Nostro Awards 2016 : les meilleurs mangas sur le Quotidien

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Retour à notre monde à présent. Après avoir exploré l’imaginaire avec la sélection précédente, les Nostro Awards continuent et récompensent des œuvres présentant des tranches de vie se déroulant dans notre réalité. Ainsi elles abordent des sujets actuels de société ou même l’histoire de France. Elles nous racontent des histoires avec un ton doux ou amère. Elles sont proches de nous, et donc nous touchent avec d’autant plus d’aisance. Rions, pleurons, réfléchissons avec les meilleurs mangas de 2016 sur le quotidien.

Le mari de mon frère – Gengoroh Tagame

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Comment faire découvrir Gengoroh Tagame au grand public ? Réponse : avec Le mari de mon frère ! Car si le mangaka aborde des thématiques gays, il le fait au sein d’un magazine mainstream, ce n’est donc pas un manga gay, et le public cible, c’est tout le monde ! Rares sont les mangas qui abordent le thème de l’homophobie aussi directement. En effet, Yaichi vivait tranquillement avec sa petite fille, Kana, jusqu’à ce que ce fameux mari, celui de son frère jumeau mort récemment, débarque au Japon. Forcé à vivre jours après jours avec cet inconnu, Yaichi va alors se rendre compte qu’il était bourré de préjugés, principalement dus à la société qui nous entoure, 100% hétérocentrée, et à son ignorance totale du sujet. Le manga alterne donc ces remises en questions avec des passages de vie quotidienne plus légers, plus drôles, comme la dégustation d’un donuts kawaii.

Bobo

Doukyusei – Asumiko Nakamura

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Dans un lycée pour garçons, deux camarades de classe tombent amoureux l’un de l’autre. Durant le manga, on suit le rythme des sentiments des jeunes hommes à travers des scènes de leur quotidien. Ni plus, ni moins. La série d’Asumiko Nakamura est narrée avec une telle douceur qu’il est facile de s’y plonger et de s’y égarer, à cœur découvert. De plus, son style graphique si particulier lui confère une certaine poésie. La mangaka a un certain sens de l’esthétisme, elle n’hésite pas à s »éloigner de toute notion de réalisme pour allonger les visages, les doigts, intensifier les regards. Et ça marche, c’est subjuguant. Bref, il s’agit d’un titre agréable, qui fait du bien. C’est beau, c’est doux, c’est sucré… Que dire de plus sur cet énorme coup de cœur ? Lire Doukyusei fait le même effet qu’un premier amour.

Meloku

Marie-Antoinette – Fuyumi Soryo

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Après Riyoko Ikeda avec La Rose de Versailles et Shinichi Sakamoto avec Innocent, c’est au tour de Fuyumi Soryo de s’intéresser à Marie-Antoinette. Cesare nous laissait déjà profiter de tout son savoir-faire en terme de manga historique, alors ce n’est pas une surprise que son œuvre en collaboration avec le Château de Versailles soit une réussite. La mangaka narre son récit à la manière d’un flashback présentant la jeunesse de Marie-Antoinette et son mariage arrangé avec Louis XVI. Si le personnage central est particulièrement attachant, c’est avant tout la précision des dessins que nous retiendrons. La reproduction des costumes et des décors est juste sublime. On y est. On voyage dans le Versailles avec un réalisme saisissant. Ceci est renforcé par le trait des personnages. Ils semblent issus de tableaux d’époque, et pourtant on comprend immédiatement qu’il s’agit d’un manga. Il y a une sorte de dualité artistique qui se dégage, et rien que pour ça, Marie-Antoinette vaut le coup d’œil. En plus on apprend ou on se souvient de certaines choses de l’histoire de France grâce à ce manga. Et il est intéressant de le lire en même temps qu’Innocent, afin de se remémorer des détails sur l’époque que Shinichi Sakamoto omet de raconter.

Meloku

 

Born to be on air – Hiroaki Samura

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Minare a tout pour plaire dans la vraie vie : alcoolique, hédoniste, grande gueule, bordélique et adepte du conflit en milieu professionnel. En somme, le portrait-robot de notre voisine de palier. Un soir, elle se confie à un inconnu et déblatère son avis de café du commerce sur les hommes natifs de Fukukoa, comme son ex-petit ami. Le lendemain, qu’elle n’est pas sa surprise d’entendre l’ensemble de son discours dans l’émission d’une station radio. Folle de rage, elle quitte précipitamment son poste de serveuse dans un restaurant atypique et fonce à la radio pour mettre un terme à ce cauchemar. Au lieu de couper sèchement l’enregistrement, le directeur d’antenne propose à Minare d’occuper une minute en direct et d’inonder les ondes à sa sauce : au curry épicé et sans mâcher ses mots. Face aux avis nombreux d’auditeurs ayant fait part de leur enthousiasme en entendant cette voix au franc-parler musclé, Minare se voit offrir une plage d’antenne pour créer son émission attitrée. On ne présente plus le génial Samura, capable du meilleur (Snerugochka, l’habitant de l’infini) comme du loufoque (Halcyon Lunch) quelque soit le sujet et l’époque abordés au travers d’un dessin ensorcelant en diable. Si la radio est la thématique principale de cette œuvre, l’auteur s’en sert pour dresser un portrait tragi-comique d’une femme moderne (et sensuelle lorsqu’elle s’en donne les moyens) jonglant avec les aléas de sa vie quotidienne (finances, loyer, boulot, amour, etc.). En cuisine comme à la radio, la bouillante et délicieuse Minare nous promet des moments grésillants grisants et des concoctions épicées !

Damien – D’s©

Au fil de l’eau – Aoi Ikebe

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Après Ritournelle en 2015, komikku nous a livré une seconde perle de la mangaka. Quand vous lisez ou regardez une œuvre, n’avez-vous jamais rêvé de mener une vie semblable à celle des personnages croisés ? Le récit met en scène une vieille dame qui a deux occupations : lire le soir des classiques de la littérature (notamment les 4 filles du Docteur March et le festin de Babette) et se projeter toute entière dans ses songes tous les jours sur un banc devant lequel passe un cours d’eau devenu au fil du temps une décharge puante. Les habitants du quartier se posent parfois des questions ou gloussent devant le comportement de cette étrange dame qui marmonne des choses incompréhensibles : pourquoi reste-t’elle figée sur ce banc, les yeux fermés et l’air béat ? Et surtout, comment peut-elle supporter les effluves nauséabondes de la rivière ? Dans un découpage et une ambiance éthérés, l’auteure sublime le quotidien imperturbable de cette femme cloîtrée dans son univers sucré-salé et de son aura revigorante et d’une quiétude remarquable. Un titre tout à la fois mélancolique et réconfortant à lire et à méditer en silence, le sourire aux lèvres et les yeux embués par la tasse de thé posée à nos pieds.

Damien – D’s©

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4 réflexions sur “Nostro Awards 2016 : les meilleurs mangas sur le Quotidien

  1. Je note mes prochaines lectures : « Le mari de mon frère » et « Marie-Antoinette ». Cette époque tourmentée me fascine (et je suis une grande fan de Versailles no Bara *o*).

    J’ai beaucoup apprécié le manga Au fil de l’eau. Comme tu l’écris, Damien, c’est un titre à contempler, à lire calmement. L’on se laisse doucement emporter dans les songes de cette vieille dame, et l’on rêve des jours heureux.

    1. (le temps de réponse… j’ai honte, pardon!)

      Je n’ai pas encore lu Ritournelle^^ ; je sens que je vais l’aimer ! J’aime déjà le titre ! J’achèterai la version française à mon retour en France. En attendant, je vais chercher la version japonaise n_n.

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