Manga

Aposimz, le cadeau du père Nihei

Tsutomu Nihei n’est pas un auteur qui m’est familier. Je ne connais son titre phare que de nom, Blame, et la réputation qui l’entoure. Plus le fait que Dorohedoro lui est souvent comparé, par son ambiance et son univers sombres et décalés… Avec la réédition en format Deluxe, je devrais bientôt pouvoir découvrir  le manga qui a fait connaître Nihei. Il y a également eu Knight of Sidonia, avec son anime disponible sur Netflix. Une adaptation qui m’avait laissé sur ma faim, mais je n’ai pas pris le temps de comparer à la version papier… Cependant, aujourd’hui, je m’intéresse à son oeuvre la plus récente : Aposimz, la planète des marionnettes. Seulement 3 tomes au Japon, et déjà dispo en France, chez son éditeur habituel, Glénat.

Aposimz est une planète artificielle et creuse, mais dont le centre n’est plus accessible à une grande partie de la population depuis une guerre vieille de 5000 ans. Survivant tant bien que mal à la surface, entre les températures glaciales et une épidémie mortelle, Biko, Essro et Ao vont se retrouver mêlés au conflit entre un empire belliqueux, aux méthodes de soumissions tyranniques, et ce mystérieux noyau central.

Voilà, en gros. Pour faire simple. Sans trop en dire, puisque même si Nihei est assez avare d’infos, l’univers qu’il dépeint est mine de rien assez riche, mais soulève en même temps autant de questions qu’il n’offre de réponses. Et même ces réponses ne sont pas toujours définitives ou claires… Ainsi, la maladie qui ravage la surface et transforme les gens en « marionnettes » a-t-elle un lien avec les Codes, ces armes qui permettent de se transformer volontairement en « marionnette » (dites « régulières » ?), mais en gardant le contrôle de son corps ? D’où viennent ces codes que l’empire exhume des vestiges ? Pourquoi ont-ils été crées ? Quel est le but de l’Empire ? Et celui de Titania, l’automate gothic lolita ? La secte mentionnée un peu au hasard mais pas très subtilement va-t-elle jouer un rôle ou est-ce du worldbuilding un peu random ? Question bonus : y a-t-il un lien entre cet Aposimz et celui de sa précédente oeuvre ou n’est-ce qu’un clin d’œil ? Evidemment, Titania est le personnage le plus mystérieux et elle semble détenir bien des clés, qu’elle dévoile quand elle veut (ou quand Nihei le veut, plutôt). Elle nous donne ainsi des bribes d’informations, un moyen très pratique pour le mangaka d’introduire des notions sur son univers (genre quand elle est présente comme dans une interface de jeu vidéo pour expliquer les règles de combat). On sent également qu’elle en sait plus et qu’elle va être un élément clé pour faire progresser le récit.

L’un des points forts du titre, et qui remarqué dans toutes les chroniques en parlant (et donc celle-ci aussi), et son dessin. Ici, le style graphique de Nihei est épuré, totalement différent de Blame, plus dans la continuité de Knight of Sidonia, mais là aussi avec des différences. Le trait est plus fin, plus fragile, plus… flou ? Dans les quelques chapitres que j’avais feuilleté de Knight of Sidonia, Nihei avait un trait plus rond, plus épais. J’aimais moins. Ici, le style colle parfaitement à l’ambiance.

Les transformations en marionnettes régulières (quoique ça veuille dire), des sortes de zombies squelettes mécaniques, sont très esthétiquement plaisantes. C’est glauque, mais en même temps, très délicat. Les designs des armures en amnios (?) sont pas mal aussi, mais celle de Heich, par exemple, est juste bof ? On dirait un gros tas et puis voilà. Ce n’est qu’un détail, et le personnage n’est pas voué à réapparaître par la suite. Mais bon. Dommage.

Pour le moment, l’histoire se concentre sur la vengeance de notre héros, qui voyage et découvre le monde en dehors de son lieu de refuge initial. On est amené à obtenir des réponses au fur et à mesure de ses progrès, même si pour le moment le schéma risque de paraître assez répétitif, voire très shônen (rencontre > combat > difficultés > astuce – power up > victoire). Ce qui est normal, à vrai dire. Malgré la collection choisie par Glénat, Aposimz est prépublié dans le Shônen Sirius, aux côtés de titres comme Les Brigades immunitaires ou encore Yozakura Quartet. Un magazine qui vise donc un public plus jeune que celui de Nihei habituellement. A voir ce que nous réserve le mangaka pour la suite. Mais pour le moment, il semble traiter des thématiques qu’il affectionne et a déjà abordées par le passé (modifications corporelles, immortalité…). Et ses décors restent des labyrinthes d’une architecture oppressante, pour peu qu’on s’intéresse aux vestiges sous la surface d’Aposimz (celle-ci étant d’une implacable blancheur immaculée). Bref, pas de quoi trop dépayser les connaisseurs, même si le grand écart avec Blame crève les yeux.

Concernant l’édition de Glénat, c’est totalement dans leurs standards actuels : papier trop fin et choix de traduction étranges. Genre le sigle EBTG n’est jamais expliqué, sûrement parce que Nihei lui-même ne le précise nulle part (je suppose), mais lorsqu’il fait l’objet d’un gag on a seulement la vf « tout sauf la fille », ce qui n’a aucun sens quand on parle d’un sigle ?! Et rien pour nous dire qu’il s’agit d’une référence à « Everything But The Girl » ??? Pas très pro.

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