La séance du jour

The Purge – Ennui en enfer

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De retour sur Nostroblog après mon dernier article en date de septembre 2017, j’ai décidé de vous parler de la série The Purge, disponible sur le service Prime Vidéo d’Amazon.

Coupons tout suspense et allons direct au but: The Purge est une purge. C’est tout pour moi, pouce bleu et n’oubliez pas d’activer la petite cloche. A dans deux ans…

Bon ok, je vais tenter sans traîner des pieds de développer un peu mes pensées et de les ordonner. Commençons par faire un tour du propriétaire.

The Purge est une franchise de films issue du cerveau de James DeMonaco, new yorkais de 50 ans, réalisateur, scénariste et producteur. Composée de quatre films sortis entre 2013 et 2018, cette licence plutôt juteuse (456M de recettes pour 37M de budget) propose une trame politique assez intéressante. Les trois premiers films ont été réalisés par DeMonaco et le dernier par Gerard McMurray et développent tous une histoire autour d’un thème commun : La Purge.

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Aux Etats Unis, un parti politique appelé Les Nouveaux Pères Fondateurs, prend le pouvoir, instaure le totalitarisme et l’Etat Policier. Pour faire face au chômage, à la criminalité et aux affrontements sociaux, l’Etat décide de rendre légal le crime et tout ce qu’il englobe pour une durée de 12h et cela une fois par an. A chaque début d’événement, ce message est diffusé aux américains:

« Ceci n’est pas un exercice.
Ce message d’alerte annonce le commencement de la purge annuelle ratifié par le gouvernement des États-Unis.
L’usage d’armes de « Classe 4 » ou inférieures est autorisé pendant la purge. Toutes les autres armes sont interdites.
Les membres du gouvernement de niveau 10 bénéficient d’une immunité totale pendant la purge et ne doivent pas être agressés.
Dès que retentira la sirène, tout crimes y compris celui d’homicide sera légal pendant les 12 heures qui suivront.
La police, les pompiers et les services d’urgence médicale seront indisponibles jusqu’à 7 h demain matin, heure où la purge se terminera.
Bénis soient nos nouveaux pères fondateurs et l’Amérique, une nation ressuscitée.
Que Dieu soit avec vous. »

De quoi mettre une bonne ambiance à la maison et détendre tout le monde pour les douze prochaines heures.

Chaque film se déroule pendant cette purge avec différents protagonistes et donc différentes histoires. Evidemment cette série de films attire l’attention du public pour la violence qu’il contient. Le principe reste tout de même l’expression des pulsions animales, viscérales etc. de chaque américain (voir étranger pour certains films). James DeMonaco propose à chaque fois une mise en scène assez intéressante et un traitement de la violence très graphique, symbolique et toujours pleine de tension.

Malheureusement, l’intérêt reste limité puisque à aucun moment on arrive à plonger dans un univers, le développement du contexte est inexistant, les personnages sont lisses et les scènes de violence sont l’expression du principe de Purge mais là encore ce n’est que de la mise en scène sans approfondissement.

J’ai, à l’époque de The Purge 2 rédigé un avis pour Nostroblog ici. Je vous invite donc à lire cette critique et de mon côté je vais me pencher sur la série TV éponyme créée par James DeMonaco.

Diffusée depuis septembre 2018 sur USA Network ainsi que sur Prime Vidéo et composée de dix épisodes, la série The Purge se situe entre le second film et sa suite. Le premier épisode plante le décor et présente les personnages que nous allons suivre pendant ces 12 heures de chaos. Comme pour les films, il y a peu de surprises dans la galerie des portraits proposés.

Jane Betancourt travaille dans la finance et semble être ralentie dans sa carrière par sa direction. Miguel Guerrero est un Marine revenu au pays pour retrouver sa soeur enrôlée dans une secte qui livre ses adeptes lors de cette fameuse nuit de terreur. Enfin Jenna et Rick sont un couple  anti-purge qui souhaite collecter des fonds afin de créer des centres d’hébergements pour les personnes démunies et incapables de se défendre lors de La Purge. Ils passent la soirée chez les membres des Nouveaux Pères Fondateurs. Enfin, il y a Joe, un homme masqué qui cherche juste à exprimer sa violence dans les rues. Au cours de la même nuit chaque personnage va vivre une aventure malsaine et violente.

Bon alors, cette série ? Elle vaut quoi ? Parlons d’abord de la forme. Ce qui me gêne c’est le format. La Purge dure 12h, il y a 9 épisodes de 40 minutes et un de 50 minutes. 10 épisodes de 1h chacun c’était inenvisageable ? Aujourd’hui avec le streaming, les formats épisodiques ne respectent plus les standards d’avant. Des épisodes plus longs et en temps réel auraient été plus appréciables et auraient permis de développer le contenu. Là comme dans les films, on effleure, on survole, on s’ennuie.

La série prend le parti de raconter une nuit de purge et le vécu des personnages. Pour ma part, j’aurais préféré que James DeMonaco reparte depuis le quatrième film qui traite des origines de cet événement annuel. Il y aurait pu y avoir un développement plus politique qui aurait sans aucun doute pu coller avec la réalité.  J’aurais aimé voir plus en détails, la prise de pouvoir de ce parti politique, j’aurais aimé voir approfondi les événements de ce (décevant) quatrième film. Ça aurait pu être montré soit sur une saison soit en flashback avec en fil rouge une nuit de purge afin que la nature de la franchise ne perde pas en intérêt. Je crois que j’aurais aimé que James DeMonaco rencontre Jordan Peele en fait.

Tout n’est pas à jeter dans cette série, chaque nouvel épisode fait monter d’un cran la violence de la nuit et il y a quelques cliffhangers plutôt réussis, ce qui permet de rester accroché. Car au fur et à mesure que les diverses intrigues se déroulent, les personnages développent un background qui permet d’en savoir plus sur eux et oh surprise, d’en savoir plus sur ce qu’il se passe dans la tête des participants à cette tuerie légalisée. Mais l’exploration de l’univers manque cruellement de prise de risque.

On aura beau retenir une photographie soignée, une tentative d’immersion, un peu de tension malsaine, cela reste assez maigre. On a envie de soutenir ces personnages qui sont un peu perdus mais leur écriture est un peu trop bancale pour cela. C’est très frustrant car la musique combinée à un graphisme violent arrive à attirer l’attention mais d’un seul oeil. C’est tout ce qu’on peut lui accorder…

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