Eck, Humeurs

Hentai 2 : on fait le bilan, calmement, en s’remémorant chaque hentai

Re.

Alors voilà, dans un élan de convivialité, j’ai partagé mon article sur le hentai sur Twitter, et curiosité oblige, je l’ai partiellement relu, mais sans avoir trouvé la force de tout relire. En effet 5 ans plus tard, j’ai changé, mes goûts se sont affirmés, mes lectures sont différentes. Donc j’ai bien entendu plein de choses à dire. Il se peut qu’il y ait de la redite avec le précédent article, mais cette fois je n’ai pas la prétention d’expliquer ce qu’est un hentai (c’est du cul) en détaillant notamment certaines choses que je ne cautionne pas, juste essayer avec les maigres moyens du bord de faire un petit tour d’horizon des différentes familles de hentai telles que je les vois, avec leurs avantages et inconvénients s’il y en a, mais surtout avec la passion du partage qui me caractérise. Car après tout, on est là pour ça. C’est parti mon kiki.

NE LISEZ PAS ÇA N’IMPORTE OÙ OU DEVANT N’IMPORTE QUI PAR CONTRE.

Putting the ai in hentai

L’amour (ai en japonais) est fatalement lié au sexe bien que l’inverse ne soit pas une obligation. Mais dans le cas précis où les mangakas ont décidé de dépeindre une relation amoureuse comme base de leur histoire de jambes en l’air, on peut avoir à boire et à manger en terme de récits. Généralement on reste dans le fameux vanilla, la douceur d’une étreinte entre deux personnes et ce qui ensuit, preuve charnelle et logique de leur amour inconsidéré. Parfois l’amour peut prendre plusieurs visages davantage facétieux, ainsi au même sein d’un couple certains fétiches peuvent apparaître mais ça reste néanmoins assimilable à du vanilla, juste un peu plus corsé. Puis viennent les ajouts extérieurs, comme la polygamie, les trouples ou plus, l’exhibitionnisme, l’échangisme, j’en passe et des meilleurs. Quoi qu’il en soit le respect de chacun est maintenu, le consentement est total, la douceur souvent omniprésente et ça reste mine de rien la principale catégorie du marché.

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Putting the haine in hentai

Pas comme ces autres hentais, qui fantasment le sexe sous le prisme de la prise de pouvoir, généralement masculine, à travers des viols principalement. Chacun et chacune peut légitimement attaquer le fait que l’on glorifie la culture du viol qui est un fléau, mais d’autres y verront une façon cathartique de se l’approprier et de lutter contre. En effet chaque artiste y va de sa note personnelle. Tandis que certaines oeuvres lorgnent vers le snuff movie vraiment crade, d’autres vont tourner plutôt ça en rape and revenge, un sous-genre du cinéma d’horreur. Le hentai peut alors, rarement toutefois – ce que l’on déplorera – faire véhiculer des messages militants sous-jacents alors que ce n’est pas forcément son but premier. Mais encore une fois, c’est le genre de cliché que l’on aimerait voire disparaître à son propos, car oui le hentai peut être engagé au même titre que d’autres mangas.

L’aventure avec un grand A comme : Ah mais madame pourquoi vous vous déshabillez on vient à peine de se connait- wow mais d’où elle a deux pénis ?

Certainement ma facette préférée du genre hentai : tout ce qui touche au fantastique, à l’aventure, à l’imaginaire. Comme avec n’importe quel genre, action, romance, drame, j’aime voir les personnages évoluer dans un monde fictif et inventif, où l’on sent les élans créateurs de son auteur/autrice. Et le hentai, croyez bien, sans aucune barrière car de toute façon interdit aux mineurs, se permet des trucs assez incroyables. De la réécriture du mythe folklorique Momotaru dans un monde post-apocalyptique, Momohime de Gesundheit, aux histoires de Yamatogama, comme Witchcraft ou Power Play qui explorent la sorcellerie ou autres tropes de fantasy. La liste est longue et c’est vraiment vaste malgré que dans la totalité du marché ce ne soit qu’une petite portion discrète, sans surprise néanmoins ça s’exporte assez bien en occident. Il suffit de voir des ouvrages récemment publiés en français comme Elven Bride ou The Fall of Demon Princess pour comprendre que le hentai de fantasy a encore de beaux jours devant lui.

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Les s-expérimentations

Certains vont créer des histoires, parce que pourquoi pas. Cela va de quelques chapitres à plusieurs tomes, et encore une fois on trouve de tout, mais j’aimerais principalement m’attarder sur ce qui fait le sel de la sérialisation de hentai : le fait de pouvoir développer un concept. Aussi, l’on retiendra des roads trips, comme ShindoL’s Cultural Anthropology, ou alors voyages dans d’autres mondes / époques / dans le temps, avec un concept qui va prendre en ampleur et contenant au fil des chapitres ; des histoires qui vont voir s’ajouter des personnages et autres révélations à un postulat de base pour étoffer un récit. Si bien qu’au final on lit ça comme on lirait n’importe quel manga et qu’on en viendrait presque à regretter que ce soit du hentai car ça ferme l’accessibilité à tous et toutes. Love Contest de Kisaragi Gunma offre une vision athlétique du sexe désormais devenu une discipline sportive, là où Slave Rabbit de Akatsuki Myuto va explorer des fantasmes impossibles à réaliser sans une bonne dose de magie, et on finira sur The Sex Sweepers de Butcha U qui voit s’assembler un groupe de femmes justicières autour d’un jeune homme amnésique dans un gros bordel de genres et sous-genres, c’est assez exceptionnel et surtout très drôle. C’est assez vague au final comme catégorie mais j’y mets volontiers tout ce qui s’attache davantage à l’histoire et à son développement, en opposition au sexe, notamment lorsqu’il y a de l’innovation et de l’évolution dans celle-ci. Un titre qui revient beaucoup à ce sujet est Métamorphose de ShindoL, enfin disponible en français, qui à travers la lente descente aux enfers de sa protagoniste nous sert un drame très cru et qui peut aller jusqu’à émouvoir alors qu’à la base… c’est du cul.

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On passera sous silence les sous-genres assez extrêmes du hentai, qui vont du futanari avec des pénis de plusieurs mètres de long aux bizarreries mettant en scène tout type de fluides et autres nids de fétiches inavouables.

Happy ending (finition main)

J’aurais aimé tergiverser un peu plus mais cet article est déjà bien trop long pour juste une « mise à jour » alors je me suis contenté de namedrop quelques titres, en espérant que cela pourra ouvrir certains horizons et surtout casser l’image clichée du hentai qui n’est pas que de la pornographie mais aussi un genre littéraire à part entière. Beaucoup de titres cités sont publiés en France comme les couvertures le témoignent et ça fait un bien fou de voir le marcher respirer à nouveau avec l’apport de NihoNiba et Hot Manga. On terminera sur une sélection à la volée des hentais préférés de personnes qui suivent Nostroblog : La Blue Girl de Toshio « Tentacle Master » Maeda, Velvet Kiss de Chiiro Harumi, Métamorphose de ShindoL, Boing Boing de Hidemaru… tous les genres sont là et ça résume avec brio le propos de cet article.

Sur ce, protégez-vous et bonne bourre.

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