Nostro Awards 2016 : les meilleurs mangas d’Action

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Pour contraster avec le quotidien et ses tranches de vie qui peuvent paraître monotones au yeux de certains, il nous faut de l’aventure, du rythme, des bagarres ! Ce joli programme, on le retrouve dans notre sélection des meilleurs mangas d’action débutés en 2016. Entre délires esthétique, déconstruction du genre et histoires japonaises, les séries choisies aujourd’hui proposent différentes façons de percevoir le divertissement.

Deathco – Atsushi Kaneko

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Deathko détesterait que je parle d’elle puisqu’elle déteste tout : autant la pizza que sa fonction de reaper qui consiste à donner la mort aux malfrats. Deathco est un manga d’Atsushi Kaneko, maitre incontesté du polar. Ici, il nous invite à plonger dans un univers sombre et amer, sans sucrerie et avec un style graphique gothique d’une beauté noire. Peu de place aux nuances de gris et aucune aux dégradés : on passe brutalement du blanc au noir pour le plaisir de nos rétines. Kaneko, en plus de proposer un véritable défouloir sanglant et macabre où Deathko ne respecte aucune règle et tue sans modération, nous livre de sublimes métaphores visuelles de la dépression pour marquer le caractère torturé de notre protagoniste. Ainsi, Deathko mâche inlassablement un chewing-gum noir pour en faire des bulles comme si, de temps à autre, son cerveau s’apprêtait à éclater sous une tornade de pensées apocalyptiques. De même, un nuage noir gonfle parfois au-dessus de sa tête pour signaler la saturation à laquelle arrive cette adolescente misanthrope. Et enfin, elle a une chauve-souris aux longues pattes en guise d’animal de compagnie qui la suit toujours pour rappeler les malheurs qui ne quittent jamais Deathko. Vous l’aurez compris, Deathco propose plus que de l’action et du suspense, ici, la Faucheuse est omniprésente. À lire jusqu’à y laisser votre âme.

Neer

Bloody Delinquent Girl Chainsaw – Rei Mikamoto

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Avec un titre pareil, soyez certains qu’on ne parlera pas d’amour ni de petits oursons mais de gros engins, de roploplos, de geysers d’hémoglobines, de personnages dégénérés et de petites culottes, le tout dans une ambiance nanarde totalement décomplexée. Armée d’une tronçonneuse XXL, la féroce Geeko doit faire face à l’armée de zombies conçue par l’hypertrope et hyperméchante Nero, une ancienne camarade de classe totalement sadique et ivre de pouvoir à l’échelle mondiale. 4 tomes plus tard, la puissance de ce titre défouloir ne baisse pas d’un iota et délivre beaucoup de surprises. Après la jouissive Reiko the Zombie Shop, Rei Mikamoto revient mettre la pagaille dans nos têtes et nos portefeuilles. A ne pas lire sérieusement si l’on cherche à passer son CAP de charcutier ou de boucher…

Damien – D’s©

Golden Kamui – Satoru Noda

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Sugimoto est revenu de la guerre sino–russe avec des cicatrices, un surnom (l’immortel) mais pas d’argent. Les circonstances vont le mettre sur la piste d’un trésor aïnou. Il ne sera pas seul et son sens de l’engament physique sera mis à l’épreuve. Il sera heureusement aidé dans sa quête par Ashirpa, une jeune aïnou experte en chasse et accompagnée d’un loup blanc. Si vous ne ratez jamais un épisode de Man vs Wild et si The Revenant est votre film préféré, alors Golden Kamui est le manga qu’il vous faut. Comme dans le film d’Iñaritu, les moments calmes consacrés à la survie en monde hostile et aux meilleures manières d’accommoder la cervelle de lapin sont bouleversés par des pointes de violences particulièrement brutales. A l’image des gueules cassées de notre première guerre mondiale, les protagonistes de Golden Kamui ont leur compte de balafres et de peau à vif, et sont prêts à en ajouter à leur collection. A la violence des hommes répond celle de la nature, et les ours ou loups n’ont pas leur pareil pour arracher peau et membres. Condensé de personnages charismatiques, d’une bonne ambiance chasse pêche nature et tradition, et de bourrinage sec et dégueu, Golden Kamui est un manga pas forcément grand public mais qui procure des sensations pures.

Kevo42

One-Punch Man – One et Yusuke Murata

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Difficile d’être passé à côté du phénomène shonen de l’année (bah non, c’est pas Black Clover). Alors qu’on arrive au premier anniversaire du début de sa publication, OPM en est à 5 tomes publiés en français qui laissent malgré tout les lecteurs ayant vu l’anime sur leur faim. Le rythme de la progression de l’univers, plus que du personnage qui lui est ultra-puissant dès le début, est telle que l’on attend avec impatience le déclic qui fera de ce titre un incontournable. Cependant le manga reste un uppercut dans nos gencives tant la force du trait sublime un scénario pourtant très simple voire juvénile. Saitama est invincible, il bat ses ennemis en un coup de poing, boum le tour est joué. Monstres, robots géants et autres aliens envahisseurs, tout passe sous les coups de Saitama qui a bien du mal à les retenir. Ses alliés et collègues héros seront alors les témoins d’une ascension fulgurante qui le propulsera toujours plus haut dans la résolution de problèmes. Parfois sauver le monde prend tout son sens lorsqu’il est vraiment temps de se bouger de son canapé pour éviter un génocide humain. Yusuke Murata redessine l’histoire de ONE avec brio, en essayant d’incorporer l’humour originel à travers les expressions faciales idiotes de Saitama. Néanmoins certains trouveront que le titre d’origine est dénaturé par ce dessin trop réaliste et parfait. Chacun y verra midi à sa porte et les amateurs d’action et d’humour qui ont toujours leur âme d’enfant seront comblés.

Eck

Jojolion – Hirohiko Araki

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Suite à un tremblement de terre, une jeune femme découvre un homme nu vêtu seulement d’un calot de marin, qui se révèle non seulement amnésique mais doté d’un pouvoir mystérieux. La quête de son identité va les emmener vers le danger. Est-il un meilleur moment pour débuter Jojolion ? Seule série de Jojo’s bizarre adventure qu’il restait à publier en France, elle se situe dans la continuité de Steel Ball Run (partie 7) (même chronologie et quelques clins d’œil) et de Diamond is Unbreakable (partie 4), dont l’animé et la parution française viennent de se terminer. Depuis le climax fou de Stone Ocean (partie 6), on sait que le Jojomonde a été réinitialisé, pour être ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Débutée quelques mois à peine après le séisme de 2011, Jojolion nous ramène dans la ville de Morio, mais dans une version fracturée, où un tremblement de terre a fait apparaître des murs dotés d’yeux et où le mal ne se cache plus. Après un Steel Ball Run en mouvement constant, Jojolion semble renouer avec une trame plus classique, rythmée par les affrontements stratégiques des stands des personnages. A ce titre celui du héros semble des plus intéressants, lui qui prive son adversaire de ses forces plutôt que de lui imposer la sienne. A chaque saison de Jojo sa particularité et sa thématique propre, malgré des structures proches : cette saison semble se placer sous le signe du polar, avec une tension très forte dès le premier tome. Enfin, vous le savez si vous avez lu l’article de Raismith, le dessin d’Araki a peu à peu évolué pour atteindre des sommets de beauté et de dynamisme à partir de Steel Ball Run. Revenir à Morio avec ce nouveau style est un vrai plaisir. Jojolion est beau, Jojolion est bizarre, quoi de plus logique, en somme ?

Kevo42

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2 réflexions sur “Nostro Awards 2016 : les meilleurs mangas d’Action

  1. One Punch Man m’a conquise cette année 2016, mais je pense me laisser tenter par Golden Kamui. C’est la présence du loup sur l’image qui a capté mon attention ; en plus, les dessins sont agréables et ce sera une lecture différente de ce à quoi je suis habituée.

  2. asw

    Golden Kamui, j’adore le côté pédagogique du manga (non sans rappeler Bride Stories), on en apprend plein sur le peuple aïnou. Aussi c’est vrai que ça rappelle le film the Revenant avec le héros revenant de la mort, et immortel :)
    Deathco, c’est le côté loufoque, punk, émo, le graphisme noir et blanc, et l’histoire bien sûr. Les deux sont à recommander!
    Une bonne année pour le manga!

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