La séance du jour, LvK

On a vu: The Devil and Father Amorth par le papa de l’Exorciste

Cet article a été rédigé en juillet 2018 soit au moment de la sortie du documentaire sur Netflix. Aujourd’hui il s’est écoulé une bonne année et l’effet de surprise n’existe plus mais pour les curieux, une petite critique peut aider à sauter le pas.

Attendu par beaucoup et en aucun cas par moi, le documentaire The Devil And Father Amorth est arrivé sur Netflix en cette fin du mois de juillet. Au sommaire: exorcisme, William Friedkin et quelques crispations.

Il faut savoir que je suis quelqu’un de très crédule et fasciné par les histoires de fantômes et autres cas de possessions. Je choppe tout ce qui passe à ce sujet, je regarde, je me crée de nouvelles peurs et je continue. Je voue même une assez grande passion pour les films du genre qui sortent au cinéma ainsi que les documentaires. Alors forcément quand je vois apparaître un témoignage signé William Friedkin, je saute sur l’occasion.

Faisons un petit rappel des forces en présence:

William Friedkin est un réalisateur américain de 82 ans connu pour avoir installé son film L’Exorciste comme référence absolue du cinéma de genre. Ce long métrage sorti en 1973 a terrorisé une génération et a toujours été salué par les suivantes. Pour ma part, c’est un film qui me marque à chaque visionnage malgré le passage du temps sur les effets visuels. L’Exorciste est à l’origine un roman de William Peter Blatty dont l’adaptation relate l’histoire d’un cas de possession au coeur d’une famille. Je vous invite à regarder ce film si ce n’est pas encore fait et à faire un effort de contextualisation (époque, état du cinéma de genre etc.) afin de pouvoir apprécier un minimum ce film. Aujourd’hui, il reste une expérience incroyable et les codes qu’il a défini se retrouve par exemple dans les oeuvres du réalisateur James Wan (oui c’est mainstream mais c’est bien).

Le père Gabriele Amorth cité dans le titre du documentaire, est un prêtre de 81 ans qui a plus de 30 ans d’expérience dans la pratique de l’exorcisme. Il est le dernier espoir de  Christine, une architecte de 46 ans qui en est à son neuvième exorcisme.

Car oui, la promesse de William Friedkin est de nous immerger dans l’enfer d’un exorcisme. Une promesse d’une vingtaine de minutes pour un documentaire de 1h10. Le réalisateur américain démarre par un retour en arrière sur la naissance de son film, son lien avec W.P. Blatty. Les poils se hérissent lorsqu’il revient à Georgtown, ville qui sert de décors à son film et se tient devant les fameux escaliers que chaque spectateur a sans doute encore en mémoire. Friedkin enchaîne ensuite avec sa rencontre avec le père Amorth et un cas d’exorcisme.

Vient enfin, le climax du documentaire où Friedkin, avec sa petite caméra amateur, assiste à l’exorcisme de Christina. Il filme la jeune femme installée dans un fauteuil et entourée par sa famille. Si la scène démarre mollement, tout s’emballe quand la possédée s’agite et laisse exprimer une voix déformée, caverneuse qui semble trafiquée. Le moment est éprouvant pour elle et son entourage. La voir se débattre avec elle-même est assez marquant. Je me suis imaginé la tête de Friedkin qui, fasciné par cette thématique, se retrouve plongé dans quelque chose de surréaliste.

Par la suite, Friedkin interroge la sphère scientifique et essaie de confronter ce qui anime les hommes depuis la nuit des temps : la foi et la science. Mais cela est fait de manière intelligente puisqu’au final tous sont d’accord pour questionner sur la réalité et non pas le pourquoi des faits.

Dans la forme, on sent bien que le but du documentaire est de réduire l’écart entre cette fameuse réalité et les décennies de cinéma de genre qui ont installé des clichés et des fantasmes dans la tête des gens. Malheureusement le traitement est un peu trop simple et manque un peu de profondeur surtout dans le dernier tiers du reportage. Il y a peut-être également un excès de sensationnalisme. On a connu Friedkin beaucoup moins scolaire

The Devil And Father Amorth est un objet curieux, intéressant qui ne convaincra pas tout le monde, loin de là. La simplicité reprochée au traitement est peut être au final pas si mal. L’excès de scène graphique dans nos têtes, nous éloigne sans doute de la réalité et empêche un questionnement au-delà du rationnel.

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