Parasite (Kiseiju) et l’écologie.

Après une analyse des relations entre les humains et les parasites, il est intéressant de se pencher sur l’écologie. L’écologie, au sein de la biologie, est l’étude des interactions entre les êtres vivants et leurs milieux d’habitat. On peut même préciser cette définition. L’écologie est aussi l’étude de l’équilibre biologique et de la survie des espèces selon les conditions d’existence et les comportements des êtres vivants. Maintenant que les définitions sont posées et admises, on peut les transposer à l’univers de Parasite, le manga d’Hitoshi Iwaaki. Et puis, on va aussi s’égarer de l’écologie pour parler un peu d’anthropologie (un tout petit peu). C’est le chic du biologiste : être polyvalent. Par contre, je spoil un peu.

Lorsque l’on commence à lire le manga ou à regarder la version animée, on est mis nez à nez avec notre planète bleue, la Terre.

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L’origine du mal.

Le message est clair : nous avons complètement déconné avec l’écologie. L’Homme détruit les forêts pour faire des bâtonnets de glace, pollue la nature en jetant impunément ses ordures et se fiche éperdument des autres êtres vivants en exerçant un droit de mort absurde. L’auteur met en évidence une force supérieure qui, pour régler le problème qu’est l’humanité, envoie une armada de parasites infester la Terre. Et là, on est mal.

Précédemment, j’ai parlé brièvement de la relation de prédation entre les parasites et les humains. Les parasites se nourrissent de viande humaine. Nous connaissons bien ce principe avec nos habitudes alimentaires : les animaux sont le garde-manger des humains. Nuance notable, il y a beaucoup d’humains (contrairement à nos ennemis tentaculaires) et beaucoup de bouches à nourrir. Il faut donc restaurer l’équilibre entre les animaux et les hommes. Voilà le rôle des parasites.

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On est soit le boucher, soit le bétail.

Fait intéressant, ces anthropophages de naissance ne le sont que par instinct. Ils n’ont pas appris (ou compris) qu’en dévorant les êtres vivants du même corps qu’eux, ils en tireraient des bénéfices. Ils le font car ils le doivent. L’auteur explicite dès le début de l’histoire cette différence avec, comme exemple, le chien parasité. Il ne se délecte pas d’un humain mais d’un congénère canin. Selon l’organisme parasité, l’espèce doit être dévorée. Et l’invité d’honneur de cette grande boucherie est bien entendu l’Homme. Il ne faut pas oublier que l’objectif de ces vers est de se faire une tête humaine au départ. En somme, c’est un cannibalisme inné à l’inverse d’un cannibalisme appris (rendre le corps plus fort, un plus grand apport protéique ou autres raisons).

Contrairement aux simples humains qui ne sont que des spectateurs (ou des repas, c’est selon), notre héros a la possibilité de réagir face à ces anthropophages ou d’appréhender la situation. Face à eux, il s’estomaque puis enrage face à ce comportement et passe à la bagarre. Comportement logiquement humain, Shin’ichi n’accepte pas que les hommes deviennent la proie de ces monstres. A contrario, son acolyte, parasite, lui rétorque par une phrase pleine de sens : les humains tuent les vaches, les moutons et les porcs pour leur chair sans monter la moindre émotion ou reconnaissance envers ces animaux. Sa colère est donc dénuée de sens et est simplement le résultat de la supériorité pensée de l’Homme (à tort ?). Un petit débat sans juste réponse où chacun se fera son propre avis.

Néanmoins, le mangaka émet son opinion sur la chose lors d’une discussion entre Shin’ichi et Reiko. Il sous-entend clairement que l’humain pourrait vivre en réduisant (ou en arrêtant) sa consommation d’animaux. Une bonne raison de devenir végétarien !

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La discussion en question.

Dans la seconde partie de cet article, je vais axer l’analyse sur l’environnement et la pollution. Une notion qui devient de plus en plus présente au fil des tomes. Pour cela, on va présenter un personnage dont je n’ai pas encore parlé pour le moment : le maire Takeshi Hirokawa.

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Une pensée marginale.

Ce personnage, qui apparaît dans la seconde partie de l’histoire, est assez ambigu. Au début, on ne sait pas si c’est un humain parasité ou un homme normal. Ce jeune politicien vise la mairie de Fukuyama. Son sujet de campagne est l’écologie environnementale : nous devons recentrer nos préoccupations sur la nature et changer nos actions sur celle-ci.  Il est accompagné de parasites, notamment Reiko et Goto, et ensemble forment les Compagnons. On pense que c’est un humain parasité mais non. C’est un humain qui s’allie aux parasites car, pour lui, ils sont un cadeau divin venu soigner notre belle planète. Lors de l’attaque de la mairie, il effectue un petit discours. Dans celui-ci, il met en exergue l’équilibre de l’écosystème que l’Homme est en train de bouleverser. Selon ses dires, le Parasite est au-dessus de l’Homme dans la chaîne alimentaire et freine la destruction frénétique de la nature par les humains. L’humain est le virus, le parasite en est le vaccin.

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Écologiste ou écologue ?

Hirowaka se place comme un fervent défenseur de la nature. Pour lui, elle est souillée par les stupides humains bien trop nombreux. Comme dans la vraie vie, en bon militant environnementaliste, il choisit la solution la plus drastique (et violente). Il améliore la consommation d’humains pour les Compagnons afin de diminuer leur nombre, octroie des lieux de repas (les cantines), camoufle les différents crimes et offre des postes au sein de la mairie aux parasites. Bref, c’est leur copain ! Il apporte aussi cette touche contestataire au manga en donnant une opinion totalement différente de l’approche de cette récente espèce. Le maire n’étudie pas l’écologie et l’écosystème mais fait un simple constat. Il ne prend pas la peine de voir l’ensemble du tableau mais fixe son regard sur une petite partie, la plus moche.

Les ordures déversées dans la nature est une mauvaise action bien connue. Un mégot de clope écrasé, un emballage de bonbon chiffonné ou une canette vide jonchent souvent les rues. Encore des actions humaines nuisibles pour la nature.

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Des ordures accumulées.

Dans un petit village de campagne où l’air se doit d’être frais, des gens de la ville viennent déverser des déchets. Les villageois ne sont pas contents et montrent les crocs. Le décor est planté pour le combat final. Lors de cette ultime bataille, Shin’ichi blessera son ennemi avec une barre de fer pleine de rouille et extirpée de cette déchetterie improvisée. Ce poison de la nature sera salvateur pour notre héros puisqu’il lui offrira la victoire. Migi explique que comme il a infecté et créé le désordre chez son ennemi, il détruit à petit feu la terre sur laquelle il loge. L’auteur met une nouvelle fois le lecteur face aux comportements inconscients de l’homme : le manque de soins accordés à notre habitat.

Pour l’instant, l’analyse de l’humain est assez pessimiste : entre le comportement à l’égard des animaux et le comportement envers la nature, il n’y a rien à sauver. L’Homme que j’ai dépeint est égoïste. Il tue à la chaîne pour satisfaire ses plaisirs de gourmet (on consomme plus que l’on en a besoin) et il nuit à l’environnement pour atteindre ses folies de grandeur. Je justifie cela au fait que ma réflexion s’est faite en même temps que ma lecture.

Les humains exercent aussi des bonnes actions : ils soignent les animaux, ils préservent les beaux paysages et ils remettent en cause leurs pensées sur la nature. L’Homme n’est pas qu’un simple bourreau ou qu’un vulgaire destructeur, il est aussi un sauveur et un gardien de la nature. Seulement, il faut chouchouter sa raison (et ça, c’est dur). Je vais donc conclure par cette note positive en regardant une dernière fois la Terre.

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L’humain est pas si dégueu finalement.

Hitoshi Iwaaki arrive à questionner son lectorat sur le comportement humain en lui laissant la possibilité de se faire son propre avis. Les plus curieux auront dans l’idée de s’intéresser à cette question écologique et de regarder le monde d’un œil nouveau.

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