Le réalisme graphique dans les mangas

Qu’est-ce que le réalisme ? Se dit réaliste généralement ce qui est proche de la réalité. La signification varie selon le contexte dans lequel ce terme est employé ; il existe le courant pictural réaliste comme il existe le courant littéraire réaliste. Mais ici, il s’agira de se rapporter au graphisme qui se veut être une représentation fidèle du réel.

Ainsi, inutile de faire un listing des œuvres possédant un style graphique réaliste, ce ne serait pas intéressant. Et bien que, par exemple, le style graphique de Tetsuo Hara ou de Boichi puissent être qualifiés de réalistes, je ne les considère pas réalistes au sens propre dans la mesure où il y a énormément d’exagérations (muscles extrêmement saillants, déformations etc.). Ces mangakas usent également d’une abondance de codes visuels, sans parler de l’idéalisation des corps qu’ils soient féminins ou masculins. Non, ce qui nous intéresse est un réalisme qui permette au manga de s’émanciper de ces exagérations graphiques et de ces stéréotypes.

Dès lors, en quoi le réalisme peut-il permettre à un manga de s’affranchir de ses codes ?

Il s’agira donc dans cet article de comparer trois mangakas qui tentent bien différemment d’innover en usant du réalisme.

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Saveurs graphiques d’Asie 2 : Hirohiko Araki

Après vous avoir présenté l’illustrateur Felix Ip précédemment, allons faire un petit tour du côté du Japon. Coucou Hirohiko.

Hirohiko_Araki

Hirohiko Araki est un mangaka japonais. Lecteurs assidus de Nostroblog, je pense que vous connaissez à peu près tous le monsieur et sa saga emblématique qu’est JoJo’s Bizarre Adventure, plus de cent volumes sortis, tous ça… Donc cette fois, nous allons nous attarder sur l’aspect graphique de son travail.

J’ai eu l’idée de l’inclure dans cette rubrique non pas car c’est un jeune dessinateur qui demande à être connu Lire la suite

L'art de Jiro Taniguchi

Jiro Taniguchi et moi, c’est une histoire un peu particulière. Une sorte d’attirance et de répulsion réciproques. Au sens propre déjà, car oui, le mangaka me fuit. J’ai fait plusieurs déplacements pour le rencontrer (Bruxelles, Angoulême) et au final, je ne l’ai jamais vu. Peut-être connaît-il mon avis sur la majeure partie de sa bibliographie ? Des récits sans grand intérêt, mal rythmés, chiants quoi ! Et pourtant résumer ma relation à Jiro Taniguchi à ça serait omettre à tel point certains de ses livres m’ont marqué, Quartier Lointain et Un zoo en hiver en tête de liste.

Vous l’avez bien compris (enfin j’espère), dans cet article je vais parler de Jiro Taniguchi et plus précisément de son artbook.

art de jiro taniguchi

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Takeshi Obata, du lyrisme poétique au sublime réaliste

Takeshi Obata est un dessinateur de mangas que vous devez sûrement connaître puisque très célèbre dans la sphère du manga. Il est principalement connu pour avoir entre autres dessiné Death Note, Bakuman et Hikaru no Go. Le succès de ces trois œuvres majeures a touché une majorité des consommateurs de mangas (et d’animes mais ça n’est pas le sujet) à travers le monde. Pourquoi ? Parce que ses œuvres permettent une identification et une immersion immédiates du lecteur. Toutefois dans cet article, nous nous intéresserons exclusivement au dessin.

Avant tout, Obata est (et se considère) professionnel. Avec tout ce que cela implique ; c’est-à-dire maîtrise de l’anatomie, des perspectives, de l’art du découpage, bref de tous les codes du dessin académique et du manga. Mais ce qui nous intéresse se situe d’un point de vue stylistique. En effet, on observe une différence cruciale en comparant le trait d’Obata dans Death Note et son trait dans Bakuman. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? Y a-t-il une différence entre chacune de ses œuvres ? En quoi l’approche stylistique d’Obata se fragmente-t-elle au sein de son œuvre ?

takeshi obata art style

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La maison aux insectes et Le vœu maudit : les histoires courtes de Kazuo Umezu

Publié en France chez Glénat dans le milieu des années 2000 avec des titres comme L’école emportée et Baptism, Kazuo Umezu est un mangaka que nos chers éditeurs francophones ont rapidement délaissé. Et pourtant, l’auteur a profondément marqué l’histoire du manga en redéfinissant dès le début des années 60 le genre horrifique. Si l’artiste a imposé son style pour effrayer, ce qui aura marqué des générations de lecteurs dont certains deviendront eux-mêmes mangakas (Junji Ito, Hisashi Eguchi ou encore Minetaro Mochizuki sont des exemples (que j’affectionne) parmi d’autres), il a aussi exploré la science-fiction et l’humour absurde.

kazuo umezu photo manga

Il faut attendre 2015 pour que la maison d’édition Le Lézard Noir remette Kazuo Umezu au goût du jour grâce à la publication de La maison aux insectes. Un recueil d’histoires courtes qui en appelle d’autres, puisqu’il est suivi par Le vœu maudit dès l’année suivante. L’éditeur a la ferme intention de continuer à publier les mangas du maître et c’est La femme serpent qui sera le suivant sur la liste. En somme, et ce n’est pas pour me déplaire, on est en train d’assister à la naissance d’une collection rappelant ce qu’ont fait les éditions Tonkam pour Junji Ito.

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