto, c’est la chronique d’un désastre annoncé. A base de lent mais perceptible renoncement de l’auteur à sa propre conception du héros, au virage à 180° qu’il opère en cours de route au sujet du déterminisme, et bien sûr à base de guerre aseptisée (et au final super mal gérée).
    Premièrement, le lecteur a l’impression que l’auteur n’aimait pas son héros et qu’il a compris que ça commençait à se voir. Le vrai personnage intéressant étant l’anti héros (ce merdeux mais nécessaire Sasuke), le héros devait avoir ce petit quelque chose en plus qui ferait la différence. Et BIM super pouvoirs ? Pas seulement. Et BIM une prophétie (des grenouilles) et voilà notre mangeur de nouilles descendant d’une lignée au pedigree « tu peux pas test ».
    Vous vous souvenez de cette petite thématique dans le manga du raté et du génie ? Ce fameux antagonisme entre Lee et un Neji par exemple ? Et surtout ce qu’en pensait Naruto ? Le lecteur comprenait que comme lui, un héros ne nait pas héros mais le devient, à la force de la volonté, du travail, de l’entraînement. Et par ses qualités. Et qu’être un génie, dans le domaine de l’innée, n’était pas donné à tous mais que l’acquis suffisait bien à compenser. Et bien Kishimoto a renoncé à cela. Naruto n’était plus dans l’acquis, finalement. mais bel et bien dans l’inné. Fils de… Comme un Uchiha, avec en prime cette prophétie qui faisait de lui le Messie. Et une sorte de « magie » qui faisait que tout un chacun, même les plus difficiles à tordre, finissait par lui manger dans la main (je souffre encore au souvenir de ce qu’il s’est passé dans l’arbre de Konan). Comme ça. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Naruto ce tombeur.

    Alors qu’à la base Naruto pouvait au moins déclencher un peu d’empathie (à base de flash back montrant son enfance pourrie) et forcer le respect parce qu’en dépit de ce qui habite son bidon, il devait progresser en s’entraînant dur, il devait se donner les moyens de parvenir à son rêve (et aussi à la reconnaissance dont finalement il avait tant besoin…) et bien Naruto n’a au final provoqué que l’agacement. Naruto dont le niveau d’argumentation était à peu près aussi développé qu’un « t’as tort, j’ai raison », devient en court de route imbuvable. Au point qu’une Hinata qui le giflerait provoquerait un orgasme au lecteur. Et au point qu’on a tous prié pour qu’il laisse sa place à Kakashi. Par précaution.

    Quant à la guerre ninja, les edo tensei en ont fait une pantonyme et un cabinet de psy de comptoir en plein air. Celui qui n’avait pas hésité à montrer des enfants soldats (parce que c’est quoi au fond que le système ninja qui recrute à 7 ans et qui mène au combat à 12 ?) a subitement trouvé que la guerre c’est moche et l’a asceptisé.
    Nulle tension, nulle stratégie (à part un peu au début), nul arrière plan politique : de la guerre de front. Avec des morts acceptables. Même dans Sailor moon on trouve plus de suspens. Mais pas moins de bons sentiments.
    De quoi crier « Danzô, revient ! » (le sommet des Kage fut ce tournant manqué pour beaucoup d’entre nous). Guerre civile à Konoha et petits pays dans la lutte bien rangés dans nos fantasmes, nous n’avons eu que mauvais jeu de plateau entre people. Et un Kyubi en peluche.
    Du point de vue idéologique, après une love story entre un pacifiste (Hashirama) et totalitariste névrosé (Madara) on a eu un « ta gueule c’est magique » avec une méchante sortie du chapeau. Suivi d’un « t’as gueule c’est moi l’enfant de la prophétie » avec l’arrivée de dieu lui-même (qui aime ses enfants).
    Entre pierres qui volent et sentiment qui se déballent, on s’est rudement fais suer et la lecture des combats devenait même compliquée. Un an de lecture pour 4 jours de guerre sur une aire de quelques km carrés à peine. On a eu beau pester sous la lune rouge, rien n’y a fait, le manga était aussi vide que le coeur d’Obito.

    Mais pour que les lecteurs de la première heure ne partent pas si fâchés et y aillent de leur nostalgie, un combat à l’ancienne à la Vallée de la fin et hop, la boucle est bouclé (le Tao peut dormir tranquille, allez couché).
    On attendait une restauration à la Meiji on a eu des back grounds de CBD.
    Et des gamins. Pour le fan serv’, et pour le marketing (Borutooooo !!! ). La génération d’après fait toujours mieux que la précédente, débrouillez-vous avec ça.

    Naruto, c’est une license qui a épuisé même son auteur.

    1. Le déterminisme c’est un peu la base de Naruto quand même. Naruto n’a pas de parents et se construit avec son héritage social, ça sort pas de nulle part. Ce qui fait de lui que c’est un héros, quelqu’un de plus qu’un ninja exceptionnel digne de « la prophétie » c’est sa force de conviction, de jamais nier son nindô et d’assommer le monde avec son optimisme. Il aurait pas cru en lui, pas entouré des bonnes personnes il aurait pu très mal tourner comme le montre très bien Obito, personnage qui avait tout du héros mais sur qui le sort s’est acharné jusqu’au bout. Plus que sa volonté de l’effort (toujours présente hein, bon ok il a Kyubi mais ça marche pas comme un cheat code non plus, y’a toujours des entrainements dans Naruto) c’est sa force de conviction qui le rend admirable et fait de lui un Héros avec un grand H, d’un shônen qui plus est rappelons le.

      En parlant à Pain par exemple, il sèche, il ne trouve pas de réponse et je trouve ça assez fort, et c’est la que sa force de conviction intervient, c’est dans les moments comme ça qu’elle est nécessaire pour rompre le cycle de la guerre: « Je sais pas, mais j’y crois », ça peut paraitre de belles paroles mais on a tellement suivi ce Naruto buté et indécrottable depuis le début qu’on croit vraiment à sa determination. C’est une vision idéaliste, mais c’est là ou Naruto s’impose en tant que shônen, qui fait rêver.

      Y’a plein de trucs très maladroits surtout à partir de l’arc de la Grande Guerre mais Kishimoto tient Naruto jusqu’au bout, son caractère anti conformiste et ultra buté, au point ou il sort un reverse harem no jutsu contre Kaguya. (J’ai vomi comme tout le monde en voyant Kaguya sortir du trou de balle de Kishi comme tout le monde, mais faut avouer que ce passage est franchement génial et fort en fanservice)

      Y’a plein de défauts, de mauvais choix, de ratages, mais on a tendance à oublier que Naruto est un manga de 72 tomes qui a une envergure plus importante qu’un shônen lambda, et tient son sujet de l’héritage social jusqu’au bout, développe un background assez dément sur Konoha. Les raccourcis pris par Naruto sont plus « pardonnable » à mes yeux que si c’était sur un truc comme Bleach ou y’a zero scénar, l’échelle de l’histoire est juste beaucoup plus grande.

      Et un shonen avec un scénario c’est pas rien, même certains des meilleurs shônen comme Hunter X Hunter n’en ont pas vraiment par exemple. Naruto j’irai plus comparer ça à Full Metal Alchemist. Je trouve ça trop facile de torpiller la série sur quelques éléments incohérents, mal amenés, trop faciles comme si décrédibilisait totalement l’oeuvre. Kaguya sort de nulle part? La construction de l’arc de la Grande Guerre est beaucoup trop simpliste? On oublie des personnages en or comme Rock Lee? Naruto est cheaté avec Kyubi? Oui, oui oui et re-oui.

      Maintenant Naruto c’est aussi des dizaines de tomes de background qui se tiennent parfaitement, et qui arrive ainsi à rendre son héros absolument iconique de cette manière, avec sa force de conviction extraordinaire, magique, parce que oui c’est un Héros avec un grand H. La fin est d’ailleurs assez chouette à ce niveau parce que oui, Naruto ne régle pas tous les conflits et ne met pas au cycle de la guerre comme par magie, elle existe encore. La paix c’est un effort de tout à chacun il faut y croire de manière insouciante comme Naruto, aller de l’avant et autre niaiserie, et le retour de Sasuke à Konoha est le premier pas vers ça. Et quelque part, cette vision est plutôt fidèle à notre monde actuel et à sa paix relative.

      Après là oui, on accroche on accroche pas, c’est pour les bisounours on a plus 4 ans pour ces conneries… ok pas de soucis. Bon manga mauvais manga, chacun aura son avis mais Naruto est très bien dans ce qu’il fait et c’est un manga riche de 72 tomes, qui peut avoir des approximations, des raccourcis: Oui la thématique de l’effort disparait dans la deuxième partie, mais n’est pas niée pour autant, c’est juste que Kishi en a fait le tour tout simplement et perd plus trop son temps avec ça. Je veux dire des pages et des pages sur Naruto qui fait ses pompes alors que y’a la guerre à coté ça aurait l’air de quoi? Le manga a évolué, il s’est pas perdu, on peut ne pas accrocher avec ces évolutions mais c’est beaucoup trop fort de café de parler de naufrage. Oui plus on avance plus il y a de défauts mais c’est aussi parce que plus on avance plus le manga est touffu. Si l’arc de la Grande Guerre est très simplifié comme ça, c’est aussi parce qu’autrement ça aurait duré trouze milliard de tomes.

      1. Pixachu

        Alors j’ai lu que la première phrase mais « le déterminisme c’est la base de Naruto »… Sérieux? Mais c’est pour ça!!! Je suis con! Moi qui croyais que le but c’était de montrer que celui qui n’a rien pour lui peut arriver au niveau de celui qui a tout pour lui juste par ses efforts! J’avais rien compris du coup. En fait, le combat de Rock Lee contre Neji et celui de Naruto contre Sasuke c’était juste du vent. Ou alors le message a été fucké à la fin quand l’auteur est partie en live avec cette idée merdique de réincarnation et le déterminisme dans Naruto n’apparait qu’à ce moment là remettant en cause tout ce qui a été dit avant.

        Naruto n’a pas été digne de la prophétie parce que c’était son nindo, l’idée même de prophétie c’est qu’elle va se réaliser. Naruto a ce nindo parce qu’il est le gamin de la prophétie. Il était déterminé à devenir quelqu’un de grand alors que les trois quarts de l’œuvre on essayé de m’expliquer que c’est grâce à ses efforts qu’il en était arrivé là.

  7. @NiKi

    « Le déterminisme c’est un peu la base de Naruto quand même ».

    Non, justement. Le manga est parti sur une base anti-déterministe au possible. Le parcours de Lee en est le plus brillant exemple. Lee était par nature (absence de chakra) déterminé à ne pas devenir ninja, tout le monde lui disait cela. Or, il n’a pas laissé cet inné déterminer sa vie, et a par acquis (et compensation, pour être précis) dis merde à ce déterminisme. Son travail acharné a fait de lui un shinobi.

    Le message de Kishimoto était clair : pas de déterminisme, pas de fatalité, avec de l’effort, on peut construire la vie dont on rêve, atteindre ses objectif.
    Naruto était un autre exemple, finalement. A la base il était déterminé à être un jinchuriki dont tout le monde se méfierait. Gaara pareil. Cette histoire de phropétie vient tout fiche en l’air. Naturo devient « déterminé à »

    « Naruto n’a pas de parents et se construit avec son héritage social, ça sort pas de nulle part »

    La construction, c’est de l’acquis. C’est pour cela que je faisait la différence dans mon post entre inné et acquis. Kishi partait sur la base de la réhabilitation des « non génies », qui n’ont pas d’innées capacité en montrant que le déterminisme ne vaut rien.

    « Naruto j’irai plus comparer ça à Full Metal Alchemist »

    J’ai du mal à les comparer, clairement. FMA étant tout bonnement mon shônen favori, en plus… Bref.
    L’écriture d’Arakawa, son sens de la réplique, font de FMA à mes yeux une oeuvre largement supérieure. En fait, c’est ça que je trouve pénible dans Naruto, ce n’est même pas tant le scénario (qui je te l’accorde n’est certainement pas pire que celui d’autres nekketsu) c’est l’art des dialogues. Même Luffy a plus de répondant. Kishi lui-même l’a avoué de toute façon, il n’est pas à l’aise avec ça.

    « Je trouve ça trop facile de torpiller la série sur quelques éléments incohérents, mal amenés, trop faciles comme si décrédibilisait totalement l’oeuvre. »

    Ai-je choisi la facilité ? Ai-je torpillé ? Je donne mon avis. Cela s’appelle le sens critique. Je ne dis pas amen à tout Naruto. De la même façon, je ne l’ai pas renié en bloc, ce manga. De toute façon pour moi Naruto c’est aussi 5 ans de taf sur un forum, alors tu penses bien que j’ai tout lu sur ce qui pouvait s’en dire, le pire comme le meilleur. Et d’ailleurs, à moment donné, il n’y avait même pas moyen d’en placer une sans se faire traiter de hater. Juste pénible. Ou alors ce genre de remarque « Après là oui, on accroche on accroche pas, c’est pour les bisounours on a plus 4 ans pour ces conneries… ok pas de soucis. », comme si émettre une critique c’était prendre ceux qui apprécient pour des neuneus. Classique mais dommageable ici, non ?

    « Oui la thématique de l’effort disparaît dans la deuxième partie, mais n’est pas niée pour autant, c’est juste que Kishi en a fait le tour tout simplement et perd plus trop son temps avec ça. Je veux dire des pages et des pages sur Naruto qui fait ses pompes alors que y’a la guerre à coté ça aurait l’air de quoi? »

    Là c’est toi qui choisit la facilité en ironisant sur mes propos. J’ai jamais demandé des pompes. Par contre je te recommande la lecture de Shinobi no kuni et tu verras de quoi je veux parler au sujet d’une guerre ninja.
    Et puis bon, la « force de conviction » c’est chouette, je suis bien d’accord, mais au bout d’un moment ça ne suffit pas. C’est un peu léger pour révolutionner le monde shinobi. La volonté, Hashirama l’avait aussi.

    Je t’accorde bien volontiers que Naruto est un héros iconique et que personne ne peux dire que Kishimoto n’a pas fait un travail monstre (72 tomes avec prépublication WSJ, ça force le respect, c’est vrai) , mais bon sang, qu’est-ce qui empêcherait à certains de regretter certains points cruciaux qui en auraient fait un chef d’oeuvre ?

    « Si l’arc de la Grande Guerre est très simplifié comme ça, c’est aussi parce qu’autrement ça aurait duré trouze milliard de tomes. »

    Préjugé ;) Kishimoto aurait pu s’en sortir avec le même nombre de tomes, c’est juste une question de choix.
    Regarde donc comment Arakawa a su faire, puisque tu évoquais FMA. Rien que le génocide Ishbal, en un tome (le 15) elle est parvenue à nous retourner le bide (et sans montrer d’images choquantes, qui plus est) ainsi qu’à nous amener une véritable réflexion sur la guerre.

  8. Lee a aussi l’influence indispensable de Gai, qui est aussi la preuve pour lui qu’il pouvait s’en sortir sans Ninjutsu. Naruto a toujours été un manga sur la solitude, et sa façon plus sociale d’aborder le sacro-saint « pouvoir de l’amitié » a toujours été la marque de fabrique de la série. Oublions pas aussi que si Naruto à un rêve grandiose de devenir le plus grand des Hokage c’est pas pour devenir le meilleur mais par besoin de reconnaissance sociale et aussi l’envie de changer les choses, depuis le début, il nous fait avaler sa phrase jusqu’a plus de raison qu’il suit son propre nindô, d’abord en crachant tout le monde puis en acceptant l’influence de ses maitres, le premier chapitre ne commence t-il d’ailleurs pas l’histoire du manga avec Naruto qui fait entrer Iruka dans sa vie?

    Du reste c’est vrai que j’ai tendance à être excessif avec le naruto-bashing sévère depuis la fin de la série, qu’on soit clair aujourd’hui, cracher sur naruto c’est clairement pas être à contre courant et c’est limite plus dur d’assumer sa position de fan de naruto, ça s’adressait d’ailleurs plus à l’article qu’a ton commentaire que je trouve pertinent, j’ai surement les mêmes regrets que toi sur la série, j’accorde juste beaucoup plus de crédit a ce que la série a construit à coté (et j’adore le personnage de Naruto, je pense que ça joue beaucoup).

    D’ailleurs marrant de citer FMA, je trouve que l’arc final est super mal amené, peut être même plus que Naruto et sa grande guerre qui était précédé de l’arc du conseil des cinq kage qui amène logiquement la guerre alors que FMA ça tombe vraiment en mode pouf c’est la fin, on passe d’un déroulement complexe à une grosse baston bourrin super classique avec des pierre philosophales partout. Mais pareil, je pardonne ce dernier arc, ça n’enlève rien à ce que FMA a construit à coté jusque la et c’est avec Naruto l’uns des shonens qui aura tué la construction classique des shônen par arcs successifs pour proposer un vrai scenario.

  9. Ahah j’ai jamais lu Naruto en entier pour la plupart des raisons evoquées! Tous les problèmes sont évoqués, moi j’ai surtout eu des problèmes avec la platitude des persos…
    J’ai eu du mal dès le début parce que je supportais pas les personnages principaux, particulièrement Naruto, mais les graphismes sont vraiment agréables et l’univers était sympa (les ninjas c’est cool – mon premier anime c’était NabarI après tout!). Du coup entre ça et le nombre de gens qui étaient là « mais siiiiiii c’est mieux après » j’ai quand même continué jusqu’au tome 23, mais c’était tellement toujours la même chose, et les persos n’évoluaient tellement pas que j’ai laissé tomber. C’est incroyable comment chaque personnage a un et un seul trait de caractère, ils sont tous à une seule dimensonge, des vrais caricatures. On voit clairement que l’effort d’écriture c’est pas la tasse de thé du monsieur, mais du coup comment s’identifier à ses personnalités aussi statiques?
    Donc en gros je n’avais de l’intérêt que pour 1 ou 2 personnages et encore… Pourtant j’étais en plein dans ma période Nekketsu! C’était une grosse déception pour moi, surtout vu le nombre de gens qui m’en avaient dit du bien. (En plus ô malheur c’était le seul manga disponible au CDI avec Lovely Complex…) Après j’ai arrêté avant tous les gros plot twists apparemment, mais bon, quand c’est un bon manga, on a normalement pas besoin de 25+ tomes pour être intéressant…

  10. clawdyus

    Assez d’accord avec ce point de vue dans l’ensemble (Après les detracteurs de Naruto en tant qu’oeuvre sont assez d’accord sur les points qui coincent, du coup je vois rien de nouveau ici, mais j’avais envie de commenter)
    Meme si j’aurais tendance à ne pas trop me casser la tete par rapport à l’univers de Naruto, ou ce serait plus une recherche esthetique que quelque chose qui voudrait se situer spatialement/temporellement/etc (ça peut cependant sembler incoherent pour certain, en effet).

    Sinon, oui, Naruto (selon moi aussi) est un « cas d’école », qui a finit par se perdre à force de vouloir se « rallonger » puis a finit par s’essoufler et se complaire dans la facilité. Perso, on pourrait juste faire un article sur l’arc de la « Grande Guerre Ninja » qui est assez representatif du probleme dans lequel s’est empetré l’oeuvre.
    Il faut pas que les fans se sentent offenser par cela, je trouve. Les fans de Dragon Ball sont passé par là hein…(ai-je déposer une bombe?)

    Sinon, j’ai lu tous les com’ et il y a un argument que je n’ai toujours pas compris, desolé @Niki…:
    « …Naruto l’uns des shonens qui aura tué la construction classique des shônen par arcs successifs pour proposer un vrai scenario » Que veux-tu dire? Peux-tu me donner un exemple de la nouvelle construction qu’offre Naruto ? Je suis serieux, je comprends vraiment pas ou tu veux en venir…

  11. On va péter le compteur des comm’, kufufufufu

    @Niki, pas de souci, j’imagine bien que défendre Naruto n’est pas une position des plus confortables. D’ailleurs, j’admets bien volontiers que moi la première, je me laisse dépiter par les éléments qui coincent au point de ne soulever qu’eux. Bon, souvenons-nous quand même que le ninja orange c’est aussi de bons moments, des personnages qui nous ont marqués (personnellement ce n’est pas du tout le héros, mais je ne crache pas dans la soupe, car j’ai bien apprécié les perso secondaires, notamment toute l’Akatsuki, Itachi en tête, et perv’Jiraya, par exemple). Et c’est aussi des discussions passionnées, il faut l’admettre, qui correspondent en plus à une sorte d’âge d’or des forums. Bilan : on n’efface pas des années d’intérêt sur un coup de déni. M’enfin, je ne m’ôte pas de l’idée que le système de prépublication hebdomadaire peut être une vraie plaie pour la qualité d’une oeuvre fleuve, car celle-ci ne peut pas vraiment suivre l’âge de ses lecteurs d’origine, se concentrant plus sur les sondages de popularité qu’autre chose. Là-dessus, WSJ sucks.

  12. KentaroMIURA

     » Et lorsque sa famille se fait décimer par ce grand frère qui a tout pour lui (manque plus que les gonz, mais ça l’auteur nous en parle pas), le petit frère il comprend plus rien et pète un plomb.  »
    Toi l’auteur de cet article, tu n’a pas compris ce passage du manga. Et je me pose la question, si tu avais un frère qui t’aimais (et que tu aimais pareillement) malgré QUE ton père limite te sous-estimé, tu rentres à la maison pour annoncer une bonne nouvelle et SURPRISE, tu retrouves tes parents morts, tout ton clan exterminé et le comble, ton frère te dit que c’est lui l’assassin et te met une branlée ( dans le manga c’est le mangeykou sharigan ) TU REAGIT COMMENT? HEIN ?

    1. J’essaye de comprendre ce qui l’a motivé à s’éloigner autant de la personne qu’il est et j’essaye dans la mesure du possible de l’aider à se libérer de mal avant que cela ne reproduise. Autant dire : tout l’inverse de ce que fait Sasuke.

  13. Plissken

    J’aime bien me faire le parallèle entre Naruto/Boruto et Final Fantasy X / Final Fantasy X-2 pour le fameux « entre tradition et modernité », au final ça reste des productions japonaises.

    Puis j’aimerai ajouter que le c le système japonais au niveau de la production artistique qui pousse à la rallonge à foison, en tout cas Naruto est et restera LE shonen du début des années 2000 au niveau mondial. Ce qui donne une aura particulière (pouvant décevoir je l’admet) à la licence qui appartient avant tout à la Shueisha.

  14. Alors d’accord sur 90% du truc mais je te trouve trop violent avec l’évolution de Naruto en tant que personnage qui, a mon sens, est moins affligeant qu’un Luffy de One Piece qui est lui l’incarnation de la stagnation psychologique… Bref, bon article qu’un pote m’a conseillé de lire après avoir vu une de mes vidéos sur YouTube. Ca me ferait plaisir d’avoir ton avis également :) https://youtu.be/lgvWO6xKnwY

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