Meloku

River’s Edge ou les Contes cruels de la jeunesse

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » a écrit Rimbaud pour parodier le romantisme niais qui frappe souvent cet âge fantasmé qu’est l’adolescence. Dans River’s Edge de Kyoko Okazaki, on ne peut donner plus tort à cet adage. Ici nulle trace d’insouciance, de légèreté ou d’ironie. La flottante ivresse rimbaldienne cède la place à une matière noire et visqueuse qui est celle de l’ennui et du vide. C’est que dans ce manga polyphonique, on est bien trop grave, bien trop sérieux dans la superficialité même. Les protagonistes de cette histoire sont des adolescents plein de contradictions, déjà malmenés par la vie, qui semblent avoir grandi trop vite, et qui se sont rendus compte qu’il n’y avait rien après, sinon directement la mort. Sous le signe du banal et du sordide, la manga nous fait l’anatomie d’une jeunesse sans illusions engagée dans le chemin tortueux de l’autodestruction. Pourtant dans cette violente descente aux enfers, Kyoko Okazaki arrive à faire que, malgré tout, l’on puisse s’attacher à ces personnages qui nous bouleversent dans leur cruauté comme dans leur désespoir.

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Meloku

Le Monde selon Setchan : Une Parenthèse désenchantée

Une fille qui ne veut d’autre contact humain que le sexe, parce qu’on n’est pas obligé de dire « désolé » ou « merci », parce qu’on peut voir l’autre en train de suer, baver, haleter, un peu comme un animal. Un garçon dans la voie de la normalité : Il est doué, sociable, a un petit job, une petite copine, son chemin semble tout tracé. Setchan et Akkun. Tout les oppose mais en vérité, ils sont de la même espèce, celle des lucides, des lunatiques, trop insensibles pour s’engager dans les tumultes du monde. Aller à contre-courant alors que tout pousse à choisir un camp, autrement dit ne rien faire, se mettre sur le côté et attendre que ça passe, et peu importe ce qui se passe, on se retrouvera toujours avec un cadavre sur la route, telle est la seule vérité.

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