Blogception

Hey Nostroblog, qu’est-ce qui t’a plu en 2017 ?

L’heure du bilan collectif annuel a sonné. Et comme nous sommes des grosses feignasses anticonformistes de ouf, nous vous proposons nos top un peu plus tardivement que les années précédentes comme ça nous sommes sûr d’être lu et ne pas finir noyer dans les 500 bilans qui sortent entre le 30 décembre et le 2 janvier.

Comme tous les ans, nos tableaux de chasse augmentent tandis que nos comptes chèque pleurent de joie à l’idée de servir une noble cause.

Comme tous les ans, nous forçons chacun de notre côté pour vous ordonner inviter à découvrir une ou plusieurs œuvres marquante(s) sinon c’est le goulag en santiags et papysitting de Michel Sardou pendant 6 mois.

Comme tous les ans, nous sommes infoutus de pratiquer le crawl et le papillon. Alors nous nous laissons tomber à pic dans un océan d’œuvres diverses avant d’en remonter quelques-unes à la surface et de les brasser à tout va : Animation, bande dessinée, cinéma, jeu vidéo, manga, musique, littérature, télévision, théâtre, etc. . Autant de thèmes et supports abordés tout au long de l’année 2017 par l’équipe de la pistoche Nostroblog qui démontre à nouveau que ses nageurs et nageuses ont des goûts éclectiques et n’hésitent pas à faire de grands sauts vers l’inconnu (le tremplin situé à 10m de hauteur ne nous fait jamais peur sauf un jour sur deux) pour mieux se surprendre et s’émerveiller au quotidien.

BOBO

One day at a time (Netflix).

One day at a time

Petite surprise de début d’année, cette sitcom est un reboot d’une série des années 70, actualisée et mise à la sauce latino-américaine. Sous ses airs de comédie légère et sans prise de tête, One day at a time abordé des thèmes très sérieux (coming-out, religion, trouble de stress post-traumatique, etc). Une série que j’ai dévoré sans bouder mon plaisir. Et la saison 2 arrive bientôt !

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L’ère des Cristaux (Orange) d’après un manga de Haruko Ichikawa.

L'ere des cristaux

Si 2016 aura été marquée par la version manga, c’est bien l’anime de L’ère des Cristaux qui a embelli cette fin d’année 2017. Et ce, même si je n’ai pas vu beaucoup d’animes. Il était évident que L’ère des Cristaux est mon choix pour le Meilleur Anime 2017. Et pourtant, ce n’était pas gagné. Car même si le manga est un bijou, l’annonce d’une adaptation en cgi 3D trucs m’avait bien refroidi. Et finalement… . Entre ses décors super beaux, les scènes d’action fluides et l’usage très intelligent d’un mix entre animation traditionnelle et 3D, L’ère des Cristaux m’a charmé. Le rythme de l’adaptation fut soutenu, puisque 5 tomes presque complet ont été animés. Cela nous a permis de voir les passages les plus traumatisants du manga, et de conclure sur un léger cliffhanger malgré une fin qui semble boucler la boucle. Vivement une saison 2.

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DAMIEN

Tel un orque devenu végan pour lancer une bonne ambiance au réveillon familial, je n’ai lu que des romans qui ont été publiés des années auparavant. Parce que. Voilà.

« Les apparences sont souvent trompeuses ». Gardez ce proverbe en tête durant toute votre lecture de La Compagnie des Menteurs (éd. Sonatine en 2010 et Pocket en 2011).

La.Compagnie.des.Menteurs

Ce premier thriller de l’autrice britannique Karen Maitland prend place en 1348, quelque part au sud de l’Angleterre. Loin des palais, enluminures et autres nobles chevaliers, ce récit plébéien démarre avec un vieux camelot proposant ses reliques pour éloigner le démon et la vermine (mèches de cheveux, rognures d’ongles, etc.). Un jour de marché, il assiste à la scène d’un père frappant sa fille. Sauf qu’à trop regarder pendant et après la bastonnade, il s’attire le regard de l’enfant qui ne va plus le lâcher et lui prédire la constitution d’une compagnie pour se sauver d’un mal apparu quelques mois plus tôt : la peste. Notre homme aura beau fuir cette prédiction, la prophétie est lancée et le voilà pris dans la nasse de la fatalité. Au fil des pages et chapitres, la jeune fille et le vendeur vont rencontrer des hommes et des femmes de toutes sortes (magicien, ménestrel, sage-femme, etc.) qui constituent la compagnie fuyant vers le nord du pays pour échapper à la mort noire. Un jour, un de ces personnages est retrouvé pendu. Par qui ? Pourquoi ? Notre camelot endosse l’habit de détective et sonde, avec l’aide de la jeune fille, chaque compagnon afin de mettre leur personnalité à nu et dénicher le ou la coupable avant que d’autres membres du groupe ne soient tués. Le suspense est entier jusqu’au bout et la dernière page offre une fin ouverte et terrifiante. Nous sommes pendus tout le long de ce thriller qui baigne dans une ambiance poisseuse, crasse, injuste et laide. Les personnages, tout à la fois surprenants et inquiétants, nous immergent avec réussite dans leurs déboires et leurs révélations. Aussi sanglant que La triste histoire des frères Grossbart et addictif que Les Dix petits nègres, La Compagnie des Menteurs multiplie les coups de théâtre sans perdre de vue le principal objectif de l’autrice : démont(r)er les capacités de manipulation d’une religion à l’encontre de l’être humain qui survit par sa propension à offrir de l’espoir sous couvert de mensonges.

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Biberonné aux aventures d’Indiana Jones et passionné d’uchronies (lisez Luxey, Le Cycle de Cendres ou encore Nous, les morts !!!), mon goût pour les thrillers fantastiques et récits de science-fiction impliquant les nazis s’est progressivement constitué au travers d’une mythologie pop fantasmatique d’un monde sous leur coupe (ou non), à commencer par les œuvres littéraires de Philip K. Dick, Norman Spinrad ou encore Robert Harris. Lorsque les domaines de l’archéologie et de l’occultisme se rejoignent avec des mots comme « Himmler », « mission archéologique en Irak » et « découverte vertigineuse », mon intérêt est piqué au vif et c’est ainsi que je me suis plongé dans Le château des millions d’années de Stéphane Przybylski (éd. Le Bélial’ en 2015 et Pocket en 2017).

Le-chateau-des-millions-d-annees

Nous suivons l’officier SS Friedrich, ancien héros de la Grande Guerre et militaire pur sucre, qui reçoit l’ordre d’Himmler de parcourir le monde en quête d’indices permettant de découvrir une civilisation Aryenne. Après un passage en Amérique latine où le SS se sent espionné, il est envoyé en Irak pour chapeauter une mission dans le désert et qui, bien évidemment, ne se passe pas comme prévu avec les apparitions d’un mal inconnu, d’un jeune garçon énigmatique et d’un ballet de lumières célestes se concluant par une découverte capable de mettre fin à une guerre mondiale qui est sur le point d’éclater. Encore faut-il parvenir à la ramener en Allemagne sans encombre, objectif qui sera difficile à accomplir puisque le chemin du retour va confronter Friedrich à des ennemis de l’Allemagne. En dépit de son indéfectible loyauté au Führer, l’officier SS reste dans le giron du nazisme par pur carriérisme militaire. De fait, il maintient en secret sa désapprobation concernant certains objectifs idéologiques de l’Ordre nouveau, notamment les camps de concentration et l’antisémitisme délirant qui gangrène le cœur de chaque allemand, à commencer par sa compagne fanatisée jusqu’au trognon. Des avis partagés par une civilisation inconnue, et probablement antédiluvienne, qui observe avec une pointe de bienveillance les agissements de notre protagoniste à l’instar d’un predator devant la détermination et la puissance d’un humain. Premier opus d’une quadrilogie, ce titre ouvre une fenêtre à l’évasion et son écriture fluide et claire permet de s’imaginer le décor et l’ambiance générale tout au long de la lecture. Si le choix de nous promener à travers le temps (et l’espace) donne parfois l’impression de parasiter la narration, il permet surtout de créer une tension et un suspense quant aux raisons invoquées dans son emploi. Nominé au Grand Prix de l’Imaginaire, Le château des millions d’années a remporté en 2016 le prix Révélations Futuriales.

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Restons dans la fantasy historique et imaginons un instant que Talos, le géant de cuivre conçu par le dieu Héphaïstos, fuit la Crête avant que celle-ci ne soit pulvérisée par une météorite pour ensuite voguer vers l’inconnu. C’est sur la base de ce prologue que l’espagnol Juan Miguel Aguilera, brillant auteur de La Folie de Dieu (Prix Bob-Morane et Imaginales en 2002), nous invite à embarquer dans son roman Rihla (éd. Diable Vauvert, 2005) pour un haletant voyage fantastique inter-dimensionnel.

Rihla

Tout commence lorsque Lisàn, un lettré musulman dans l’Andalousie du XVe siècle, se persuade qu’il existe au-delà de l’océan un monde incroyable capable de bouleverser les données scientifiques et astronomiques. Il ne lui reste plus qu’à convaincre les autorités de bien vouloir financer ce périple puis trouver un équipage assez brave pour y participer. Le périple maritime n’est qu’une minuscule partie du roman puisqu’une fois arrivés sur une plage entourant une jungle luxuriante, les marins ne se doutent pas encore que le contact et la confiance avec l’Autre s’avérera long, difficile, sanglant, mystérieux et hors-norme. Alternant stupeur et impuissance, ce récit se déroule avec une grande fluidité, évitant ainsi de se perdre en conjectures historiques ou ethnologiques qui auraient alourdi la trame. Le décor et ses multiples références culturelles (dont un certain animée franco-japonais des années 80) confrontent avec grand soin les personnages au-devant d’événements défiant toutes les lois de la religion musulmane et de la destinée humaine. Au terme d’une aventure fantasmagorique, l’auteur nous inflige une gifle dantesque et visionnaire sans chuter dans l’absurdité bon marché. L’homme doute sur ses connaissances mais constate que certaines peurs et croyances demeureront universelles. Rien n’est sûr en ce bas monde et Lisàn en fera les frais à ses dépens… .

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Une atmosphère moite, une autarcie mondialisée et une espèce délétère. 3 ambiances de folies animées par le romancier et chroniqueur français Antoine Buéno dans son Triptyque de l’asphyxie (éd. La Table Ronde, 2005).

Triptyque de l'asphyxie

Prisonnier de sa liberté, l’être humain erre constamment en quête de sensationnel télévisuel, de plaisir inavoué ou de rêve chimérique. Dans ce roman grignoté à l’humour noir, l’auteur retrace trois micro-événements (passé, présent et futur) où les personnages doivent choisir la folie en isolement ou la mort spectaculaire. Le premier cadre est une cave anxiogène où se déroule un one-man show fiévreux devant un auditoire féminin. Nimbé d’une description lovecraftienne, le tribun lance une plaidoirie furieuse à l’autosuffisance et au rejet d’un monde falsifié : Ein Volk, ein Reich, ein Führer. Ce slogan nazi se perçoit davantage dans la thèse de Bérangère, personnage central de la seconde histoire. Ses travaux portent sur l’utopie totalitaire du peuple Schtroumpf : judaïté du Gargamel, stalinisme du Grand schtroumpf, trotskisme du Schtroumpf à lunettes, racines colonialistes, abrutissement des masses, despotisme vis-à-vis d’une quelconque religion, censures contre toutes formes de décadence, etc. Le troisième et dernier récit préfère afficher une dégénérescence autour de l’émission télé Donner à la vie une seconde chance. Ce programme cathodique ultra-voyeuriste piétine le libre arbitre à grandes louches de romantisme surannée et d’horreur à bas prix en proposant des suicides en direct. Au préalable, les victimes de cette arène seront tentées de renoncer à leur macabre entreprise au moyen de médiocres « raisonnements » servis par un parterre d’invités de marques, de témoins grotesques et de séquences flash-back (les plus vieux d’entre vous se souviennent probablement des scènes larmoyantes et racoleuses de l’émission Avis de recherche). Ces trois formes d’asphyxie de la conscience humaine sont servies par un humour élégant permettant de prendre un certain recul sur nos compulsions maladives de consommateurs, tantôt passionnés tantôt béats, et essayer de retrouver un mode vie plus serein.

D’s©

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ECK

American Gods de Bryan Fuller & Neil Gaiman.

American Gods

Neil Gaiman, c’est l’art subtil de savoir mélanger les mythologies d’antan aux croyances et histoires contemporaines à travers une fresque initiatique copieusement arrosée de symbolisme, de mystères et d’énormément d’amour pour le travail bien fait. La série de Bryan Fuller nous fait alors voyager à travers les États-Unis mais aussi les époques afin de dévoiler à nos yeux ébahis la profondeur du schéma narratif imaginé par des dieux que plus rien n’arrête. Beau, poétique, renversant : le résultat de la réalisation de Fuller est là. Un générique addictif, des musiques envoûtantes et des personnages que l’on suivrait jusqu’au bout du monde s’il le fallait, tout est réuni pour nous laisser baigner dans une atmosphère unique. Vivement la saison 2 !

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Fire Punch de Tatsuki Fujimoto.

Fire Punch

Il y a des mangas qu’on commence sans trop savoir de quoi il s’agit, d’autres qu’on débute en pensant tout prévoir après avoir lu le synopsis, et puis il y a Fire Punch qui a le cul entre deux chaises, se lève subitement en te regardant de travers et te colle la patate de forain de ta vie. Fallait pas le sous-estimer, c’est un peu de ma faute aussi. Dans un monde post-apocalyptique de type ère glaciaire, l’histoire nous mène par le bout du nez à travers la quête de vengeance d’un homme détruit mais immortel qui n’a rien à perdre et se retrouve finalement vite dépassé par les événements. Puissance du dessin, fatalisme avorté de la narration, traits d’humour incongrus et charisme des protagonistes malgré eux seront les principaux ingrédients d’un grog qui retournera les tripes de quiconque le boira tout en lui donnant toujours plus soif. À suivre de très près !

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Contes Cruels de Dooz Kawa.

contes crules dooz kawa

Le poète urbain nous emmène encore une fois dans son univers, entre peinture au vitriol de la société à travers le prisme de l’insurgence et confessions imbibées par la lumière des néons d’un troquet. Jonglant avec les mots, l’artiste nous fait naviguer de mélodies en mélopées avec la verve habituelle qui l’a rendu célèbre. Un gros featuring avec Lucio Bukowski viendra plaire aux amateurs, et quelques sons se démarqueront par la qualité indubitable de leur instru. L’album est généreux, possède une identité forte comme de nombreuses facettes à une même personnalité et dégage un sentiment d’accomplissement artistique indéniable. Dooz Kawa est un rappeur qui se hisse au top avec sa plume et la profondeur de ses textes.

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EL TOOMS

Nintendo Switch.

NintendoSwitchLogo

Le constructeur japonais a réussi un sacré tour de force en allant sur ses propres sentiers comme c’est monnaie courante depuis quelques générations. Différences de puissance et de châssis face aux trains en marche mais ergonomie intuitive et mobilité parfaitement maîtrisée. Le talent des têtes pensantes de la firme a été beaucoup plus judicieux et juteux que les Wii / WiiU. Moins chère que les autres et moins encombrante, elle a aussi déjà des jeux qui vont rester dans l’histoire même si l’on connaît par cœur leurs récitals sur le bout des ongles. Même si leur quantité reste faiblarde, le catalogue des tiers semble beaucoup plus sexy qu’avant.

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Les Enfants de l’Araignée de Mario Tamura.

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Je n’avais plus ressenti de choc graphique aussi fort depuis que j’avais tenu dans mes mains fébriles et mon corps boutonneux le premier volume d’Amer Béton. Vingt ans plus tard, Casterman et son lieutenant Wladimir Labaere ont sorti la lampe magique et ont exaucé mes rêves d’évasion les plus fous. Pavé unique de rose vêtu à l’impact visuel implacable mené par un nouveau chef d’orchestre sur la scène française, il prouve à quel point le neuvième art en a sous le coude. Le one-shot Cavale vers les Étoiles est, dans un autre registre, une seconde cerise que j’aurai pu aussi ajouter au délicieux plat de consistance tissé par Mario Tamura.

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Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve.

BladeRunner2049

Conservateur de première dès qu’il s’agit d’effleurer le film de 1982, j’ai mis de l’eau dans mon vin. Toucher à la belle Rachel, à Deckard, Vangelis ou encore K. Dick qui ont forgé le culte semblait inimaginable. Peu à peu le spectre de sa sortie est arrivé avec tout de même de sérieux arguments comme Harrison Ford, Ryan Gosling, Denis Villeneuve et Roger Deakins. Plutôt que d’essayer de s’accrocher à l’original, le réalisateur canadien a pris le parti de la passion sans limite (163 minutes tout de même) et la touche personnelle. C’est de cette volonté de ne pas faire front tout en conservant son âme que j’ai énormément apprécié son contenu.

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Headphone Commute.

HeadphoneCommute

Puisque cela fait dix ans déjà que je fais mon contrôle technique auditif chez eux, c’est l’occasion de faire partager une passion qui m’anime et accompagne mes trajets quotidiens. HC est un webzine spécialisé fait par des passionnés pour les musiques électroniques, instrumentales et expérimentales. Il n’a de cesse de jouer les Indiana Jones dans le seul but de partager les butins sans aucune redevance ni aucun dessous de table. Visites d’artistes en studio, interviews, reviews, dossiers et couvertures de labels sont leurs credo et personne ne leur donne de cahier des charges ni de planning.

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GALATRUC

Il n’y a que deux œuvres de cette année dont je veuille parler car, même si j’ai vu et lu énormément de très belles et bonnes choses, je n’ai pas pu en trouver d’autre qui m’aurait touché comme les deux premières m’ont touché.

Je n’aime pas les films d’horreur, c’est un genre que je regarde très peu et qui ne m’intéresse pas, et pourtant, voilà Grave (dir. Julia Ducournau), mon film préféré de l’année et parmi mes œuvres préférées en général.

Grave

Grave s’est fait remarquer pour énormément de raisons : la mise en scène soignée, la bande-son, le jeu des acteurs, etc… Et à raison ! Mais ce qui a tout fait pour moi, c’est l’intensité du personnage principal : on ne peut pas dire que je me sois « facilement » identifiée à Justine, mais ses expériences sont à la base universelles. Quitter sa famille, construire son rapport aux autres, découvrir sa sexualité, Justine vit tout cela exactement comme la grande majorité des gens le vivent, à la seule différence qu’on lui a retiré toutes limites. Elle ne se contente pas de désirer, elle prend, voire même dévore. C’est ce qui lui donne une puissance incroyable, car au final c’est une adolescente très vraie pour qui on a facilement beaucoup de sympathie, à qui Julia Ducournau à simplement choisi de retirer quelques barrières sociales. Justine est chacun d’entre nous, si nous n’avions pas la pression des autres pour nous retenir. C’est un personnage universel, ou presque, qui m’a profondément marqué.

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Ce n’est pas le manga de 2017 avec les meilleurs graphismes, ni celui avec le meilleur scénario ou le meilleur découpage, ou autre, dont je vais vous parler mais c’est de loin celui qui m’a le plus touché. My Lesbian Experience With Loneliness de Nagata Kabi.

My Lesbian Experience With Loneliness

Avec ses graphismes tout simples et tout roses et son format presque yonkoma, ce titre ne laisse pourtant pas présager qu’il s’agit d’une lecture aussi dure. Ce manga nous parle de solitude, de la difficulté à former des projets, de la difficulté à communiquer avec les autres et à les comprendre, etc. . Même si le parcours de l’autrice est unique, elle aborde tellement de thèmes qu’il est facile de s’y retrouver à un moment ou à un autre. Ses mots très simples, ses phrases courtes et ses schémas très sobres parviennent à expliquer très simplement des situations complexes et douloureuses, ce qui concentre les émotions et rend le manga d’autant plus percutant. Ce n’est pas une histoire engagée, ni pédagogique, mais c’est une autobiographie honnête, si honnête que je m’y suis souvent vue en miroir. Au final, c’est un manga assez dur, mais apaisant par sa simplicité et son intégrité.

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KEVO42

Un bilan de fin d’année consiste autant en ce qu’on a pu lire / écouter / voir / jouer qu’en ce que l’on aurait voulu sans pouvoir. Si j’ai énormément lu de bandes dessinées et de mangas cette année, ce fut surtout de manière rétrospective. J’ai ainsi pris un énorme plaisir à rattraper mon retard sur L’Attaque des Titans, Perfect World, A Silent Voice, Innocent, Tokyo Ghoul, Kids on the slope, etc. Pour autant, je ne suis pas tout à fait passé à côté de 2017 et voici ce que j’en retiens :

Ces jours qui disparaissent de Timothée le Boucher.

ces-jours-qui-disparaissent

En surface, c’est l’histoire un peu fantastique d’un jeune acrobate qui perd peu à peu du terrain face à une deuxième personnalité qui s’empare de plus en plus de son corps. En profondeur, la bande dessinée nous interroge sur ce nous voulons dans notre vie : le rêve ou l’ordre ? une bonne place dans la société ou la recherche du plaisir ? Même si le récit est vécu sur un mode presque horrifique par un personnage qui disparaît petit à petit, la réponse de Timothée le Boucher est loin d’être manichéenne. Au final, il restera pour le lecteur beaucoup d’émotion et une question : sommes-nous prêts à nous battre pour ne pas nous laisser emporter par notre part la plus conformiste ?

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Persona 5 (Atlus).

Faute de temps, je n’ai pas pu finir Persona 5, et pourtant il faut bien en parler de ce jeu. Après 20h et deux donjons, on sait que l’on touche à la fin de quelque chose. Impossible d’aller plus loin dans le R.P.G. scénarisé. Les dialogues sont très bien écrits, les personnages profonds, la direction artistique magistrale, les donjons bien plus intéressants que par le passé, l’interface utilisateur un rêve, et cette musique ! Pour autant, cette apothéose du système Persona porte aussi les prémices de sa fin. La multiplication des possibilités se heurte à un système de choix assez rigide, et l’on rêve de voir les développeurs d’Atlus injecter la même complexité et richesse dans un monde vraiment ouvert. Difficile d’en dire plus sans avoir fini le jeu, mais là où Persona 4 parlait de s’accepter tel que l’on est, Persona 5 semble bien plus revendicatif : ce n’est pas soi-même qu’il faut changer, mais la société. Comment ne pas être d’accord après une année 2017 aussi politiquement difficile dans le monde ?

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The square de Ruben Östlund.

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Le carré au centre de la Palme d’or de cette année est une œuvre d’art. Un espace devant un musée, qui donne à celui qui y entre le pouvoir de demander de l’aide aux autres. La figure du carré traverse tout le film de Ruben Östlund, mais personne ne viendra sauver son héros, conservateur de musée pris au piège de ses contradictions morales. Le réalisateur signe un film très drôle, rempli de scènes hyper-marquantes, sur la violence feutrée de nos pays si riches, où chacun cherche à assouvir son intérêt particulier sous couvert de bien général.

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Quant à mes coups de cœur musicaux, une play-list vaut tous les discours du monde ici ou .

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LADATCHABLOG

Cette année, changement de direction au Théâtre de la ville où je réside et joie, la programmation déchire tout ! J’ai donc eu le plaisir d’assister au spectacle à l’ambiance surréaliste et au thème passionnant du Nimis Groupe : Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu.

Depuis cinq ans, ce collectif d’artistes de théâtre, sis en Belgique, décortique les politiques migratoires européennes. C’est de sa rencontre avec des demandeurs d’asiles qu’est venue l’envie d’écrire un spectacle avec les personnes concernées et de mettre en scène le véritable parcours du combattant que peut connaître un•e migrant•e qui doit pénétrer dans la « forteresse Europe » et y mener sa vie. Pour celles et ceux qui arrivent vivants, le parcours n’est pas pour autant terminé. Mis•es entre parenthèse de la légalité, celles et ceux qui demandent asile ont un parcours jalonné de difficultés, d’absurdités administratives, avec en toile de fond, une xénophobie avérée dont le libéralisme profite pour faire un véritable business (quelle surprise). Cette pièce nous place non seulement face aux mécanismes politiques inhérents du fameux « on ne peut pas accueillir tout le monde », mais aussi nous rappelle, à toute fin utile, que pour nos systèmes politiques, « le marché du migrant a de l’avenir ». Leur site, très complet, vous présentera notamment le projet, les femmes et les hommes qui le font vivre, un extrait vidéo ou encore les dates de tournées pour l’année 2018.

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MAERLYN

Mon top 2017 consiste en un élément : Twin Peaks – saison 3.

Twin_Peaks_2017_Cast_Season_3

D’abord, parce que c’est complètement taré que cette chose existe, et ce pour plusieurs raisons. Ensuite parce que le dernier épisode datait d’il y a 26 ans et le film d’il y a 25 ans. Et parce que malgré ça, la plus grande partie du casting répond présente. Mais aussi parce que David Lynch a pu écrire (avec Mark Frost, co-créateur de la série) et réaliser tous les épisodes lui-même. Et aussi et surtout parce que ça ne ressemble à rien d’autre à la télévision. Pour être honnête, ça ne ressemble même pas à quelque chose qu’il serait possible de diffuser à la télévision. C’est un objet filmique non identifiable que seul David Lynch pouvait créer. Et cela ne serait jamais arrivé s’il n’avait pas eu ce que j’imagine être quartier libre à 100% (ou pas loin). Car, en particulier sur la forme, les épisodes sont contraires à tout ce qui est considéré comme « vendable », avec un rythme très particulier et des scènes semblant parfois sortir de nulle part. Comme par magie. L’autre raison pour laquelle Twin Peaks trône inégalée sur mon top (ok, mention spéciale au final de The Leftovers quand même, qui va m’obséder toute ma vie), c’est que je ne savais pas ce que je voulais pour cette saison, mais visiblement David Lynch savait exactement de quoi j’avais besoin. La saison jongle habilement entre la mythologie que l’on connaît et tout un tas de nouveaux éléments, résolvant certains mystère, en éludant d’autre qui n’ont de toute manière pas besoin d’une réponse, et finit par nous asséner quelques mindfucks bien violents qui vont encore nous torturer pendant au moins 25 ans.

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MELOKU

Persona 5 – Les Phantom Thief ont volé mon cœur.

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You must be tired after today. Let’s go to sleep !

Commençant 2017 sur les dernières notes de Final Fantasy XV après plus de 120 heures d’exploration, je pensais difficilement retrouver de telles sensations vidéoludiques par la suite. Et pourtant, c’est arrivé. Après un épisode 3 qui a marqué mon adolescence et un quatrième volet m’ayant beaucoup déçu, la saga Persona est de retour avec son cinquième opus. Dès l’opening réalisé par Sayo Yamamoto (dont on retrouve l’amour pour le patinage artistique qu’elle a dévoilé aux yeux de tous dans Yuri!!! on Ice), mon cœur a chaviré. Le coup de foudre ça s’appelle. Un amour rapidement confirmé par le prologue et cette interface hallucinante, cette musique enivrante. Bref, je ne vais pas revivre le jeu point par point, mais je me suis régalé du début à la toute fin, ce qui m’aura valu plus de 200 heures à passer au sein de cette guilde de voleurs. Sublimement pop, profondément malsain, on plonge dans un polar se référant de Jung à Edogawa Ranpo en questionnant l’éthique, la justice, l’inconscient collectif, le rapport à soi-même et aux autres. Cet RPG avec des donjons couplé à une simulation de vie lycéenne est tout bonnement fantastique, sublimant les qualités des autres opus de la licence. Et pour couronner le tout, il y a un chat trop mignon. Qui parle. Et qui fait chier tous les soirs à ordonner de dormir. Et il peut aussi se transformer en van. C’est pratique non ?

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Game of Thrones et L’Attaque des Titans – Le retour des Rois.

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Ou des Reines plutôt, étant donné que les nouvelles saisons des deux sagas d’heroic-fantasy mettent en avant des femmes fortes. La saison 7 de Game of Thrones était épique à souhait tout en répondant à mes attentes de fan au niveau du rapprochement entre le feu et la glace. Plus que jamais, la série s’impose comme l’univers de fantasy dont j’ai toujours rêvé : à base de dragons, d’épées enflammées et remplis de lieux devenus mythiques. Si on sent la fin approcher, L’Attaque des Titans en est bien loin. Cette seconde saison riche en rebondissements redéfinit totalement l’univers de la série. Plus nombreux sont les secrets dévoilés et plus de mystères pèsent sur la saga. En somme on a affaire à deux séries absolument géniales dérivées de livres (romans et mangas) qui le sont tout autant. J’adore ces deux univers, leurs personnages, leur bestiaire, leur carte du monde. Ces séries ont en commun une dramaturgie qui me passionne tout en faisant vibrer mon cœur, plus souvent en mal qu’en bien. Et… j’adore ça.

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NEER

J’ai choisi de parler d’un album qui m’a vraiment marqué cette année : Spécial de Siboy.

cover-special

C’est un rappeur qui s’est fait remarquer cette année en signant récemment chez 92i, le collectif fondé par Booba et qui réunit actuellement Benash, Damso, Shay, Kalash et Siboy entre autres. Cet album est pour moi le meilleur album de 2017. Les mauvaises langues diront que Siboy ne fait que crier dans ses morceaux mais c’est en réalité beaucoup plus que ça. Certes c’est de la trap très hardcore, très sombre mais comme son nom l’indique l’album de Siboy est spécial. Il se démarque de tous les autres albums que j’ai écouté cette année par sa richesse musicale. Malgré le fait qu’il reste fidèle à sa ligne directrice qu’est l’egotrip hardcore, Siboy n’hésite pas à prendre l’auditeur à contre-pied en proposant des morceaux très doux, sensibles et touchants comme les morceaux Un jour, Spécial ou Mobali. C’est d’autant plus surprenant que tout ce qui fait la singularité de Siboy c’est cette cagoule qu’il porte dans toutes ses apparitions vidéos que ce soit clips ou interviews. Dans ses morceaux, il aborde des thèmes très durs tels que la guerre du Congo qu’il a vécu lorsqu’il était enfant, l’extrême précarité une fois qu’il est arrivé en France et la drogue. Mais il n’en raconte finalement que très peu, probablement par pudeur, il préfère l’egotrip et le conceptuel avec des morceaux comme Téléphone où il ne fait que s’énerver au téléphone pendant 3 minutes, le morceau Al Pacino où il adopte 5 voire 6 flows différents et La nuit où il reprend le refrain de La vie ne vaut rien d’Alain Souchon et où il joue tellement sur sa voix que ça en devient extrêmement sombre et quasiment incompréhensible. Il y a également le morceau Ce n’était pas si simple qui finit par un changement d’instru très surprenant. Clairement, Siboy n’a rien à envier aux plus grands rappeurs de trap d’Atlanta.

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