Nostro Awards 2016 : les meilleurs mangas de SF/fantasy

nostro-awards-sf-fantasy

La fin d’année est propice aux bilans et différents prix, alors lançons les Nostro Awards ! Une compétition divisée en 5 catégories visant à récompenser des mangas débutés en 2016. En réalité il s’agit d’une sélection de 5 œuvres qu’on a aimé cette année et qui présentent une vision différente de leur genre. Il n’y a donc pas de classement spécifique, tout est une question de sensibilité. Pour commencer, on laisse place à des mangas de science-fiction et/ou de fantasy. Des genres qui régissent à notre société, qui sondent l’humain, qui nous offrent des aventures épiques…

Dead Dead Demon’s Dededede Destruction – Inio Asano

inio asano awards.png

Après nous avoir touché à jamais avec Bonne nuit Punpun, Inio Asano fait un retour remarqué avec une série de science-fiction : Dead Dead Demon’s Dededede Destruction. Bien qu’une menace extraterrestre plane sur nos protagonistes, on reste dans le registre que l’auteur affectionne le plus, à savoir décrire la vie de jeunes japonais. Ce vaisseau spatial surplombant la ville est d’ailleurs pas sans rappeler la catastrophe de Fukushima qui a frappé le Japon. De ce fait le manga montre des personnages dans leur quotidien après une tragédie de grande ampleur. Comment ils réagissent, ce qui les a marqué, ce qui n’a pas changé. De plus DDDD brille par ses dessins, et notamment le contraste entre le réalisme photographique des décors et l’esthétisme moe, typé cartoon, des personnages. Ajoutez à ça un découpage des cases toujours très bien pensé, parfois même innovant, et des idées de mises en scène qu’Inio Asano maîtrise plus que jamais et on obtient ce qui est sans nul doute l’une des plus intéressantes lectures de l’année. Si vous n’êtes pas encore convaincus et que vous voulez en savoir plus sur le travail de l’auteur, vous pouvez toujours lire notre article dédié à la série.

Meloku

L’ère des Cristaux – Haruko Ichikawa

ère des cristaux awards.png

Dans un futur lointain, la Terre a survécu a plusieurs catastrophes. L’humanité, elle, n’existe plus. A la place vivent des cristaux, lointain descendants, peut-être. Parmi eux, Phos. Délicat, fragile, inutile. Il ne se sent pas à sa place. Jusqu’à ce que leur maître lui confie enfin une mission, dont il espère alors se montrer à la hauteur : rédiger une histoire naturelle. C’est évidemment un moyen pratique, pour la mangaka, de nous présenter cet univers à travers les yeux de son protagoniste principal. Ce qui peut alors donner l’étrange impression que, malgré ses 300 années d’existence, Phos ne connaît rien du monde qui l’entoure et même de ses nombreux camarades (presque 30) ! Que ce soit le ténébreux Cinabre, forcé à mener une patrouille nocturne complètement obsolète, ou le lumineux Diamant, dans l’ombre de son partenaire malgré sa solidité physique, la galerie de personnages est variée. Cela dit, si l’on passe outre cette facilité scénaristique, on découvre alors un monde à la beauté fragile et menacée. En effet, les cristaux sont en guerre contre des guerriers venus des Lunes, sortes de Bouddha éthériques (lisez mon article, bisous) qui viennent inlassablement tenter de capturer les cristaux, pour en faire des parures… ou des armes ! Du coup, chacune de leur apparition peut changer l’ambiance à jamais. Rarement un manga n’aura à ce point souligné la dangerosité des ennemis, et la fragilité éphémère des jours paisibles. Phos, au milieu de cette guerre sans merci, partant d’une quête pour s’intégrer dans la société, s’intéressera à la quête de la vérité.

Bobo

Stravaganza – Akihito Tomi

stravaganza awards.png

Après avoir fait le tour de LA propriétaire non pas une mais deux fois, le manga Stravaganza reste une élégante et savoureuse surprise dans l’univers de la fantasy. Petit rappel scénaristique : quand elle n’endosse pas sa tenue de reine du royaume d’Auroria, Viviane retire son heaume et devient Claria, une fille du peuple. Sous ses airs délurées, l’insouciante demoiselle passe du bon temps sans omettre de rester sur ses gardes lorsqu’un danger rôde. Toutefois, entre combattre un gorille albinos dans une forêt et sauver son peuple d’une catastrophe sans précédent, l’enjeu n’est plus le même et Viviane doit prouver qu’elle sait tenir fermement les rênes de son pays sans pour autant devenir une monarque autoritaire et portée par le goût du sang. Quel est ce danger qui va perturber son quotidien ? D’où vient-il ? Faut-il requérir de l’aide extérieure ? La reine parviendra-t’elle a conserver son anonymat et son intimité ? Non content de nous offrir des séquences dotées de découpages graphiques immersifs et ensorcelants, l’auteur instille des éléments de réponses tout en conservant une part de mystères afin de conserver l’intérêt du lectorat. Un des éléments qui fait le charme de la protagoniste, nonobstant ses courbes séduisantes, est de constater que sa vie ne sera pas un long fleuve tranquille. Ceux qui sont à jour dans la série (3 tomes traduits, le 4e arrive en février) se doutent que rien ne va se dérouler comme prévu. Et ils ont raison de se questionner à ce sujet. Elle devra contracter des alliances dans des conditions difficiles pour la survie de son royaume, quitte à prendre des coups. Quand on tient à ses ouailles comme Viviane, on est prêt à tout pour s’assurer d’un retour à la paix et la tranquillité…

Damien – D’s©

Les enfants de la Baleine – Abi Umeda

enfants de la baleine awards.png

Dans un monde mystérieux situé entre le futurisme à tendance post-apocalyptique qui rétropédale technologiquement et la magie entourée de croyances passéistes, Les enfants de la Baleine est un manga qui se situe le cul entre deux chaises à bien des égards. C’est un thriller entrecoupé de phases d’actions et de révélations, mais aussi une romance dramatique qui aborde des thématiques fortes comme l’abnégation à grande échelle. Difficile en effet d’attribuer une étiquette à ce manga qui mélange les inspirations comme les formes de narration : tantôt mélodramatique puis orienté sur la guerre et la géopolitique de l’univers, puis œuvre intimiste qui pose un regard pur sur l’amour entre deux personnes. Et tout ceci s’enchaîne avant de revenir à des sujets d’éthique qui ne mettront pas tout le monde d’accord mais qui auront au moins le courage de soulever quelques interrogations. Le dessin est fin et son design est inspiré de mondes désertiques et abandonnés. L’univers vacille alors entre le médiéval-fantastique et un certain modernisme militarisé à la façon des Final Fantasy. Au fur et à mesure des tomes viendront des réponses qui créent à leur tour d’autres doutes qui sauront alors nous tenir en haleine quelques années de plus, espérons le.

Eck

Gunnm Mars Chronicle – Yukito Kishiro

gunnm mars chronicle awards.png

Découvert il y a plus de 20 ans, Gunnm demeure une de mes meilleures lectures dans le genre SF/cyberpunk, que ce soit pour son univers pléthorique en destins et personnages inoubliables (Jashugan, Desty Nova, Den, etc.) ou encore ses multiples références philosophiques. Après un long – et parfois soporifique – arc dans l’espace (Gunnm Last Order), l’auteur décide enfin de nous donner ce qu’on souhaitait depuis la fin alternative du tome 9 (proposée dans l’édition originale chez Glénat courant 2017) et les chapitres 1, 37 et 38 de Last Order : la jeunesse de Yoko/Gally sur sa planète (natale ?) qu’est Mars. Qui était-elle réellement ? D’où vient-elle réellement ? Comment est-elle arrivée au Panzer Kunst ? Qui est réellement cette Erika ? Ces premières interrogations sont déjà connues dans les très grandes lignes mais le fait de les saisir intégralement donnera des frissons d’excitation aux passionnées de l’œuvre de Kishiro. Premier point après avoir fermé le tome 1 : les débuts de Yoko ressemblent à ceux d’un fêtard du 31 décembre : il se dit qu’il va passer la meilleure soirée de sa vie mais va finir soit dans une crevasse de départementale, soit aux urgences après avoir sabré le champagne et sa main droite. En plus de refléter une actualité dramatique au Proche-Orient, la couverture met directement l’accent sur ce qui attend la jeune cyborg et son amie : un monde dévasté et dévastateur où la survie sera un élément à jamais marqué dans leurs gènes et la profonde amitié qui les unit… .

Damien – D’s©

Publicités

3 réflexions sur “Nostro Awards 2016 : les meilleurs mangas de SF/fantasy

  1. Lili

    Une très belle sélection, il y a trois oeuvres de mon top de l’année là dedans.. On a été vraiment gâtés et l’année qui s’annonce sera encore plus belle, je crois.

    Il n’y a que Stravaganza qui m’a laissé froide, pour le coup. Autant le premier tome m’a amusée, autant le second me l’a fait abandonner. Je me suis un peu ennuyée.

    Mention spéciale pour Les enfants de la baleine, que j’ai vu peu souvent dans les articles que j’ai lus et que je trouve superbe (donc merci à Eck pour la jolie critique).

    Et bon réveillon, Nostro! <3

  2. Loïk c.

    Très bonne sélection. Hormis Les enfants de la baleine, je possède l’intégralité des titres proposés. Mais la chronique de Eck me donne fortement envie de découvrir ce titre en 2017.

    Pour ma part, dans cette catégorie, le titre qui m’aura le plus marqué cette année est L’ère des cristaux. À la fois pour ces qualités esthétiques et scénaristiques. DDDD est plutôt sympa mais il m’est difficile de me faire un avis avec un seul tome dans le ventre. Stravaganza est titre rafraîchissant et la tournure sombre du dernier tome annonce de grands moments pour la suite. Quand à Gunnm, difficile de ne pas se réjouir du retour de Gally, héroïne de mon adolescence !
    J’attend la suite des sélections avec impatience !

On attend votre avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s