Eck, Sur vos écrans

Fast and Furious : des mécaniques bien huilées

Née au début des années 2000 (ça ne nous rajeunit pas), la saga Fast and Furious s’est vue grandir au fur et à mesure sous plusieurs angles. Certes en terme numéraire avec toujours plus de films et projets annexes. Mais aussi en taille, à la fois budgétaire, de ce fait par l’importance de l’équipe qui travaille sur chacun de ces projets, mais aussi et surtout par la taille de son envergure en tant qu’œuvre populaire, de par sa portée médiatique et commerciale. Analyse.

Family

Au commencement, Dieu créa la Dodge Charger  

Ça part d’un film classique, The Fast and the Furious, comme on en a vu plusieurs à ce sujet, sur un flic infiltré parmi un gang connu pour ses exploits dans des courses de rues illégales. Au cours de l’infiltration, le flic apprendra à comprendre les motivations de chacun de par leurs passés, leurs ambitions personnelles et finira par s’attacher à eux, loin de la mission initiale. Il découvrira aussi que le véritable antagoniste n’est pas celui qu’il croyait et tout ceci se termine sur une note douce amère entre réussite policière et abandon à la vie de hors la loi en cavale de sa famille d’adoption passionnée d’automobiles. Un récit intime, parsemé d’action somme toute basique et de courses effrénées qui sont au cœur du sujet. Mais rien qui ne transcende le cinéma, un bon film d’action pop-corn. 

“J’en avais un peu plus, je vous l’ai quand même mis”

C’est avec la suite que la série prend son envol. Mais attention, pas l’épisode 2 ni le 3, pour plusieurs raisons. Le 2 : 2 Fast 2 Furious, est ni plus ni moins que le 1er remixé à une autre sauce, peu original et assez oubliable sinon qu’il introduit un personnage qui deviendra récurrent par la suite. Le 3 quant à lui, The Fast and the Furious 3: Tokyo Drift, est intéressant mais se déroule à une autre époque et un autre pays, avec un autre protagoniste, il permet néanmoins d’introduire un personnage que l’on retrouvera par la suite et d’étendre la portée de l’univers F&F. Non, la vraie suite du premier film c’est le quatrième opus, nommé Fast and Furious, sans fioritures. Et c’est là que ça démarre (sic) pour de bon. En continuant dans la veine des premiers épisodes qui vont mélanger héros vertueux (flic ou affilié à une figure de justice, dans le cadre de Tokyo Drift et son protagoniste fils de militaire), anti-héros au grand cœur et bandits, la saga reprend la formule magique et réitère un coup de maître avec l’alliance improbable contre les méchants gangsters. Ça fonctionne du feu de dieu, avec des courses poursuites musclées et des enjeux toujours plus grands qui ne semblent jamais en finir pour nos protagonistes. Épisode 5, Fast 5, grandeur démesurée de l’importance de la mission du groupe. Main dans la main avec la police, en mode commando black ops, toujours plus loin toujours plus fou. Épisode 6, Fast and Furious 6, rebelote. Toujours plus loin, toujours plus d’enjeux. Épisode 7, Furious 7, ça n’arrête pas, ils sont intenables. Épisode 8, The Fate of the Furious, on sait plus où ça va c’est devenu un bordel incroyable et génial. Spin-off, Hobbs and Shaw, arrêt du cerveau par surconsommation de pop-corn. Du pur génie. Le 9 va réunir tout ce beau monde en ajoutant encore une nouvelle couche de twists et ira toujours plus loin, parce que pourquoi pas. 

Le premier film, par quoi tout a commencé

They said I could be anything 

On assiste à une lente mais sûre métamorphose du genre du film. Ce qui a démarré comme étant des films de flic infiltré dans le monde du crime s’est transformé en films d’action à cascades gros budgets, puis désormais en films d’espionnage à très gros budget. J’insiste, à TRÈS gros budget. Avec non pas seulement des bagnoles tunées mais des véhicules en tout genre, thunés (si je puis me permettre le jeu de mot) de partout avec un budget astronomique. Le premier film était sous les 50 millions de dollars, le dernier bien au-dessus des 200. Avec une production désormais digne des derniers Mission Impossible ou autres James Bond, F&F se pose clairement dans la même niche cinématographique et veut tout rafler sur son passage en comptant sur son capital sympathie dû à son grand casting, ses belles bagnoles et son humour. C’est vraiment une autre franchise qui voit le jour entre les 4 premiers épisodes et les derniers, mais elle conserve toujours l’amour pour les grosses voitures surboostées pour faire le dingue sur la route tout en chassant les vilains. Grosso modo. 

Analyse nulle mais ça m’amuse de la faire

Bon, en profondeur, le récit amorce une approche classique depuis le début. Problème, péripéties, résolution. Sauf que. Visiblement quelqu’un dans l’équipe a dû lire pas mal de shonen manga, car : on a des instants de montée en puissance assez fréquemment, le côté nekketsu des protagonistes très têtes brûlées qui foncent à l’instinct et au talent, des deus ex machina en veux-tu en voilà, des mentors qui regardent de loin, participent vite fait, puis se sacrifient. La répétition du casting, allant en croissant, comme l’équipe d’alliés du héros qui sont pour certains les ennemis d’hier (pensez Gaara dans Naruto ou Vegeta dans Dragon Ball), puis la résurgence de certains antagonistes à travers les épisodes, voire même des personnages qui sont dans le gris, ni tout blanc ni tout noir. Et enfin les retournements de situation avec les morts qui reviennent de nulle part, les membres de la famille qui apparaissent de nulle part eux aussi, etc. 

Family 

En parlant de famille. Suite à la mort de l’acteur Paul Walker, co-affiche de la saga, c’est son partenaire et ami Vin Diesel qui prend le relais en reprenant les commandes du bateau. Et il décide de vraiment mettre l’accent sur l’aspect famille. La notion de famille non pas que via les liens du sang mais aussi via la fraternité à travers les choses vécues et les obstacles surmontés. Le décès de l’acteur vedette est alors intégré comme une retraite du monde de la bourlingue pour se consacrer à sa famille de façon intradiégétique, et le reste des personnages n’hésite pas à rappeler régulièrement leur attachement à ces valeurs. Ce fil rouge de l’histoire, plus intime et accessible à tous, en opposition avec les manigances géopolitiques et terroristes des antagonistes, vient s’inscrire dans une volonté de récompenser la fidélité du public qui suit l’évolution de cette fine équipe depuis de nombreuses années et dont on ferait partie intégrante, nous humbles spectateurs, comme membres de leur famille. Dans un sens. Non ?

Ah oui les rassos tuning sur le parking du Auchan, je reconnais

Ah ça, c’est le joint d’culasse 

En revanche, le sérieux de l’histoire est de plus en plus difficile à être pris en compte en tant que spectateur, même si comme moi on apprécie la saga au premier degré, c’est très difficile de garder son calme. Les lois de la physique sont bafouées en permanence, plus rien n’a de sens, c’est du James Bond sous acide, avec des personnages intuables qui en rigolent dans leurs propres dialogues. Ils vont même faire dire dans l’histoire du film qu’ils sont des personnages de films, pour rire, mais on sent que les auteurs ont pleinement conscience que leurs histoires ne tiennent plus debout, qu’elles sont du pur divertissement pop-corn et que c’est très bien comme ça, tant que ça dure. 

Pour finir, malgré ses métamorphoses et son grandiloquent excès à tous les niveaux, la saga Fast & Furious a encore des choses à dire, et avec plusieurs projets annexes qui continuent de fournir du bois au feu de la cheminée, autant vous dire que les vacances de Noël ne sont pas prêtes de se terminer.

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