Nostro sélection musicale

La nostro sélection musicale du 19 novembre

Vous connaissez le problème. Un sportif se blesse. Il redouble d’efforts pour revenir. Il se blesse à nouveau. J’avais réussi à rattraper le rythme des sorties, j’étais à jour, bien aidé par Ludo, El Tooms et leur plume agile. Quand soudain, c’est le drame : des semaines de travail riches en heures supplémentaires, la sortie de Solar ash et du DLC de Blasphemous, les courses de Noël à faire, et nous voilà le 12 décembre à parler de la musique du 19 novembre.
Cette semaine est symbolique néanmoins : il s’agit de la dernière semaine riche en grosses sorties. Le week-end d’après correspondait à thanksgiving. Ensuite les magazines ne pensaient plus qu’à leurs tops de fin d’année. Il y a bien eu l’album d’Angèle, et quelques découvertes à faire, mais rien qui change le monde non plus. 
Par conséquent, il s’agit de la dernière nostro sélection musicale sur ce format de l’année. Je vais essayer de vous proposer dans le courant de la semaine les playlists des semaines du 26 novembre, du 3 décembre, et du 10 décembre, sans commentaires. On se retrouvera ensuite pour notre propre top, vraisemblablement aux alentours de Noël. Pour préparer le réveillon, je vous conseille de suivre les recommandations de Brooklyn Vegan sur le sujet.
Faut-il pour autant négliger cette semaine du 19 novembre ? Pas du tout. 3 albums extrêmement attendus sont en effet parus à cette occasion. Adèle a signé un retour triomphal. Converge s’est associé à Chelsea Wolfe et Stephen Brodsky pour l’album qui a bercé les metalleux. Enfin, Orelsan a sauvé le CD , avec l’aide de Squeezie. 
Au milieu de cela, une découverte magnifique, celle de Léonie Pernet, qui conclut une très belle année pour la pop française. 
Et puis, malheureusement, Hank von Helvete est mort. Je pleure rarement quand une vedette meurt, mais je ne pouvais pas ne pas lui rendre hommage ici.  

La playlist spotify

La playlist deezer

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Hommage à Hank von Helvete

La nostro sélection musicale est née de la volonté de vous proposer la musique dans toute sa divesité. La mort de Hans Erik Husby, plus connu sous le pseudonyme de Hank von Helvete puis Hank von Hell, survenue le 19 novembre, est la sortie musicale la plus malheureuse de la semaine. 
Plus que par son projet solo Hank von Hell, ou par sa participation au jury de à la recherche de la nouvelle star en Norvège, c’est en tant que chanteur de Turbonegro qu’il a marqué l’histoire du rock.
Crée dans les années 90, Turbonegro a connu une première vie conclue par la sortie de Apocalypse Dude, tout simplement un des meilleurs albums de rock de tous les temps. Les caractéristiques de Turbonegro : des solos de guitares incandescents, des paroles qui chantent l’autodestruction et l’amour gay (alors que ses membres sont hétéros), et un amour indépassable pour le denim. Après Apocalypse Dude, le groupe se sépare une première fois, Hank von Helvete ayant sombré dans la drogue. Pendant leur absence, les fans clubs, appelés Turbojugend, font d’un groupe connu surtout en Allemagne et dans les pays scandinaves un groupe mondialement connu, repris notamment par Queens of the stone age. Leur retour avec Scandinavian leather est un triomphe. Trois albums plus tard, Hank est viré du groupe, devient scientologue, fait tout et n’importe quoi, et revient aux affaires avec son groupe Hank von Hell.
Il était actuellement en train de répéter avec Turbonegro pour fêter les 25 ans d’Apocalypse Dude. D’après son manager, son corps a simplement lâché après des années d’excès. Je ne sais pas si cela voulait dire qu’il avait repris la drogue ou que son corps en avait été fragilisé, comme Lester Bangs à l’époque. 
Il est difficile de dire en quelques mots à quel point cette disparition m’attriste. Quand Charlie Watts meurt, c’est bien sûr une légende du rock qui disparaît, reconnue de tous. Hank von Helvete, c’est autre chose. Turbonegro est un groupe qui est devenu très connu grâce à ses fans, et à ce titre représente la passion que l’on peut avoir pour le rock’n’roll. Quelque chose que l’on s’approprie, des oooohooohooooh I got erection que l’on chante, des feux d’artifice que l’on fait partir de ses fesses après avoir trop bu (enfin moi j’ai pas fait), du air guitar, un blouson en jean avec ton nom brodé, des copains et la fête. R.I.P. Hank, la fête sera moins folle sans toi.

La presse a adoré : Adele, Bloodmoon, Mandy, Indiana, Weakend friends

Adele – 30 (mentionné 5 fois) . Où en est Adele après avoir fêté ses 30 ans ? Pas trop le moral à vrai dire le divorce a laissé des traces. Mais c’est aussi l’occasion de prendre des risques, en cassant un peu la rythmique habituelle, tout en gardant cette voix incroyable qui a fait sa gloire.  Le fait que le disque soit le plus évoqué cette semaine ne veut pas dire qu’il a été le plus apprécié. Simplement, il est impossible de ne pas évoquer un album dont, à l’heure où j’écris ces lignes, aucun morceau n’a été écouté moins de 20 milions de fois sur Spotify, et dont le single principal a été écouté 400 millions de fois sur Spotify et 191 millions sur youtube. 

Converge / Chelsea Wolfe  / Ben Chisholm / Stephen Brodsky – Bloodmoon I (4 mentions) . On parle souvent à tort et à travers de Supergroupe dans le monde du metal. Ce terme a peu été utilisé pour Bloodmoon, alors qu’il s’agit vraisemblablement d’un des all-star band les plus convaincants. On retrouve donc d’un côté Converge, les dieux du hardcore incandescent comme la lave, de l’autre côté Chelsea Wolfe et Ben Chisholm, dont la folk gothique fait chanter les sorcières au clair de lune, et au milieu Stephen Brodsky, ancien membre de Converge il y a plus de 20 ans, leader du groupe de metal fun Mutoid man aux côtés du batteur de Converge, et surtout âme de Cave-In, le groupe qui a été tout et n’importe quoi, hardcore, prog, pop et même un peu stoner. 
La raison de la cohérence de Bloodmoon est à chercher dans l’origine du projet. En effet, Converge avait déjà réuni cette troupe il y a quelques années pour pouvoir jouer Jane Doe dans son intégralité, y compris dans ses aspects les plus mélodiques. De cette expérience en est ressortie la volonté de créer une musique qui soit à la rencontre de tous les univers. Plus metal que Chelsea Wolfe, plus mélodique que Converge, plus focus que Stephen Brodsky, le tout formant un nouvel univers musical, harmonieux et cohérent. 
Même si je crois que je ne ressentirai jamais le choc né de l’écoute de Jane Doe, je suis admiratif de la capacité de Converge à se renouveler, à avoir compris le risque de la routine dans laquelle ils commençaient à tomber. Un des disques importants de 2021 à n’en pas douter.

Mandy, Indiana – …EP  (4 mentions). Dans la descriptif du genre musical, j’ai marqué pour ce groupe “Indus, techno, ye ye”, une formule dont je n’arrive plus à retrouver la paternité. Elle marque pourtant bien l’ambiance de ce disque très étrange, aux paroles françaises et à la rythmique agressive, décrit par le magazine Paste comme un disque où la danse rencontre la mort.

Weakened Friends – Quitter (4 mentions). Il est beaucoup plus facile de qualifier la musique de Weakened Friends, groupe de rock indé féminin tout droit décongelé des années 90 tel Louis de Funès dans Hibernatus. Le genre de musique qui donne envie d’une nouvelle saison de Daria.

Les découvertes de la semaine : Léonie Pernet, Brion Starr

Léonie Pernet – Le cirque de consolation. La grosse claque de la semaine, qui vient conclure une belle année pour la pop française sombre et ambitieuse. Un son électro, un peu new wave voire cold wave, un peu indus, un peu Indochine, mais surtout très original. Quand on parle d’un disque, on a toujours tendance à le ramener à ce que le lecteur pourrait connaître. Pour une fois, j’ai envie de dire, écoutez ça. On est totalement dans l’esprit Nostroblog. J’ai vraiment envie que vous aimiez cet album.


Brion Starr – A Night to Remember. La nostalgie est un moteur de créativité formidable. Comme l’héroïne de Last night in Soho, ou le héros de Midnight in Paris, Brion Starr doit avoir l’impression d’être né à la mauvaise époque. Lui aime les années glam, David Bowie, Roxy Music. Du coup, bonjour Tony Visconti, ça te dirait de me produire ? On va aller au château d’Hérouville, où Low, grosse influence de cet album, a été enregistré. 
Alors, oui, on est à la limite du pastiche, un peu comme Trei degete, mais en plus classe. Personnellement, je ne dirais jamais non à un bon disque de glam rock. 

Les valeurs  sûres : Orelsan, Elbow, Arnaud Rebotini, Juliette Armanet, Isaiah Rashad

Orelsan – Civilisation. Si Tom Sawyer, c’est l’amérique, Orelsan c’est la France. Capable d’éclairs de lucidité avant de balancer un truc bien misogyne, de gauche et de droite sans qu’on le sente centriste, rappeur mais avec des thématiques ancrées dans un quotidien pas forcément spectaculaire. Un français moyen, mais avec un talent supérieur.

Elbow – Flying Dream 1. Elbow a fait plusieurs fois la couverture du magazine allemand Visions, un magazine très rock dont l’Adn se confond avec le mouvement grunge. Pour cette raison, j’ai toujours en tête l’image d’un groupe bien plus rock qu’il n’est réellement. Il n’est pas non plus le groupe pop que je pourrais craindre. Ce nouvel album rappelle étrangement Talk Talk, pour une pop aventureuse, riche instrumentalement, qui n’a peur ni du silence, ni de la douceur.

Arnaud Rebotini – Outlaw EP. Arnaud Rebotini est un bourreau de travail à la discographie fragmentée. Des albums, des bandes sons, des remixs, des singles, des univers différents, analogique sous son nom, electroclash puis presque metal avec Black strobe, trip hop à l’époque de Zend Avesta.  Dans ce nouvel EP, on retrouve un univers techno assez agressif, avec une énergie très rock qui donne envie de danser, de tout casser, ou les deux en même temps.

Juliette Armanet – Brûler le feu. J’avoue être passé totalement à côté de Petite amie, pourtant le genre de disque qui remporte des victoires et remplit les salles. Je n’ai pas encore écouté l’album mais j’aime le dernier jour du disco, un énorme tube, de ceux que l’on est content d’entendre au supermarché, pour rouler des fesses au rayon surgelé.

Isaiah Rashad – The House is Burning [homies begged], avis d’El Tooms. Alors qu’il avait été absent des radars depuis plus de cinq ans le rappeur du Tennessee nous gratifie d’une année exceptionnelle. Il a publié cet été un album qui fera date, The House is Burning. Histoire de faire durer le plaisir, il gratifie les adeptes de son univers d’une superbe actualisation, nommée  [homies begged] (hommage à la dernière strophe de l’album de 2016 ?),  pour aller se goinfrer de frappes et de verres de flow au coin du feu. La sérénité d’un album bourré de features inspirés vient ajouter quatre crédits supplémentaires avec des nouvelles pointures d’Atlanta telles que Young Nudy et Deante’Hitchcock. La sublime voix d’UMI boucle avec un Donuts un album déjà stratosphérique qui atteint pile poil l’heure de jeu. Kenny Beats, Duke Deuce, Jay Rock, SZA, Lil Uzi Vert et bien d’autres avaient déjà garni une palette extraordinaire d’invités tous au diapason pour donner à ce THIB une saveur unique même sans le topping du 19 novembre. Un hiatus payant car le mic McClain signe à mes yeux le meilleur album de hip hop de l’année loin devant ceux dont j’attendais un trust des sommets comme Drake ou Kanye West. Je ne peux résister à vous partager cet intemporel RIP Young Remix essence même de cette ingénieuse réactualisation avec Project Pat et Juicy J parfaitement calés dans l’univers de Rashad restituant un hommage fort à la disparition tragique de Young Dolph tué par balles en novembre dernier.

Les vieux de la vieille : Leo Nocentelli, Robert Plant et Alison Krauss, Brian Wilson

Leo Nocentelli – Another Side. Leo Nocentelli est le guitariste du groupe The meters, groupe de funk que l’on a entendu notamment sur la bande son de Jackie Brown. En 1971, alors que le groupe est en pause, il enregistre un album solo de soul acoustique, un peu dans l’esprit de Sixto Rodriguez. Comme pour Sugar man, il y a une raison pour laquelle vous n’avez jamais entendu ce disque. Il n’est en effet jamais sorti, pour ne pas faire de l’ombre à The meters. Il a fallu un déménagement des archives du guitariste maintenant octogénaire pour que cette pépite nous parvienne. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit dans ces occasions.

Robert Plant & Alison Krauss – Raise the roof. Nouveau disque country de Robert Plant & Alison Kraus, qui avaient gagné ensemble un grammy en 2007, ce qui n’est pas toujours bon signe. Il suffit de regarder le clip pour comprendre le drame qui se joue là. Il y a un contrebassiste qui vibe tranquille avec un gros sourire. Robert Plant a l’air d’avoir 120 ans (il en a 73 en vrai), et même s’il continue à tenir son pied de micro comme à la grande écoute, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Led Zeppelin ne s’est pas reformé pour de bon après le concert de 2007. Le Robert Plant de l’époque a un rapport très éloigné avec le Robert Plant actuel. Comment lui en vouloir, c’était il y a si longtemps. A écouter donc si vous aimez la country ou si vous aimez vous faire mal.


Brian Wilson – At my piano. Tout est dans le titre. Brian Wilson reprend les Beach boys au piano, sans chanter. Il s’agit donc d’une approche très différente de ce que Beach fossils a pu faire récemment, transformant leur dream pop en jazz. On est plus ici dans une approche de piano bar, très nostalgique, qui donne envie de boire un milk shake au coin du feu. Une alternative tout à fait acceptable aux disques de Noël, par conséquent.

Les singles : Trei degete, Ambiance Skandal, Ibeyi, Earl Sweatshirt, Kavinsky, Fischbach, Gwendoline, Keren Ann, FKA twigs

Trei degete, Time time / Ambiance Skandal, Offishal. Il se passe des choses étranges en 2021. Par exemple, si on m’avait dit qu’Orelsan allait sauver l’industrie du CD, j’aurais dit pourquoi pas. Mais que Squeezie ressuscite le CD single ? Je n’y aurais pas pensé. C’est pourtant grâce à lui que nous avons pu profiter de Trei degete et Ambiance skandal. Deux faux trios, crées pour l’objet d’un contest filmé dans une vidéo assez fascinante .

L’idée est de recréer un tube façon années 2000 en trois jours : d’un côté, on a Squeezie , Myd (artiste signé chez Ed Banger, qui est déjà passé dans l’apéro de Canard PC), et Kronomuzik (musicien talentueux et hilarant, que j’avais découvert avec sa chanson de l’équipe de France façon Jul, et qui s’apprête à révolutionner la musique avec la Zizicacamixtape) . De l’autre côté on a Maskey (qui réalise des vidéos sur les techniques du hip-hop), Le motif (producteur pour Booba ou Niska), et S2Keyz qui a lui aussi travaillé avec Booba mais aussi La fouine. D’un côté une équipe shitpost donc, et de l’autre une équipe plus sérieuse dans le hip-hop. 
Plus que les pranks que Squeezie fait subir à l’équipe adverse, ce qui m’a vraiment fasciné est la manière dont on voit les morceaux se construire. Définir l’idée, une problématique, réfléchir aux moyens techniques (quel instrument aller chercher dans le synthétiseur pour obtenir l’effet kitsch espéré), faire appel à une professeur de roumain d’un côté, et à une chanteuse de R’n’B de l’autre (Toldya, vraie révélation de l’affaire) et une restitution à la fin avec le jugement par les pairs et un grand frère (ici Rim-K). Je trouve cela très intéressant car on voit ici toutes les étapes d’un travail de créativité en groupe fructueux. Cela m’a rappelé mes meilleurs moments de formation professionnelle.
J’ai regardé les clips avant de voir le making of. Les revoir après est éclairant : on perçoit tous les détails absurdes : le clavecin, les paroles sur les pastèges de time time, par exemple. Et franchement, les morceaux sont vraiment bons. Le fait d’avoir choisi l’exercice du pastiche était une très bonne idée pour obtenir un résultat concluant en peu de temps, mais le résultat est vraiment  “à la hauteur” du 113 et de O-Zone. 
Au final, à 2 jours de la fin, Trei degete devrait battre ambiance skandal, avec 71 641 cds achetés contre 51318. Les deux chiffres sont impressionnants, renforcés par des chiffres de vues de clips qui se comptent en millions. Auxquels j’ai moi-même pas mal contribué, j’avoue. 

En bref : quelques autres singles
Ils annoncent leur nouvel album

Ibeyi & Pa Salieu – Made of gold

Earl Sweatshirt – 2010

Kavinsky – renegade

Fischbach – téléportation

Des projets à part

Gwendoline – Audi RTT. Le vrai nouveau clip du groupe rennais Gwendoline est en réalité Voldebière. Une erreur heureuse m’a fait rajouter ce clip, qui propose tout simplement le refrain de l’année. La shlagwave est un genre à surveiller attentivement. 

Keren Ann & Quatuor Debussy – Strange weather. Keren Ann a réalisé plusieurs concerts avec le quatuor à cordes Debussy. Leur instrumentation accompagne de manière sobre et superbe le single shoegaze Strange weather.

FKA twigs – measure of a man. The King’s man – première mission, aurait dû sortir fin 2019. Retardé pour cause d’embouteillage de fin d’année, il aurait dû sortir pile au moment du premier confinement. Depuis, c’est la galère, et il faudra attendre le 29 décembre pour découvrir les origines des agents secrets anglais, en espérant que l’on soit plus proche du premier Kingsman que du deuxième niveau qualité. FKA Twigs, elle, ne se pose pas cette question et propose une très bonne chanson, dans la grande tradition des films avec des espions anglais. 

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