Stravaganza : Let me be a free queen !

Après un premier dossier sur l’art contemporain chinois suivi d’un second, plus « léger », sur du théâtre japonais, il serait peut-être temps de revenir à des sujets fripons ou libidineux. Propager des écrits sur des sujets méconnus qui nous tiennent à cœur est fort louable. Toutefois, il s’agit de rester conscient qu’ils peuvent être jugés trop soporifiques/longs. Laissons donc Liu Hong et Motohiko Shigeyama attendre sagement de tomber dans l’oubli au fond de l’étagère des WC, quelque part entre trois piles de rouleaux Moltonel™ et une bouteille de naphta lourd. Ou pas.

Vous voulez donc du cuissot ferme ? Une traque sanglante ? De l’entrejambe capiteuse ? Un bestiaire effrayant ? Des buffets délicatement ouvragés ? Un royaume au bord du chaos ? De la perversion poétique ? Une horde de créatures malfaisantes ? Des silhouettes kafkaïennes en diable ? Du steak tartare ? De la chair crousti-croquante à foison ? Une boucherie mettant les bouchées doubles ?

Pervers Caster, raconte-nous une histoire !

Il aura fallu attendre une gestation complète pour que l’érotisme courtois de l’extravagante Viviane vienne enfin irradier notre quotidien et provoquer quelques fractures rétiniennes. Il est donc temps de faire tomber le masque et dévoiler les atouts d’un manga éro-ffrayant de heaume en bas, sans contention ni concession.

Harta, le goût des choses simples®

Édité depuis 2012 chez Enterbrain par l’intermédiaire de la somptueuse revue Harta (Minuscule, Bride Stories, Wolfsmund, etc.), Stravaganza – Isai no Hime (La Reine au casque de fer au pays du Beaufort) attire effectivement l’attention, tant dans ses qualités graphiques que narratives. Son géniteur, le quadragénaire Akihito Tomi, met d’ailleurs un point d’honneur à garder le contact du dessin fait à la main et refuse la moindre forme d’assistance par ordinateur. Au milieu des années 2000, il laisse « en plan » son travail de Dessinateur Concepteur en bâtiment (plus spécifiquement des maisons en bois) pour s’attabler devant un autre bureau et travailler sa première passion : faire des mangas. En 2006, il intègre la revue Fellows! (future Harta) avec une série de nouvelles dont la première est intitulée Motto Motto… !. Entre 2009 et 2011, il réalise dans ce même magazine sa première série en 2 tomes : Reirōkan kenzai nariya.

Pour la petite histoire, sachez que l’auteur a reçu le doux surnom de Gentle Eros par sa responsable éditoriale. Le directeur de Sakka prend note de cette information qu’il remodèle pour concevoir un qualificatif résumant un aspect de Stravaganza : érotisme courtois.

Gentle Eros
Autoportrait d’Akihito Tomi

En feuilletant ses précédentes œuvres, le lecteur sera rapidement frappé par l’amour sincère que porte l’auteur au corps féminin dont il sublime certaines parties avec raffinement. Dans Yawarakai Onna, un recueil de 8 nouvelles réalisées entre 2006 et 2010 sur les jeux de séduction entre hommes et femmes, l’histoire intitulée Box Seat propose un conflit embarrassant mais cocasse entre deux passagers d’une rame de transport en commun.

Cet amour des jambes, merveilles fuselées de l’anatomie féminine menant nos yeux à la baguette, se retrouve dès la première planche faisant apparaître l’héroïne dans Stravaganza.

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Et soudain, la nature entière disparaît de notre champ de vision – ©2013 Akihito TOMI / Published by KADOKAWA CORPORATION ENTERBRAIN

Avant d’être une série, la plus longue que l’auteur ait créée à ce jour, Stravaganza a démarré sous la forme de 3 gag-mangas dont Sekai ôshitsu kaigi (« La réunion des Grands de ce monde »). Ce dernier met en scène, de façon évidemment humoristique, une réunion des différents monarques d’un vaste continent dont la reine Viviane qui portait déjà son casque.

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Conséquence d’une réunion de 5 heures avec une présentation PowerPoint truffée de smileys sauce Caramail collant – ©2013 Akihito TOMI / Published by KADOKAWA CORPORATION ENTERBRAIN

Dans une interview accordée au site Natalie, Akihito Tomi explique s’être inspiré du manga comique Tani Kamen de Yokusaru Shibata. Ce titre narre le quotidien d’un lycéen masqué et doté d’une force herculéenne qui tente de déclarer sa flamme à la star du club scolaire de volley-ball. Jaloux comme un pou, il n’hésite pas à faire place nette et empêcher quiconque oserait trop se rapprocher d’elle ou la convoiter à sa place.

C’est donc Sakka qui s’y colle avec la traduction fluide et les calembours colorés de Sébastien Ludmann (« Heaume sweet Heaume »). Ce dernier travaille actuellement sur plusieurs séries dont Hawkwood ou encore le délirant Bloody Delinquent Girl Chainsaw avec des répliques comme « mambo, les roploplos !! » que seuls les seniors comprendront. Le titre d’Akihito Tomi est un travail qui lui permet probablement de souffler entre les pointus mais ô combien magnifiques Ad Astra et Cesare. Côté édition, un élément se distingue nettement de l’édition japonaise : l’éditeur français a proposé au mangaka de s’exprimer sur le premier rabat de la jaquette. Celui-ci s’est volontiers prêté à cette démarche pour nous déclarer son amour du travail fait main ou encore son opinion sur l’évolution de l’histoire.

Naturellement dangereuse®

Après avoir refermé le premier tome et entamé le suivant, on constate rapidement que le contenu des premiers chapitres est trompeur. En effet, cette succession d’entremets charnels au cœur de situations comiques, alternant avec des moments d’insouciance, est à l’image de la première double-page de cette série : la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Aux abords d’un torrent, deux esprits sylvestres (une sylphide et une ondine) batifolent avant d’entendre un bruit hors-champ. Ils disparaissent tandis que l’auteur fait entrer en scène une ravissante jeune fille qui se déchausse et prend un bain de pieds.

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Havre de paix ? – ©2013 Akihito TOMI / Published by KADOKAWA CORPORATION ENTERBRAIN

Outre ses qualités graphiques, cette double-page nous permet d’épier la demoiselle sans la gêner grâce au premier plan conçu comme une fenêtre d’ouverture sur un moment de quiétude. De plus, sa géographie pose les jalons d’une série qui, sous ses airs innocents, basculera au fil des chapitres. Observons ce paysage. En dépit de quelques rayons parvenant à transpercer la forêt et illuminer le plan d’eau, l’environnement s’avère dense, étouffant, pour ne pas dire menaçant. Autant d’éléments annonciateurs d’un danger imminent. La structure d’un espace de ce type permet de créer une perte des repères aux personnages avant de croiser par surprise monstres et malandrins. Dans le domaine de la fantasy, le manga Berserk en est un bon exemple. Ce bois, tout à la fois décor narratif et support contextuel, forme une contrainte spatiale inhérente au mode de vie de la protagoniste : à trop jouer avec le feu, il va lui arriver des bricoles. Et tout l’aspect archaïque d’un tel environnement, inchangé au fil du temps, contraste avec la brièveté de l’existence humaine et des êtres vivants qu’elle abrite.

Tout dans cette clairière semble pour le moment clair, limpide et brillant. Autant de termes qui concordent avec le prénom de la jeune fille, Claria. Cette nonchalance s’évapore rapidement avec l’apparition de deux hommes-lézards, une race inconnue de la protagoniste. L’idylle avec Dame Nature est fêlée, quelque chose échappe à la vigilance de Claria sur son environnement immédiat qui se répercutera lorsqu’elle endossera son véritable rôle social quelques pages plus loin. Les deux créatures, venues se désaltérer, profitent de cette pause pour casser la graine à quelques écureuils avant d’être soudainement et sauvagement attaquées par un wumba, une sorte de gorille géant albinos qui représente le prédateur alpha du territoire. En l’espace d’un chapitre, l’auteur déroule une chaîne alimentaire du royaume à partir d’un simple gland. Une entraide mise en branle entre Claria et un homme-lézard contre le wumba déplace une probable antipathie entre ces deux races vers un souci de survie commune. L’ensemble de ce combat dans l’eau forme le baptême de feu du lecteur (pietà incluse) qui s’engage dans un monde bestial où chaque moment d’inattention peut s’avérer létal, élément que le second chapitre illustrera à sa manière… .

La nature n’est donc pas seule à créer du danger. Elle regorge de créatures, de la plus insignifiante (une mouche) à la plus terrifiante (un wumba). Toutefois, l’auteur traite avec le même soin chaque animal, insecte et oiseau dans sa série. Il n’hésite d’ailleurs pas à effectuer quelques visites dans des zoos et y croquer un crocodile ou un gorille comme le ferait un animateur Disney souhaitant se documenter pour mieux transposer un haut degré de réalisme dans le mouvement de son futur personnage animé.

Doit-on y voir un auteur d’obédience tezukienne considérant que tous les organismes vivants doivent être respectés sur un même pied d’égalité ? Pas si sûr. Que l’on soit humain ou animal, la mort rôde toujours, partout, pour tous.

Buvez. Éliminez.®

La nature dans Stravaganza dispose d’un élément-clef qui répète une boucle dans chaque tome et personnifie quelque peu le comportement de la protagoniste : l’eau. Chaque fois qu’un environnement paisible est dépeint, l’horreur bascule avec un conflit entre différentes créatures, humains inclus. Et à chaque fois, l’eau joue un facteur déterminant dans le dénouement narratif engagé : un allié réparateur, tactique ou tout simplement fourbe. Outre sa plasticité et sa mobilité permanente, l’eau est un élément lié à la perfection en surface et au trouble en profondeur. Contrairement à la mer qui ressasse le même mouvement avec ses marées, la rivière va toujours de l’avant, déterminée, paisiblement ou non, et ne revient jamais sur ses pas. Elle s’écoule et parfois chante, berçant quiconque se laissant flotter et porter dans ses tendres courants vers un instant d’égarement. Mouvement aquatique et musical vont parfois de pair (sachez que le terme ruisseau se traduit en allemand par … « bach »).

Voyons l’étendue d’eau où Claria se prélasse au début du premier chapitre : cet espace aquatique, ainsi que les lieux dédiés aux bains de la reine, est une zone qui séduit ce que nos existences ne sont pas ou plus suffisamment : un moment d’insouciance, un instant lumineux, une joie limpide de vivre en stase et une délectation d’un bonheur trop rare. Une nature bienveillante peut toutefois être écrasante car si l’eau envoie la lumière et illumine notre oisiveté, la nature l’absorbe et éclipse ainsi les frontières d’une zone de réconfort. Superfétatoire, prend garde à toi !

Revenons à la double-page analysée précédemment. Qu’il s’agisse d’un torrent ou d’une rivière, tout indique au départ un lieu sujet à une forme de joie de vivre : on s’y ablue, on s’y délasse. L’assoupissement au début du premier chapitre marque une innocence de l’œil retrouvée, même si cette bucolie primesautière des lieux s’effacera devant la mélancolie d’une situation dramatique. Un paysage dans sa perception est souvent en accord avec notre humeur. Dans le cas présent, la forêt représente pour Claria un espace non productif et hors du temps par rapport à une société urbaine ou rurale qui doit se caler au temps qui s’écoule inexorablement dans un flux tendu d’activités et sans interruption. Mais ce havre de paix est brisé et Claria doit reprendre conscience de son rôle au sein du royaume d’Auroria.

Claria/Viviane : une femme qu’on oublie pas®

De quel rôle parle-t’on ? Le chapitre 2 nous informe que Claria se prénomme en réalité Viviane. Elle utilise un prénom d’emprunt qui lui permet de sortir incognito de son château et ainsi quitter temporairement son statut de reine du royaume d’Auroria pour briller et lézarder publiquement, sans chichi. Claria joue parfois de ses charmes pour obtenir ce qu’elle souhaite sans oublier d’être une femme forte capable d’analyser et gérer une crise dans les plus brefs délais. Cette détermination est parfaitement illustrée dans le découpage de séquences où elle doit combattre un ennemi : sans un mot et avec beaucoup de dynamisme, elle remplit sa tâche avec dextérité avant de faire un point immédiat de la situation et répartir les tâches à ses subalternes avec beaucoup de sang-froid.

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La fille cachée de Francis Heaulme ? – ©2014 Akihito TOMI / Published by KADOKAWA CORPORATION ENTERBRAIN

Tantôt fille du peuple, tantôt reine du royaume, Viviane est une personne douée d’une profonde empathie pour ses ouailles et n’aspire évidemment qu’à leur bonheur. Certains de ses choix démontrent une grande confiance qu’elle porte à ses proches, créant ainsi une sorte de démocratie monarchique. Notons que son prénom est dérivé du latin Vivianus (« plein de vie » ou « ardent ») lui-même issu du verbe vivere (« vivre »). Qu’elle soit une Claria dévoilant ses charmes ou une Viviane jouant la carte de la sécurité avec élégance, ce personnage respire la vie. En masquant son identité, elle conserve une liberté de mouvement hors du château pour ainsi s’amuser et échapper un temps au poids de sa royale fonction.

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Il pleut sur mon royaume, il pleut dans mon cœur… – ©2014 Akihito TOMI / Published by KADOKAWA CORPORATION ENTERBRAIN

Viviane sort du lot des héroïnes potiches ou impitoyables du monde de l’heroic-fantasy : elle sait réfléchir et agir quand les situations l’exigent. Consciente de l’attrait que peut porter son corps auprès de la gente masculine, elle en joue à son avantage sans pour autant se laisser faire. Née femme et refusant de se soumettre.

Leçon n°10 : poser le piège et attendre®

Stravaganza est une sorte de fantasy romanesque frivole où l’œil se rince sur des dessins valorisant les parties charnelles de créatures humaines et non-humaines. Le premier tome place le contexte général et regorge de courbes et contre-courbes délicieuses tandis que les tomes suivants se font discrets sur ce point afin de ne pas parasiter l’intrigue qui s’amplifie au fil des pages. Cette légèreté érotique se rapproche stylistiquement des corps féminins de la talentueuse Kaoru Mori ou encore de ceux, dans une certaine mesure, de l’illustre américain Frank Frazetta.

Dans le second tome, le lecteur fait connaissance avec de nouveaux peuples dont les Sépoïens. Les hommes y sont représentés comme des sortes de schtroumpfs hauts comme 3 séquoias, aussi dociles que des Bogros et dotés d’un graphisme proche de la bande dessinée. A l’inverse, les femmes disposent d’un physique de guerrière sexy dont une princesse qui s’est probablement enfuie du manga Vinland Saga.

Enfin, les planches où Viviane/Claria évolue nue ou en petite tenue évoqueront aux vieux de la vieille deux créatures réalisées par Go Nagai au cours des années 1970 : Kekkô Kamen et Cutie Honey. Viviane est bien plus vigilante sur son identité que sa nudité. Contrairement à 99,99% des femmes surprises dans leur bain, le premier geste de la protagoniste sera de recouvrir son visage. En revanche, pour la partie 女体, on frôle l’open-bar en happy-hour

Toute nue et toute casquée, on est bien on est beau quand revient l’é…

Hum, pardon.

Sous le casque, Viviane ne dissimule pas seulement son mascara, encore moins l’idée de faire une réadaptation de « l’Homme au masque de fer » pour compléter la grille du dimanche soir sur M6. Nous avions évoqué plus haut les raisons qui poussent Viviane à le porter. Dans l’interview du site Natalie, l’auteur explique que le port de ce heaume efface toute forme d’expression mais permet parallèlement de réaliser certains gags en laissant au lecteur le soin d’imaginer la tête que peut faire Viviane (heureuse, abattue, etc.). Il y a des passages, notamment dans Sekai ôshitsu kaigi, où le casque présente de légères déformations et un aspect moins réaliste qui facilitent l’insertion d’une humeur particulière.

Le choix d’une pièce d’armure aussi lourde et si peu élégante (au lieu d’un loup ou d’un masque) confère un ressort comique au comportement de Viviane, tout comme donner l’impression d’être insondable tout en restant très proche de son peuple.

T. 1, T. 2, passionnément !®

Si Stravaganza met en avant son charme grivois et ses atouts/atours concupiscents, il n’occulte pas les autres éléments de cette grande fresque initiatique et romanesque où Viviane, après nous avoir offert un open-tour de son anatomie, prend les rênes de son royaume en main dès les premières pages du tome 2. A noter que ce dernier et les suivants diminuent sensiblement le quota de fanservice, réduit à quelques planches illustrant des moments de répit, pour plonger dans un univers sombre et sanglant où la mort rôde et frappe au hasard comme dans d’autres mangas (Berserk ou le trop méconnu Wolfsmund).

Concernant la suite des événements, je ne divulgâcherai rien… MAIS je ne peux résister à l’envie de vous fournir une référence personnelle qui paraîtra de prime abord totalement incongrue :

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©Dupuis 1969 Peyo/Gos

On a débuté sur un plan gambette ? On termine sur un plan gambette !

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Non, rendez-vous dans le tome 3 ! – ©2013 Akihito TOMI / Published by KADOKAWA CORPORATION ENTERBRAIN

Stravaganza – la Reine au Casque de Fer par Akihito TOMI. Éditions Casterman. 8.45€

D’s©

Un IMMENSE merci à Wladimir LABAERE (Sakka) pour l’obtention des visuels et d’informations sur l’auteur !

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6 réflexions sur “Stravaganza : Let me be a free queen !

  1. De belles trouvailles langagières (Francis Heaulme, fallait oser) et un lot d’informations instructives. Une petite question : l’auteur était concepteur de maisons en bois. Le bois a été évoqué mais qu’en est-il du côté maison dans les tomes ? Est-ce que les bâtiments occupent aussi une place importante ou c’est l’extérieur (loin des villes) qui est valorisé ?

  2. Merci !

    Quand j’ai commencé à écrire, je me suis posé cette question du rapport entre sa profession d’architecte et de mangaka. Au fil des pages, j’ai eu cette impression que l’auteur ne cherche pas à privilégier les décors, mais ne les délaisse pas pour autant et agit de telle sorte qu’en les dessinant une seule et belle fois (ex : la clairière dans le tome 1, une immense salle et une vue aérienne dans le tome 2), on en garde une bonne empreinte. Au soin du lecteur de meubler ensuite mentalement les arrière-plans dans une séquence. Ceci étant, il est plus soucieux du rendu d’un environnement naturel qu’urbain. L’étrange architecture du tome 2 est sans doute une référence à son précédent métier dans le design, l’agencement et l’aspect fonctionnel des pièces.

    D’s©

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