FIBD 2017 : de la BD, des rencontres et de la marche à pied

Eh bien ça use les souliers. Et les économies aussi. Toutes ces tentations, ayant doublement plus d’impact car ne vivant plus en France, c’est pas vraiment un coup à se lancer dans des épargnes. Mais trêve d’anecdotes et reprenons depuis le début en nous mettant dans le vif du sujet : ANGOULÊME.

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Deux semaines après le 44e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, alors que je digère lentement la douloureuse expérience émotionnelle qu’a pu être Life is Strange (jouez-y) pour mon cœur, je me décide enfin à faire le compte-rendu d’une autre expérience elle aussi riche en émotions : mon premier FIBD.

Accompagné de mon collègue et guide, vétéran des salons et autres rassemblements du genre, j’ai nommé Meloku, j’ai pu profiter du beau temps angoumoisin pour découvrir plein de choses. Expositions, interviews, dédicaces, rencontres, conférences… la seule limite était l’épuisement. Et autant dire que 4 jours n’étaient pas de trop tant il y a à voir, à faire et à partager lors de ce voyage de case en bulle et de trame en couverture. Angoulême ! Capitale mondiale de la bande dessinée, ouvrait pour la 44e fois ses portes et ruelles aux amateurs et profanes du 9ème art. Un conseil : préparez une bonne paire de chaussures et une boussole, car c’est dans une jungle urbaine et une véritable marée humaine que vous êtes contraint d’évoluer pour pleinement profiter du festival. Un sac à dos et plein d’argent combleront le reste des nécessités car évidemment qui dit bouquins dit achats et autres découvertes spontanées. Et la ville regorge d’endroits intéressants, stands d’éditeurs ou expositions qui sauront tenter les plus curieux d’entre nous. On va pas s’en plaindre, on est là pour ça !

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Mari Yamazaki et Tori Miki

Au niveau des rencontres, ç’a été l’occasion de jouer la double casquette passionné / professionnel en s’octroyant les opportunités de pouvoir obtenir des sessions d’interviews privées avec certains auteurs. Manga oblige, nous avons pu nous entretenir avec Mari Yamazaki et Tori Miki grâce à Casterman à l’occasion de la publication de Pline, avec Gengoroh Togame grâce à Akata pour parler de son manga Le mari de mon frère (en sélection officielle) et avec Eldo Yoshimizu pour revenir sur la publication de Ryuko publié par Le Lézard Noir. Alors que les deux premières interviews seront disponibles plus tard dans les pages d’AnimeLand, la dernière est déjà sur Nostroblog ! Prise de notes, aléas du direct (bon, ça va, c’était une conférence de presse de Daniel Clowes) et échanges passionnés ont été les moteurs de ces entretiens, où beaucoup d’informations ont été partagées pour notre plus grand plaisir.

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Eldo Yoshimizu

Ces rencontres se sont soldées par des compléments indispensables lors des rencontres internationales tenues par Eldo Yoshimizu puis Mari Yamazaki et Tori Miki auxquelles nous avons assisté. Des rencontres riches en anecdotes sur la façon de travailler des mangakas ou leurs vies privées qui souvent expliquent le pourquoi du comment de tel personnage, telle technique utilisée ou encore tel choix narratif. On y apprendra que Eldo Yoshimizu est un fan incontesté de Leiji Matsumoto ou encore que Tori Miki laisse les chats à dessiner à sa consœur Mari Yamazaki car il est plus spécialisé dans les gros animaux ou les monstres. Je regrette de n’avoir pu assister à la rencontre de Gengoroh Tagame histoire d’avoir pu boucler la boucle.

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Expo Will Eisner, urbaine et nocturne

Et enfin, les rencontres plus intimes, moins formelles car pas professionnelles : les gens. Entre deux personnes connues via Twitter et croisées plus ou moins par hasard, on aperçoit ici et là des auteurs se promener dans la foule avec un naturel nonchalant que l’on admire car d’autres seraient dans cette situation plutôt entourés d’appareils photos et autres attachés de presse. Le moment pour nous de partager quelques mots et encouragements avec certains artistes, conduisant à des dédicaces improvisées et des souvenirs mémorables. Merci aux éditions Misma pour la dédicace de Simon Hanselmann et Même pas mal pour les dédicaces du duo de Glory Owl : Chariospirale et Bathroom Quest. Au détour d’un stand, c’est l’occasion d’échanger des ragots avec les éditeurs sur les nouveautés pas encore annoncées ou tout simplement discuter du marché, des œuvres publiées et autres trucs d’aficionados. On se refait pas.

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Expo Valérian, des cases à l’écran

Côté expositions, c’était la première fois pour moi mais j’ai trouvé ça exceptionnel. Les moyens mis en œuvre pour les expositions “Valérian”, “Will Eisner” ou “Le château des étoiles” étaient colossaux. Immersion visuelle et sensorielle, présence de planches originales et autres répliques de costumes des personnages ou maquettes (notamment la partie sur l’adaptation cinématographique de Valérian), mise en scène du parcours de l’expo, bref tout était là pour nous en mettre plein les mirettes. On était comme des gosses. Un peu plus discret cela dit pour la French Touch Marvel et ses quelques illustrations d’auteurs français œuvrant pour Marvel et ses super-héros. Sympa comme idée mais expo un peu froide. Et la cerise sur le gâteau ? Oh, juste environ 150 planches originales du maître Kazuo Kamimura exposées au musée d’Angoulême. BAH PUTAIN. L’occasion de s’y rendre deux fois pour n’en rater aucune miette. Entre beauté des couleurs et impact des cases, l’auteur nous transporte dans un Japon qu’il a su croquer de ses plus belles plumes. Une biographie exhaustive de Kamimura était disséminée sous forme de thématiques “les fleurs, la mode, l’éros, etc…” pour mieux discerner les différentes spécificités de son œuvre. Pour mieux comprendre l’artiste, Meloku nous en parlait déjà ici.

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Expo Kazuo Kamimura, sublime

Et, car les bonnes choses se cumulent, l’auteur a été récompensé du Prix du Patrimoine pour Le club des divorcés. Tant qu’on est dans les récompenses : Chiisakobé a reçu le Prix de la Série, l’occasion pour Le Lézard Noir d’être primé un an après avoir invité l’auteur Minetarô Mochizuki (qui revient en force avec Tokyo Kaido dont on vous parle ici).

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Projection LastMan avec les auteurs

Bonus : pour conclure une dure journée de marche, d’entretiens et autres conférences, rien de mieux qu’une projection en salle de cinéma de l’intégrale de la série LastMan. Rires, frissons et théories fumeuses sur la BD, c’était pour nous l’occasion de souffler un peu et de profiter d’un moyen optimal de voir la série (eh oui, vivant à l’étranger c’était ça ou attendre les DVD). En patientant pour une suite ou du moins une éventuelle adaptation de la BD en série d’animation, on se réjouira d’avoir pu profiter de ce complément façon “origines” qui apporte énormément à l’histoire et offre de sacrés moments de rigolade. Chapeau à toute l’équipe.

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Allez hop, on rentre à la maison !

C’est après 4 jours de péripéties en tout genre entrecoupées de pause sandwiches qu’il a fallu faire ses adieux à la Charente voire même à la France pour revenir chez nous, le coffre de la voiture plein de bouquins et la tête pleine de souvenirs. C’était quelque chose à faire au moins une fois et mine de rien c’était vraiment une sacré expérience. Alors… à l’année prochaine ?


Pêle-mêle quelques photos prises lors de notre séjour à Angoulême.

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