Vamos là !, des filles et du foot

En cette période sportive qui voit se dérouler les Jeux Olympiques de Rio, et de beau temps, quoi de mieux qu’une petite lecture qui allie les deux ?

Aujourd’hui je vous propose de découvrir une série courte sortie en 2011 chez Doki Doki et bien trop confidentielle à mon goût. Son titre ? Vamos là ! Un manga sur les relations humaines, et le foot en salle entre filles !

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Vamos là ! (ばもら!) est un seinen de l’éditeur Media Factory prépublié dans le Comic Flapper (Séki mon voisin de classe, Dance in the vampire bund) en 2009.

L’auteur, Osada Yoshimi (長田佳巳), est semble-t-il un « jeune auteur qui a percé grâce aux webs comics » (site de Doki Doki). Vamos Là est sa première et quasiment seule œuvre professionnelle.

En France, le manga en 3 tomes a été publié chez Doki Doki en 2011. A l’occasion de sa sortie, le tome 1 a été commercialisé à 5€ pour le premier tirage lors de l’anniversaire de l’éditeur.

Le titre lui, vient tout simplement du cri de guerre utilisé par la capitaine du club de futsal pour motiver ses troupes.

L’Histoire

L’histoire se penche principalement sur le personnage de Kamasaki Yû, une lycéenne brutale et renfermée. De ce fait, elle n’entretient aucune relation avec les autres élèves. Mais alors que tous ont peur de l’approcher, elle est abordée par la joviale Kume Asami qui l’invite à rejoindre le club de foot en salle dont elle est la présidente. La vie morose de Kamasaki prend alors un nouveau tournant.

Kamasaki Yû en est arrivé à un tel niveau d’enfermement qu’elle ne se souvient même plus de quand celui-ci a commencé. C’est pour cela qu’elle passera par différentes étapes dans son ouverture aux autres. Elle cache pourtant elle une personnalité attachante. Dès le début du tome 1, on se rend compte du peu de confiance en elle. Elle ne parle pas beaucoup mais n’observe pas non plus, est totalement séparée des autres. Un rien l’irrite. Elle appréhende sans cesse les réactions négatives de l’humain, comme elle ne croit pas en elle, elle ne croit pas dans les autres. Son agressivité dans ses interactions avec ses camarades de classe montre sa peur de se lier à eux et par extension, sa peur de l’abandon. Elle met à distance les autres avant même qu’ils puissent la rejeter.

[Spoil] Son évolution est très bien traitée. L’auteur ne la fait pas s’ouvrir aux autres d’un coup de baguette magique. Même en 3 tomes, il arrive à installer une évolution progressive. Elle s’ouvre peu à peu pendant le premier volume, mais son problème de confiance est loin d’être réglé. Elle développe alors une dépendance forte envers sa sauveuse. Elle l’idéalise et lui fait masse de compliments. Kamasaki va donc devoir trouver un équilibre quant à sa relation avec Kume[Fin du spoil]

La capitaine de l’équipe est Kume, une jolie jeune fille appréciée de tous, qui a tous les talents et qui, grâce à sa ténacité, va initier au futsal et plus encore à l’amitié. Au sein du club, Kamasaki retrouvera Yuriki, une jeune fille avec laquelle elle a eu une forte altercation l’année précédente. D’un tempérament de feu, elle rêverait de rivaliser avec le niveau sportif de Kume, en vain. Elle se donne donc à fond dans tout ce qu’elle entreprend. Le club sera plus tard rejoint par la mystérieuse Urakabe, une redoublante souvent absente au départ. Avec son cran à revendre, c’est sa personnalité qui va rapidement l’amener à trouver sa place dans l’équipe.

Dans Vamos Là, les filles ont du punch et un sacré caractère !

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Kamasaki, Kume, Yuriki et Urakabe.

Elles font régulièrement appel à trois garçons du club de foot du lycée pour leurs entraînements. Tout d’abord Takase, le capitaine beau gosse obnubilé par le corps féminin mais qui est un observateur et sportif hors pair. Puis Okada, dans la classe de depuis de nombreuses années. Il est plus ou moins considéré comme le « bon copain ». Il sera une clef dans l’évolution d’un personnage. Lequel ? A vous de le découvrir… Et enfin Sakamoto, moins mis en avant, il est le coup de cœur de Yuriki. A première vue, les garçons que côtoie le club de futsal sont plus titillés par leurs hormones que par le sport. Mais chacun à leur manière, ils vont apporter quelque chose aux jeunes filles.

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Takase, Okada et Sakamoto.

D’un point de vue général, le background des personnages n’est pas vraiment approfondi. Il s’agit là d’un récit à instant t où le passé et l’avenir n’entrent pas en compte. On voit également très peu les personnages évoluer dans un contexte extérieur à la scolarité / aux activités de club. Il ne faut donc pas s’arrêter à ce que nous montre à première vue l’auteur. Afin de tenter de comprendre les personnages, il faudra les « lire ». Et Kamasaki n’est pas la seule qui va devoir cheminer au cours des 3 tomes…

Le plus gros regret du manga, excepté le manque de développement du passé des personnages, vient sûrement du traitement encore plus en surface de Kume. [Spoil léger] Tellement en surface qu’elle ne semble parfois n’être qu’un robot programmé pour sourire en permanence et faire l’apologie du pouvoir de l’amitié. L’agacement du lecteur face à ce comportement est partagé avec certains personnages. Il va d’ailleurs finir par lui jouer des tours…[Fin spoil léger]

Sur seulement 3 tomes de nombreux thèmes sont abordés : le renfermement, la solitude, la peur de l’autre, le complexe physique, l’acceptation de l’autre, l’ouverture de soi, les premiers émois amoureux.

Celui du complexe physique revient régulièrement. On ne peut se le cacher, c’est une problématique que l’on a presque tous à l’adolescence. C’est d’ailleurs cela qui va décider Kamasaki à tenter le futsal. Elle tente pour sa ligne, mais y restera pour Kume.

Le QG du club se trouve sur le toit du bâtiment, un endroit emprunt de liberté et de soleil, annonciateur de l’ambiance du livre. Très bonne idée d’ailleurs d’avoir placé une bonne partie de l’histoire en plein air par rapport aux thèmes abordés. Le lecteur s’imagine donc un endroit qui n’est pas limité par les quatre murs d’une salle, cela rend la lecture encore plus fraiche.

Ce slice of life sportif est une ode au bonheur, à profiter de son entourage et à trouver sa propre personnalité. Le foot en salle n’est pas réellement le point central de l’histoire. C’est avant tout une œuvre sur l’ouverture aux autres et le travail sur soi.

Pourtant l’idée de base est d’une banalité scénaristique décevante. En effet on retrouve le trop utilisé « la fille isolée sauvée par celle populaire et adulée de tous ». Très rapidement le chemin pris est plus qu’appréciable. Le manga parle avec justesse de la peur de se mêler à l’autre, aucun excès de pathos est associé au mal être de Kamasaki.

Sous ses airs de slice of life simple, le manga cache bien son jeu. Une grande partie du manga est réservée au foot en salle. Mais ! Il n’est pas juste l’occasion de faire une partie de foot. Ces moments permettent aux personnages de renforcer leurs relations et d’en sortir grandis.

L’histoire est elle, très bien répartie. L’évolution des personnages se fait doucement mais sûrement. [Spoil] Le tome 1 représente le début de l’ouverture de soi par une phase d’idéalisation de Kume quitte à ne plus avoir son propre jugement. Le match du tome 2 se révélera être un tournant pour plusieurs personnages dont Kamasaki, qui ne voit plus uniquement que Kume. Puis un tome 3 synonyme d’affirmation de soi.[Fin du spoil] Les personnages s’apportent mutuellement. Au lieu de voir l’isolement avec un regard dur, ici il y a une légèreté déconcertante. Le regard est toujours porté sur les relations humaines. Celles-ci sont développées naturellement par l’utilisation du futsal, une idée très maligne.

Le dessin

Concernant l’aspect visuel du manga, les planches sont très claires, avec un découpage des cases assez « classique ».

Le point fort du dessin est la maîtrise du mouvement. Le lecteur a une grande facilité à imaginer les matchs de foot ce qui rend vraiment vivant le manga. C’est un vrai plaisir de suivre les séances d’entraînement et les rencontres.

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Le chara-design est lui agréable à l’œil. Les personnages féminins d’Osada sont très « en formes » avec de jolies courbes. Les nombreux plans sur les poitrines et les quelques scènes de nudité peuvent cependant freiner certains lecteurs… ou au contraire enchanter les autres. Si vous êtes du genre à être dérangés par cet aspect, le côté fan service n’étant pas nécessairement exagéré dans les traits, tentez et vous serez peut-être agréablement surpris !

Le point négatif se trouverait plutôt dans l’utilisation trop régulière du rougissement. Les joues qui rougissent sont omniprésentes, mettant à égalité les moments importants des autres ce qui est dommage. Mais c’est contrebalancé par les expressions faciales qui sont tout simplement tops !

L’édition

L’édition est agréable avec du papier de bonne qualité. Cependant elle est simple, pas de présence donc de chapitre bonus ou de pages en couleurs.

Mais le point positif réside dans les couvertures ! Très colorées, elles sont fraîches et ensoleillées. Elles reflètent le cheminement parcouru par Kamasaki avec l’évolution de son expression faciale, passant de renfermée à épanouie. De même pour l’intérieur des rabats qui dévoilent un dessin de dans chaque tome de plus en plus… sexy ! Et si vous retirez ces couvertures vous risquez d’avoir une surprise plutôt plaisante.

Le seul bémol de l’édition française réside dans l’utilisation de certaines expressions qui peuvent casser le rythme de lecture si vous ne les connaissez pas. Mais la traduction et l’orthographe restent très soignées.

Balle au centre

Osada Yoshimi a un style soigné et est l’archétype de l’auteur bon élève. Son premier travail professionnel, Vamos Là, était très prometteur. Il est donc terriblement dommage qu’il n’y ait eu aucune nouvelle de l’auteur depuis des années.

En seulement 3 tomes, ce manga se révèle être une agréable petite lecture accessible à tous niveau budget et histoire.Il serait donc dommage de passer à côté.

Avec ses personnages attachants Vamos là ! fait partie de ces œuvres où l’on ressort le cœur léger.

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3 réflexions sur “Vamos là !, des filles et du foot

  1. lachesis96

    Mon principal problème, mis à part : que je n’aime guère le sport, et encore moins le football……. est …. que c’est seulement en trois tomes…

    Ce qui pour approfondir les thématiques, est trop insuffisant !!

    1. Ca serait dommage de s’arrêter là dessus. Je n’aime pas vraiment le foot mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier le manga.

      De même pour le nombre de tomes. Comme je le dis dans mon article, l’accent est mis sur certaines problématiques. Et même en 3 tomes je n’ai aucunement ressenti que les thématiques étaient abrégées dans leur traitement.

      Il faut savoir s’ouvrir, parce que rester bloqué sur certaines choses peut faire passer à côté de jolies surprises.

      1. lachesis96

        Malheureusement, il s’agit d’expériences (je suis assez ouverte d’esprit) : d’être restée, trop sur ma faim/fin ; parce que trop peu de tomes!!

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