Nostro sélection musicale

La nostro sélection musicale du 5 novembre

Cette semaine du 5 novembre est un peu paradoxale : si on s’en tient aux valeurs sûres du bon goût musical international reconnu par la presse, cette semaine est assez calme. Le nouvel album de Snail mail a été très bien accueilli par tout le monde. Derrière, les artistes sont divers avec quelques sorties attendues comme le nouvel album de Parcels, mais aussi des découvertes comme Curtis Harding ou Nation of language. Si on regarde les autres sorties, on découvre des sorties tout à fait étonnantes et évenmentielles : le classico organisé et la mixtape de Niska ont atomisé Youtube et Spotify, Abba est de retour, Limp Bizkit aussi (qui plus est le jour d’Halloween), et même les Hanson et Diana Ross. Au milieu de tout cela, quelques moments de grâce offerts par Aimee Mann ou Emma Ruth Rundle. Plus Porcupine tree ou Foals.

Même quand on a l’impression qu’il ne se passe pas grand chose, on voit à quel point il y de riches découvertes à faire. N’oubliez pas de jeter une oreille à la playlist sur spotify, youtube et même Deezer.

La playlist version deezer

La presse a adoré : Snail mail, Curtis Harding, Emma Ruth Rundle, Parcels, Hard feelings, Munya, Nation of language, Penelope Isles

Snail mail – Valentine (repéré dans 9 articles).  Le premier album de Snail Mail avait été remarqué. Le deuxième album est un plébiscite : hormis Remezcla et Pan-African music pour des raisons évidentes, tous les magazines que je suis citent l’album dans leur liste de la semaine. 
J’avoue ne pas totalement comprendre, car si Valentine est un album propre, il n’est pas très original. On sent les influences de Phoebe Bridgers, de Saint Vincent ou même des Breeders, pour une esthétique rock indé / folk alternatif comme on l’entend beaucoup en Amérique.
Quelques écoutes supplémentaires apporteront peut-être le déclic.

Curtis Harding – If words were flowers (5 articles) Tout aussi traditionnel, mais avec un décalage temporel, est l’album de Curtis Harding, qui nous renvoie tout droit à la soul des années 70, aux côtés de Marvin Gaye ou Curtis Mayfield. Le résultat est très efficace à défaut d’être original, et nous permet d’avoir un clip avec un Anthony Mackie qui porte une très belle chemise.  Quitte à choisir, autant s’inspirer des grands de la soul que de O-zone, si vous voyez ce que je veux dire (et si vous ne voyez pas, on en parlera dans deux semaines).

Emma Ruth Rundle – Engine of hell (4 articles) Après nous avoir ratatinés pour son album paru l’an passé en collaboration avec le groupe de doom Thou, Emma Ruth Rundle revient avec un album beaucoup plus calme. Évidemment, calme ne veut pas dire moins intense. Alternant piano et guitare sèche, elle s’approche de l’intensité que Tori Amos a perdue depuis bien longtemps.

Parcels Day / Night (4 articles) Comment être cool et en même temps pas du tout cool ? Facile, il suffit d’être Parcels. Un premier album avec un single produit par Daft Punk, un deuxième album mixé par John Ford mais une dégaine à jouer en première partie de Yes en 1978. Rock’n’Folk ne s’y trompe pas et les place en couverture de leur numéro actuel.
Le magazine Paste aime beaucoup néanmoins : “Day/Night stacks hope and heartbreak against each other, inviting listeners to lose themselves in both or either, with Parcels lushly soundtracking high and comedown alike”
Day/ night fait s’entrechoquer espoirs et coeurs brisés, invitant l’auditeur à se perdre dans l’un, l’autre ou les deux, Parcels fournissant une bande son luxuriante pour aussi bien les hauts que les bas de la vie.

Hard feelings (4 articles) Hard feelings est un duo composé de Joe Goddard de Hot Chip et de la chanteuse new yorkaise Amy Douglas, habituée des productions électro. KEXP décrit leur musique ainsi : “Their self-titled debut album – released November 5th via Domino Records – finds itself positioned fluidly at the intersections of new wave, synth-pop, and full-on disco glory for a raucous sound that’ll make you dance, make you cry, and make you feel.”
“Leur début éponyme, est positionné à l’intersection de la new-wave, de la synth-pop, et de la disco dans toute sa gloire, pour un son tapageur qui vous fera danser, qui vous fera pleurer, qui vous fera éprouver toutes sortes de sentiment.” 

Munya – Voyage to mars (4 articles) Brooklyn Vegan qualifie cet album de “ best Franco-Anglais ye-ye synthpop album about the space program and colonizing Mars to be released in 2021” . Traduction : Voyage  to mars est le meilleur album  publié en 2021 de synthpop ye-ye franco anglais traitant de la conquête de l’espace et de la colonisation de Mars.
Si cela ne vous donne pas assez envie, sachez qu’il y a une reprise de Tonight tonight des Smashing pumpkins.

Nation of language – a way forward (4 articles) Nation of language est un trio nostalgique. Leur premier album rendait hommage à la new wave de New order, OMD et Japan. Pour ce nouvel album, l’exploration va plus profond, associant à ces influences les synthés de Kraftwerk. D’après le NME qui a noté l’album 5 étoiles sur 5, le résultat est “fuzzy and nostalgic, but also pure and inventive all at once” : tout à la fois pelucheux et nostalgique, mais aussi pur et inventif”.   

Penelope Isles – Which way to happy (4 articles) Penelope Isles est un duo frère / soeur, dont le chant est basé sur les harmonies. Leur son pop est versatile. KEXP décrit l’album comme “ a solid set of psych-tinged dream-pop combining atmospheric guitars and synths and lush string arrangements courtesy of Fiona Brice with ethereal vocals, bittersweet lyrics and wistful melodies” : un ensemble solide dream-pop psychédlique qui combine des guitares acoustiques, des synthés, et les arrangements touffus de Fiona Brice avec des voix éthérées, des paroles douces-amères, et des mélodies mélancoliques”. Paste dit que les influences vont des Smiths à Tame Impala. A la première écoute j’ai envie de dire que c’est de la pop. Voilà.

Les valeurs sûres : Le classico organisé, Niska, Aimee Mann, Bullet for my valentine

Jul et ses amis – Le classico organisé . Après  13’ organisé, Jul revient avec encore plus d’Avengers pour le classico organisé, qui voit s’opposer rappeurs parisiens et rappeurs marseillais. Wikipedia annonce 157 rappeurs (???) pour ce triple album de 3h, contenant 30 morceaux faisant tous ou presque au moins 5 minutes. Je ne  vous promets pas d’écouter l’album en entier, mais si vous aimez ce type de son, c’est un peu noël avant l’heure avec le smah bros du rap français. 
Par contre, est-ce que quelqu’un pourrait dire à Jul qu’il a le droit de se reposer de temps en temps ?

Niska – Le monde est méchant. Si Niska a convoqué quelques invités sur sa nouvelle mixtape, il est loin des 157 du classico organisé. Point de vue écoutes sur spotify, les deux sont néanmoins au coude à coude. La preuve de la puissance de Niska dans le rap français.

Aimee Mann – Queens of the summer hotel. J’avais un peu perdu de vue Aimee Mann après la bande son de Magnolia, n’étant pas convaincu par The forgotten arm ou Lost in space. Elle a néanmoins gagné le grammy du meilleur album folk en 2017, ce qui ne veut pas dire grand chose mais un peu quand même.  Queens of the summer hotel s’inspire du livre Une vie volée de Susanna Kaysen, que vous connaissez peut-être via l’adaptation cinématographique avec Winona Ryder et Angelina Jolie dont je garde un excellent souvenir. Un livre pas super fun qui parle de dépression et de maladie mentale en insititution psychiatrique, dans une ambiance qui rappelle La cloche de désespoir de Sylvia Plath.
Aimee Mann retrouve les instrumentations jazzy et luxuriantes de la bande son de Magnolia, et comme à la belle époque, le résultat est  tour à tour entraînant et déchirant. 

Bullet For My ValentineAvis de Ludo . Un album éponyme très agressif qui si on lui retire Parasite et Knives est quasi parfait. Les gallois livrent peut-être leur plus gros effort, le plus solide.

Les vieux de la vieille : Limp Bizkit, Abba, Diana Ross, Les Hanson, Jethro Tull

Limb Bizkit – Still Sucks. Avis de Ludo: mon dieu, que ce passe t-il? J’écris un truc sur un album de Limp Bizkit en 2021. Ressortons brièvement le couplet sur ce groupe, son aura des 90’, son auto dérision et la multitude de vannes que Fred Durst et sa bande se prennent depuis des lustres et penchons-nous sur Still Sucks.
A la première écoute, on se dit que Durst se fout de notre gueule. 12 titres, 32 minutes. A la première écoute on se dit que Wes Borland à la direction artistique est autant une réussite que cette pochette proprement creepy. Puis, on réécoute, on tend sérieusement l’oreille, c’est toujours aussi court mais quelque chose se passe. En fait, le groupe semble s’éclater et désireux d’envoyer de la variété tel un bon plateau de fromage, il y a du coulant, du puant, du ferme, du doux. Durst se joue des fans avec les titres Goodbye ou Love The Hate. You Bring Out The Worst In Me me ramène dans mon adolescence et Barnacle est terriblement efficace tandis que Phil Popper est une sucrerie énervée. 
Ouaip, Limp Bizkit fait encore et toujours n’importe quoi mais c’est sans doute la meilleure stratégie de Fred Durst depuis bien des années. Still Sucks est la plaisanterie la plus courte de 2021 mais elle est très bonne.

Abba – Voyage. Tout est bizarre dans ce retour d’Abba, sauf la musique. Alors que l’on pensait le groupe définitivement séparé après nous avoir donné beaucoup de bonheur et de comédies musicales avec Méryl Streep sous speed, les suédois reviennent et ils sont plutôt contents. Plus que la musique, qui est de l’Abba un peu fatigué, comme on pouvait s’y attendre, c’est l’enrobage qui surprend. Le groupe a en effet décidé de construire une salle de concert à Londres, pour y jouer pendant un an, sous forme virtuelle. Le groupe a été entièrement motion capturé pour que des avatars jouent à leur place. Un geste très novateur, et en même temps parfaitement raccord avec l’aspect nostalgique de l’entreprise.
De par leur séparation, Abba n’est pas un groupe avec lequel les fans ont vieilli comme ils ont pu le faire  avec les Rolling Stones. Nous avons tous en tête le groupe période Eurovision, et je comprends qu’ils n’aient pas voulu briser cette image, rester toujours jeunes, et figés dans le temps. 
Néanmoins, à l’image de ce nouvel album, on est là dans l’uncanny valley : dans le c’est presque ça, mais ce n’est pas ça, parce qu’au fond de nous, on sait qu’il n’est pas possible d’arrêter le temps, et que cet Abba est vieux et nous renvoie à notre vieillesse et à notre désir désespéré de ne pas mourir.
Et en même temps, c’est le disco et la fête.

Diana Ross – Thank you. Je n’ai pas eu le temps d’écouter cet album, dont les quelques reviews que j’ai pu lire regrettent le côté guimauve R’n’B.  Cependant cet album, ainsi que le suivant de cette liste, me rappellent pourquoi je tiens autant à cette section de la nostro-sélection musicale. Elle nous rappelle que, à côté des nouveaux artistes à la mode, les anciennes légendes restent là, à donner des nouvelles à leurs vieux fans, dans un univers presque parallèle. 

Hanson – Against the world. Et voilà, c’est le drame. J’étais persuadé qu’après MMMBOP, les Hanson avaient continué leurs vies, loin des nôtres et de la musique. Peut-être étaient-ils devenus agents immobiliers ou vendeurs de piscine comme Stéphane Guivarc’h. En fait non, tels Hélène Rollès dans les mystères de l’amour, ils sont de retour, fringants, pour faire du soft rock et du sous Pearl Jam. Pourquoi pas. 

Jethro Tull –  Shoshana Sleeping. On en reparlera plus longuement en janvier quand l’album sortira, mais le groupe Jethro Tull est de retour après un dernier album sorti en 2003 (et encore c’était un album de Noël). Le groupe a montré dans les années 70 qu’il pouvait être cool en jouant de la flute. C’était une autre époque, où il était de coutume de faire des morceaux de plus de 6 minutes qui ne contenaient aucun featuring de Jul. 

Les curiosités de la semaine : Aminé, Connan Mockasin, D-Track, Carla Geneve, Deap Vally, Thomas Mereur

Aminé  – Twopointfive. Du rap de mec bizarre anglais, avec des effets dans les instrus et du vocoder qui part dans tous les sens. Typiquement le genre de son assez cool aujourd’hui et dont on sait qu’il vieillira mal (contrairement à Abba). Cependant, le clip contient un énorme toutou, aussi gros que Clifford, ce qui mérite votre temps.

Connan Mockasin – Jassbusters two. J’en avais parlé il y a quelques numéros, en disant que j’étais peu convaincu par le single, mais que par principe j’écouterais. Hé bien, je n’ai pas encore écouté l’album, et je ne sais pas quand j’arriverai à l’écouter. Ce sera donc la vraie curiosité de la semaine, celle où le lecteur en sait plus que la personne qui écrit, ce qui est totalement raccord avec la musique de Connan Mockasin.

Soroche feat. Akhenation : D-Track (single). J’étais resté sur l’image du Roi Heenok comme parangon du rap québécois, et voilà que je découvre Akhenaton en invité sur ce morceau. Que dire, si ce n’est que le Marseillais aura vraiment vécu une année étrange.

Carla Geneve – Brisbane, Avis de Ludo. Nouvel EP de cette australienne qui fait du pop rock indé avec une élégance folle. Ca se pose pas de questions et ça fait un bien fou. Dog Eared (second titre de l’EP) est une merveille énervée qui me donne envie d’avoir des cheveux longs pour secouer la tête avec style.

Deap Vally – Perfuction, avis de Ludo. Avec deux nouveaux titres, les californiennes montrent une fois de plus à quel point elles font du bien au garage rock et au rock alternatif plus globalement. J’espère que cette nouvelle sortie annonce un prochain album.

Thomas Mereur – Human, avis de Ludo. Journaliste chez Gamekult, site de jeux vidéo français, Thomas Méreur est également musicien, chanteur, auteur, compositeur et après un très doux et bel album en 2019 (Dyrholaey), il revient avec Human, un titre d’une sensibilité touchante, émouvante. 

Les singles : Slipknot, Franz Ferdinand, Foals, Porcupine Tree, The horrors

Ludo nous propose un petit condensé de tout ce qui est sorti en single cette semaine. 

Ça chronique un album de Limp Bizkit et ça enchaîne avec le nouveau titre de Slipknot qui est pour moi la meilleure chose qu’ils ont pondu depuis bien une dizaine d’années. Tout est impeccable, batterie lourde, riffs puissants, Corey Taylor au top avec une gorge déployée à son maximum. The Chapeltown Rag est une vraie tarte. 

Prévu pour 2022, Hits To Head sera une compilation des titres de Franz Ferdinand et pour préparer cette arrivée, les britanniques ont sorti le single Billy Goodbye qui ne réinvente pas la roue de leur rock alternatif mais qui devrait permettre de groover un peu en concert. Faudra penser à emmener les pantoufles.

On reste dans le même genre avec Wake Me Up, son divinement funky des Foals qui annonce un album plus positif et coloré que les précédents. J’ai grand hate.

La vie est pleine de surprise. Notamment quand on check les nouveautés sur spotify et qu’on voit un single de Porcupine Tree. 12 ans d’inactivité, 12 ans de sentiment d’abandon depuis The Incident, un chouette album que je recommande. Puis voila, la petite claque nommée Harridan qui annonce un album pour 2022. Un titre épique de 8 minutes, comme si Steven Wilson voulait rattraper le temps perdu. Il m’avait manqué.

Against The Blade, le nouvel EP de The Horrors est un single sympathique mais blindé de codes du genre rock industriel. Les trois titres sont soit une paresse artistique soit un hommage bancal à des groupes comme Nine Inch Nails ou KMFDM. 

Les sources

France

Magic revue de pop moderne : La catégorie sorties (soutenez leur financement participatif !)

Les Inrockuptibles : La rubrique news musicales et en particulier les albums à écouter absolument ce week-end

Allemagne

Visions : Draussen, die Alben der Woche

Angleterre

NME : album reviews

Etats-Unis

Brookyn Vegan : Les notable releases ainsi que la rubrique Bill’s indie basement

KEXP : new music reviews

Paste : New album lists

NPR : podcasts nouveaux albums et nouvelles chansons

Etats-Unis / Amérique latine

Remezcla : rubrique musique

Canada / Québec

Le canal auditif : rubrique actualités

Afrique

Pan-african music : rubrique news

On attend votre avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s