Manga

De l’adaptation des couvertures

Souvent, lors de l’annonce d’un manga dont la parution approche, je m’intéresse à l’allure de la couverture, surtout pour le logo vf, la numérotation, ce genre de trucs. On peut avoir des déceptions sur certains logo, par exemple personnellement je trouve celui de Blood Blockade Battlefront affreux, mais ça va rarement au-delà (= le dégoût). Puisque normalement, il n’y a aucune raison de modifier l’illustration d’origine. Je dis bien, normalement… Il y a une lointaine époque, changer les couvertures d’une série pour la parution vf était monnaie courante (Karakuri Circus, Inugami chez Delcourt…). La justification est multiple. Problèmes de droits d’image (comme pour les photographies utilisées pour les couv’ japonaises de Detective Conan, en France chez Kana), un espoir peut-être un peu naïf de relancer des ventes trop faibles (Samidare chez Ototo ou les deux exemples de Delcourt cités plus haut), ou même pour briser la monotonie d’un fond toujours identique (Yu-Gi-Oh chez Kana, Fruits Basket et beaucoup d’autres shôjo chez Delcourt/Akata). Parfois, seul le premier tome subit une modification, avec une illustration qui doit mieux représenter l’ensemble de la série (Animal Kingdom chez Ki-oon, ou encore le relooking quasi intégral d’Ikigami chez Kazé Manga). Evidemment, l’éditeur cherche ainsi à adapter son livre au public français, espérant donc de bonnes ventes. Pourtant, le résultat n’est pas toujours réussi… Lire la suite « De l’adaptation des couvertures »

Publicités
Bobo, Meloku

ATOM, le magazine

Lors de la révélation de ce nouveau magazine spécialisé dans le manga, les attentes étaient nombreuses, à la hauteur des promesses annoncées. L’ambition était de nous proposer un mag différent de ce qui existe déjà, « luxueux et exigeant », bien plus mature que la presse manganime existante, avec beaucoup d’interviews de mangaka, qui ne se limiterait pas aux shônens à succès et qui traiterait en profondeur de la culture manga. Du coup, on a le droit à un dos carré, du papier épais et un prix plutôt élevé (9,90€), pour un contenu s’étalant sur 130 pages. Piloté par l’équipe de Mad Movies et son chef Fausto Fasulo, une bonne réputation précédait déjà ATOM.ATOM Asano Lire la suite « ATOM, le magazine »

Kawaii et choupitrucs

Boing boing le Magicarpe

Suite à de nombreuses pressions éditoriales, voici un article sur le dernier jeu Pokémon à la mode : le célèbre Magicarpe JUMP, application officielle développée par The Pokemon Company (eh oui), sorti il y a seulement quelques jours. Comme son nom l’indique, ici, le héros du jeu est Magicarpe. Ils avaient le choix entre plus de 700 pokémons, et l’élu, c’est Magicarpe, le pokémon le plus inutile du jeu puisque son attaque Trempette ne cause aucun dégât à l’ennemi. En fait, la seule chose qu’il réussit, ce sont ses sauts. On tient là le but du jeu : faire sauter Magicarpe le plus haut possible. Dans cette ville, logiquement nommée Bourg Carpe, le maire en a fait une compétition, avec plein d’arènes et six Ligues Pokémon où les dresseurs s’affrontent uniquement avec leur Magicarpe.


Lire la suite « Boing boing le Magicarpe »

Manga

L’ère des Cristaux : un anime, beaucoup de questions.

Alors que le tome 6 de L’ère des Cristaux (Houseki no Kuni) vient de sortir en France (il y a deux mois), le Japon s’apprête à accueillir le volume 7 en fanfare. En effet, on n’attendait rien de spécial exceptée l’édition limitée qui contiendra un mini-artbook de 32 pages, avec chacune des illustrations commentées par Haruko Ichikawa en personne, prévue dans deux semaines. Mais contre toute attente, voilà que le magazine Afternoon de Juillet (sortant le 25 Mai), dévoile LA news qu’on attendait depuis des lustres.

Pour ceux qui n’ont pas lu mes centaines d’articles sur le sujet, L’ère des Cristaux est un seinen de Haruko Ichikawa qui narre le quotidien mouvementé de Phos, le plus jeune mais surtout le plus maladroit des 28 gemmes qui habitent la Terre. Suite à divers cataclysme, l’humanité a disparu, laissant donc la place à ces êtres cristallins et agenres. Menacés par les Séléniens qui cherchent à les capturer pour en faire des bijoux, chaque jour est une bataille pour leur survie. Phos, notre héros, cherche encore sa place dans cette micro-société où tous ont un rôle prédéfini. Un jour, Maître Vajra lui confie la mission de rédiger une histoire naturelle…

Lire la suite « L’ère des Cristaux : un anime, beaucoup de questions. »

Manga

Priest, un ange déchu au Far-West

Priest est la dernière nouveauté manwha de Pika. Et pourtant, c’est une vieille série, en Corée comme en France. Débutée en 1998 et en pause depuis 2006 dans son pays d’origine, la série de Hyung Min-woo est arrivée chez nous en 2003 et a connu de nombreuses éditions et rééditions chez feu Tokebi (volumes simples, doubles et coffrets), avant de rejoindre Pika ce mois-ci, dans leur collection Graphic, destinée aux « auteurs asiatiques aux codes narratifs et aux traits proches du roman graphique » (quoi que cela veuille dire). Et surtout,  cette réédition s’accompagne d’une promesse de fin à la clé.priest pika graphic

Ce fut une surprise totale. Notamment parce Pika l’a annoncé moins d’une semaine avant sa sortie. Le titre devait bien évidemment déjà apparaître en ligne et sur les commandes libraires, mais pour moi qui ne fais pas toujours gaffe à ça, cette stratégie de communication me laisse dubitatif. Comment créer de l’attente, de l’impatience et de la hype quand l’annonce précède de si peu la sortie en librairie ? Passons sur ce sujet, et recentrons-nous sur l’oeuvre en elle-même.

Lire la suite « Priest, un ange déchu au Far-West »

Sick Sad World

Archie, horreurs et compagnie

Au début des années 2000, une série animée a occupé mes mercredi après-midis : Archie Mystères & Cie. L’histoire ? Celle d’Archie Andrews, un rouquin qui enquête sur les phénomènes étranges se produisant à Riverdale avec sa bande d’amis alors qu’il préférerait plutôt profiter de son temps libre pour glander. Mais cette histoire est en fait une version fantastique du comic original, dans lequel Archie est un simple lycéen au cœur d’un triangle amoureux, avec Betty Cooper et Veronica Lodge qui se battent pour sortir avec le jeune homme. afterlifewitharchie_08-0v Lire la suite « Archie, horreurs et compagnie »

Manga

L’ère des Cristaux : suivons la voie du bouddhisme

Dans L’ère des Cristaux (宝石の国, Hôseki no Kuni) de Haruko Ichikawa, publié en France depuis janvier 2016 par Glénat (on les en remercie), l’influence du bouddhisme est évidente, dès la lecture des premières pages. En fait, l’idée même du manga provient de la lecture d’un sutra lorsque la mangaka était encore au lycée ! Ce sutra décrivait la Terre Pure comme étant faite de joyaux. Les bases de ce qui deviendra plus tard L’ère des Cristaux sont posées. Je vous propose un rapide tour d’horizon de l’influence qu’a le bouddhisme (mais aussi l’hindouisme) dans l’univers de ce fantastique manga, en me basant sur les quatre premiers tomes sortis en France.

Introduction

Déjà, pour bien démarrer : qu’est-ce que le bouddhisme ? C’est l’une des religions les plus pratiquées au monde, dont l’originalité principale réside dans le fait qu’elle n’a pas de dieu créateur (ce qui n’empêche pas l’existence d’une foule de divinités, via l’influence de l’hindouisme, les deux religions ayant la même origine géographique et ayant co-existé). Pour certains, il s’agit presque que d’une « simple » philosophie de vie. La finalité est d’atteindre l’éveil afin d’échapper au cycle des réincarnations (samsâra, संसार en sanskrit), car ces existences successives, soumises au karma, sont empreintes de souffrance et d’ignorance. Cela se fait en atteignant la sagesse suprême, le nirvâna (« libération », sous-entendu, du cercle des réincarnations), et l’on devient alors arhat, un « méritant ».

Les Séléniens

C’est flagrant dès la lecture du premier chapitre : l’apparence des Séléniens. Les Tennins (Apsaras, अप्सरा, en sanskrit) sont des nymphes célestes du folklore japonais, issues à l’origine de l’hindouisme. Elles sont représentées par de belles femmes, portant des kimonos et des bijoux luxueux. Elles portent souvent des fleurs de lotus et jouent des instruments de musique, comme de la flûte ou du biwa, traversant les Cieux sur des nuages (ou des lotus géants). Et c’est typiquement de cette façon que les Séléniens débarquent à chaque fois, en chantant, en jouant de la musique et en lançant des pétales de lotus, de cette façon si enjouée, comme s’il s’agissait d’une cérémonie et que leurs attaques n’avaient pas de funestes conséquences…

A gauche : Apsara (Grottes de Yulin, Chine) ; à droite : des Séléniens.

Lire la suite « L’ère des Cristaux : suivons la voie du bouddhisme »