Quod reliquum est

MPD Psycho : une iconostase de chair et d’encre

Dans la famille « série méconnue regorgeant de qualité et rendant gorge avec qualité », je demande le petit neveu tétraplégique qu’on a oublié de débrancher : Multiple Personnality Detective Psycho (MPD Psycho). 12 ans plus tard, la série, terminée cet été au Japon avec 24 volumes, poursuit difficilement sa publication chez Pika (1 tome par an à partir du 10ème) dans une indifférence quasi-générale.

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Injection de 50 ml de hype…

Je ne vais pas donner une vue d’ensemble sur les 18 tomes parus mais plutôt me concentrer sur le premier volume sans tenir compte des événements qui se produisent dans les suivants. En somme, me mettre dans la peau d’un lecteur qui découvre cette série et par là tenter d’offrir à celle-ci une seconde chance d’exister au grand jour…

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Quod reliquum est

GOLGO 13 : "disons juste que… je remplis mes contrats".

En lisant le billet d’un de mes confrères du Nostro, un personnage a ressurgi des limbes de ma mémoire pour reposer ses valises au grand jour. Des valises si lourdes et si hypnotiques qu’elles peuvent barrer la route à n’importe quel malfrat. Des cernes si profondes et immuables que l’ennemi s’y empêtre et chute lourdement dans les replis du passé mystérieux et létal de Duke Togo, alias… Golgo 13 !

Son CV ne tari pas d’éloges. 190cm de virilité. 11/10 à chaque œil. Aussi aimable que Léodagan. Aussi bien bâti que l’armoire normande de votre grand-mère. Aussi costaud que 50 abonnés en salle de fitness. Black Jack du tir de précision. Parle peu, tire bien son coup. Fort en charisme, fort en camouflage, fort aux poings, fort au Cluedo. Champion olympique en baston de regards depuis 1969.

Un tueur à gages qui s’engage sans gag et sans rage, collectant au passage dommages pour ses cibles et hommages de ses clients. Lunette de fusil en ligne de mire sur ce personnage culte.

Souvenez-vous, c’était il y a 10 ans…

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Sourire ? Ha ha ha… un homme de cette trempe n’est pas là pour distribuer du bonheur et des câlins ! – © 2015 Saito Production

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Terra Incognita

Stravaganza : Let me be a free queen !

Après un premier dossier sur l’art contemporain chinois suivi d’un second, plus « léger », sur du théâtre japonais, il serait peut-être temps de revenir à des sujets fripons ou libidineux. Propager des écrits sur des sujets méconnus qui nous tiennent à cœur est fort louable. Toutefois, il s’agit de rester conscient qu’ils peuvent être jugés trop soporifiques/longs. Laissons donc Liu Hong et Motohiko Shigeyama attendre sagement de tomber dans l’oubli au fond de l’étagère des WC, quelque part entre trois piles de rouleaux Moltonel™ et une bouteille de naphta lourd. Ou pas.

Vous voulez donc du cuissot ferme ? Une traque sanglante ? De l’entrejambe capiteuse ? Un bestiaire effrayant ? Des buffets délicatement ouvragés ? Un royaume au bord du chaos ? De la perversion poétique ? Une horde de créatures malfaisantes ? Des silhouettes kafkaïennes en diable ? Du steak tartare ? De la chair crousti-croquante à foison ? Une boucherie mettant les bouchées doubles ?

Pervers Caster, raconte-nous une histoire !

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Quod reliquum est

« Ô couverture, rabats ta jaquette et dévoile-moi tes dessous ! » – Quatrième volet

Halcyon Lunch, vol. 1

Halcyon1

***** Sur une couverture lointaine, très lointaine… *****

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Mirabilia

Kyôgen : la folie maîtrisée (partie 2/2)

Dans la précédente partie, nous avions évoqué plusieurs caractéristiques du théâtre kyôgen : ses origines, son jeu scénique et son matériel (masques, accessoires et costumes). Après un bref aperçu des pièces jouées, nous allons nous intéresser aux acteurs qui, en les « réactivant », contribuent à la perpétuation d’une tradition vieille de 4 siècles, classant ainsi certaines familles d’acteurs au rang de « Trésor national Vivant ».

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Mirabilia

Kyôgen : la folie maîtrisée (partie 1/2)

Introduction

Issu d’un terme en bas latin (masca, « spectre, sorcière »), le masque est un objet souple ou rigide couvrant (partiellement ou intégralement) le visage et représentant lui-même une face (humaine, animale, imaginaire, etc.). Cette notion démoniaque est associée dans l’imaginaire populaire au fait que le masque suscite généralement l’effroi mais aussi la surprise (la Toussaint au Mexique, les carnavals en Europe, etc. ). Toutefois, le masque en lui-même n’est qu’un objet, une œuvre plastique qui vaut autant par la démarche de son support que par sa forme : il arrive parfois qu’il ne soit pas dans l’obligation de représenter un personnage particulier, puisqu’il est le symbole animé d’un groupe, d’une communauté. Le masque doit donc être perçu comme une transmutation évanescente de l’identité qui tente de franchir un domaine divin, révéler une personnalité enfouie, s’enfoncer dans la féerie de la danse ou encore se projeter dans le monde du théâtre.

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Non, nous n’allons pas parler de cette transmutation-ci, même si un sujet sur la théâtralité et le masque dans les tokusatsu peut s’avérer très intéressant.

Parlons justement du théâtre et intéressons-nous, notamment au travers du masque, à une de ses formes pratiquée au Japon mais plutôt méconnue en Occident. Tout le monde connaît, ne serait-ce que de nom, le ou encore le kabuki. Mais qu’en est-il du kyôgen ?

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Terra Incognita

Les Trois Grognards : Vis ma grogne de soudard !

La librairie Ty Bull – Tome 2 à Rennes a organisé ce vendredi une soirée à l’occasion du lancement d’une nouvelle série intitulée Les Trois Grognards (Casterman). Le dessinateur Fred Salsedo (Ratafia, Nous ne serons jamais des héros, etc.) et le scénariste Régis Hautière (La guerre des Lulus, Aquablue, etc.) ont fait le déplacement pour présenter le premier album. Entretien entre une coupe de champagne et une assiette de cochonnailles.

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© CASTERMAN/Frédérik Salsedo/Régis Hautière

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Quod reliquum est

« Ô couverture, rabats ta jaquette et dévoile-moi tes dessous ! » – Troisième volet

Kasane – La voleuse de visage, vol.2

Notre mouette rieuse propose donc ses services en qualité de joker pour aspirantes médiocres grâce à ses prédispositions innées pour incarner une vie simple mais rayonnante, même devant l’homme le plus lassé de la profession. Et si cette « distributueuse » de talents reconsidérait son pacte pour conserver un pactole ?

Le Requiem du Roi des roses 1 V1

Car, comme souvent, embrasser une carrière présente son revers de médaille !

En deux mots: Slip Stick

Daruma MATSUURA, Ki-oon, 7.65 €

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Quod reliquum est

STAIRWAY to HEAVEN : Une sexescalade burlesque

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Le lectorat au début de cet article

Série éditée en 2005 chez Pika, Stairway to Heaven de Makoto Kobayashi n’est plus commercialisé dans nos contrées depuis plusieurs années. Reste les sites et magasins d’occasions pour se les procurer moyennant un certain prix. Mais alors, me direz-vous non sans une pointe de frustration aigre-dure, pourquoi en parler ? Pour aiguiser vos appétits, mes agneaux ! Avant même de poursuivre la lecture de ce billet, je vous invite à prendre votre plus gros post-it fluo et un gros marqueur pour y inscrire en majuscules police Calibri taille 72 : « trouver Stairway to Heaven !! ». Plaquer le ensuite au-dessus de votre ordinateur ou sur le front de votre copine. Le jour où une occasion en or se présentera, vous saurez quoi faire.

En attendant, et à défaut d’avoir un levier 24 carats pour influencer l’éditeur sur une improbable réédition, embarquez dans ce divin zeppelin mettant en exergue l’idée de jouer ouvertement sur des relations sexuelles débridées sans les rendre fades et vulgaires.

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Mirabilia

L'art contemporain chinois : la perfection au masculin (partie 2/2)

WANG Yidong / 王沂东 (1955 -)

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Né à Linyi (province du Shandong), Wang Yidong débute sa carrière artistique en créant des dessins d’affiches de propagande maoïste dans les années 1970. Il étudie la peinture à partir de 1978 à l’académie centrale des Beaux-arts de Pékin et en ressort diplômé en 1982 avant d’y retourner à titre d’enseignant, poste qu’il occupe toujours. En 1984, il obtient la médaille d’or lors de la 6ème Exposition nationale au musée des Beaux-arts de Pékin. 4 ans plus tard, il fait don d’une de ses toiles à une vente aux enchères caritative où les fonds collectés sont remis à une association internationale chargée de la conservation et de la préservation de la ville de Venise et de la Grande Muraille de Chine. Vice-président de l’association des artistes de Pékin et conseiller auprès de l’association des Artistes Chinois, il appartient à la famille artistique des « Chinois Réalistes » au même titre qu’Ai Xuan, faisant de lui un des principaux représentants du réalisme pictural au sein de l’ancien Empire Céleste.

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